Contact :

AFCU 

Liens

à vos ami(e)s

Cliquez ici pour recommander ce blog

Rechercher

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Nos amis quaker en visite à Nantes aux anciens entrepôts de construction navale qui abritent des animaux articulés, avec, à gauche, Guy Lévy, notre nouveau président de l'AFCU (photo Pierre Uhlig).


La Première semaine unitarienne de Nantes a permis de réunir une vingtaine de personnes lors de sa journée thématique :

- des membres de la communauté chrétienne de base de la Traversière (Yves et Marie-France Billaud, Paul Fleuret, Paulette Radigois, Jacqueline Papin) et de celle de la Croisée des chemins (Monique Andreau, Marie-Michèle Lumineau-Viot)

- des membres de la Fédération des réseaux des Parvis (Francine Trannoy de l’association Solidarité Eglise Liberté 85 basée au Sable d’Olonne, et Louis Piveteau, membre de l’association Evangile et Modernité 49 basée à Angers)

- un ami protestant de l’Eglise réformée de France, prêcheur pour la région de Saint-Nazaire (Charles Nicol)

- des quakers du groupe des quakers francophones indépendants (Pierre et Margaret Uhlig, Maurice et Marie-Paule Vandeweghe).

- et bien sûr des unitariens et sympathisants (Jean-Claude Barbier, Michel et Michèle Jamet, Pierre Jean Ruff, Jean-Marc Van Hille).

Cette journée thématique a été consacrée à nos théologies libérales (exposés de P.-J. Ruff sur la théologie protestante libérale et de L. Piveteau sur celle qui a cours dans les milieux catholiques indépendants) et aux cérémonies hors lieu de culte (explication par J.-C. Barbier de la cérémonie des fleurs selon un rituel unitarien tchèque datant de 1923, laquelle cérémonie prend tout son sens lorsque l’assemblée est hétérogène * ; présentation par P. Radigeois du livre " Sentiers d’humanité " ** et de fiches pour un accompagnement spirituel lors des moments de nos vies ; engagement de Paul Fleuret dans une commission municipale pour aider les familles lors des obsèques ; etc. )

* voir notre rubrique " la cérémonie des fleurs "

* voir dans les Actualités unitariennes du 6 mai 2008  la poésie pour mieux dire notre humanité

Le dimanche matin 4 avril, P.-J. Ruff a présidé le culte de la communauté protestante (ERF) de Nantes et la présidente du conseil presbytéral, Mme Annick Bourgeois a souhaité la bienvenue aux unitariens qui y étaient venus. Deux membres de cette communauté (Alain Brisset, Jean Lévêque) sont abonnés à la revue Evangile et Liberté.

Par ailleurs, notre Semaine a été l’occasion de correspondre avec un membre de la communauté baha’i et avec Jacques Musset, animateur de trois groupes locaux des Amis de Marcel Légaut.

Un projet de coordination régionale (" Croyants en relation, Nantes et régions ") a été proposé à tous nos partenaires, donc à suivre ...

Jeudi 15 mai 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : les semaines unitariennes de Nantes communauté : Religions en toute liberté recommander

 
L'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) est née d’une scission au sein de l’Association unitarienne francophone (AUF)* lors de l’AG de celle-ci, au Lignon (banlieue de Genève), en septembre 1996. L’association a été déclarée à la préfecture des Alpes de Haute Provence, à Digne-les-Bains, le 5 février 1997, après que le titre et les statuts aient été adoptés lors d’une assemblée générale constitutive qui s'est tenue à Digne, au temple de Gaubert, le 31 janvier.

* l'AUF a été fondée avec l'aide de Théodore Monod en juillet 1986 dans le cadre d'une conférence européenne de l'IARF tenue à la Faculté libre de théologie protestante de Montpellier. Elle n'a plus tenu d'AG après 2003 et s'est dissoute en janvier 2006.

ci-contre, projet de buste de Théodore Monod vu sur
le site de l'Unesco

L'AFCU a eu Théodore Monod comme président d'honneur, jusqu’à sa mort en novembre 2000.

Albert Blanchard-Gaillard
(cofondateur de l’AUF en juillet 1986, puis secrétaire général et président de cette association) a été le premier président en exercice de l'AFCU, suivi de Patrice Codur (1998 - octobre 2004), Jean-Marie Godillot (octobre 2004 - septembre 2005), Jean-Pierre Babin (octobre 2005 - mars 2006), Bernard Biro (mars 2006 - décembre 2006), Jean-Claude Barbier (par intérim, octobre 07 – avril 08), Guy Lévy (mai 2008).

Le poste de secrétaire général (SG) a été occupé par Patrice Codur (en 1997), Jean-Marc Van Hille, Jean-Marie Godillot (février - octobre 2004) et Jean-Claude Barbier (depuis octobre 2004).

Albert Blanchard-Gaillard est président d’honneur depuis la mort de Théodore Monod. Il dirige le Conseil d’administration de l’AFCU , lequel est composé de Mme Denise Cuniberti (en sa qualité de cofondatrice), du bureau en exercice (Guy Lévy président, Jean-Claude Barbier SG, Michel Jamet trésorier) et des représentants des groupes locaux (Roberto Rosso pour la Congregazione italiana cristiano unitariana CICU, Fulgence Ndagijimana pour l’Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi ACUB, Alain Patrice Yengué pour l’Assemblée des chrétiens unitariens du Congo ACUC, et Grégoire Bokungu pour Lisanga ya bandimi na nzambe).

La Fraternité unitarienne d’Auvergne (fondée en 2005 par Jean-Claude Chanonnat) et la Fraternité unitarienne de Bordeaux (fondée en octobre 2002 par J.-C. Barbier), toutes deux reconnues en octobre 2005, n’y ont pas de représentant tant que leurs effectifs se révèlent insuffisants.

Le bureau peut solliciter l’avis de conseillers honoraires choisis parmi des personnalités en dehors de l’association et qui lui apportent leur soutien moral : Michel Languillat (décédé) cofondateur de l’AUF en 1986, pasteur de l’Eglise réformée de France, Toulon (mars 2006 –mai 2006), Pierre Bailleux (décédé), pasteur de l’Eglise protestante unie de Belgique, EPUB, Braine l’Alleud, Bruxelles (mars 2006 - février 2008), Pierre-Jean Ruff, pasteur de l’Eglise réformée de France, ERF (depuis mars 2006), et Albert Gandonou, catholique, Béninois, président du Mouvement Chrétiens pour changer le Monde (depuis mars 2006), Cotonou.

