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Lundi 15 juin 2009

Comment pouvons nous situer les Eglises dans une dynamique d’ouverture ? Si, jusqu’à présent, la plupart des Eglises sont confessionnelles, on peut s’attendre, dans un contexte de déchristianisation et de recomposition du paysage religieux, à ce que d’autres types d’Eglises apparaissent.

La typologie suivante repose à la fois sur des formes déjà bien connues et aussi sur de nouvelles architectures en émergence. Elle concerne le degré d’ouverture des Eglises aux autres chrétiens, aux autres croyants et aux non-croyants.


Fresque de l'église Saint-Savin. Qui embarquer dans l'arche de Noë ? That is the question !

Les Eglises confessionnelles se réfèrent à une tradition historique particulière.


Les Eglises libres le sont par opposition aux Eglises concordataires dans les pays protestants, par exemple en Grande-Bretagne et en Allemagne. Leurs pasteurs ne veulent pas souscrire aux confessions de foi, comme dans le cas des Non-subscribing irlandais. Par extension, une Eglise est libre lorsqu’elle n’impose pas de dogme ou de confession de foi.


Les Eglises latitudinaires acceptent en leur sein plusieurs théologies, plusieurs traditions confessionnelles, comme par exemple l’Eglise réformée de France (qui va jusqu'à accepter la théologie unitarienne parmi d'autres).


Les Eglises œcuméniques pratiquent l’intercommunion sur la base d’accords négociés entre plusieurs Eglises.


Les Eglises transconfessionnelles réunissent tous les chrétiens de n’importe quelle origine confessionnelle, chacun gardant toutefois sa propre confession mais mettant en avant sa qualité de chrétien d’abord (par exemple les Eglises du Christ dans leur projet initial), sans qu’il y ait eu de négociation au préalable.


Les Eglises ouvertes acceptent au sein de leur assemblée d’autres croyants, sinon des non croyants en recherche spirituelle (par exemple les Eglises unitariennes aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle et à partir de 1950 en Grande-Bretagne), tout en maintenant le culte chrétien et la référence à la Bible. Les non-chrétiens sont en accueil et n’ont pas accès aux principales responsabilités statutaires. C’est la recommandation du manifeste d’Avignon (août 2007), lien, aux communauté chrétiennes unitariennes.


Les Eglises post-confessionnelles ne retiennent pas l’origine confessionnelle de leurs fidèles, celle-ci n’a plus guère d’importance.


Les Eglises post-chrétiennes héritent du christianisme mais en déplacent la référence centrale qui n’est plus Jésus, mais Mahomet (pour les musulmans), le révérend Moon (pour les moonistes), etc.


Les Eglises post-chrétiennes latitudinaires maintiennent l’héritage chrétien, qui peut rester important, mais acceptent aussi d’autres sagesses avec un même traitement. C’est le cas de l’Eglise unitarienne francophone (lien) où les chrétiens cohabitent avec d’autres croyants et des non-croyants.


Les Eglises théistes regroupent des croyants en Dieu mais sans faire référence à des révélations historiques ni à des traditions confessionnelles.


Les Eglises interconvictionnelles admettent l’expression de toutes les fois, y compris celles de non-croyants en Dieu ; l’accent est mis sur l’expression de chacun, le dialogue, le partage. Elles ne se réfèrent à aucune tradition historique particulière (contrairement aux Eglises post-chrétiennes latitudinaires), mais leurs fidèles si, individuellement !


Les Eglises universelles ne privilégient plus le christianisme (mais ne le renient pas non plus !) ; les fidèles sont désormais invités à parler un langage directement universel comme dans le cas de l’unitarisme-universalisme américain sans faire référence à des traditions particulières. Croyants et non croyants y cohabitent en osmose.

Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
Lundi 25 mai 2009
La question a été posée au sein de notre groupe Yahoo "Unitariens francophones" (lien). Voici la réponse de Jean-Claude Barbier, le 21 mai 2009 :

Le déiste désigne à l'origine un croyant par opposition à un athée. Le mot est apparu en 1564 (nous dit le Petit Robert), dans les milieux sociniens (nous dit le dictionnaire de philosophie de Christian Godin). 

Mais le terme va se préciser par la suite. Il s'agit d'un croyant qui n'a pas besoin des religions existantes pour croire en l'existence de Dieu : donc pas besoin de dogmes, de révélations, de "superstitions" pour reprendre l'expression si chère aux philosophes du Siècle des lumières. Diderot disait : "Le déiste seul peut faire tête à l'athée, le superstitieux n'est pas de sa force".

En ce sens, le déisme (terme apparu plus tard en 1669), équivaut à la religion dite naturelle. L'homme contemple la Nature, en observe les lois (et la beauté !) et en conclut à l'existence de Dieu grâce à sa seule raison. Les francs-maçons qui se réfèrent au Grand architecte de l'univers (GADLU) le sont aussi. On peut également dire que les transcendantalistes (avec Ralph Waldo Emerson) le furent. Idem pour ceux qui situent Dieu à l'origine des mondes, dans un pré Big-bang. J'ajoute que le déiste ne se prononce pas sur la nature de Dieu, ni sa présence et action en ce monde, mais seulement sur son existence.

Le théisme (plus tardif que le déisme puisqu'apparu dans la langue française en 1756, mais au XVII° siècle en Angleterre) maintient lui aussi son indépendance totale par rapport aux religions ("positives" dit le Petit Robert - sic ! mais c'est sans doute au sens d'existentialiste) , mais il admet que c'est un Dieu personnel (ayant le statut d'une personne douée de volonté, de morale), unique bien entendu, distinct du monde et exerçant sur lui une action. D'où la possibilité, voire la nécessité d'un culte : c'est un Dieu qui reste providentiel et qu'il nous faut donc prier. Il peut punir, accorder ou non la vie éternelle, etc.

