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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 18:00

Les unitariens sont redevables de l’action réformatrice de Jean Hus entre autres pour sa revendication de la communion sous les deux espèces pour les laïcs et ils sont, d’une certaine façon, parmi les héritiers du calice des hussites (voir notre rubrique " le calice des unitariens "). C’est dire combien nous nous sentons très solidaires de cœur avec cette Eglise bien qu’elle soit restée tout à fait catholique (cependant indépendante de Rome), d'où l'existence d'une rubrique qui lui est consacré.

 Or, voici une bonne nouvelle pour cette Eglise puisque le gouvernement tchèque envisage de rendre aux Eglises leurs biens immobiliers qui avaient été spoliés par la révolution communiste (1948-1989) lorsque cela est possible et de les dédommager pour les biens qui ne peuvent pas leur être rendus. C’est un article du journal La Croix qui l’annonce (" Les biens confisqués aux Eglises tchèques pourraient leur être rendus ", article de Diane Dupré La Tour publié le 2 janvier 08). 


Ce n’est pas encore fait, mais c’est du moins une forte espérance.


Sont notamment concernées l’Eglise catholique (mais l’Etat veut garder la cathédrale Saint-Guy, à Prague, joyau gothique et symbole de la nation tchèque tout entière), l’Eglise hussite et l’Eglise des Frères de Bohême. Ces restitutions permettraient aux Eglises de payer elles-mêmes leur clergé et de ne plus être dépendantes de l’Etat.


Sont par ailleurs en cours de restitution les biens juifs saisis dès 1938 par les nazis et dont le régime communiste avait hérité en se gardant bien de les restituer, toute révolution se faisant rapidement cupide.


Mais les collectivités locales, principales bénéficiaires des confiscations, se font tirer l’oreille. Pour Tomas Butta, chef de l’Église hussite, " un véritable pas a été fait au sein de la commission entre l’État et les Églises, qui n’ont eu aucun mal à parler d’une seule voix. Malheureusement rien n’est acquis, et il n’est pas du tout certain que le Parlement approuve le texte".


Tch--coslovaquie-----CCSH-calice-au-sommet-du-clocher-d-une-Eglise-et-croix-lorraine.jpegéglise hussite ; remarquez le calice au sommet de son clocher et la croix en forme de croix de Lorraine


Les unitariens tchèques, quant à eux, ont pu récupérer leur siège en 2000 (un ancien palais médiéval qui avait été restauré en 1926 avec l’aide financière de l’American Unitarian Association (AUA) et l’Association unitarienne britannique et pour l’Etranger). 


Ils y célébrèrent, avec émotion, une importante cérémonie des fleurs en juin 2000, en présence de leurs amis de l’Association unitarienne-universaliste (UUA), de l’Assemblée générale des unitariens britanniques, du Conseil international des unitariens et universalistes (ICUU) et de l’Association internationale pour la liberté religieuse (IARF).

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 11:25

L’Eglise hussite tchécoslovaque (Cirkev ceskoslovenska husitska CCSH), en anglais The Czechoslovak Hussite Church, est une Eglise catholique indépendante fondée en 1919. La liturgie est catholique et les 7 sacrements sont appliquées, mais l’organisation a emprunté aux protestants. L’Eglise considère que l’action de Jean Hus au XVe siècle a été pour elle une première Réforme

voir la biographie de Jean Hus sur le site "Unitariens".

Issus de l’aile radicale réformiste du clergé catholique, les fondateurs de cette Eglise célèbrèrent la période de Noël 1919 en langue tchèque, puis le 8 janvier 1920, installèrent le Dr. Karel Farsky à la tête de la nouvelle Eglise. Celle-ci a adopté un fonctionnement à la fois presbytéral (le sacerdoce est universel à tous les chrétiens) et épiscopal. A partir de 1925, un " patriarche " est à la tête de l’Eglise (Dr. Karel Farel 1925-1927, Dr. Gustav Adolf Procházka 1928 – 1942, Dr. Miroslav Novák 1946 – 1962, Dr. Josef Kupka 1962 - 1982, Mgr. Miroslava Durchánka 1982 – 1988, Mgr. René Hradský 1989 – 1999). Les femmes ont eu accès à la prêtrise à partir de 1947.

 

Chaque congrégation locale élit, pour sa direction, un conseil des aînés, lequel a à sa tête le ministre du culte (un prédicateur, un diacre ou un prêtre). L'Eglise a cinq diocèses, leurs sièges étant à Prague (Praha), Pilsen (Plzeñ), Hradec Králové, Brno et Olomouc. Un autre diocèse est à Bratislava (capitale de la Slovaquie, tout près de la frontière avec la République tchèque et l’Autriche).

 

CCSH-procession-avec-le-calice-et---chasses.jpg

procession festive avec échasses et calice

Chaque évêque dirige un conseil diocésain. A la tête de l’Eglise, un Conseil central (élu par les diocèses avec une représentation égale entre prêtres et presbytes = Anciens), avec maintenant à sa tête un évêque dans le rôle de patriarche (ce dernier est élu par l’Assemblée de l’Eglise). Tous les mandats sont de 7 ans. Les ministres sont formés à Prague, à la faculté hussite de théologie à l’université Charles (soit 5 ans d’étude). Un hebdomadaire est publié ; il est intitulé “Český zápas“, Le Combat tchèque) ; également une revue de théologie et, plus généralement, des ouvrages diffusés par la maison d’édition Blahoslav.

