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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 05:32

En 2005, les chrétiens unitariens français ont composé une prière pour accompagner l'allumage de la flamme de leur calice. Elle a déjà été traduite en plusieurs langues (anglais, espagnol, italien, portugais) ; en voici maintenant la version en basque.
Prière composée en français par Jean-Claude Barbier, traduite en anglais par Fulgence Ndagijimana, en espagnol par Jaume de Marcos Andreu, en italien par Roberto Rosso, en portugais par Jean Monod et en basque par François Arnault.

Alleluia pour le calice qui contient le vin, qui contient nos vies,

Alleluia pour la flamme qui s'élève avec nos prières, avec nos espérances

Rendons grâce à Dieu, au souffle divin, au Matriciel source de vie

Rendons grâce pour cette création donnée et reçue

Merci au rabbi Jésus de Nazareth et à tous les sages notre Humanité,
de toutes les religions, de toutes les sagesses, de toutes les philosophies,

Merci aux hommes et aux femmes de notre Histoire qui ont construit ce monde.

Que nous soyons présents d'un commun accord les uns avec les autres
au rendez-vous de notre culte.

Que nous soyons présents, avec écoute mutuelle, les uns pour les autres
au rendez-vous de notre culte.


Alleluia kalitza hunentzat, kalitza hunek arnoz betea dena,
besarkatzen ditu gure biziak.

Alleluia gar hunentzat, goratzen ari da gure otoitzekin, gure esperantzekin.

Eskerrak eman dezagun ba Jainkoari, ba Jainkoaren hatsari,
baita ere biziaren Sorburuari.

Eskerrak eman dezagun kreazio hunentzat onartzen duguna

Eskerrak eman dezagun Jesus Nazaretharrari eta Gizadiako erakusle guziei, erilijione, jakituria eta filosofia guzikoei

Eskerrak eman dezagun gure Ixtorioaren gizon eta emazteki guziei,
eraiki duten mundu hau.

Antola gaiten denok, bakotxak bertze guziekin,
abiatzeko gure ospatzearen hitzordurat

Egon gaiten denok, bakotxak bertziendako, bakotxak bertzeak entzuteko,
gure ospatzearen hitzordua da.

voir notre rubrique "le calice des unitariens"

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Published by traduction François Arnault - dans le calice des unitariens
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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 01:13

la traduction a été transférée sur le site portugais en accueil sur celui de l'Eglise unitarienne francophone
http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr/article-25585809.html


Cette prière des chrétiens unitariens pour allumer le calice a été traduite en portugais par Jean Monod. Les versions française, anglaise, espagnole et italienne ont déjà été publiées dans la même rubrique "le calice des unitariens". Les versions en français et en anglais ont été diffusées à toutes les congrégations du monde entier par l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) pour être dites au moins une fois durant le mois de mai 2008.

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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 11:55

Le révérend Dr. Charles E. Joy fut le commissaire à Lisbonne de l’Unitarian Service Committee (USC) que l’American Unitarian Association (AUA, fondée en 1825 à Boston) venait de mettre en place afin de participer à l’accueil des migrants, pour la plupart Juifs, en provenance de l’Europe submergée par le nazisme. 

Le révérend était connu dans les milieux médicaux pour ses écrits à propos de l’œuvre d’Albert Schweitzer, dans les milieux chrétiens comme auteur d’un ouvrage (la Harper’s Topical Concordance), enfin dans les milieux unitariens comme ancien président de l’AUA. Il fut choisi en 1940 pour diriger l’antenne de Lisbonne. Cette ville était alors le seul port d’embarquement possible pour les réfugiés. 