C'est un Dieu actif qui ne se contente pas d'être seulement un dieu créateur. Il reste présent en sa Création. Voltaire disait "On ne saurait trop respecter ce grand nom de théiste", mais on peut néanmoins le considèrer comme déiste car on ne le vit guère prier ! Le théisme, pour lui, était surtout pour maintenir le peuple dans la moralité.

Ce sont précisément les penseurs anglais du XVIIème siècle qui sont les théoriciens du théisme. Cudworth (1617-1688), le premier à employer ce mot, désigne par là un système philosophique qui affirme l'existence de Dieu appuyée sur des preuves philosophiques (seules !). Le théisme participe du combat des philosophes contre l'Eglise.

Les tentatives de fonder une Eglise théistes, par exemple sous la révolution française avec Dame Raison) ont toutes échouées. A mon avis parce qu'une religion ne se limite pas à des idées ... A noter que des obédiences maçonniques ont maintenu le théisme anglo-saxon de leur origine, contrairement aux loges dites "laïques" comme le Grand Orient de France (GOF).

Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
Mercredi 4 février 2009

Lu sur le site du journal La Croix sous le titre " Qu’est-ce qu’un intégriste ? ".


Le mot " intégriste " apparaît vers 1880 en Espagne pour désigner un parti politique fondé sous l’invocation du Syllabus de Pie IX qui condamne, in fine, l’idée selon laquelle le pape " peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne ".

En France, il s’impose au début du XXe siècle pour désigner ceux qui s’opposent au " progressisme " en matière d’exégèse biblique. Mais il ne s’agit pas ici d’un terme revendiqué : les opposants au " modernisme ", condamné en 1907 par Pie X, préfèrent se référer à un " catholicisme intégral ". Nourri par l’Action française, vivant la décolonisation comme une offensive alliant le communisme au nationalisme musulman, l’intégrisme voit dans le XXe siècle la fin de la civilisation chrétienne. D’où son refus de Vatican II vécu comme la ratification par l’Église de la philosophie des Lumières, à l’origine, selon eux, de tous les maux.

Selon Nicolas Senèze :

Au fil des générations, ce catholicisme intégral va traverser plusieurs moments : Maurras et l’Action Française, Vichy et la Libération, la décolonisation et l’Algérie Française… Non que les intégristes soient tous maurassiens, vichystes ou nostalgiques de l’Algérie française : mais ils ont été plus ou moins influencés par ces courants que Mgr Lefebvre va réussir à rassembler dans un même combat : l’opposition à Vatican II. ".

Après 1988, on emploiera le mot " traditionaliste " (1) pour désigner ceux qui ont refusé de suivre Mgr Lefebvre dans le schisme et demeurent fidèles à Rome, par opposition aux " intégristes ", disciples de Mgr Lefebvre (2) Au fil des ralliements de ces dernières années, la frontière est devenue beaucoup plus floue ". [fin de l’article cité]
(1) ndlr - la Tradition que ces traditionalistes revendiquent à corps et à cris remonte seulement au concile de Trente (à savoir la Contre-Réforme catholique du XVIème siècle) !
(2) ndlr - après les négociations en cours avec Rome, ne resteront lefebvristes que ceux qui se maintiendront dans le schisme.

Ajout
 : Dans les années 1980, " intégriste " va servir aussi pour désigner l’islam radical, puis les ultra-conservateurs protestants évangéliques américains ou encore les juifs ultra orthodoxes (3). Par opposition les " musulmans laïcs " affirment la compatibilité de l’islam avec un Etat laïc (non théocratique). Pour une partie des musulmans djihadistes, on peut aussi ajouter " terroristes ".
(3) Cet emploi serait abusif selon l’historien Émile Poulat, grand spécialiste du catholicisme intégral, pour qui l’intégrisme est " un phénomène essentiellement catholique " – certes ! si on en reste à la définition " espagnole " de 1880.

Par Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
Mercredi 4 février 2009

article * de  Frédéric Rognon , professeur de philosophie des religions et d’anthropologie de la religion à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, ami de l’Arche de Lanza del Vasto, résumé par Etienne Godinot

* Frédéric Rognon, " Notre époque est-elle celle d’un ré-enchantement du monde ? (2) Se situer face à la pluralité religieuse ", Nouvelles de l’Arche, année 56, n° 4, juillet-août-septembre 2008, La Borie Noble, 34650 Roqueredonde

Face à la pluralité des religions, il présente quatre options possibles :

L’exclusivisme
consiste à prétendre posséder seul toute la vérité, les autres religions étant des erreurs, des idolâtries, voire des expressions diaboliques. L’exclusivisme exclut donc les autres religions de toute prétention légitime à une quelconque parcelle de vérité. La vérité ne se partage pas : si une religion est vraie, les autres sont nécessairement fausses. Il y a une différence de nature et non de degré entre le vrai et le faux, il n’y a pas de moyen terme.

L’inclusivisme
consiste à considérer que ma propre religion inclut les autres traditions religieuses, c'est-à-dire qu’elle les englobe et les accomplit. Chaque religion détient une parcelle de vérité, mais cette vérité partielle se trouve mélangée avec de fausses croyances, et même avec des institutions démoniaques. Seule ma religion assume la vérité pleine et entière. Les autres religions ne sont pas rejetées ni condamnées comme étant des constructions purement humaines, elles sont au contraire respectées dans toute leur dignité comme étant en partie des œuvres divines qui, de ce fait, diffusent " un rayon de la vérité ". Elles sont intégrées au plan de salut que Dieu a élaboré pour tous les hommes. Telle est la position de l’Eglise catholique depuis Vatican 2, alors qu’auparavant elle était exclusiviste.