Depuis, l’AG d’octobre 2005, le bureau dispose de délégués en charge d’une activité précise (Fulgence Ndagijimana pour nos relations avec l’ICUU, Pierre-Jean Ruff pour nos relations avec la Fédération des réseaux des Parvis, etc.).

date des assemblées générales

- 31 janvier 1997, Digne-les-Bains, AG constituante.
- de 1998 à 2003, Marseille
- dimanche 24 octobre 2004, Marseille
- du samedi 15 au dimanche 16 octobre 2005, Agde (dans le cadre de la Journée annuelle du protestantisme libéral organisé par Evangile et Liberté)
- du vendredi 3 au dimanche 5 mars 2006, Paris (Hôtel Ibis, Porte d’Italie)
- samedi 6 octobre 2007, Paris, café Le Royal à Jussieu
- du jeudi 1er au dimanche 4 mai 2008, Thouaré-sur-Loire (banlieue Est de Nantes, au domicile de la famille Barbier)

Cette présentation de notre association a été publiée dans le n° 78, avril 2008, de la Correspondance unitarienne  " L'heure du bilan pour les chrétiens unitariens de l'Europe francophone (France, Wallonie, Communauté francophone de Bruxelles, Suisse romande) ".

Lundi 5 mai 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : AFCU (présentation) communauté : Religions en toute liberté recommander

Les chrétiens unitariens sont des chrétiens qui sont de théologie unitarienne, c’est à dire qu’ils remettent en cause, non seulement la formulation, mais le bien fondé du dogme de la Trinité, à savoir que Jésus serait Dieu incarné. Pour nous, Jésus est un être humain et non un dieu. Il s’agit donc d’une base théologique très précise, héritière de l’anti-trinitarisme du XVIème siècle.

Mais les chrétiens unitariens s’inscrivent-ils dans un christianisme plus large ?

chrétiens libéraux

Ce qualificatif de " libéral " en religion provient du protestantisme. A partir des remonstrants aux Pays-Bas (dès le début du XVII° siècle), puis des non-souscrivants en Irlande, des protestants se sont mis à remettre en cause certains principes du calvinisme comme la prédestination et la rigidité du credo de l'anglicanisme. Ils ont opté pour une liberté de pensée effective et refusé les confessions de foi qui étaient exigées pour les postulants à une charge pastorale.

Au XIXème siècle, des protestants rappellent que les dogmes ou les principes ne sont que des formulations historiques et culturelles et qu’elles peuvent être réécrites sous des formes mieux adaptées. Ils disent aussi que toutes les croyances proposées ne sont pas à mettre sur le même plan. Ils mettent en avant l’idée d’une Réforme toujours en cours, qui ne doit pas s’arrêter à Luther et Calvin, mais doit se continuer : c’est la Réformation. A eux s’opposent les protestants " orthodoxes ", dont certains s’appellent " évangélistes " afin de mieux faire comprendre qu’ils défendent les vérités éternelles de l’Evangile !

Ce modèle protestant du libéralisme théologique peut s’appliquer aux autres communautés religieuses. On connaît les juifs libéraux, lesquels ont leur propre mouvement. Aujourd’hui, on peut parler de catholiques libéraux (même si les médias n'en parlent pas encore !) ; en France, une partie d’entre eux se retrouve au sein de la Fédération des réseaux des Parvis.

Cet adjectif de libéral s’applique surtout à une relativisation des dogmes. Par contre, le catholique pourra être dit " contestataire " s’il dénonce les orientations prises par sa hiérarchie, " réformateur " s’il se prononce pour des changements institutionnels, " progressiste " s’il pense que l’Eglise doit s’impliquer davantage dans les enjeux contemporains et mieux épouser l’évolution des sociétés, etc.

Depuis leurs origines, les unitariens se situent dans cette optique libérale des religions. Dire qu’un unitarien est libéral est une évidence puisque tous, en principe, le sont ! Il en est de même par exemple pour les quakers. Ils font partie des chrétiens libéraux par définition et l’ajout du qualificatif " libéral " serait, pour ces mouvements, purement tautologique. Les baha’is, les soufi et les bouddhistes entrent eux aussi d’emblée dans cette catégorie (sauf exception particulière).

Pour l’anecdote
, il est significatif que quelques unitariens américains se soient déclarés " conservateurs " par rapport à l’Unitarian Universalist Association (UUA) jugée par eux trop progressiste ! Il s’agit d’un mouvement en fait très peu connu et sans doute réduit à quelques personnes seulement :
http://www.geocities.com/conservativeuu. En plus le mouvement ne se veut pas dissident car il reste dans le contexte d’une religion " libérale " et signale que c’est seulement au niveau des valeurs qu’il est " conservateur " (The Conservative Unitarian Universalist, et en sous titre " Liberal religion … conservative values ").

chrétiens libres

Dans des pays à religion officielle, des Eglises minoritaires ont pu malgré tout, et après bien des vicissitudes, se développer. Elles se disent " libres " au sens institutionnel du terme. En Grande-Bretagne, ce sont les " Free Church " dont la plupart ont fait alliance avec les congrégations unitariennes en 1926 pour constituer General Assembly of Unitarian and Free Christian Churches " (un agglomérat que la majorité voudrait unifier et qui regroupe quelques 4 000 fidèles ou plus). En Allemagne les petites " Frei-religiöse ", que l’on retrouve avec les unitariens au sein du " Chapter " allemand de l’International Association for Religious Freedom (IARF).

Mais dire qu’un chrétien individuel est libre, cela va de soi dans un contexte démocratique, y compris si l’exercice de sa liberté est de se réfugier dans une Eglise dogmatique ! Par ailleurs dire que les chrétiens unitariens sont " libres ", cela fait un peu prétentieux car il est alors sous-entendu que les autres ne le seraient pas ! Disons simplement que nous n’avons sur le dos ni dogme, ni hiérarchie ... et que nous en sommes fort aise.

Voir sur ce sujet, le débat mené par l’AFCU au sein de l’assemblée de Provence, sous la direction d’Albert Blanchard-Gaillard.