L’USC recevait des demandes d’aide de la part de scientifiques, d’artistes, d’écrivains et d’intellectuels qui étaient victimes du nazisme. Ceux-ci étaient souvent sans papier et Ch. E. Joy eut l’idée d’établir pour eux un document de voyage avec entête de son association afin de faciliter l’obtention des papiers officiels dont ils avaient besoin pour embarquer. D’autant plus que les Britanniques exerçaient alors une surveillance afin d’être sûrs qu’il n’y ait pas, parmi les embarqués, des personnes politiquement indésirables. Pour cela, un cachet était nécessaire. C’est donc précisément un cachet (en anglais : a seal) et non un logo pour en tête qu’il demanda à l’artiste Hans Deutsch. Dans un rapport adressé au siège central de Boston, en date du 31 janvier 1941, le révérend décrit le dessin qui deviendra plus tard célèbre parmi tous les unitariens.

Flaming-Chalice-1--re-version.pngDans l’immédiat, seule l’USC l’utilisa pour ses besoins. Ce n’est que 35 ans plus tard, que le " flaming chalice " fit son apparition sur un document officiel (1976-77 UUA Directory) de l’Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregations, donc bien après la fondation de cette dernière en 1961 (par fusion entre les unitariens américains et les fidèles de l’Eglise universaliste, laquelle était une Eglise chrétienne). Finalement, ce n’est qu’au cours des 20 dernières années que les cultes unitariens ont commencé à pratiquer l’allumage de la flamme du calice.

L’UUA, résultant d’une fusion entre deux entités dont les dénominations confessionnelles se retrouvent à égalité dans l’intitulé de la nouvelle association, un double cercle symbolisent celles-ci.

Quant à l'USC, elle est devenue "unitarienne-universaliste" (UUSC) en 1961, lors de la fusion sus mentionnée. Voir son site : http://www.uusc.org/

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 20:06

AFCU-AG-06-calice-JPE-allume-la-flamme-bis.JPGphoto Jean-Pierre Babin

A l’occasion du culte de clôture de son assemblée générale, le dimanche matin 5 mars 2006, les membres présents de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) et leurs invités ont procédé à un rituel tout à fait émouvant qui a consisté à transmettre la flamme d’une ménorah (le candélabre rituel des Juifs) à celle de notre calice.

Nous avons voulu ainsi rappeler le lien, établi par le dessinateur H. Deutsch en 1941, entre judaïsme et christianisme. 

Guy Lévy
a allumé les bougies de la ménorah – il n’est pas Juif, mais son patronyme l’autorise à un tel geste - puis ce fut Jean-Pierre Edberg, pratiquant juif coiffé de la kippa, qui transmit la flamme.

Ensuite, nous partageâmes le pain et le vin au nom du rabbi galiléen, ‘Iéshoua de Nazareth, notre maître spirituel dont nous suivons l'enseignement et la personne.

Pour comprendre ce rituel spécifiquement unitarien, lire les articles de ce blog dans la rubrique "le calice des unitariens" et ceux de la rubrique "des fêtes et des rites" sur notre site documentaire "La besace des unitariens".

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 16:23

Lorsque le dessinateur Hans Deutsch plaça une flamme au cœur d’une coupe, ce n’est pas n’importe quelle flamme ! Nous sommes en 1941 et les demandeurs d’exil étaient pour la plupart des Juifs qui fuyaient l’enfer nazi. H. Deutsch pensa-t-il alors aux braves Grecs et Romains de notre Antiquité qui utilisaient des vases sacrés ? Ou bien plutôt, d’une part au calice des hussites (nous l’avons dit dans nos messages précédents) et d’autre part aux flammes que les Juifs allument pour célébrer leurs rites et fêtes, à commencer l’allumage de la ménorah à chaque début de sabbat et des huit bougies de ‘Hannoucah.

Le révérend Charles Joy fait partie des unitariens de Boston, héritiers d’une tradition chrétienne libérale qui, à la fin du XIXème siècle, a décidé d’ouvrir ses communautés à des agnostiques et à des non-croyants qui partagent les mêmes valeurs universelles que les chrétiens (voir la Correspondance unitarienne n° 65, de mars 2007 "Christianisme d'ouverture et post-christianisme : faut-il inviter les autres à faire partie de nos communautés chrétiennes ? "). 

L’intention est certes louable, mais elle oblige au grand écart.