Le relativisme
consiste à affirmer que toute religion exprime une part de vérité, mais qu’aucune ne détient la vérité entière et absolue.

Raimundo Panikkar
* est un des porte-parole les plus convaincus et les plus convaincants de cette position. Il propose cinq métaphores pour exposer sa conception de la pluralité religieuse :


1- La montagne : les religions ne sont que des chemins différents qui mènent vers le sommet d’une même montagne, au départ très éloignés les uns des autres, mais qui se rapprochent peu à peu. Comme le disait Pierre Teilhard de Chardin, " tout ce qui s’élève converge ". Il n’est pas question de changer de chemin, de se convertir à une autre religion ou de mélanger deux religions (one ne peut pas suivre deux chemins à la fois). Il n’est pas question non plus d’affirmer que mon chemin est plus direct que celui des autres. Il s’agit de poursuivre mon chemin en me rapprochant des autres, ou de me rapprocher des autres pour mieux poursuivre mon chemin.

2 - Les fleuves : Le Jourdain (le judaïsme), le Tibre (le christianisme) et le Gange (l’hindouisme) ne se rencontrent pas et n’ont pas besoin de le faire pour être des rivières vivifiantes. Mais leurs eux se rejoignent dans les océans et dans les cieux, sous forme de nuages, après avoir été transformées en vapeur, d’où elles retomberont en pluie pour nourrir la terre et les rivières. Les religions ne fusionnent pas, mais elles peuvent se rencontrer, une fois transformées en vapeur, une fois délestées de leur outillage doctrinal, métamorphosées dans l’Esprit. Je suis chrétien par hasard, pour des raisons d’histoire et de géographie, parce que je suis né en 1949 en France de parents chrétiens, et je dois me convertir à la religion dans laquelle je baigne par hasard, la faire évoluer comme je le sens, ou choisir une autre voie.

3 - L’arc-en-ciel : les différentes religions sont comparables au nombre infini de couleurs. Les limites entre religions, comme entre couleurs, sont artificielles, il s’agit d’un dégradé progressif. C’est seulement l’arc-en-ciel dans son ensemble qui donne une image complète de la véritable dimension religieuse de l’humanité. Mais cette image-là n’est pas elle-même la vérité, elle n’est qu’un effet de la source de lumière qui est bien au-delà des couleurs. Là encore, il n’est pas question de mêler les couleurs, ce qui donnerait naissance à une autre couleur, mais de respecter infiniment les autres couleurs que la mienne, comme étant chacune dotée de la même valeur car reflétant au même titre la lumière divine.

4 - Les planètes : Nous avons toujours tendance à considérer le christianisme comme le centre de l’univers religieux, comme nous considérions la Terre dans la représentation géocentrique de Ptolémée. Or il est possible de construire autant de systèmes de Ptolémée qu’il y a de traditions religieuses. Nous sommes donc maintenant invités à effectuer une révolution copernicienne dans notre représentation de la pluralité religieuse : passer d’une perception religieuse centrée sur elle-même, où le point fixe est donné par notre propre tradition, à une vision dont le centre échappe à toutes les traditions pour ne se trouver qu’en Dieu, critère de toute vérité, équivalent du soleil dans le système de Copernic et de Galilée. La révolution consiste à passer du christianocentrisme à un théocentrisme.

5 - Le langage : chaque religion est comme une langue, qui exprime ce dont les hommes ont besoin et ce qu’ils vivent, qui évolue, qui emprunte aux langues voisines sans perdre pour autant son identité. Il n’y a pas de langue plus parfaite qu’une autre, chacune est unique puisqu’elle est fondamentalement intraduisible, elle n’existe qu’en fonction d’une certaine vision du monde, et néanmoins il y a une sphère de toutes les langues qui est traduisible, un fond commun et un langage commun pour une compréhension mutuelle. Celui qui s’engage dans le dialogue interreligieux est comme un traducteur qui doit parler parfaitement les deux langues, la sienne et celle de l’autre.

La posture apophatique
(du grec " dire non) consiste à admettre qu’on ne peut rien dire sur Dieu et sur la Vérité. Il ne s’agit pas d’agnosticisme, mais d’une approche qui reconnaît que le mystère divin dépasse toujours le langage humain : Dieu ne se laisse pas réduire à ce que nous en disons et à ce que nous croyons à son sujet. Le discours théologique ou doctrinal n’épuise pas la réalité sur Dieu. Il n’y a donc pas de dialogue interreligieux possible à proprement parler. Ce qui est possible et souhaitable, c’est une communion entre hindouistes, bouddhistes, juifs, chrétiens, musulmans, agnostiques etc. non pas pour discuter, mais pour méditer ensemble, pour se recueillir ensemble dans le silence. *

* ajout d’Etienne Godinot - et pour agir ensemble contre l’oppression, l’injustice, pour les droits de l’homme et la préservation de la nature.

* Raimundo Panikkar, jésuite, théologien indien, né de mère espagnole, auteurs de nombreux ouvrages dont " La plénitude de l’homme, une christophanie " publié à Arles par Actes Sud, en 2007 (320 p.)