Chrétiens unitariens, chrétiens libres "Pourquoi sommes nous des chrétiens unitariens et des chrétiens libres ? Les fondateurs de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) s’expliquent", par Albert Blanchard-Gaillard, Recherches unitariennes, n° 1, février-avril 1997

Le christianisme libre "Le christianisme libre", par Albert Blanchard-Gaillard, Recherches unitariennes, n° 3, fin 1997, début 1998

chrétiens indépendants

Cette notion d’indépendance vaut à la fois pour les Eglises minoritaires dans les pays à Eglise officielle comme ceux que nous venons de citer, et pour des communautés ou des fidèles isolés qui prennent leur distance vis-à-vis leur hiérarchie ecclésiastique. Pour ces derniers, il ne s’agit pas d’une dissidence, ni du projet de faire une " autre " Eglise, mais de vivre leur foi en marge de leur Eglise, en toute liberté, sans soumission, en se référant à leur conscience (rejoignant ainsi une position toute protestante au sens du XVI° siècle).

chrétiens alternatifs

Plus qu’une revendication de liberté et d’indépendance, l’alternatif est une orientation beaucoup plus constructive. Il s’agit en effet de faire Eglise " autrement ". Cette expression est proposée par Pierre Castaner, dont le mouvement " le Courant d’air ", un café rencontre sis sur le Vieux port de Marseille, est membre de la Fédération des réseaux des Parvis.

Ce renouveau du christianisme passera nécessairement par une déconstruction des dogmes et une nouvelle approche du christianisme. Les chrétiens unitariens sont sur ce chantier.

Mercredi 30 avril 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : le vocabulaire religieux communauté : Religions en toute liberté recommander

Notre assemblée est une association loi 1901. Elle peut célèbrer des cultes lors des rencontres qu’elle organisent, ou encore avec d’autres chrétiens et croyants libéraux ou encore à l’occasion d’évènements de la vie de famille comme des baptêmes, des mariages, des obsèques, etc.  Mais elle n’est pas une Eglise à proprement parler avec un culte régulier et des paroisses. Nous ne sommes donc en concurence avec aucune Eglise !

Nous invitons ceux qui sont de conviction unitarienne à se brancher sur une communauté de proximité de leur choix (communauté catholique de base, paroisse protestante animée par un pasteur libéral, loge maçonnique, etc.). Nous ne demandons à personne de rompre avec ses appartenances antérieures et sa communauté religieuse ! Bien au contraire, nous encourageons chacun dans son propre itinéraire spirituel en l’assurant de notre amitié et de nos encouragements.

Théodore Monod disait que chacun est entrain de gravir la même montagne au sommet de laquelle Dieu nous a donné rendez-vous.

Si vous souhaitez des contacts locaux, nous vous communiquerons des adresses de militants ou de sympathisants unitariens qui habitent votre région.

Bulletin d’inscription :

nom, prénoms,
adresse postale,
téléphone fixe / portable / fax,
messagerie électronique (e-mail / courriel),
année de naissance,
activités professionnelles et autres,
appartenance à une Eglise ou à des mouvements,

déclare être en accord avec les articles cités ci-dessus des statuts de l’AFCU,
signature et date :

Cotisation :

Joindre 20 euros à l’ordre de l’AFCU (ou 100 euros ou plus pour être " membres bienfaiteurs ") et adresser ce document signé au trésorier de l’AFCU, Michel Jamet, 10 rue Francis Merlant, 44000 Nantes.

En cotisant, vous pourrez participer aux AG annuelles de l’AFCU et y voter, soit directement, soit par correspondance.

Le bulletin mensuel de la Correspondance unitarienne vous sera envoyé gratuitement si vous disposez d’une adresse électronique ou, par voie postale, en échange de 15 euros (en timbres, en billet ou en chèque) à Jean-Claude Barbier, résidence " Les Saules ", bât. C1, avenue du Maréchal Juin, 33170 Gradignan).

Bienvenu au sein de notre assemblée.

Mardi 22 avril 2008
par chrétiens unitariens publié dans : AFCU (présentation) recommander



Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens *,
fondateur et animateur du réseau de la Correspondance unitarienne,
  

* N.B. pour ceux qui ne nous connaissent pas encore, je précise que notre association est membre de la Fédération des réseaux des Parvis depuis mai 2006 et qu’elle a été patronnée par Théodore Monod (1902 – 2000) en qualité de président d’honneur.

Bonjour à toutes et à tous.

Je m’adresse à vous à la suite de nos premiers contacts ; parce que les unitariens vont organiser prochainement dans votre ville leur toute première Semaine unitarienne ; parce que je suis né à Nantes et que, ayant hérité d’une maison familiale à Thouaré-sur-Loire, j’ai plaisir à y retourner à l’âge de la retraite ; parce que j’ai eu la joie de passer récemment avec vous une veillée pascale fort émouvante ; parce que je suis avec sympathie les activités de plusieurs d’entre vos mouvements ; et beaucoup d’autres bonnes raisons encore.

Mais je m’adresse surtout à vous parce que nos mouvements respectifs, en dépit de nos efforts, restent trop souvent méconnus de nos compatriotes, insuffisamment mobilisateurs, vieillissant et ne renouvelant pas leurs responsables, n’attirant pas assez les jeunes. Quelle différence par rapport aux mouvances pentecôtiste / néo-évangélique / charismatique qui, elles, surfent sur le succès !

Pourtant, si nous n’avons pas à proclamer de certitudes inébranlables, si nous évitons le fanatisme religieux et les slogans qui recrutent ceux qui ont besoin de se rassurer quelque part, nous savons bien que nos messages sont de qualité, que nous avons à partager notre joie d’être croyants, de nous sentir quelque part avec Dieu, et que nos activités s’adressent sans démagogie aux personnes avec leur raison et leur intelligence et non seulement à leur émotif, que nous oeuvrons pour l’avenir, pour nos enfants et non pas pour un succès de mode qui peut très bien n’être que passager. Alors pourquoi ne réussissons nous pas comme d’autres le font ?

Il y a, me semble-t-il, une question d’organisation (nous sommes une myriade de petits mouvements, somme toute très minoritaires) et une question de communication (peu d’entre nous disposent d’un site Internet et nous n’avons pas accès à la presse locale).

A l’occasion de notre Semaine unitarienne (du 1er au 4 mai prochain), nous allons mettre en marche le projet suivant : commencer à nous connaître mutuellement, avec une première mise en relation, et envisager à moyen terme une coordination régionale de nos mouvements.

1 ° - Commencer à nous connaître, car nos mouvements sont multiples et divers et que, bien souvent, ils mènent un chemin solitaire, même s’ils sont parallèles avec d’autres, chacun étant préoccupé en premier, ce qui est bien normal, par ses propres activités. Ceci dit, la région nantaise semble déjà bien avancée dans la voie d’une coordination puisque, chaque mois, des communautés de base catholique (qui ont pris leur indépendance de fonctionnement par rapport à la hiérarchie de leur Eglise) se réunissent avec des protestants à la Fraternité protestante (Mission populaire évangélique, située dans la partie Est de Nantes).

