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Noëlle Colle, présidente de l'AFCU, adresse

le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein
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Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur ce site à la rubrique "le calice des unitariens"

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Sans hiérarchie sur le dos, sans dogme, ni directives venues d'en-haut, les unitariens sont les plus heureux des hommes !

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  • : Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)
  • : réunir par les échanges, l'amitié et le culte tous les chrétiens qui n'adhèrent pas au dogme de la Trinité
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Tout d’abord : à toutes et à tous joyeux Noël car nous célébrons l’arrivée de Jésus sur terre !

Chers chrétiens unitariens qui, par vents et marées, êtes restés fidèles à notre association parrainée par Théodore Monod - dans la lignée de Michel Servet et, plus près de nous, d’Albert Schweitzer – j’aurais envie de reprendre l’apostrophe fameuse de Diogène avec sa lanterne : " Je cherche un homme … ". En fait, plusieurs chrétiens unitariens, hommes et femmes, jeunes ou "encore" jeunes, disposés à prendre le relais de leurs Anciens et ce dès notre prochaine assemblée générale que nous avons prévue de tenir à Nantes au siège de l’association le samedi 6 mars 2010.

Il ne s’agit pas seulement d’une – nécessaire – relève de générations car l’AFCU doit pouvoir, doit vouloir évoluer avec son temps :
- cette première moitié du 21ème siècle aura connu un bouleversement irréversible des modes de communication entre les hommes : Internet est passé par là ! Les politiques le savent bien qui ne vont plus sous les préaux à la rencontre de leurs électeurs.
- nous avons échoué comme tant d’autres, face à l’omniprésence de la "Toile", sinon à créer du moins à faire vivre durablement des groupes de rencontre régionaux à même de se retrouver à Paris ou dans l’une ou l’autre de nos grandes métropoles provinciales.


Il faut en prendre acte d’autant qu’à l’inverse le succès est au rendez-vous quant au nombre de "visites" de nos sites dédiés sur Internet, blogs et autres groupes de discussion ouverts sans aucun esprit de chapelle à tous les points de vue. Je pense à la poésie d’Aragon : "Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas".

Noëlle ColleJe tiens à rendre ici au nom du Bureau et au-delà un hommage mérité à Jean-Claude Barbier, notre indispensable webmaster (comme il se définit lui-même) qui ne ménage ni son temps, ni sa peine, ni son talent pour permettre à l’AFCU d’exister sur cette "Toile".

Notre secrétaire général Jean-Pierre Babin a dû, en cours d’année, alléger considérablement ses activités pour raisons de santé et il a demandé à Michel Jamet, ancien trésorier de l’AFCU de "reprendre du service" en assurant son intérim jusqu’à l’AG.

C’est donc à Michel que reviendra la charge, en étroite concertation avec Jean-Claude, de prendre les contacts indispensables avec toutes celles et tous ceux d’entre vous qui pourraient rejoindre l’association et permettre le renouvellement du bureau de l’AFCU.
La présidente "excentrée" que je suis (car je demeure dans le Var) s’efforcera, jusqu’à l’AG de mars où je quitterai mes fonctions, d’aider dans toute la mesure de mes moyens nos deux "chevilles ouvrières" que je viens de citer et que je remercie.

Merci à toutes, merci à tous, vous qui me lirez, de répondre à cet appel et de prendre contact dès que possible avec Michel Jamet et Jean-Claude Barbier, je rappelle ici leurs coordonnées, mais je sais que nombre d’entre vous les connaissent déjà.

Michel Jamet, lesmichels@numericable.com

Jean-Claude Barbier, barbierjeanclaude@wanadoo.fr


Votre présidente, Noëlle Colle

Noëlle Colle, à l'assemblée générale de mars 2009, à Nantes

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 08:52
- Par Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - Publié dans : AFCU (activités)
Communauté : Unitariens - Recommander

Polly Guild La révérende américaine Polly Laughland Guild (1924-2009) est décédée à Weston, dans le Massachusetts, où elle habitait le samedi 7 novembre 2009

Déjà très active au sein de l’International Association of Religious Freedom (IARF), elle s’est investie, avec son mari Ted, au début des
années 1990, dans le programme international de l’Unitarian Universalist Association (UUA). Dans ce cadre, elle a participé à la mise sur pied du réseau mondial des unitariens, l’International Council of Unitarians and Universalsits (ICUU) en 1995. Coordinatrice bénévole, elle assura la gestion du site de cette organisation jusqu’en 2008, tenait les archives, était en relation avec les groupes émergents partout dans le monde. Sa disparition soulève beaucoup d’émotion. Ses obsèques ont eu lieu à la Follen Church Society (http://www.follen.org ), à Lexington, dans son Etat ; elle en était révérende émérite. 

