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accompagnement spirituel des couples

Samedi 14 avril 2007

Trop souvent l’approche d’une question se fait à coup d’arguments et ceux-ci ne manquent pas de se bousculer ! Il nous faut au contraire bien sérier les choses afin que le débat puisse gagner en clarté et que nous avancions pas à pas, en toute sérénité.

Disons d’abord que les chrétiens unitariens se situent dans la tradition protestante, pour laquelle c’est la Mairie qui marie les couples et non l’Eglise. La responsabilité est en effet prise devant la société civile et sur un plan juridique. Ce sont donc à nos députés de non à nos religieux de décider des formes d’union conjugale qui sont légales ou non dans un pays donné.

Seulement après, à la demande des nouveaux époux, l’Eglise bénit le couple lors d’une action de grâce (rendre grâce à Dieu). Le " mariage religieux " n’est donc pas un doublon du premier, sa reproduction sous le regard de Dieu. Nous ne sommes plus en théocratie et Dieu n’est pas législateur ! Et nous ne sommes plus sous un régime clérical. Les couples qui entrent à l’Eglise sont déjà mariés !

Par rapport à Dieu, l’Eglise catholique exige l’indissolubilité du couple et refuse le divorce. Elle continue ainsi la fiction d’un mariage fait à l’Eglise. Pour les protestants, les époux reçoivent une simple bénédiction et non un " sacrement de mariage ".

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le drapeau de l'arc-en-ciel (rainbow) adopté par les homosexuels comme revendication de convivialité

Nombre de couples mariés civilement éprouvent le besoin d’une cérémonie religieuse pour mieux partager leur joie avec leurs parents et amis, pour témoigner de l’importance qu’ils attachent à leur aventure à deux, pour remercier Dieu du bonheur de la vie. Soyons alors présents à leur côté, chez eux lors d’une fête familiale ou dans un lieu de culte, en tenant compte de leur propre itinéraire et des sentiments religieux ou philosophiques de leur entourage. C’est ce que nous entendons par l’accompagnement spirituel. L’acteur religieux n’impose pas de normes à priori, ni sa théologie, mais s’adapte à la situation et aide à l’expression des personnes concernées. Il garde toutefois sa liberté de dire non si le projet ne lui convient pas et d’orienter le couple vers une autre personne ou communauté plus en concordance.

Voir le " Mariage à la carte ", message du 7 décembre 2006.

Il appartient à chacun de prendre ses responsabilités s’il est sollicité par un couple et d’aider à l’organisation de la cérémonie religieuse ou spirituelle. La prochaine AG de l’AFCU discutera s’il peut le faire, aussi, au nom de notre communauté de chrétiens unitariens.

Autre question : faut-il bénir le couple comme dans la tradition cléricale ? Certes oui si le couple le demande et en ressent le besoin, mais on peut penser aussi que la grâce de Dieu est donnée à tous sans besoin de l’intermédiaire d’un ministre du culte qui agit au nom d’une Eglise. Dieu est assez Grand pour donner ses bénédictions lui-même ! Par contre, les parents présents où toutes autres personne âgées et sages pourraient être sollicités pour apporter leur bénédiction en renouant avec la grande tradition biblique.

Plus largement, la question se pose pour toutes les cérémonies qui marquent les étapes de notre vie : la naissance (la " présentation au temple "), le baptême ou l’engagement dans une communauté, le mariage, l’enterrement.

Quant à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, chacun peut avoir ses opinions sur ce sujet controversé. Là aussi, la décision n’en revient pas aux religieux, mais à nos députés. Au sein de nos communautés religieuses, ne cherchons donc pas à prendre position sur toute chose, que ce soit dans un sens conservateur (le cléricalisme de droite) ou progressiste (le cléricalisme de gauche) et respectons la liberté de pensée des uns et des autres.

L’accompagnement spirituel ne vaut pas approbation, mais tout simplement présence emphatique, aide à l’expression, invitation à la méditation et à la louange à Dieu.