Notre appel s’adresse à ces communautés de base (CdB) – La Traversière, Le Cep, La Croisée des chemins, Chrétiens hors paroisse groupe de l’Eraudière, etc. - , à Eglise en dialogue 44, au groupe Marcel Légaut animé par Jacques Musset, à la Fraternité protestante, à la communauté Baha’is de Nantes, etc. A notre Semaine unitarienne nous aurons aussi des amis quakers de la Communauté francophone indépendante.

Nous invitons également des mouvements localisés dans les départements voisins à une ou deux heures par route.

A nos compatriotes et à nos jeunes, nous avons, à nous tous, de quoi leur proposer une offre religieuse et spirituelle très diverse, respectueuse de la liberté de conscience et des choix individuels, plus fait d’accompagnement spirituel que d’encadrement religieux, non directive et non dogmatique, se situant résolument dans le cadre d’une société laïque et démocratique.

Cette offre est d’autant plus opportune que de plus en plus d’évènements familiaux se font désormais hors lieu de culte : naissances célébrées sans baptême, mariages seulement civils, obsèques au crématorium ou directement au cimetière, etc. Ce sera d’ailleurs là le débat thématique et un premier échange d’expériences, dans le cadre de notre Semaine unitarienne, le jeudi après-midi 1er mai.

 
2 – une question de communication car il nous faut atteindre un degré minimum de visibilité.

Certains d’entre nous (entre autres les chrétiens unitariens et les quakers francophones indépendants) disposent déjà de sites performants, dont les articles sont parfaitement saisis par les moteurs de recherche (Google et compagnie), et qui reçoivent plus de 100 visiteurs par jour !

* pour les chrétiens unitariens voir les sites suivants :
le site de l’AFCU,
http://afcu.over-blog.org
les Actualités unitariennes, http://actua.unitariennes.over-blog.com
notre site documentaire : http://labesacedesunitariens.over-blog.com
* pour les quakers francophones indépendants, http://quakers.blogs.nouvelobs.com

Sans aucun frais et sans publicité imposée (par exemple sur la plate-forme d'Over-blog), il est facile d’ouvrir un site de style " portail " où chacun de nos mouvements aura une entrée, avec un lien à ses propres sites pour ceux qui en ont un déjà et pour les autres une entrée donnant accès à ses propres informations, articles, etc. Mieux, chacun pourra gérer sa partie à sa façon en ayant un accès direct par code. C’est à discuter entre nous et c’est parfaitement réalisable. Pas de problème technique et pas de budget nécessaire ! Il s’agit en effet d’un site sur une plate-forme de blogs, ce qui dispense de passer par les services (compétents mais payants) d’un webmestre. On peut prévoir qu’un tel portail, à vocation régionale, puisse recevoir au moins 100 visiteurs par jour.

Par ailleurs, l’organisation d’activités communes, avec énumération de tous nos mouvements, au moins une fois par an, nous ouvrira plus assurément les portes de la presse régionale. Nous pouvons en effet organiser, par exemple à l’occasion d’un week-end prolongé, un programme comportant diverses activités en utilisant les talents, le savoir faire des uns et des autres et les bonnes adresses dont nous disposons.

Rendons public nos activités ; sortons de notre discrétion ; parfois de nos huit clos ; car beaucoup de gens viendraient à nous s’ils connaissaient notre existence.

La dimension régionale est importante car les gens ne sont pas seulement désireux de participer à des activités ponctuelles qui peuvent les intéresser, mais aussi et SURTOUT de rencontrer des communautés qui leur apportent de la sociabilité, un lieu où ils peuvent s’exprimer dans une ambiance de convivialité, une certaine insertion sociale. Les rencontres nationales, voire internationales, constituent certes des temps forts qui sont autant de ballons d’oxygène pour ceux qui peuvent y participer, mais qui ne peuvent pas apporter ce lien social de proximité dont nous avons également besoin.

Il va de soi qu’une telle coordination régionale n’est pas du tout une fusion, ni une fédération, chaque mouvement conservant sa totale indépendance. Il s’agit tout simplement d’une mise en relation au sein d’un réseau élargi qui puisse aider à valoriser les apports des uns et des autres. Si la Semaine unitarienne se propose d’aider à lancer une telle synergie, il va de soi que les activités envisagées d’une façon commune se feront, quant à elles, dans un cadre collectif et égalitaire.

Plusieurs de nos mouvements (les Cdb, Eglise en dialogue 44 et les chrétiens unitariens) sont membres de la Fédération des réseaux des Parvis. Nous pourrons certainement recevoir de celle-ci encouragement, aides diverses et publicité.

Il va de soi aussi qu’il ne s’agit pas de discuter entre nous de nos différences doctrinales ou de style – nous les connaissons déjà ! – mais d’œuvrer tous ensemble à partir de ce que nous sommes. L’œcuménisme et l’inter religieux concernent les institutions, ce qui est tout autre chose. Nous voulons quant à nous échanger nos expériences et nos idées, agir conjointement, prier ensemble, louer Dieu pour la Vie qu’il nous a donnée, nous inspirer des paroles de ses prophètes, etc.

Ce projet ne sera pas débattu en tant que tel lors de notre Semaine unitarienne, mais nous pourrons amorcer la pompe. Il faudra envisager une réunion avec tous les responsables des mouvements concernés dans les mois à venir afin de mettre sur pied cette coordination et préparer un programme pour 2009.

Je joins à cette lettre le programme de notre Semaine unitarienne puisque celle-ci pourra être, pour ceux qui le peuvent, l’occasion d’une première mise en relation, d’un échange d’avis sur ce projet, bref, un galop d’essai !

En plus, par échange de courriel, je me propose de recueillir les avis individuels et/ou de groupe et d’en faire le bilan pour une seconde lettre qui sera adressée à vous tous. N’hésitez pas à réagir, à vous exprimer, car la circulation des idées fait partie de cette synergie à laquelle vous êtes très chaleureusement conviés.