C’est l’occasion, en saluant sa mémoire et son œuvre, de dire combien ce réseau mondial est une réussite. Il mobilise tous les deux ans près d’une centaine de personnes pour une rencontre internationale et intercale des symposiums théologiques dont le 3ème se tiendra à l’ancienne abbaye de Rolduc aux Pays-Bas (à Kerkrade) en juillet prochain. Son fonctionnement est celui d’un réseau et non d’une fédération, c’est-à-dire qu’il se présente comme un lieu de rencontre mais n’impose aucune directive à ses membres sinon une invitation à se relier.

Au sein de l’Eglise chrétienne, ce fut en principe le rôle de Pierre et de ses successeurs, mais le fait de relever d’une seule Eglise, celle de Rome, entraîna la dérive monarchique que l’on connaît. Par contre, géré d’une façon démocratique, avec des membres statutaires et un bureau exécutif élu, l’ICUU est un organe commun où toutes les communautés nationales sont les bienvenues et à égalité.

L’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) a été reconnue en avril 2006 comme groupe émergent et a représenté la France jusqu’en mars 2009, date à laquelle, le Conseil des unitariens et des universalistes français (CUUF) (lien) à pris le relais.


Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 19:07
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : ICUU (international)
Communauté : Unitariens - Recommander

"Unitariens au Burundi : temps de défis, moments d’espoir", message de Fulgence Ndagijimana, président de l'Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (ACUB), novembre 2009.

Chers amis. L’Eglise unitarienne du Burundi a 6 ans d’existence et est en train de grandir. Elle a 60 membres adultes qui se rencontrent régulièrement pour les cultes. Elle mène des activités sociales : un micro crédit en faveur des femmes, un programme d’éducation civique, et la défense des droits d’un groupe ethnique minoritaire (les Batwas, qui sont des Pygmées de ce pays).

Le contexte religieux est dominé par l’Eglise catholique qui regroupe près de 90% de la population ; des différentes dénominations protestantes et évangéliques 7% et des musulmans 3%. A noter que les religions coutumières au Burundi sont quasi inexistantes tant la suprématie de l’Eglise catholique et la colonisation ont été des succès, et elles ne sont pas reconnues par l’Etat.

La République du Burundi est laïque et sépare donc, en principe, les affaires de l’Eglise et de l’Etat. Mais les Eglises établies ont usé de leur influence pour susciter un projet de loi en cours de discussion à l’Assemblée nationale ; projet qui apporte des restrictions aux jeunes et nouvelles Eglises. Certaines des restrictions envisagées portent sur le niveau de formation des leaders, l’obligation des Eglises d’avoir une alternance à leur tête comme toute autre association ASBL, à être propriétaire d’un lieu de culte et à le construire en dur, etc. Lorsque cette loi sera votée, ce qui est très probable, les Eglises auront 6 mois pour s’y conformer.

Ensemble avec notre Eglise partenaire du Michigan, dans la ville de Kalamazoo, People’s Church, nous venons de lancer une campagne pour collecter 40.000$ afin d’acheter le terrain et d’y construire un lieu de culte temporaire. Un architecte local a accepté de préparer le plan d’un futur centre. La congrégation unitarienne du Burundi lance une campagne ce mois-ci auprès de ses propres membres afin de commencer à collecter des fonds, et les membres vont aider à la construction à la mesure de leur capacité. Mais nous ne pouvons pas seuls mener à bien ce projet et c’est pourquoi nous sollicitons votre aide individuelle ou celle de votre association ou congrégation.

L’arrangement est d’envoyer les dons à l’attention de People’s Church in Kalamazoo, Michigan.
La révérende Jill McAllister coordonne cette collecte de fonds aux Etats-Unis et au Canada et auprès des autres groupes membres de l’ICUU.
Contact : minister@peopleschurch.net, People’s Church, 1758 N. 19th St. Kalamazoo, Michigan 49009, tél. 269-381-1783

Contact pour la France : Grégoire Maury, président du Conseil des unitariens et universalistes français (CUU), snooz2020@yahoo.fr, 54bis rue Grande, 77720 Bombon.


