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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 08:02

par Pierre-Jean Ruff, pasteur de l’ERF
résumé pour une prédication à l'Eglise réformée francophone de Copenhague pour le culte du dimanche 22 novembre 09 


Lorsqu’on dit Calvin, tout de suite on pense à la prédestination. Lorsqu’on dit prédestination, tout de suite on pense à Calvin. Les choses ne sont pas aussi simples.


1 – définitions


Beaucoup confondent la prédestination, le déterminisme et la providence.


La prédestination ne concerne que notre salut pour maintenant et surtout dans l’au-delà. Qui sera sauvé et sur quel critère ? Selon cette doctrine, Dieu seul décide qui sera sauvé ou réprouvé et nous n’avons absolument pas à lui demander des comptes de ses choix. La parabole du potier (Jérémie 18, 2-10) en est une des meilleures illustrations. C’est Calvin qui a donné la meilleure explication de cette doctrine : "Nous appelons prédestination, le conseil éternel de Dieu par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en même condition, mais ordonne les uns à vie éternelle et les autres à éternelle damnation".


Le déterminisme en concerne que la vie présente. Nous sommes conditionnés par notre hérédité comme par le contexte socioculturel qui est le nôtre. Si nous étions nés Esquimaux, Zoulous ou Pygmées, nous serions différents.


Par sa providence Dieu veille sur les siens. Certains diront que Dieu nous accompagne toujours dans la vie, alors que d’autres diront qu’il nous y protège. "Pas un cheveu ne tombe de votre tête que votre Père ne l’ait voulu".


Remarques :


Calvin est sans doute celui qui a le mieux défini la doctrine de la prédestination mais, en son temps, il n’a pas été le seul à y souscrire et l’Eglise catholique d’alors ne la rejetait pas.


Cette conception du salut est présente dans la Bible, même si elle n’y est pas seule.


Quelques positionnements historiques à propos du salut et de la prédestination.


Les cathares, dont l’acte de foi premier était l’amour de Dieu, croyaient en un salut universel.
Bien avant eux, Origène optait dans le même sens, disant que le dernier à être sauvé serait le diable. Plus près de nous, Karl Barth, que certains ont qualifié de néo-calviniste, préconisait une double prédestination. Nous sommes tous pécheurs et nous sommes tous sauvés par la miséricorde de Dieu.


Réflexions pour aujourd’hui


Des doctrines comme celle de la prédestination sont aujourd’hui mal comprises par beaucoup et contribuent au discrédit des Eglises (ce qui ne suffit pas pour les dire erronées).


Aujourd’hui, parmi les chrétiens pratiquants, beaucoup s’interrogent à propos d’une vie future ou n’y croient pas. Pour ceux-là, la prédestination est un faux problème. Pour moi, la grâce ou l’amour de Dieu ne sont eux-mêmes que s’ils ne sont pas sélectifs. C’est la crédibilité même de Dieu qui est en cause.


Aujourd’hui sur terre, je pense qu’il y a plus de personnes à sécuriser et à déculpabiliser que de personnes à inquiéter et à responsabiliser par des semonces.

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Published by Pierre-Jean Ruff - dans le vocabulaire religieux
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