Avec mes amis unitariens, je vous assure de toute notre fraternité.
Jean-Claude Barbier

Lundi 21 avril 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : les semaines unitariennes de Nantes communauté : Religions en toute liberté recommander
Le terme de prêtre est général pour toutes les religions. Chaque religion a ainsi ses prêtres (au sens anthropologique du terme) qui desservent le culte. Ils  sont appelés d’une façon spécifique au sein de chaque religion. Les catholiques ont conservé le terme général et ont donc des " prêtres " ; les orthodoxes des " popes ", les protestants des " pasteurs " *, les juifs des " rabbis ", les musulmans des " imams ", etc.

* La féminisation du mot pasteur – ce qui donnerait " pasteure " pour les femmes – n’est pas admise dans les dictionnaires. Mais sans doute peut-on dire " Madame le pasteur " ? " Chère Pasteur " ? en s’adressant à un pasteur du sexe féminin ... Dans un article, on peut contourner la difficulté en écrivant Mme X, pasteur de l’Eglise Y.

Parallèlement, ces mêmes personnes peuvent être désignées par leur grade hiérarchique ; en ce qui concerne par exemple les catholiques : abbé (prêtre d’une paroisse mais qui n’en a pas la direction), vicaire (adjoint du curé), curé (responsable en titre de la paroisse), doyen de canton, abbé ou abbesse à la tête d’un monastère (de même rang qu’un évêque), évêque, archevêque, métropolite pour les catholiques orientaux, pape. Pour les orthodoxes, le haut de la hiérarchie est : archevêque, métropolite, et, au-dessus, patriarcheSurintendant ou évêque dans des Eglises protestantes.

Qu’en est-il pour les unitariens ?

Nos Eglises historiques hongroises sont synodales et épiscopales. Les ministres du culte sont des " pasteurs " et le chef spirituel de l’Eglise est un " évêque " *

* mais on ne saurait s’adresser à lui avec le terme catholique de " monseigneur " et on ne peut pas écrire Mgr devant son nom. En français, on peut s’adresser à lui en disant tout simplement " mon évêque ".

Par contre, les congrégations anglo-saxonnes, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, n’ont pas retenu la fonction d’évêque. Elles sont congrégationalistes, dans l’héritage plus particulier du puritanisme anglais, et dirigées par un conseil presbytéral qui élit en son sein un président laïc. L’enseignement religieux est quant à lui confié à un ministre du culte.

Parallèlement à ce vocabulaire par les fonctions, s’est développée une appellation honorifique au bénéfice des religieux des deux sexes : révérend, révérende *.

* du latin reverendus, digne de vénération.

Dans le système catholique, cette appellation de révérend ou révérende (devant le nom de la personne concernée) est réservée aux membres éminents des ordres religieux (chanoines et chanoinesses y compris).  Par écrit, on y ajoute alors les initiales de son ordre après son nom (s.j. pour l’ordre des jésuites, o.p. pour celui des dominicains, s.p. pour les spiritains, etc.).


Mais on ne le dira pas pour un prêtre catholique (qui à le titre honorifique de " Père ") ni pour une sœur (qui a le droit à " ma Sœur ") ni pour une abbesse ou à une supérieure de communauté (qui a droit à " ma Mère "). On dira " Monseigneur " à un évêque, sauf chez les unitariens comme nous venons de le voir. On dira sans doute " Madame " si l’évêque est une femme comme cela peut arriver chez les luthériens.

Dans les pays anglo-saxons, l’appellation de révérend et de révérende s’est développée chez les anglicans. Les unitariens de ces pays en ont hérité si bien que tous leurs ministre du culte sont nommés ainsi dès lors qu’ils ont achevé leurs études de théologie et sont reconnus comme aptes au ministère. Mais les laïcs qui, eux, desservent leur seule communauté ne jouissent pas de cette appellation. Ils sont simplement " lay minister " (lay = laïc).

Les Eglises des Pays-Bas, dont la Fraternité des remonstrants, ont également adopté cet usage ; également nos Eglises historiques hongroises. Leurs pasteurs acceptent l’appellation de " révérend / révérende ", ou encore de " professeur " s’ils ou elles enseignent dans une faculté, ou encore, mais seulement sous la forme écrite et abrégée, de Dr. = docteur  (sans doute pour tenir compte d’un grade élevé en théologie). Arpad Szabo, actuel évêque de l’Eglise unitarienne de Transylvanie est " Dr. ", ainsi que d’autres membres de son Eglise.

Dans les pays européens francophones, le terme de révérend est resté dans la seule sphère catholique. Un pasteur réformé ou luthérien ne sera jamais appelé ainsi. On dira " Monsieur le pasteur ", " Cher pasteur ". L’appellation de " professeur " est requise s’il enseigne ou a enseigné dans une faculté.

En Alsace
, les anciens disent "Herr Pfarrer" qui veut dire "Monsieur le prêtre/pasteur" pour un homme ou "Frau Pfarrer" pour une femme (information Raphaël Chiantello).

Serions nous plus sobres que nos amis anglophones ?


Et puis, quid de nous autres, pauvres laïcs, qui sommes sans titre ...

Dimanche 20 avril 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : le vocabulaire religieux communauté : Religions en toute liberté recommander

Cher Jean, Cher Patrick et Cher Jean-Claude

Le Forum européen des groupes de chrétiens LGBT adresse à son tour ses salutations au Carrefour des chrétiens inclusifs, à l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) et à ENArc-en-ciel (Regenbogen-NAK) à l’occasion de leur rassemblement au moment de la fête de l’Ascension. Nous penserons à vous et nous prierons pour que vous receviez de Dieu, par son Esprit, bénédiction et rafraîchissement durant vos retraites.


Le thème de notre conférence est " Sous l'arc-en-ciel – fondé dans l'amour généreux de Dieu ". C’est un profit pour nous tous que de connaître les ressources spirituelles qui sont à notre disposition et de savoir, profondément dans nos cœurs, que nous sommes aimés par Dieu ; alors nous pouvons nous aimer et aimer notre voisin plus efficacement ainsi que nous y sommes conviés par Jésus.

Au Forum nous avons une chanson populaire pour nos réunions qui dit " la Soeur/ le Frère vont de l’avant. Cela peut être rocheux et cela peut être rugueux ; qu’importe puisque le Frère / la Sœur vont de l’avant ".


Nous vous encourageons par ces mots et nous vous invitons à nous joindre à nous à l’occasion de notre rencontre annuelle de l’année prochaine qui se fera à Helsinki, en Finlande, du 21 au 24 mai 2009.