Burundi_aide_aux_femmes.JPG
Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 15:42
- Par Fulgence Ndagijimana - Publié dans : ACUB (Burundi)
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

par Michel Jamet

Par un hasard "pas croyable" (et vrai) j’ai rédigé le même jour que le pasteur Louis Pernot (le 27 septembre 2009) le coup de gueule
du chrétien de base que je suis à l’encontre de Calvin en général et de la doctrine de la prédestination en particulier. Et bien entendu je n’avais pas encore pu prendre connaissance de la teneur de l’homélie prononcée le même jour à l’Etoile ...

Et quelque part c’est tant mieux : je venais juste de suivre à Nantes un cycle de conférences censé célébrer le 500ème anniversaire de la naissance d’une des deux figures marquantes de la Réforme, Calvin le Genevois ... Il n’y a donc pas pu y avoir interférence - vu la date - entre le savant propos du pasteur-théologien parisien et mon billet d’humeur, celui de l’uomo qualunque (comme on dit en italien).

L’AFCU m’a demandé d’introduire et de présenter les textes des pasteurs P-J Ruff et L. Pernot sur ce thème – si controversé – de la prédestination divine, je m’exécuterai de façon simpliste :

Avec chacun son vocabulaire propre, les deux "spécialistes" se rejoignent sur l’essentiel :
pris tel quel au pied de la lettre, le texte de Calvin (lui-même démarqué de saint Augustin) est "invendable" aux chrétiens d’aujourd’hui - rappelons-le au mot près, ça vaut la peine : "Nous appelons prédestination le projet éternel de Dieu qui a déterminé ce qu’Il entendait faire de chaque homme. Car Il ne les crée pas tous en même condition (…) mais ordonne les uns à la Vie éternelle et les autres à l’éternelle damnation". 

Je citerai en premier le pasteur L. Pernot : " Aujourd’hui plus grand monde n’admet cette doctrine de la prédestination calvinienne, même chez lez protestants (...) " ... et quelques lignes plus loin : "Il s’agit d’une thèse théologique personnelle à laquelle aucun protestant n’est obligé de souscrire ... " que tempère (très… habilement) cette nuance : "... les damnés n’en souffrent pas, ils sont tellement éloignés de Dieu et de tout cela qu’ils n’en ont même pas l’idée. Ils sont du rien qui retourne au rien ... ".

Et le pasteur P.-J. Ruff, qui cite Karl Barth et sa double prédestination : "Nous sommes tous pécheurs et nous sommes tous sauvés par la miséricorde de Dieu" ... mais qui conclut : " Pour moi, la grâce ou l’amour de Dieu ne sont eux-mêmes que s’ils ne sont pas sélectifs ... ".

Le mot de la fin je le laisse à un ami catholique, agrégé d’Histoire qui m’écrivait hier. " D’un papiste ouvert aux Lumières à un parpaillot large d’esprit : j’essaie de prolonger ma relative indifférence pour l’Au-delà : je suis convaincu que l’enfer est vide ! ". La messe est dite
.

Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 18:51
- Par Michel Jamet - Publié dans : le vocabulaire religieux
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

"La prédestination pour les nuls", par le pasteur Louis Pernot, Eglise réformée de l’Etoile, prédication du dimanche 27 septembre 2009, Eph 1:3-14 ; Rom 8:29:30 ; Eccl 9:7-9. Enregistrement audio en fichier mp3


La question de la prédestination est souvent posée aux protestants. On sait en effet que Calvin s'est illustré en défendant avec beaucoup de vigueur cette théorie. Pourtant, peu de gens savent effectivement ce qu'il faut en comprendre. Pour beaucoup, l'idée de prédestination évoque celle d'un destin écrit à l'avance, comme si Dieu avait "préprogrammé" tout ce qui devait arriver dans notre vie ... Il y a évidemment la notion de "destin" qui est là sous-jacente : c'est ainsi par exemple que lorsque quelqu'un échappe à un grave danger, certains disent "ce n'était pas son heure ..." - ce qui laisse supposer que l'heure de sa mort future était déjà écrite quelque part dans le ciel ...

Or, ce n'est pas du tout de cela qu'il est question dans la notion de "prédestination" :


Ma lecture de l'Évangile me conduit à être absolument hostile à ce genre de pensée dès lors que je crois qu'il n'y a pas de "destin" dans nos vies. Mais que l'avenir est ouvert, pour nous comme pour Dieu. Je crois que nous avons en Christ une vraie liberté. Et que nous ne faisons pas dans notre vie que dérouler le fil d'une histoire qui serait écrite par avance. D'ailleurs, dans la Bible, nous voyons sans cesse Dieu devoir s'adapter aux décisions des hommes, et justement, le principal de la prédication des prophètes est de mettre en garde, d'inviter à se repentir, à changer de voie ...