Pour plaire aux chrétiens, le révérend appelle " calice " ce qui est manifestement, vu le dessin, une coupe (ce qui n’est toutefois pas un contre-sens puisque le dessin est un écho du calice des hussites ainsi que nous l’avons expliqué antérieurement) et, toujours selon le révérend, la silhouette du dessin nous fait penser à une croix – ce qui est effectivement vrai, mais de loin !

Pour les non chrétiens, le révérend puise dans ses connaissances des premiers siècles du christianisme pour évoquer les religions antiques utilisatrices de vases sacrées (où – stop, non dit ! – on y versait parfois du sang humain).

Nous sommes en 1941 et donc encore loin de l’unitarisme-universalisme qui ne prendra sa forme qu’en 1961 avec la fusion des congrégations unitariennes américaines et de l’Eglise universaliste. Mais déjà notre révérend parle ce langage qui se veut conciliant envers toutes les croyances mais qui relègue à l’arrière plan les particularismes au risque de jeter le bébé avec l'eau du bain.

Dans le cas présent, le dessin du calice unitarien par Hans Deutsch renvoie manifestement à des histoires très précises de résistance au moment même où les peuples se trouvent tragiquement confrontés au nouvel totalitarisme qu’est le nazisme. Ce n’est donc pas n’importe quelle coupe ni n’importe quelle flamme. Qu’on se le dise !

projet-Didier-2.GIFMaintenant, à partir de ces symboles concrets et précis, chacun peut s’y brancher à sa façon, vivre la transmission et la filiation comme il l’entend.

Didier Le Roux, membre de l’AFCU, a choisi d’affirmer cette filiation juive avec le dessin d’une ménorah toute entière et non seulement une flamme, placée au creux du calice. C’est un dessin dont l’expression est forte et qu’il propose comme logo pour notre association.

Le christianisme unitarien accueille très volontiers en son sein des chrétiens judaïsant. L’Eglise unitarienne de Norvège, par exemple, allie, dans son logo, le blason de notre Eglise historique (l’Eglise unitarienne de Transylvanie) et la ménorah juive.

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 15:53

Prier en allumant une bougie afin de mieux se concentrer, élever son âme dans le sens de la flamme qui vibre doucement, sensible au moindre souffle, sans nul crépitement, sans la violence des braises ardentes. Méditer ensemble, réunis fraternellement, dans une pénombre où la flamme d’une bougie nous réunit par son intimité. Ce sont là des moments forts, existentiels, bien au-delà de nos rationalités.

Ces moments sont d’autant plus denses lorsqu’ils se rattachent à l’histoire d’un patrimoine comme c’est le cas de la fête de ‘Hannouccah (Hanouka). 

 

hanuk-maroc1.jpgAu Maroc, pour porter les 8 bougies d'hannouccah, à l'extérieur de la maison, près de la porte d'entrée et afin de ne pas abîmer les murs avec la suie ; à la base les huit petits creusets alignées.

Voir l’historique et le sens de cette fête sur notre site documentaire,
La Besace des unitariens (nos deux messages du 12 mai 07, rubrique : des fêtes et des rites).


Cette petite fiole légendaire retrouvée à l’intérieur du temple de Jérusalem et dont l’huile s’avéra suffisante pour accomplir dans les règles les rituels de toute une semaine, devient le symbole d’une nation résistante à tous les impérialismes militaires et culturels, fidèle à sa foi et à sa tradition, affirmant sa propre histoire, fière de son identité. Ce n’est donc pas n’importante quelle lumière, ni une lumière " en général ".

Et puis, c’est la fête des enfants en souvenir des petits Israéliens qui lisaient la Torah à la lumière des bougies et protégés par un guetteur de leur âge afin de les prévenir en cas de patrouille. Déjà résistants, ils feignaient de jouer à la toupie lorsque les militaires occupants ouvraient la porte.