Le bureau de l’European Forum LGBT Christian Groups : Brenda, Enrix, Heleen et Arie

arc-en-ciel sur Gradignan (Gironde, France) le 25 septembre 2007 , photo Jean-Claude Barbier


Mardi 15 avril 2008
par European Forum LGBT Christian Groups publié dans : les semaines unitariennes de Nantes communauté : Religions en toute liberté recommander



L’Association internationale pour la liberté religieuse (International Association for Religious Freedom, IARF) organise du 24 au 27 juillet 2008, à Belfast (Irlande du Nord), une conférence régionale "Europe et Moyen-Orient" (Europe and Middle East) sur le thème "La religion dans l’espace public".

Dans ce cadre, le Réseau européen des protestants libéraux (European Liberal Protestant Network, ELPN), qui est un réseau interne à l'IARF, animera la journée du jeudi 24 juillet sur le thème "Propagande ou dialogue" (Propaganda or dialogue). Les communications et les débats auront lieu en anglais.

Les frais d’inscription sont de 75 euros et couvrent les repas du midi et du soir. L’hébergement (dans des hôtels) est à la charge des participants.


Le secrétariat de l’IARF a été d'abord à Frankfort-sur-Main, en Allemagne, puis à Oxford, en Grande-Bretagne, et depuis cette année à Osaka, au Japon : IARF c/o Konko Church of Izuo, 3-8-21 Sangenya-Nishi, Taisho-ku, Osaka 551-0001, JAPAN, tel. +81 (0) 675 035 602,
hq@iarf.net. Robert Papini en est toujours le secrétaire administrateur (secretariat office administrator), robert@iarf.net,

Pour contact et information en Europe, s’adresser à Wytske Dijkstra / Chair, IARF EME,
Meidoornpad 95 / 3732 VS De Bilt / NETHERLANDS,
wytskedijkstra@casema.nl

Contact en France pour l’ELPN : Philippe Fromont,
Fromontph@yahoo.fr, pasteur ERF à Clermont l’Héraut

L’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) invite à participer aux activités de ce réseau européen, qui est interne à l’IARF et auquel on s’inscrit individuellement (voir notre rubrique "ELPN")


présentation du thème :

Depuis des siècles, partout en Europe, le rôle de la religion dans la société a été source de tensions. L’introduction de la pensée moderne fondée sur la " raison pure " a permis de développer des théories politiques excluant la religion du domaine publique. Cependant, cela ne semble pas résorber les tensions, bien qu’elles fussent redéfinies.

Les événements récents montrent que cette ligne de pensée, qui prédomine ça et là dans la théorie et la pratique socio-politique, pourrait avoir atteint une limite. Clairement, la religion constitue une part importante de la vie humaine, tant privée que publique, et les Eglises sont un facteur important de la société civile.

Le but des conférences de l’ELPN et de l’IARF est d’examiner le rôle du libéralisme religieux à travers ce processus en cours. La conférence de l’ELPN sera consacrée aux structures du protestantisme libéral et à leur mission. Le premier jour de la conférence de l’IARF aura pour but de considérer la situation actuelle du libéralisme religieux dans la société ; la deuxième journée sera réservée à une tentative de dessiner les contours de la part que devrait idéalement jouer le libéralisme religieux dans la société.

La Conférence est fondée d’abord sur l’idée que la religion n’est pas une somme de dogmes, et qu’ensuite les mouvements et organisations religieuses tentent de développer des opinions qui ne soient pas basées sur les dogmes. Cela a pour conséquence qu’ils sont les mieux placés pour tenir un rôle principal dans le débat sur la religion dans le cadre de l’espace publique.

Texte traduit en français par Philippe Fromont

Mardi 15 avril 2008
par ELPN publié dans : ELPN (Europe) communauté : Religions en toute liberté recommander

Hajom Kissor Singh (1865-1923), traduction en français par Christian Phéline (avril 2008) de la bibliographie rédigée par Spencer Lavan pour le compte de l’Unitarian Universalist Historical Society (UUHS).  http://www.uua.org/uuhs/duub/articles/hajomkissorsingh.html 

Hajom Kissor Singh (15 juin 1865 – 13 novembre 1923) naquit et passa toute sa vie dans les collines khasi de l’Etat de Meghalaya en Inde du Nord-Est. N’ayant pas connaissance des croyances extérieures, c’est par ses recherches personnelles qu’il devint unitarien. Après avoir pris contact auprès des unitariens américains et britanniques, il créa une Eglise dans la ville de Jowai où il habitait, laquelle est devenue depuis le siège du Conseil indien des Eglises unitariennes (Indian Council of Unitarian Churches, ICUC). H. K. Singh a dirigé un mouvement important dans son Etat puisqu’on y  dénombre actuellement plus de 30 Eglises locales groupant un total de 10 000 membres.

Kissor était l’aîné des deux fils de Bor Singh, un agent de police à Jowai, ville de montagne la plus au Nord-Est de l’Inde, située à la jonction des collines des pays khasi et jaintia. Les Khasi, tribu venue dans cette région depuis l’Asie du Sud-Est, avaient leur propre religion, différente de l’hindouisme, caractérisée par la foi en un Dieu créateur et une pratique de chamanisme visant à se rendre propice les forces bienfaisantes, les démons et les esprits ancestraux.

H. K. Singh écrivait en 1891 : " dans la religion khasi actuelle il y a de nombreux démons et beaucoup de rites et coutumes ; je crois qu’autrefois, chez nos ancêtres, il y avait peu de démons*, et j’ai entendu les vieilles gens dire qu’au tout début nos ancêtres adoraient Dieu et lui offraient des sacrifices et non à des démons ".

ndlr* les missions chrétiennes étant passée par là, il conviendrait de vérifier ce que les Kashi désignent aujourd’hui par " démons " et qui peuvent être tout simplement des esprits ou des divinités qui punissent nos fautes morales ou rituelles.

25 ans avant la naissance de Kissor, la langue khasi n’avait pas d’écriture. Ce sont des missionnaires calvinistes et méthodistes en provenance du pays de Galles qui ont créé le premier texte khasi lorsqu’ils ont traduit la Bible en khasi. Par la suite, ces missionnaires ont ouvert les premières écoles khasi et ont imprimé les premiers livres de lecture et une grammaire.

A 15 ans, H. K. Singh se convertit à la foi réformée de ces missionnaires gallois. Lorsqu’il atteint l’âge de s'inscrire à la faculté, il avait acquis les moyens de se former tout seul. Ce fut un bon étudiant, s’intéressant particulièrement à la religion, ce qui l’amena à contester en partie l’enseignement donné par l’Eglise méthodiste, mettant en doute le christianisme " orthodoxe ". Il confie à son journal personnel, ses difficultés, ses intérêts, et sa pensée originale ; ce qui fait apparaître la vivacité de son esprit, la précocité de sa sagesse, et sa compassion.