C’était une proposition de Jean-Claude Barbier pour notre prochaine AG, à débattre.

Voir le témoignage de Jean Vilbas sur notre site documentaire La besace des unitariens, et " Halte à l’homophonie des Eglises ", message du 14 avril dans les Actualités unitariennes.

Par Jean-Claude Barbier
Jeudi 7 décembre 2006

Si beaucoup de jeunes mariés se plient aux pressions familiales et vont à l’église ou au temple pour un mariage selon les normes confessionnelles, d’autres, non pratiquants ou bien parce que l’un des conjoints n’est pas croyant, préfèrent s’abstenir et se limitent au mariage civil. Or, nous savons, par les enquêtes et sondage d’opinion, que nombre de ces non-pratiquants continuent de croire en Dieu à leur façon ou sont désireux de spiritualité. Dans ces cas, pourquoi ne pas adapter la cérémonie religieuse à l’état d’âme des intéressés et à celle de leur famille ? La tradition catholique a d’ailleurs toujours mis en avant que ce sont les époux eux-mêmes qui se donnent le sacrement du mariage, le prêtre n’étant là que pour témoigner au nom de la communauté ; il serait donc normal que ce soit aux époux eux mêmes de dire comment ils souhaitent que les choses se passent ce jour là ! De plus en plus de paroisses catholiques acceptent une large participation des familles lors des offices funéraires qui les concernent ; pourquoi donc ne pas le faire aussi pour les mariages ?

Les unitariens pratiquent l’accompagnement spirituel et peuvent ainsi mieux s’adapter à diverses situations. Issus de la tradition protestante, ils ne considèrent pas que le mariage religieux soit un sacrement, mais certains restent toutefois attachés à la bénédiction par un ministre du culte. Ce fut le cas pour un couple de jeunes canadiens unitariens qui, en septembre dernier, s’adressa à nous pour l’organisation de leur mariage : ils avaient besoin d’un lieu de culte (ce fut une chapelle mise à la disposition de l’Eglise réformée de France par son propriétaire), d’un pasteur (ce fut Pierre-Jean Ruff, pasteur de l’ERF, par ailleurs membre honoraire de notre association). Mais en dehors de tout cléricalisme, on peut tout aussi bien faire la cérémonie au domicile des époux ou à un endroit séculier sous la forme d’une action de grâce.

Tous les unitariens ne sont pas chrétiens et ce fut le cas. La bénédiction finale en tint compte et le couple fut béni par le pasteur au nom de Dieu « ou, ajouta-t-il à l’intention des époux, de ce que vous appelez l’Energie de l’univers ». Il n’était pas non plus question de partage du pain et du vin au nom de Jésus, mais nous fîmes une cérémonie des fleurs selon un rituel mis au point en 1923 par le tchèque unitarien, le révérend Norbert Capek, à l’usage des assemblées composites : chacun apporte une fleur, symbole de sa propre personnalité, de son individuation, de sa beauté (c’est Dieu qui nous l’a dit lors de sa Création !), puis la dépose dans un vase ; un bouquet se forme ainsi qui est symbole de la diversité et de l’harmonie de l’assemblée réunie ; enfin, à la fin du culte, chacun repart avec une autre fleur que celle qu’il a amenée, signifiant ainsi qu’il a accepté l’échange spirituel entre les membres de la communauté.

En début de cérémonie, des représentants de diverses mouvances religieuses (protestante, catholique, unitarienne) souhaitèrent la bienvenue aux mariés, à leurs parents et amis. Ce fut Jean Combe qui, habitant Montpellier, représenta la mouvance catholique puisque le mariage se déroula dans les environs de cette ville ; il le fit en son nom personnel étant entendu que chaque chrétien est un témoin de son Eglise. Parmi les parents des mariés, certains étaient catholiques, d’autres de diverses croyances. Une amie de la mariée proposa un rite bouddhiste. Tous se sentirent acceptés et reconnus dans leur foi respective. 

Jean-Claude Barbier

Par Jean-Claude Barbier
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