Lors de ces 8 jours de fête (avec chaque jour une nouvelle bougie allumée), on frit des beignets (en souvenir de la sainte huile) ; on offre aux enfants des toupies portant les quatre lettres hébraïques Noun, Guimel, , Chin, à savoir les initiales de la phrase : " Ness Gadol Haya Cham " = un grand miracle se produisit là-bas ; et on leur donne de l’argent (l’argent de ‘Hannouccah =  Omeï Hannouccah ) pour qu’ils apprennent à donner donner le Maasser (le Dixième de leur gain) à la Tsédaka (faire la charité).

Le mot ‘Hannouccah est lié au mot ‘Hinou’h qui signifie en hébreu " éducation ".

Jours de fête que les hasards du calendrier font tomber en temps de la Noël. Heureux hasard nous disent les Juifs pour Jésus (voir le très bel article de Susan PerlmanUne lumière pour deux croyances " reproduit dans notre Besace des unitariens). Et si nous partagions nos fêtes ? Voir notre article sur le site "Profils de libertés" : "Le culte communautaire et les festivités pour tous".

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 18:10

Hans Deutsch est un dessinateur autrichien (ou tchèque ?) immigré à Paris à la fin des années 1930 et qui contribua par son art à lutter contre le nazisme. Il est l’auteur du dessin qui allait devenir l’emblème de la plupart des unitariens : le calice à la flamme.

Lorsque l’empire austro-hongrois, allié des Allemands, connu la défaite au terme de la guerre 14-18, la Tchécoslovaquie se proclama République le 14 novembre 1918. Le traité de Saint-Germain-en-Laye, signé le 10 septembre 1919, confirma le démantèlement de cet empire.

Mais l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler le 30 janvier 1933, suscite un certain engouement pour le national-socialisme dans les pays voisins plus à l’est. Ceux qui se sentent les plus menacés, élites juives et communistes, commencent à émigrer. Sachant qu’une partie de l’opinion autrichienne lui est favorable, A. Hitler lance l’idée d’un rattachement de l’Autriche à l’Allemagne (l’Anchluss). La pression allemande se fait de plus en plus forte à partir de 1934 et aboutit à l’accord imposé du 12 février 1938 puis à l’invasion de l’Autriche le 13 mars.

Sur ce, les accords de Munich (29-30 septembre 1938) font perdre à la Tchécoslovaquie une bonne partie de son territoire, et ce qui reste est englouti par l’invasion du 15 mars 1939.

H. Deutsch fut-il Autrichien comme l’avance Dan D. Hochkiss (avant 1987) ? ou bien Tchèque selon Art Lester (1993) Ou Tchèque en Autriche ? Il serait pertinent d’avoir sa biographie. Nos historiens unitariens ne semblent pas y avoir pensé jusqu’à présent. Quoiqu'il en soit, c'est à Vienne qu'il exerce ses arts : il est musicien, dessine des portraits, fait des caricatures qu'il publient dans les journaux de la place. Ayant réalisé des caricatures anti-nazies, il doit quitter Vienne pour Paris, sans doute au moment de l'entrée des troupes allemandes en Autriche ; puis il lui faudra de nouveau partir de Paris lorsque celle-ci se déclare ville ouverte à l’approche des armées allemandes, le 11 juin 1940.

Durant son séjour à Paris (février 1938 ? - juin 1940), a-t-il publié des caricatures dans les gazettes parisiennes ?

Il se réfugie au Sud de la France, passe en Espagne et finalement se retrouve à Lisbonne en janvier 1941 grâce à un faux passeport. Là, durant sx mois il sera le secrétaire et l'assistant du révérend américain Charles E. Joy (1885-1978) qui anime le Service unitarien (Unitarian Service Committee) en qualité de directeur exécutif.