H. K. Singh remarqua que les missionnaires gallois ne faisaient plus cas de la crainte des démons, mais la remplaçaient par la peur de l’enfer. Il déplorait leur hostilité vis-à-vis des missionnaires catholiques lorsque ceux-ci souhaitèrent s’installer dans les collines khasi, de la même façon qu’ils étaient inamicaux avec lui lorsqu’il concluait ses recherches en déclarant qu’il faudrait qu’il [H. K. Sinh]délaisse leur Eglise pour aller  " à la recherche de la vraie religion de Jésus, l’Amour de Dieu ".

Margaret Barr, unitarienne anglaise qui se consacra à la communauté unitarienne khasi après la période de H. K. Singh, commenta ainsi son orientation religieuse : " Il ressentait et déclarait que le message de l’élection, de la damnation et du salut rapporté au fait de fréquenter telle Eglise, d’adhérer à un certain credo, étaient incompatibles avec l’enseignement de Jésus tel que reçu dans l’Evangile. Il souhaitait persuader ses frères chrétiens que l’essentiel de l’Evangile se découvrait dans la façon de vivre du Christ et dans son échelle de valeurs plutôt que dans telle recette pour le salut par le sang ou par la foi, ... bien que celle-ci émane de Paul ou de Calvin ".

Etant encore jeune, H. K. Sing se forgea donc des convictions unitariennes et il contacta d’autres personnes afin de les évaluer sans savoir qu’il y eut dans le monde d’autres gens qui partageaient sa pensée. Quand il atteignit 25 ans, un converti à l’hindouisme, membre de la société hindoue libérale des Brahmanes Samaj, lui indiqua la présence d'un ministre unitarien à Calcutta, Charles H. A. Dall, qui pensait comme lui.

Il s’ensuivit entre eux, un échange de lettres passionnées. C. H. A. Dall lui adressa un recueil des œuvres de William Ellery Channing et H. K. Singh comprit tout à coup que nombreux étaient ceux qui partageaient ses conceptions et qui se nommaient unitariens. En conséquence, il appela sa doctrine " Kha Nam Unitarian ", soit la religion unitarienne.

H. K. Singh recevra chez lui des amis pour discuter de religion. H. A. Dall continua à lui écrire, encourageant ses efforts et lui adressant des publications. Lorsqu’il mourut en 1886, H. K. Singh en fut très attristé et découragé. " J’avoue que j’ai reçu de lui une immense lumière " écrira-t-il dans son journal ; " j’espère poursuivre la défense de l’unitarisme dans les collines khasi, mais maintenant que mon partenaire a disparu, ce sera très difficile d’agir seul ".

Selon le biographe de H. K. Singh, avant d’avoir l’aide de H. A. Dall, il était déjà éclairé et croyant, mais il vivait dans un vide intellectuel et il avait grand besoin d’élargir son monde et d’établir des liens avec la pensée religieuse de son époque et l’histoire.

Helen Tomkins, qui avait pris en charge, après la mort de H. A. Dall, la mission unitarienne de l’Association unitarienne Américaine (American Unitarian Association, AUA) [à Calcutta], adressa à H. K. Singh des exemplaires de l’Unitarian Magazine, lequel écrivit peu après directement à l’éditeur, Jabez T Sunderland *, qui lui adressa davantage encore de documentation.

* Jabez Thomas Sunderland (11 février 1842 - 13 août, 1936), voir sa biographie par Spencer Lavan dans la même série de l’UUHS, http://www25.uua.org/uuhs/duub/articles/jabezsunderland.html

Le 18 septembre 1887, devenue depuis la date anniversaire célébrée aujourd’hui par les unitariens khasi, H. K. Singh présida le premier vrai culte dans sa maison à Jowai. Une femme et deux hommes le rejoignirent comme premiers membres d’une nouvelle Eglise. A la même époque, U Heb Pohong, un homme qui habitait à près de 20 miles au village de Nongetalong, lut les textes de Channing et rompit lui aussi avec le calvinisme. Un peu plus tard, un pasteur khasi, David Edwards, au village de Raliang, devint unitarien et abandonna sa charge pastorale. Tous trois joignirent leurs efforts pour " promouvoir une religion qu’ils puissent prêcher avec conviction ". H. K. Singh en était le plus éduqué et leur leader naturel.

Un credo fut adopté par le groupe et publié par H. K. Singh dans l’Unitarien : " Nous croyons : 1° à l’unicité de Dieu, 2° à la paternité et la maternité de Dieu, 3° à la fraternité de l’Homme, 4° à l’amour, l’union, l’adoration, la foi, 5° et à l’immortalité ".

J. T. Sunderland fut à l’origine d’un important secours en faveur des unitariens khasi. Il quémanda de l’aide auprès d’Helen Bates et autres unitariens américains de Waterville (dans l’Etat du Maine) et il utilisa les fonds pour éditer 500 exemplaires du " A book of services and hymns in the Khasi language " (Singh,1892). Des capitaux, venus de Londres, furent par ailleurs utilisés pour éditer plusieurs tracts en 1893.

Vers 1899, la congrégation de Jowaï avait atteint 30 membres et put acquérir un lieu de culte. Ils démarrèrent aussitôt une école élémentaire en langue khasi.

H. K. Sigh et J. T. Sunderland se rencontrèrent en 1896. J. T. Sunderland écrivit : " je n’ai jamais été plus impressionné par aucun mouvement religieux que par celui des Khasi Hills. Partout j’ai observé à l’évidence : sincérité, consécration et attachement à cette foi religieuse, perçue par le peuple comme ayant tant œuvré pour eux. Dans l’ensemble, ce mouvement est unique du fait qu’il émerge du terrain. C’est là mon privilège d’aider à la formation d’une Union unitarienne des populations des collines khasi (Khasi Hills Unitarian Union) ".

Vers la fin de 1899, la communauté étaient de 214 personnes, dont 148 se montraient assidues au culte.

H. K. Sing écrivit un catéchisme, " Livre des questions brèves sur l’unitarisme ", qui vient seulement d’être traduit en anglais. S’adaptant à certaines valeurs traditionnelles de sa culture, H. K. Singh définit l’unitarisme khasi en termes de respect dû à Dieu, à autrui et à soi-même.