Il y a donc bien là l'idée que l'homme est responsable de ses propres choix, que Dieu peut nous inviter à en préférer certains à d'autres, mais qu'Il ne peut pas nous imposer quoi que ce soit - ni même d'une certaine manière "pré-voir" ce que l'homme décidera.
C'est toute la notion "d'alliance" qui est présente là et une alliance ne peut se concevoir qu'entre individus souverains et libres.


Mais pour revenir à la prédestination calvinienne, il s'agit de tout autre chose donc. C'est une doctrine qu'il n'a pas inventée, mais qu'il a reprise de Saint Augustin.
Et pour l'un comme pour l'autre, la prédestination ne concerne pas les actes quotidiens, ni ce que l'on peut faire matériellement dans sa vie, ni ce qui nous arrive, mais concerne notre salut, à savoir que notre salut ne dépend pas de nous, mais seulement du décret éternel de Dieu qui destine chaque homme au salut, ou à la perdition.


On comprend comment Calvin a pu en arriver là. Dans le christianisme médiéval, on prêchait souvent une forme de salut par les œuvres, en brandissant la menace de l'enfer. Le but était certainement, par la perspective d'un châtiment, d'inciter le peuple à bien se comporter, mais cela avait un effet négatif et utilisait des ressorts égoïstes incitant à faire des bonnes œuvres par intérêt, dans le but de se sauver. La Réforme, redécouvrant l'Évangile comme une Bonne nouvelle, ne put accepter cela. Elle redécouvrit avec force la notion de la Grâce, du Salut que Dieu peut offrir même à un pécheur et celle de la gratuité de l'amour.


La Réforme a opéré ainsi une certaine révolution dans la prédication chrétienne, en disant non plus : "Faites des bonnes œuvres pour être sauvés " mais plutôt ... "Vous êtes sauvés par grâce, faites des bonnes œuvres en reconnaissance pour ce salut qui vous est offert - non pas par intérêt, mais par amour ".


Cela est très beau et généreux. Mais le problème, c'est que dans l'Évangile, il ne semble pas que tout le monde soit sauvé. Il y a des sauvés et des réprouvés. Or, si le salut ne dépend que de Dieu, alors c'est que Dieu veut en sauver certains, et laisse les autres à la perdition ... Et là, nous tombons dans une doctrine à peu près inacceptable pour notre esprit moderne : celle d'un arbitraire divin, d'un Dieu qui aurait créé des hommes et qui finalement choisirait délibérément de les damner... C'est impossible. D'ailleurs, du temps même de Calvin, cette doctrine a soulevé de graves oppositions et tous les Réformateurs étaient loin d'y adhérer. Aujourd'hui, plus grand monde n'admet cette doctrine de la prédestination calvinienne, même chez les protestants.


Si l'on veut reprendre la question d'un point de vue Biblique, on s'aperçoit que le mot de "prédestination" se trouve dans la Bible, certes, mais pas dans le sens que lui donnait Calvin. On trouve le terme dans les lettres de Paul, pour affirmer essentiellement que tous les hommes sont "prédestinés" à être semblables au Christ, c'est à dire à être sauvés (Rom 8:29).


La prédestination de Dieu concernant les hommes est donc son projet : ce à quoi Il nous destine. Mais ce but n'est pas toujours atteint, parce qu'il dépend aussi de la liberté et de l'acceptation de l'homme. Le projet de Dieu, il est affirmé au moment de l'acte créateur, il dit alors, selon la Genèse : " créons l'homme à notre image selon notre ressemblance " or la suite du texte nous montre que l'homme n'est effectivement créé qu'à l'image de Dieu, le texte n'évoque plus la ressemblance, celle-ci ne va pas de soi, elle reste le travail de l'homme. Nous pouvons donc dire que nous sommes tous prédestinés à être sauvés, mais, peut-être que nous ne serons pas tous sauvés. On pourrait reprendre là le célèbre verset de Paul : " C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, ce qui ne dépend pas de vous, c'est le don de Dieu " (Éph 2:8)

Certes, il y a une prédestination, mais celle-ci n'est pas nécessairement une "prédétermination".