Cette instance, basée à Boston, participe à l’aide aux exilés européens qui, à Lisbonne, embarquent pour l’Amérique. La plupart, à 90%, sont des Juifs, certainement aussi des unitariens d’Europe centrale. Ch. E. Joy a besoin d’un logo pour des entêtes de courrier et des badges afin de faire connaître son organisme et être ainsi mieux pris en considération par les autorités :

"pour leur conférer un aspect officiel, pour leur donner de la dignité et de l’importance, tout en symbolisant l’esprit dans lequel nous travaillons. Quand un document peut éviter à un homme d’aller en prison, être pris en considération par les gouvernements et de la police, alors il importe qu’il semble être important" (cité par D. D. Hochkiss).

C’est alors que H. Deutsch va produire un dessin étonnant : une coupe contenant une flamme.

Qu’elle est la signification de cette coupe ? Pour Charles E. Joy, il s’agit d’un calice :

Un calice avec une flamme, le genre de calice que les Grecs et le Romains ont mis sur leurs autels. L'huile sainte y brûlant est un symbole de secours et de sacrifice. C'était dans l'esprit de l'artiste. Le fait que ce symbole suggère à distance une croix * n’était pas dans son esprit, mais pour moi cette silhouette de croix a cependant le mérite d’exister. Nous ne limitons pas notre travail aux chrétiens. En effet, actuellement, notre travail est à 90% pour les Juifs, pourtant nous provenons de la tradition chrétienne et de son thème central de l'amour sacrificiel " (cité par Art Lester).

* effectivement, vue latéralement, la coupe très évasée, sur pied et avec sa flamme a la silhouette d’une croix

Entre les coupes gréco-romaines et le calice chrétien c’est le grand écart quant à la forme et au contenu ! Voir notre vocabulaire religieux à propos des vases sacrés. Mais notre révérend utilise bel et bien le terme de calice et le relie implicitement au repas sacrificiel des chrétiens.

USC-logo.jpg Nous ne savons pas si l’original de ce célèbre dessin, fait au crayon et à l’encre, a été archivé. Quoiqu’il en soit, nous le retrouvons en logo de l’Unitarian Servive Committee (à partir de cette histoire et donc bien avant l'unitarisme-universalisme de 1961). 

 

De son côté, H. Deutsch n’est pas croyant, mais il admire le dévouement du révérend qui va jusqu’à sacrifier pour son service tous les instants de sa vie. Il parle lui aussi de " sacrifice " de soi pour les autres :

Il y a quelque chose que je dois vous dire […] c’est combien j'admire votre entière abnégation et votre promptitude à vous sacrifier entièrement, votre temps, votre santé, votre bien-être, pour aider, aider, aider. Je ne suis pas ce que vous pourriez actuellement appeler un croyant. Mais, si votre genre de vie correspond à votre profession de foi – ce que je ressens comme tel - alors la religion, cessant d'être magique et remplie de mysticisme, devient une confession conduisant à une philosophie pratique – et ce qui est mieux – elle motive un travail social réellement utile. Et cette religion - avec ou sans titre - est l’une à laquelle même un camarade "athée" comme moi peut dire oui de tout cœur " (cité par D. D. Hochkiss).

Nous sommes bien dans une symbolique selon des valeurs chrétiennes et la coupe, même très évasée, a, dans ce contexte, bel et bien le sens d’un calice.

Le fait que le dessinateur soit autrichien ou tchèque, le pas est vite franchi pour tous ceux qui connaissent l’épopée des calixtins du XVe siècle d’y voir une reproduction du calice des hussites. Si D. D. Hochkiss (avant 1987) n’en parle pas, l’historien français Albert Blanchard-Gaillard (1987) y ajoute cette référence et le révérend britannique Art Lester (1993) évoque d’emblée " le courage religieux de Jean Hus ".

Comme la plupart des communautés unitariennes du monde entier, l’AFCU se réfère également dans ses statuts (février 1997) à cet emblème. Lors de son assemblée générale de mars 2006, elle a émis sa prédilection pour représenter un calice plutôt qu’une coupe, en référence précise au calice utilisé par l’Eglise unitarienne de Transylvanie.