" Qui est le Christ ? Comment peut-il être intelligible aux chrétiens comme aux autres ? A partir d’un postulat, " Jésus n’est pas Dieu, mais fils de Dieu et, comme fils "égal" au Père, parce que le Père ne retient rien pour lui ",

l’auteur tente de déchiffrer l’expérience mystique de Jésus de Nazareth, pour décrire ensuite l’expérience christique en neuf propositions sur l’identité du Christ et son incarnation. 

Nous avons là un livre ardu, mais avec des plages lumineuses comme l’expérience mystique à partir de celle de Thérèse d’Avila (" Cherche-toi en moi, cherche-moi en toi ") ou la réflexion sur trois expressions : " Abba, Pater ! ", " Moi et le Père sommes un " et " Il convient que je m’en aille ". […] Au carrefour de l’Orient et de l’Occident, R. Panikkar nous fait partager ses réflexions sur la condition humaine dans sa recherche de plénitude, de vie et de vérité. C’est le résultat de la pensée de toute une vie, dans la rencontre des cultures et devant la nécessité planétaire d’un changement de paradigme " par Marie-Thérèse Bouchardy (revue Choisir, septembre 2007), lu sur le site du CEDOFOR (Genève)

Par Etienne Godinot d'après un article de Frédéric Rognon - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
Samedi 22 novembre 2008

Tout le monde se veut aujourd'hui "universel", souvent d'ailleurs dans le sens d'ouverture aux autres, refusant toute sorte de discrimination, voulant partager des valeurs communes à tous les êtres humains etc.  Au delà de cet élan de générosité et de l'affirmation d'une Humanité Une, qu'en est-il précisément des mots que nous employons. Vous trouverez ici deux définitions tirées d'un dictionnaire que je vous recommande pour sa clarté.

 

D'après Christian Bodin, 2004 - Dictionnaire de philosophie, Fayard / édition du temps, p. 1380

 

Universalisme

n.m. (de universel, du latin universalis, relatif au tout, général)

 

1 – Doctrine ou croyance selon laquelle tous les hommes sans exception sont promis au salut – la damnation éternelle étant incompatible avec l’infinie miséricorde de Dieu. Opposé à particularisme.

2. Caractère d’une conception du monde (religion, idéologie) qui s’adresse à tous les hommes : à la différence de l’hindouisme et du judaïsme, le bouddhisme, le christianisme et l’islam sont des universalismes.

3 – Point de vue politique selon lequel le bien et l’intérêt commun doivent l’emporter sur le bien et l’intérêt particulier : l’universalisme républicain s’oppose au communautarisme.

4 – En anthropologie, conception selon laquelle les structures de pensée sont communes et transcendantes à toutes les cultures. Opposé au culturalisme qui adopte sur cette question un point de vue relativiste.

 

Universisme

n.m. (de l’allemand Universismus, du latin universum, ensemble des choses)

 

H. de Glasenapp (1891-1963) englobe sous ce terme les trois grandes traditions philosophico-religieuses de la Chine : le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme conçus comme des religions de l’univers.

 

Information supplémentaire : un mouvement universiste a été lancé par Ford Vox, en 2003, à Birmingham dans l’Etat d’Alabama aux Etats-Unis, mettant en avant les potentialités de homme, son développement individuelle et les capacités de la Raison, reprenant ainsi à son compte (sans le dire !) certaines caractéristiques de l'unitarisme-universalisme. Mais ce mouvement s’est révélé fort agressif, critiquant non seulement les religions mais aussi la foi en tant que telle (ce que ne fait pas l'unitarisme-universalisme). Il semble avoir cessé ses activités en 2007.

 

Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
Mardi 15 juillet 2008

Depuis que nous savons que le terre est ronde, qu’elle est devenue un village, qu’elle s’est " mondialisée ", les approches d’emblée universelles ont du succès.

L’universel est relatif au tout, à l’ensemble. Il concerne, sans nulle discrimination, tout l'existant, toute personne, tout objet. Il ne transite plus par des lois particulières ou catégorielles. Il est général à l’ensemble du genre humain ou autre cohorte. L’histoire universelle concerne tous les peuples. Une Eglise est universelle si elle s’adresse à tout le monde et non plus à une nation particulière. Le terme " catholique " (du grec katholikos) à précisément ce sens.

Les universaux sont des caractéristiques communes à un ensemble donné. Les universaux religieux sont censés se retrouver dans toutes les religions du monde entier.

L’universalité est cette ouverture à un tel ensemble aux dimensionx du monde connu.

L’universalisme désigne en religion une théologie anti-calviniste qui considère que tout homme est sauvé du fait de l’acte rédempteur du Christ. Elle fut professée par l’Eglise universaliste (aux Etats-Unis de 1779 à 1961). L’universaliste est donc un adepte de cette doctrine religieuse chrétienne ; mais le sens a évolué dans le sens d’un engagement en faveur de l’universel : il est maintenant le partisan de l’universel considéré comme un tout unique dont dépend les individus (philosophie opposée à l’individualisme et à l’atomisme).

L’universalisation est le passage du particulier ou de l’individuel à l’universel.

L’internationalisation, la planétisation, la mondialisation portent sur l’extension d’un phénomène à l’ensemble du connu. C’est un constat, indépendamment de nos propres convictions et options. On peut les souhaiter comme les craindre. L’universalisme, quant à lui, correspond à un engagement en fonction d’une vision de l’universel.

Pour en savoir plus, voir les dicos !