L'Eglise est réputée pour la qualité de ses chorales. Elle organise chaque année depuis 1969 un festival les mettant en compétition (Festival duchorni hudby)

Cette Eglise est fort bien intégrée dans le contexte chrétien. Elle est en effet membre du Conseil mondial des Eglise, du Conseil œcuménique des Eglises en République tchèque, de la Conférence des Eglises européennes, enfin de la Communauté d‘Eglises de Leuenberg.

Elle compte 180 000 adhérents, répartis en 307 congrégations, et 266 ministres actifs dont 130 femmes

Source : http://www.ccsh.cz (site consulté en septembre 2006, lequel a changé depuis de présentation)

 

Adresses :

Ústřední rada CČSH (Conseil central de l’Eglise hussite tchécoslovaque / The Central Council of the Czechoslovak Hussite Church), Wuchterlova 5, 166 26, P. O. Box 255, Praha 6 – Dejvice, tél. 00 42 / (0)2-20 39 81 11, fax: 02-20 39 81 23, courriel : ustredni.rada@ccsh.cz

Husitská teologická fakulta UK (Faculté hussite de théologie à l’Université Charles / The Hussite Faculty of Theology of the Charles University), Pacovská 4/350, P. O. Box 56, 140 21 Praha 4, phone: (0) 2-41 40 97 69, 41 40 56 09, fax: (0)2-692 99 59, courriel : sekretar@htf.cuni.cz

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 09:11

Prague, grâce aux mines d’argent de Kutna Hora (dans le Kuttenberg), ouvertes en 1237devient une ville en plein essor. Les bourgeois de la cité sont autorisés à élever un hôtel de ville en 1338 et la ville devient le siège d’un archevêché en 1344. En 1346, le tchèque est reconnu comme langue officielle du royaume de Bohème (du nom de la tribu celte des Boïens). L’université est crée en 1348. C’est la première de tout l’Empire germanique qui couvrait alors, en plus de l’Allemagne d’aujourd’hui, la Suisse, l'Italie du Nord, les Pays-Bas, la Belgique, l'Autriche, etc. En 1363, Venceslas IV est couronné du vivant de son père (Charles IV, de la dynastie des Luxembourg) souverain d’un royaume dont l’autonomie au sein du Saint Empire germanique s'est vue confirmé quelques années auparavant, en 1356.

 

C’est dans ce contexte que naît Jean Hus en 1370. Voir sa biographie sur le site " Unitariens ". Il reprendra à son compte les idées réformatrices des lollards (voir l'article de Didier Le Roux sur le même site) et revendiquera le maintien de la communion sous les deux espèces, le pain et le vin. Son action est d’autant mieux appréciée qu’en 1412 le pape, à court d’argent pour construire ses monuments, notamment la basilique Saint-Pierre et Saint-Paul de Rome, vient de lancer la vente des indulgences. Il sera brûlé vif au concile de Constance en 1415. Puis ce sera le tour de Jérôme de Prague, le 30 mai 1416.

 

Les partisans de Jean Hus, les hussites, se révolteront et tiendront tête aux croisades lancées contre eux jusqu’en 1434. Ils mettront le calice en emblème sur leurs drapeaux, en en faisant ainsi un symbole pour la libération de leur peuple.

 

 

Jean Zizka, capitaine hussite, tué au combat le 11 octobre 1424     CCSH-Zizka.gif

 

 

 

En 1457, sous l’impulsion de Pierre de Chelcic (1390-1460), les communautés hussites s’organisent en Unitas Fratrum (Union des Frères), de tendance égalitariste et non violente, avec comme centre le bourg de Kunwald (à l’est de Hradec Kralové, tout près de la frontière allemande). Ils sont connus sous le nom de " Frères de Bohème ". Mais la plupart se rallieront en masse au luthéranisme. Le mouvement disparaît totalement à partir de la fin de la Guerre de Trente ans, en 1623, lorsque les Habsbourg d’Autriche assoient leur pouvoir sur la Bohème et y réintroduisent le catholicisme romain.

 

Une première résurgence aura lieu en 1722 à l’initiative du comte Nikolaus-Ludwig von Zinzenforf, piétiste fervent, qui accueille sur ses terres de Saxe des Frères de Bohème persécutés, lesquels y fondent le village de Herrnhut (en Saxe, au sud ouest de Görlitz, entre ce bourg et la frontière tchèque). Ce seront les " Frères moraves ". En 1721, un dernier meneur hussite est signalé en la personne de Jean Népomucène. Les Frères moraves agissent au sein des Eglises protestantes et se montrèrent très actifs au niveau missionnaire. Actuellement ils sont quelques 800 000, répartis dans le monde entier (Joseph Longton, 1987, Fils d’Abraham, panorama des communautés juives, chrétiennes et musulmanes, éditions Brepols, , p. 106).

 

L‘Eglise hussite tchécoslovaque (Cirkev ceskoslovenska husitska CCSH) est donc une seconde résurgence du mouvement, plusieurs siècles plus tard, en 1919. Est-ce une Eglise musée, conservatrice de faits historiques, de caractère national, ou bien est-elle porteuse, en plus, d’une théologie spécifique (la communion sous les deux espèces) et d’une ecclésiologie moderne (ouverte aux laïcs et aux femmes) ? Quels sont ses rapports avec les Frères moraves (lesquels ont été très influencés par le luthéranisme et qui se sont internationalisés) ?

En 1941, les unitariens ont hérité du calice des hussites grâce au dessinateur tchèque Hans Deutsch. C‘est donc avec une grande émotion que nous signalons l‘existence de cette Eglise qui, bien que récente, est " historique ". En tout cas, elle fait partie de notre patrimoine culturel.

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