Epilogue pour notre dessinateur : en juin 1941, il est menacé d'emprisonnement. Le Service unitarien le fait alors passer aux Etats-Unis sous le nom de John H. Derrick (information de la Westside UU Congregation Religious Education).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le calice des unitariens
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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 09:43

Datant du début du VIII° s, le calice d’Ardagh fut enfoui en terre pour échapper aux rapines et ne fut découvert qu’en septembre 1865, d’une façon tout à fait fortuite, en bêchant un jardin pour y planter des pommes de terre ! Ardagh est en Irlande, dans le comté du Kerry. Ce calice est fabriqué en métaux (bronze, argent et or) selon les normes de l’orfèvrerie celte. Il témoigne du christianisme celte lorsque celui-ci n’avait pas encore été " régularisé " par Rome.

En effet, contrairement à l’épopée semi-légendaire du missionnaire Patrick, le christianisme s’est diffusé en Irlande par osmose à partir des terres déjà chrétiennes : l’Angleterre (touchée par le christianisme deux siècles plus tôt) et le littoral des terres franques. L'évangélisation s’est faite par le " haut ", à savoir par les familles royales, celle des druides et celle des troubadours. Ce sont les rejetons de ces familles qu’on retrouve comme fondateurs de monastères (saint Ciaran, à Clonmacnoise, saint Kevin à Glendalough, saint Comball à Bangor, saint Colomba à Derry et Durrow, etc.).

vue du calice avec ses deux anses. La première photo est prise sur la décoration de celles-ci en premier plan et en présente un extrait 

Elle s’est appuyée principalement sur des monastères qui en quelque sorte reprenaient l’organisation druidique antérieure en y changeant le contenu, réunissant intra-muros des érudits, des savants, des artistes en de hauts lieux déjà fréquentés par les druides (le site des premiers oratoires était souvent des îles ou des sources sacrées). Au sein de ses monastères, les moines se consacraient aux enluminures bibliques comme en témoigne le livre de Durrow (milieu du VII° s.) et celui de Kells (fin VIII°s.) et aux travaux d’orfèvrerie. Ils reprenaient volontiers les motifs de décoration coutumiers. Il y avait bel et bien conversion au christianisme, signe de la modernité des temps de l’époque et des relations avec les peuples les plus riches, mais en douceur et sans rejet culturel brutal. C'est ainsi, par exemple, que la grande fête celtique de Samain (l’Halloween des Américains), le 1er novembre, est devenue la Toussaint et la fête des morts.

En 431, Rome envoie un certain Palladium comme évêque pour les Irlandais " croyant dans le Christ ", in Christum credentes. Puis Patrick l’année suivante. Le modèle voulu par Rome est assurément épiscopal comme le montre la création de l’évêché d’Armagh vers 445.

voir dans nos Actualités unitariennes, notre présentation de saint Patrick le 11 mars (" Les unitariens et le trèfle de saint Patrick ", " Saint Patrick : les serpents à la mer ")

Mais Rome est loin, coupée de l’Irlande par des pays parfois en guerre et qui ont leur indépendance, si bien que c’est la forme du monachisme qui va se développer dans l’île aux VI° et VII° siècles. Celle-ci est décentralisée puisque les monastères sont indépendants les uns vis-à-vis des autres et deviennent les véritables centres de la vie religieuse.

Dans un pays dépourvue de centres urbains, les monastères ruraux s’adaptent mieux que l’organisation épiscopale. Outre l’héritage artistique qui y est maintenu, le monachisme irlandais présente quelques particularités liturgiques qui diffèrent d’avec Rome : la date de Pâques, les rites du baptême … et une tonsure particulière ! Rome rectifiera tout cela à partir de la fin du VII° siècle et fera de saint Patrick la figure (ecclésiale) dominante.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire les travaux de l’historien nantais Jean Guiffan http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/saint_patrick_et_la_christianisation_de_l_irlande.asp

Dès lors, ce calice d’Ardagh est non seulement prestigieux par son orfèvrerie "barbare", mais pour nous, unitariens, qui avons pour la plupart une tradition congrégationaliste, il est signe d’une Eglise non centralisée, ouverte aux initiatives locales, valorisant le lien social à partir d’en bas. En cela, il est plus le signe d’une communion locale, populaire, que du rattachement à une hiérarchie plus ou moins lointaine.