Lorsque l’assemblée est hétérogène, par exemple lors d’une événement de vie (naissance, mariage, enterrement), nous ne pouvons que souhaitez que les fidèles d’une religion particulière sachent présenter leurs textes ou expressions d’une façon la plus compréhensible pour les autres : par exemple en rappelant le contexte historique des rites et prières, en ajoutant pour certains mots des traductions plus universelles, en faisant volontiers référence aux autres sagesses, en évitant le jargon théologique ou codé, etc. Bref, un effort de lisibilité pour plus d’universalité, loin de la tentation de l’ésotérisme réservé aux initiés ou aux gens d’une même confession.

mains jointes, fraternelles, en forme de globe, portant en tatouage la terre entière

Voir sur ce site, notre rubrique " le vocabulaire religieux " (déjà à ce jour pas moins de 28 articles !)http://afcu.over-blog.org/categorie-1190985.html

Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
Mercredi 30 avril 2008

Les chrétiens unitariens sont des chrétiens qui sont de théologie unitarienne, c’est à dire qu’ils remettent en cause, non seulement la formulation, mais le bien fondé du dogme de la Trinité, à savoir que Jésus serait Dieu incarné. Pour nous, Jésus est un être humain et non un dieu. Il s’agit donc d’une base théologique très précise, héritière de l’anti-trinitarisme du XVIème siècle.

Mais les chrétiens unitariens s’inscrivent-ils dans un christianisme plus large ?

chrétiens libéraux

Ce qualificatif de " libéral " en religion provient du protestantisme. A partir des remonstrants aux Pays-Bas (dès le début du XVII° siècle), puis des non-souscrivants en Irlande, des protestants se sont mis à remettre en cause certains principes du calvinisme comme la prédestination et la rigidité du credo de l'anglicanisme. Ils ont opté pour une liberté de pensée effective et refusé les confessions de foi qui étaient exigées pour les postulants à une charge pastorale.

Au XIXème siècle, des protestants rappellent que les dogmes ou les principes ne sont que des formulations historiques et culturelles et qu’elles peuvent être réécrites sous des formes mieux adaptées. Ils disent aussi que toutes les croyances proposées ne sont pas à mettre sur le même plan. Ils mettent en avant l’idée d’une Réforme toujours en cours, qui ne doit pas s’arrêter à Luther et Calvin, mais doit se continuer : c’est la Réformation. A eux s’opposent les protestants " orthodoxes ", dont certains s’appellent " évangélistes " afin de mieux faire comprendre qu’ils défendent les vérités éternelles de l’Evangile !

Ce modèle protestant du libéralisme théologique peut s’appliquer aux autres communautés religieuses. On connaît les juifs libéraux, lesquels ont leur propre mouvement. Aujourd’hui, on peut parler de catholiques libéraux (même si les médias n'en parlent pas encore !) ; en France, une partie d’entre eux se retrouve au sein de la Fédération des réseaux des Parvis.

Cet adjectif de libéral s’applique surtout à une relativisation des dogmes. Par contre, le catholique pourra être dit " contestataire " s’il dénonce les orientations prises par sa hiérarchie, " réformateur " s’il se prononce pour des changements institutionnels, " progressiste " s’il pense que l’Eglise doit s’impliquer davantage dans les enjeux contemporains et mieux épouser l’évolution des sociétés, etc.

Depuis leurs origines, les unitariens se situent dans cette optique libérale des religions. Dire qu’un unitarien est libéral est une évidence puisque tous, en principe, le sont ! Il en est de même par exemple pour les quakers. Ils font partie des chrétiens libéraux par définition et l’ajout du qualificatif " libéral " serait, pour ces mouvements, purement tautologique. Les baha’is, les soufi et les bouddhistes entrent eux aussi d’emblée dans cette catégorie (sauf exception particulière).

Pour l’anecdote
, il est significatif que quelques unitariens américains se soient déclarés " conservateurs " par rapport à l’Unitarian Universalist Association (UUA) jugée par eux trop progressiste ! Il s’agit d’un mouvement en fait très peu connu et sans doute réduit à quelques personnes seulement :
http://www.geocities.com/conservativeuu. En plus le mouvement ne se veut pas dissident car il reste dans le contexte d’une religion " libérale " et signale que c’est seulement au niveau des valeurs qu’il est " conservateur " (The Conservative Unitarian Universalist, et en sous titre " Liberal religion … conservative values ").

chrétiens libres

Dans des pays à religion officielle, des Eglises minoritaires ont pu malgré tout, et après bien des vicissitudes, se développer. Elles se disent " libres " au sens institutionnel du terme. En Grande-Bretagne, ce sont les " Free Church " dont la plupart ont fait alliance avec les congrégations unitariennes en 1926 pour constituer General Assembly of Unitarian and Free Christian Churches " (un agglomérat que la majorité voudrait unifier et qui regroupe quelques 4 000 fidèles ou plus). En Allemagne les petites " Frei-religiöse ", que l’on retrouve avec les unitariens au sein du " Chapter " allemand de l’International Association for Religious Freedom (IARF).

Mais dire qu’un chrétien individuel est libre, cela va de soi dans un contexte démocratique, y compris si l’exercice de sa liberté est de se réfugier dans une Eglise dogmatique ! Par ailleurs dire que les chrétiens unitariens sont " libres ", cela fait un peu prétentieux car il est alors sous-entendu que les autres ne le seraient pas ! Disons simplement que nous n’avons sur le dos ni dogme, ni hiérarchie ... et que nous en sommes fort aise.

Voir sur ce sujet, le débat mené par l’AFCU au sein de l’assemblée de Provence, sous la direction d’Albert Blanchard-Gaillard.