Magnus Ratter, pasteur anglais, a écrit sur les divers talents de H. K. Singh : fournisseur occasionnel de médicaments, il procurait aux malades ses produits ; membre du bureau de la banque khasi locale, il intervenait sur les ventes de propriétés et achetait des habitations pour les unitariens ; comme superviseur [de son Eglise], il lui arrivait d’officier comme premier clerc au bureau du délégué adjoint à Shillong.

Tout en assumant ces fonctions, il remplissait aussi sa tâche de pasteur, présidant maints cultes et prodiguant des conseils.

Sa vie très réussie de pionnier ne fut pas exempte de tragédies. Plusieurs membres jeunes et très aimés de sa famille moururent. D’abord son épouse, puis certains de leurs enfants. Il éleva seul un fils et trois filles. Il espérait que son fils Ekiman Singh lui succèderait dans son ministère. Il l’envoya faire ses études aux USA, quand il atteignit l’âge de 15 ans, mais le jeune homme ne supporta pas une telle différence de cultures et mourut de pneumonie en 1923.

De plus amples informations sur la vie de Singh peuvent être trouvées dans les ouvrages suivants :

Bruce Findlow, Kharang (1955) ;
Mary Lawrance, "Khublei," The Story of the Khasi Hills Liberal Churches (1964) ;
Spencer Lavan, Unitarians and India (1977) ;
Renewlet Nongbri, Growth and Development of Unitarianism in the Khasi and Jaintia Hills (1989) ;
John Rex, "Khasi Unitarians of North East India" texte inédit, Harper's Ferry Ministerial Study Group (novembre 1999).

Pour des informations générales sur le pays khasi, voir :

Edingson Blah, Khasi Self-Teacher (1964) ;
Hamlet Bareh, The History and Culture of the Khasi People (1967) and Khasi Fables and Folk Tales (1971) ;
Margaret Barr, A Dream Come True (1974) ;
Hipshon Roy (éd.), Khasi Heritage: A Collection of Essays on Khasi Religion and Culture (1979).

Lundi 14 avril 2008
par Spencer Lavan publié dans : Khasi Unitarian (Inde) communauté : Religions en toute liberté recommander

 
L’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) publie chaque mois une prière pour allumer le calice des unitariens. Ces prières émanent de personnes individuelles qui mentionnent leur association ou congrégation d’appartenance et leur pays. Chacun écrit dans sa langue et/ou en anglais pour faciliter la communication. Ce programme est animé par Lorella Thomas Hess, éditrice du bulletin mensuel de l’ICUU  " 
Global Chalice Newsletter ".

Une lettre également mensuelle, "The Global Chalice Lightings ",
diffuse cette prière du mois. Pour le mois de mai 2008, c’est la prière de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens *, présentée par Jean-Claude Barbier, qui a été retenue.

* Voir à la rubrique " le calice des unitariens ", http://afcu.over-blog.org/article-5718735.html

Voir aussi l’hymne des unitariens khasi, écrit par leur fondateur Hajom Kissor Singh (1865-1923) lui même : " en ce jour saint "
(samedi 12 avril 08, rubrique "Kashi Unitarian Union") qui, lui, avait été choisi comme prière du mois d'octobre 2006.

Si prier et louer Dieu est tout naturel pour les chrétiens unitariens et pour les unitariens-universalistes de culture croyante, il n’en est pas de même pour les unitariens-universalistes qui ont largué les amarres d’avec le christianisme et qui se disent " humanistes ", à savoir non croyants en Dieu - ou encore agnostiques ou acquis à l'athéisme spirituel . Dès lors l’UUisme aurait pu rapidement se sédentariser, à l’égal du théisme du Siècle des lumières.

C’est contre cette évolution que le président de l’Unitarian Universalist American (UUA) of Congregations, le révérend William G. Sinkford a réagi en mai 2003 en demandant le maintien (ou la résurgence) d’un " vocabulaire de révérence " *

* Voir notre bulletin n° 22 de la Correspondance unitarienne du mois d’août 2003 : " Quel langage pour l’unitarisme "

Depuis cette prise de position, l’UUA a suscité, avec succès, l’organisation de groupes de spiritualités au sein des congrégations unitarienes-universalistes *

* Voir l’article de Bruce Epstein, membre de l’Unitarian Universalist Fellowship of Paris (UUFP) dans le n° 45 de la Correspondance unitarienne (mois d’octobre 2004, rubrique " Document ") : " Le ministère de la parole spirituelle  par les groupes d’un commun accord (covenant groups), une innovation de l’unitarisme-universalisme ".

Ce recentrage de l’unitarisme-universalisme a permis d’éviter, au sein de l’unitarisme contemporain, le divorce entre croyants et non-croyants. Dès lors, dans les rencontres internationales, les cultes réunissent indistinctement tous les unitariens et universalistes sans aucune gêne puisque les non croyants en Dieu sont convaincus d’une dimension spirituelle de la vie et d’une transcendance.

Si nombre d'unitariens-universalistes ne parlent plus directement de Dieu, par refus du Dieu personnalisé et providentiel, somme toute très anthropomorphique, de l’héritage biblique, ils utilisent d’autres expressions comme par exemple " l’Esprit de la Vie " (Spirit of life), expression qui est celle du préambule de l’ICUU.

Les cultes sont innovants et font une large part à l’expression personnelle. Ils sont organisés par des sous-groupes qui y apportent chacun leur propre coloration ; ceci dans une ambiance de convivialité et de partage. Les chrétiens présents peuvent y proposer la communion du pain et du vin selon la théologie libérale qui laisse chacun, en conscience, donner sens à ce geste.

Lors des rencontres nationales et internationales, les journées commencent et se terminent par un culte d’une demi-heure. 

De même, l
orsque notre association, l’AFCU, organise ses AG, celles-ci commencent par l’allumage du calice et se terminent par une action de grâce. L’AFCU est en effet une " assemblée " et ses membres sont invités à la méditation, aux louanges à Dieu, et à prendre leurs décisions sous le souffle de Dieu qui nous invite à la fraternité entre humains. C'est dire qu'il ne s’agit pas de prendre des décisions au forcing, en acquérant une simple majorité au mépris de l’expression des uns et des autres.

Qu’on se le dise les unitariens sont des priants, animés d’une vive spiritualité.  Parmi eux, les chrétiens unitariens continuent à se dire disciples de Jésus dit le Christ.

Samedi 12 avril 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : nos chants et prières communauté : Religions en toute liberté recommander