Je ne veux pas dire que la doctrine de la prédestination calvinienne n'ait aucun fondement biblique (On pourrait en particulier citer le très difficile texte de Romains, Rom 9:20-23), mais en tout cas, il n'utilisait pas le mot dans le même sens que Paul. Il s'agit d'une thèse théologique personnelle, à laquelle aucun protestant n'est obligé de souscrire.


On pourrait néanmoins réinterpréter autrement la doctrine de la prédestination de Calvin (ou de Saint Augustin ...) pour la rendre plus admissible. Ce qui est le plus critiquable, en fait, provient au départ de l'idée de couper l'Humanité en deux, les bons d'un côté et les mauvais de l'autre. Les choses ne sont certainement pas aussi simples, et on pourrait préférer considérer qu'en chaque homme il y a du bon et du mauvais, et qu'en chacun, il y a une part qui vaut d'être sauvée, et une autre qui ne vaut rien du tout. On peut dire alors que ce qui ne vaut rien en nous est prédestiné à être perdu et oublié (ce qui est finalement une forme de bonne nouvelle) et que le meilleur de nous, le spirituel, lui, est prédestiné à être sauvé. Dans ce cas, alors oui, on peut admettre cette doctrine, même si ce n'est certainement pas non plus ce que voulait dire Calvin ...


Mais même si l'on considère que cette doctrine est fausse intellectuellement dans sa signification la plus basique, on peut néanmoins penser qu'elle a quelque vertu
: elle permettait en particulier de dire aux chrétiens : " Ne vous préoccupez pas de votre salut, c'est une préoccupation médiocre, la seule chose qui doit vous préoccuper, c'est de faire le bien, d'aimer, de donner, de servir, et tout cela gratuitement, sans rien attendre en retour, par amour. Comportez-vous donc, sans angoisse, sans crainte, sans vision de punition ou de rétribution... ". Être chrétien, c'est être libre, joyeux, et reconnaissant ...


Bien sûr, la question est alors : " Peut-on être sûr d'être sauvé ? " Mais là Calvin avait la réponse : " Oui, le simple fait de se poser la question est preuve de l'Élection. " Donc les damnés ne s'en rendent même pas compte et n'en souffrent pas, ils sont tellement éloignés de Dieu et de tout cela qu'ils n'en ont même pas l'idée. Ils sont du rien qui retourne au rien. Donc, oui, la doctrine de la prédestination disait bien à ceux qui l'entendaient qu'ils devaient être sûrs de leur salut comme d’une grâce extraordinaire qui leur avait été offerte.


Aujourd'hui, nous aurions une façon plus moderne de dire les choses : on ne parlerait plus de "salut", ou de "perdition", mais plutôt, par exemple, du fait de "réussir sa vie".
Si l'on veut prendre cette notion, par exemple, pour la superposer à celle de la prédestination, alors le message serait de dire : " Vous n'avez pas à " réussir votre vie ". Votre vie est déjà acceptée. La vie n'est pas un examen de passage. Il n'y a pas à mériter, ou à démériter. Il n'y a pas d'angoisse à avoir, et quoi que nous réussissions ou rations dans notre vie, nous sommes acceptés et aimés par Dieu ". Saurais-je passer dans la classe supérieure, avoir mon bac, ne pas être au chômage, ne pas divorcer ?


On fait ce que l'on peut, mais de toute façon Dieu nous a accepté et aimé quoiqu'il nous arrive.
C'est donc une bonne nouvelle, c'est un discours qui peut nous conduire à une sorte de dé-préoccupation salvatrice de nous-mêmes. Ne nous préoccupons pas de "réussir" notre vie, ni d'être sauvé ou non, laissons cela à Dieu et considérons que c'est une affaire déjà réglée ... Positivement en plus ! Et préoccupons donc nous sans arrière pensée de ce que nous pouvons faire aujourd'hui dans ce monde et pour nos frères. C'est à partir de cela que l'être peut se libérer de sa propre angoisse pour se tourner vers les autres, peut accepter une vocation sans crainte, et finalement même sortir de son propre égoïsme pour découvrir la vraie nature de l'Amour : de l’Amour qui est don et gratuité.


Peut-être finalement ne faut-il garder que cela de cette doctrine de la prédestination, c'est que Dieu a choisi de nous sauver même si nous ne le méritons pas. Il a choisi de nous aimer et de tout nous donner - non pas en fonction de nos réussites personnelles mais simplement parce qu'il nous aime.


C'est donc une formidable bonne nouvelle : tout ça dépend de lui seul et pas de nous, c'est un vrai "cadeau". Que cela nous rende pour toujours joyeux, libres et reconnaissants.