Chrétiens unitariens, chrétiens libres "Pourquoi sommes nous des chrétiens unitariens et des chrétiens libres ? Les fondateurs de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) s’expliquent", par Albert Blanchard-Gaillard, Recherches unitariennes, n° 1, février-avril 1997

Le christianisme libre "Le christianisme libre", par Albert Blanchard-Gaillard, Recherches unitariennes, n° 3, fin 1997, début 1998

chrétiens indépendants

Cette notion d’indépendance vaut à la fois pour les Eglises minoritaires dans les pays à Eglise officielle comme ceux que nous venons de citer, et pour des communautés ou des fidèles isolés qui prennent leur distance vis-à-vis leur hiérarchie ecclésiastique. Pour ces derniers, il ne s’agit pas d’une dissidence, ni du projet de faire une " autre " Eglise, mais de vivre leur foi en marge de leur Eglise, en toute liberté, sans soumission, en se référant à leur conscience (rejoignant ainsi une position toute protestante au sens du XVI° siècle).

chrétiens alternatifs

Plus qu’une revendication de liberté et d’indépendance, l’alternatif est une orientation beaucoup plus constructive. Il s’agit en effet de faire Eglise " autrement ". Cette expression est proposée par Pierre Castaner, dont le mouvement " le Courant d’air ", un café rencontre sis sur le Vieux port de Marseille, est membre de la Fédération des réseaux des Parvis.

Ce renouveau du christianisme passera nécessairement par une déconstruction des dogmes et une nouvelle approche du christianisme. Les chrétiens unitariens sont sur ce chantier.

Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
Dimanche 20 avril 2008
Le terme de prêtre est général pour toutes les religions. Chaque religion a ainsi ses prêtres (au sens anthropologique du terme) qui desservent le culte. Ils  sont appelés d’une façon spécifique au sein de chaque religion. Les catholiques ont conservé le terme général et ont donc des " prêtres " ; les orthodoxes des " popes ", les protestants des " pasteurs " *, les juifs des " rabbis ", les musulmans des " imams ", etc.

* La féminisation du mot pasteur – ce qui donnerait " pasteure " pour les femmes – n’est pas admise dans les dictionnaires. Mais sans doute peut-on dire " Madame le pasteur " ? " Chère Pasteur " ? en s’adressant à un pasteur du sexe féminin ... Dans un article, on peut contourner la difficulté en écrivant Mme X, pasteur de l’Eglise Y.

Parallèlement, ces mêmes personnes peuvent être désignées par leur grade hiérarchique ; en ce qui concerne par exemple les catholiques : abbé (prêtre d’une paroisse mais qui n’en a pas la direction), vicaire (adjoint du curé), curé (responsable en titre de la paroisse), doyen de canton, abbé ou abbesse à la tête d’un monastère (de même rang qu’un évêque), évêque, archevêque, métropolite pour les catholiques orientaux, pape. Pour les orthodoxes, le haut de la hiérarchie est : archevêque, métropolite, et, au-dessus, patriarcheSurintendant ou évêque dans des Eglises protestantes.

Qu’en est-il pour les unitariens ?

Nos Eglises historiques hongroises sont synodales et épiscopales. Les ministres du culte sont des " pasteurs " et le chef spirituel de l’Eglise est un " évêque " *

* mais on ne saurait s’adresser à lui avec le terme catholique de " monseigneur " et on ne peut pas écrire Mgr devant son nom. En français, on peut s’adresser à lui en disant tout simplement " mon évêque ".

Par contre, les congrégations anglo-saxonnes, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, n’ont pas retenu la fonction d’évêque. Elles sont congrégationalistes, dans l’héritage plus particulier du puritanisme anglais, et dirigées par un conseil presbytéral qui élit en son sein un président laïc. L’enseignement religieux est quant à lui confié à un ministre du culte.

Parallèlement à ce vocabulaire par les fonctions, s’est développée une appellation honorifique au bénéfice des religieux des deux sexes : révérend, révérende *.

* du latin reverendus, digne de vénération.

Dans le système catholique, cette appellation de révérend ou révérende (devant le nom de la personne concernée) est réservée aux membres éminents des ordres religieux (chanoines et chanoinesses y compris).  Par écrit, on y ajoute alors les initiales de son ordre après son nom (s.j. pour l’ordre des jésuites, o.p. pour celui des dominicains, s.p. pour les spiritains, etc.).


Mais on ne le dira pas pour un prêtre catholique (qui à le titre honorifique de " Père ") ni pour une sœur (qui a le droit à " ma Sœur ") ni pour une abbesse ou à une supérieure de communauté (qui a droit à " ma Mère "). On dira " Monseigneur " à un évêque, sauf chez les unitariens comme nous venons de le voir. On dira sans doute " Madame " si l’évêque est une femme comme cela peut arriver chez les luthériens.

Dans les pays anglo-saxons, l’appellation de révérend et de révérende s’est développée chez les anglicans. Les unitariens de ces pays en ont hérité si bien que tous leurs ministre du culte sont nommés ainsi dès lors qu’ils ont achevé leurs études de théologie et sont reconnus comme aptes au ministère. Mais les laïcs qui, eux, desservent leur seule communauté ne jouissent pas de cette appellation. Ils sont simplement " lay minister " (lay = laïc).

Les Eglises des Pays-Bas, dont la Fraternité des remonstrants, ont également adopté cet usage ; également nos Eglises historiques hongroises. Leurs pasteurs acceptent l’appellation de " révérend / révérende ", ou encore de " professeur " s’ils ou elles enseignent dans une faculté, ou encore, mais seulement sous la forme écrite et abrégée, de Dr. = docteur  (sans doute pour tenir compte d’un grade élevé en théologie). Arpad Szabo, actuel évêque de l’Eglise unitarienne de Transylvanie est " Dr. ", ainsi que d’autres membres de son Eglise.