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6 mars 2007 2 06 /03 /mars /2007 12:17

Les juifs ont l'habitude de "bénir" Dieu en célébrant les bonnes choses qu'Il fit pour nous, à commencer par le pain et le vin. Ils font alors le rituel du "kiddouch" qui consiste à boire le vin dans un verre d'apparât.  Ce que les Juifs appellent bénir Dieu peut se traduire par " louer Dieu " car, pour nous, la bénédiction est descendante (de Dieu à ses fidèles, des parents à leurs enfants, de l’aîné à ses cadets, etc.). Ils bénissent également Dieu en rompant le pain. Ce sont ces deux gestes que Jésus a repris à son compte pour instituer le partage du pain et du vin en son nom.

 

Tout naturellement, les juifs sépharades d'Europe, empruntèrent le calice des chrétiens qui était sur le marché de l'orfèvrerie. Ici le verre pour le kiddouch de la synagogue d'Arcachon, en Gironde (photo J.-C. Barbier).

 

 

 

Lors de culte de clôture de la dernière assemblée générale de l'AFCU, le dimanche 5 mars 2006 à Paris, nous utilisâmes un verre du kiddouch pour boire le vin au nom du rabbi Yéshoua de Nazareth.

 


Ce magnifique verre est la propriété de Bernard Biro (photo Jean-Pierre Babin).

 

 

 

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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 04:15

Au XVI° siècle, Les réformés remplacent la messe dont le centre est l'eucharistie par le culte dont le centre est la prédication. Le culte est célébré tous les dimanches par la communauté toute entière qui se rend au temple pour louer Dieu, entendre sa Parole et le prier. Le chant des psaumes par l'assemblée des fidèles tient une place importante.

La Cène (qui remplace l'eucharistie) est célébrée en général 4 fois par an, lors des grandes fêtes chrétiennes et non plus tous les dimanches. Le pain et le vin (la communion sous les deux espèces) sont distribués aux fidèles.

coupe de communion démontable au XVIII° s. (Société historique du protestantisme français SHPF)

texte et illustration dans " Être protestant en France au XVIe siècle ", sur le site du Musée protestant virtuel : http://www.museeprotestant.org/Pages/Notices.php?scatid=&noticeid=413&tourid=1&order=8&Lget=FR

Frédéric Fournier, pasteur protestant de l'Eglise réformée de France à Saumur, explique ce rythme espacé de la Cène  : "Les Réformateurs, plus précisément les calvinistes, ont été très réservés au sujet de l'abondance des rites dans le culte. Ainsi ont disparu de nos cérémonies un certain nombre de gestes et d'objets (signe de croix, cierges, encens, absoute, etc.) et d'habits liturgiques (aube, étole, etc.). Nos pères en la foi ont, à juste titre, pensé que les rites pouvaient être dangereux, parce que pratiqués mécaniquement et reçu de manière magique. Les rites étaient censés faire venir Dieu, comme un maître appelle son chien. Or l'Eternel est souverain. De plus, ces rites visaient à maîtriser et enfermer la divinité. Mais Dieu, dans sa totale liberté, accorde sa grâce par ses moyens et non par les nôtres" (Evangile et Liberté, mars 2007, p. 5).

Nos Eglises historiques de Transylvanie et de Hongrie ont de même adopté une cène espacée, lors des grandes fêtes liturgiques : Noël, Pâques, Pentecôte, Jour d'action de grâce (Thanksgiving). Elles y ajoutent des occasions : confirmation (puisqu'elles pratiquent le baptême d'enfant), synode, anniversaire de l'église, etc.

Nombre de luthériens ont au contraire maintenu la cène hebdomadaire. Pensons aussi aux paroles de Jésus : lorsque vous serez plusieurs réunis en mon nom, je serai au milieu de vous ...

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