Dans les pays européens francophones, le terme de révérend est resté dans la seule sphère catholique. Un pasteur réformé ou luthérien ne sera jamais appelé ainsi. On dira " Monsieur le pasteur ", " Cher pasteur ". L’appellation de " professeur " est requise s’il enseigne ou a enseigné dans une faculté.

En Alsace
, les anciens disent "Herr Pfarrer" qui veut dire "Monsieur le prêtre/pasteur" pour un homme ou "Frau Pfarrer" pour une femme (information Raphaël Chiantello).

Serions nous plus sobres que nos amis anglophones ?


Et puis, quid de nous autres, pauvres laïcs, qui sommes sans titre ...

Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
Mardi 25 mars 2008

Sur le plan économique, il s’oppose au protectionnisme en considérant que la libre circulation des marchandises et des services favorise un développement généralisé des uns et des autres, de part et d’autre des frontières. Il ne faut pas confondre le libéralisme avec le système économique lui même (capitalisme, capitalisme d’Etat, secteur coopératif / associatif, etc.).

Sur le plan politique
, le libéralisme peut admettre une intervention de l’Etat pour aider temporairement au fonctionnement du marché par exemple en cas de dysfonctionnement, mais il est en ce domaine minimaliste contrairement aux partisans de l’Etat providence qui doit s’occuper de tout. Les ultra-libéraux se situent à l’extrême et ne veulent pas de modération à la mondialisation des échanges.

Les libéraux se situent volontiers à Droite, mais ce n’est pas toujours le cas. Au Canada, par exemple, ils entrent dans des alliances politiques avec des partis qu’on peut considérer comme constitutifs d’une Gauche.

Appliqué aux religions
, le terme libéral s’oppose aux orthodoxies, lesquelles sont soucieuses de rappeler les dogmes (chez les catholiques), les professions de foi (chez les protestants). Le mouvement libéral est apparu au XVIIè siècle lorsque des pasteurs anglicans ou congrégationalistes refusèrent de souscrire à une confession de foi, laquelle était exigée lors de leur recrutement, en arguant que la liberté de conscience devait être respectée lors de la lecture en conscience de la Bible, de sa compréhension et des prêches en découlant.

Aux XIXè siècle, les protestants libéraux s’opposèrent aux " orthodoxes " de leur religion en acceptant le pluralisme théologique et en relativisant les expressions de la foi dont la forme est assurément liée à une culture et à une époque – et qui peuvent donc être reformulées à tout instant et sous d’autres cieux. Cette adaptabilité culturelle de la foi définit la contextualisation (chez les protestants) et l’inculturation (chez les catholiques).

Le protestantisme libéral, en se définissant, a servi de modèle à des courants au sein d’autres religions. On peut ainsi parler de juifs libéraux, de catholiques libéraux (par exemple pour les mouvements réunis au sein de la Fédération des réseaux des parvis). Au sein de l’islam moderne, ce sont les musulmans qui prônent la laïcité qui correspondent à cette dynamique.

Lire " le libéralisme évangélique " par Vincens Hubac (pasteur de l'Eglise réformée de France du Foyer de l’âme, à Paris), dans Evangile et Liberté, n° 214, décembre 2007, pp. 2-3

1 – la raison au service de la foi pour en dégager l’essentiel ; comprendre ce que l’on croit

2 –s’appuyer sur la Bible mais après en avoir fait une lecture critique des textes

3 – la valorisation de l’expérience personnelle de la foi

4 – les dogmes et les doctrines passent après la Parole de Dieu et l’expérience

5 – l’Eglise institutionnelle et les sacrements ont un rôle secondaire

6 – Dieu est souvent défini par l’Amour et l’Esprit

7 – l’universalisme : la grâce est accordée aux hommes quels qu’ils soient

8 – l’accent est mis sur l’enseignement de Jésus plus que sur sa personne ; rejet de l’interprétation expiatoire de sa mort

9 – l’optimisme anthropologique et la confiance en la liberté de l’homme.

10 - un christianisme ouvert à tous les autres courants religieux ou philosophiques ; c’est un humanisme. 


 C’est surtout la liberté de penser et de croire, pouvant aller jusqu’à la reconnaissance d’un christianisme athée * , qui caractérise ce courant chrétien. Etat d’esprit moderne, manière d’être s’inscrivant contre toute forme de pensée unique, de manipulation, le libéralisme s’inscrit aujourd’hui dans l’actualité, peut-être aussi dans l’urgence " (p. 3).
* des agnostiques, voire des athées, qui s’intéressent à Jésus (lequel, dans ce cas, n’est pas Dieu incarné).

Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
Mardi 19 février 2008

les anti-trinitaires du 1er millénaire


Les anti-trinitaires remettent en cause le dogme trinitaire tel qu’il fut élaboré par les conciles de Nicée (325), d’Ephèse (431) et de Chalcédoine (451). Mis en minorité lors de ces conciles, ils ont formés des chrétientés séparées avec les Ariens, les Nestoriens et les orthodoxes monophysites (en Syrie, Inde, Egypte, Ethiopie).

Ce dogme va au-delà de la présentation ternaire qui s’exprime lors du baptême chrétien (qui se fait au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit) et que l’on retrouve dans le Symbole des Apôtres (texte daté du début du IIème siècle), puisqu’il affirme que les trois personnes, le Dieu créateur (le Père), Jésus (le Fils) qui a été élevé d’entre les morts, et le Saint-Esprit que Jésus a promis à ses disciples, ne sont finalement qu’une même personne, un dieu qui serait trin (se manifestant en trois personnes). 

Selon ce dogme Jésus n’est pas seulement le Messie qui a été élevé au ciel après sa Passion, le Ressuscité, mais il serait Dieu lui-même, incarné dans la nature humaine (le dogme de l’Incarnation), descendu dans un enfant au moment même de sa conception (le dogme de la Virginité de Marie). 

Dieu le Père est en même temps Dieu le Fils (Jésus) et en même temps Dieu le Saint-Esprit. Le trio devient une triade indissociable, une divinité qui tout en restant une même personne a trois visages / manifestations / avatars. Les mots manquent puisqu’on nous dit que c’est un mystère !

Alors que les chrétiens trinitaires s’affirment toujours monothéistes, les juifs et les musulmans les considèrent comme des polythéistes. D’autant plus que la chrétienté a ajouté une quatrième personne : Marie qui est " mère de Dieu " puisque mère de Jésus, lequel est Dieu à part entière (et non seulement élevé auprès de Dieu).

Les unitariens ne sont donc pas les premiers à contester la Trinité. Avant eux, il y eut principalement les Ariens. Ceux-ci suivent l’enseignement du prêtre Arius d’Alexandrie et, en s’appuyant sur le prologue de l’évangile de Jean, considère que Jésus, ayant été créé par Dieu (qui lui est " incréé ") ne peut qu’être un dieu subordonné, en seconde position, mais non de rang égal. Voir notre dossier dans La Besace des unitariens.

Théodore Monod, protestant libéral et président d'honneur des associations unitariennes française (l'AUF de 1986 à 1996, l'AFCU de 1997 à sa mort en 2000), aimait se considérer comme chrétien pré-nicéen.


les autres anti-trinitaires

Après eux, le XIXème siècle américain voit l’émergence de plusieurs Eglises biblicistes (la Bible seule fonde nos croyances car elle est Révélation de Dieu) et fondamentalistes qui s’aperçoivent elles aussi que le dogme trinitaire n’est nullement mentionné dans le Nouveau Testament. De cette mouvance récente, les Témoins de Jéhovah nous sont les plus connus.

Depuis près d'un siècle, dans les pays européens occidentaux, des protestants libéraux se sont rapprochés de notre théologie tout en restant au sein de leurs propres Eglises dans la mesure où celles-ci acceptent le pluralisme théologique et n’imposent plus une confession de foi.

Aujourd’hui, deux mouvements catholiques remettent eux aussi en cause le dogme trinitaire : " Jésus simplement " (de la mouvance Marcel Légaut) et la " Libre pensée chrétiennes " (basée à Bruxelles). Ils ne se disent pas unitariens car ils ne relient pas leur mouvement à notre tradition, en partie par méconnaissance des Réformes protestantes du XVI° siècle et plus particulièrement de notre histoire.

Les unitariens sont donc des anti-trinitaires, mais ils ne sont pas les seuls à l’être !


les non-trinitaires


L’anti-trinitarisme est un terme de combat, du moins théologique. Aujourd’hui que les guerres de religion entre chrétien ne sont plus qu’un (tragique) souvenir historique, le qualificatif de non-trinitaires lui semble préférable. On peut dire que les unitariens d’aujourd’hui sont des non-trinitaires ; qu’ils n’adhèrent pas au dogme de la Trinité et que leur mouvement est né de la Réforme anti-trinitaire du XVIème siècle. 

Le caractère radical de cette position reste toujours la même, mais elle n’empêche plus les bonnes relations avec les chrétiens restés attachés, pour une raison ou une autre à ce dogme. Les chrétiens unitariens sont donc en relation avec tous les autres chrétiens libéraux qui acceptent, comme eux, le pluralisme théologique.

Les unitariens ont opté dès le début pour la non-violence, le rejet des condamnations pour hérésie, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'exégèse biblique menée en tenant compte des progrès des connaissances scientifiques, etc.  Ils ne sont pas prosélytes et sont parfaitement à l'aise dans les rencontres oecuméniques, inter confessionnelles, inter religieuses ou inter convictionnelles. Ils représentent une version non sectaire de l'anti-trinitarisme.
  


les anti-trinitaires biblicistes


S’ils prônent le Dieu Un, Jésus reste le Sauveur et conserve un rôle métaphysique dans l’histoire du salut (première créature de Dieu " avant tous les siècles ", né d’une vierge sous l’action de l’Esprit-Saint, a racheté nos péchés sur la croix, a vaincu la mort par sa résurrection, dirigera un royaume céleste sur terre, jugera les vivants et les morts, etc.). La Bible est lue au sens littéral premier. 

Ils sont fondamentalistes dans la mesure où ils dénoncent le caviardage et les fausses interprétations de la Bible par les Eglises chrétiennes " historiques ", d’où la volonté toute protestante de revenir à la Bible et à elle seule.

Elles ne communiquent guère entre elles, chacune ayant l’assurance de la vérité. Dans ces conditions, on ne peut guère parler de mouvance. Elles restent juxtaposées, avec une bonne dose de sectarisme. Leur moralisme religieux font qu’elles sont souvent confondues avec les autres fondamentalistes de la mouvance chrétienne évangélique et pentecôtiste.

Dans une première approche, on peut établir quelques distinctions entre elles, selon leur insistance sur tel ou tel point, mais toutes partagent plus ou moins les thèmes cités : infaillibilité de la Bible (par exemple les Biblical Unitarians), + l’apocalypse (voir les Christiadelphian), + prédestination (voir les Christian Churches of God), + une seule Eglise sera sauvée (voir par exemple les Témoins de Jéhovah).

Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux - Communauté : Religions en toute liberté
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