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 08:19
- Par Louis Pernot - Publié dans : le vocabulaire religieux
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

par Pierre-Jean Ruff, pasteur de l’ERF
résumé pour une prédication à l'Eglise réformée francophone de Copenhague pour le culte du dimanche 22 novembre 09 


Lorsqu’on dit Calvin, tout de suite on pense à la prédestination. Lorsqu’on dit prédestination, tout de suite on pense à Calvin. Les choses ne sont pas aussi simples.


1 – définitions


Beaucoup confondent la prédestination, le déterminisme et la providence.


La prédestination ne concerne que notre salut pour maintenant et surtout dans l’au-delà. Qui sera sauvé et sur quel critère ? Selon cette doctrine, Dieu seul décide qui sera sauvé ou réprouvé et nous n’avons absolument pas à lui demander des comptes de ses choix. La parabole du potier (Jérémie 18, 2-10) en est une des meilleures illustrations. C’est Calvin qui a donné la meilleure explication de cette doctrine : "Nous appelons prédestination, le conseil éternel de Dieu par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en même condition, mais ordonne les uns à vie éternelle et les autres à éternelle damnation".


Le déterminisme en concerne que la vie présente. Nous sommes conditionnés par notre hérédité comme par le contexte socioculturel qui est le nôtre. Si nous étions nés Esquimaux, Zoulous ou Pygmées, nous serions différents.


Par sa providence Dieu veille sur les siens. Certains diront que Dieu nous accompagne toujours dans la vie, alors que d’autres diront qu’il nous y protège. "Pas un cheveu ne tombe de votre tête que votre Père ne l’ait voulu".


Remarques :


Calvin est sans doute celui qui a le mieux défini la doctrine de la prédestination mais, en son temps, il n’a pas été le seul à y souscrire et l’Eglise catholique d’alors ne la rejetait pas.


Cette conception du salut est présente dans la Bible, même si elle n’y est pas seule.


Quelques positionnements historiques à propos du salut et de la prédestination.


Les cathares, dont l’acte de foi premier était l’amour de Dieu, croyaient en un salut universel.
Bien avant eux, Origène optait dans le même sens, disant que le dernier à être sauvé serait le diable. Plus près de nous, Karl Barth, que certains ont qualifié de néo-calviniste, préconisait une double prédestination. Nous sommes tous pécheurs et nous sommes tous sauvés par la miséricorde de Dieu.


Réflexions pour aujourd’hui


Des doctrines comme celle de la prédestination sont aujourd’hui mal comprises par beaucoup et contribuent au discrédit des Eglises (ce qui ne suffit pas pour les dire erronées).


Aujourd’hui, parmi les chrétiens pratiquants, beaucoup s’interrogent à propos d’une vie future ou n’y croient pas. Pour ceux-là, la prédestination est un faux problème. Pour moi, la grâce ou l’amour de Dieu ne sont eux-mêmes que s’ils ne sont pas sélectifs. C’est la crédibilité même de Dieu qui est en cause.


Aujourd’hui sur terre, je pense qu’il y a plus de personnes à sécuriser et à déculpabiliser que de personnes à inquiéter et à responsabiliser par des semonces.

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 08:02
- Par Pierre-Jean Ruff - Publié dans : le vocabulaire religieux
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

par Michel Jamet

Vers l'an environ à peu près 33 après lui-même, un certain Jésus mourait sans doute sur une croix, à Jérusalem : peine capitale romaine, l'homme ayant été livré aux Romains par les dirigeants du Temple. Il avait fondé un petit groupe de disciples à qui il avait, semble-t-il, donné un enseignement spirituel.
Ces disciples (et leurs propres disciples) ont ensuite relaté les faits et gestes du dénommé Jésus, accompagné d'une Bonne Nouvelle : la vie éternelle est à portée de main ... Jusque là, ils étaient à peu près tous d'accord, ainsi que sur certaines valeurs morales. Mais rapidement, le nouveau courant religieux se répandant, chaque communauté se mit à transmettre sa propre version de la Bonne Nouvelle. Tant et si bien qu'après quelques décennies, c'était la cacophonie la plus totale, chacun ayant son idée sur le message de Jésus : un tel insistant sur tel aspect, tel autre reliant le message à telle ancienne prophétie juive, à tel enseignement grec, ou à telle coutume égyptienne. Tel autre enfin élaborant un début de "christologie", c'est-à-dire de réflexion sur ce "sacré bonhomme" de Jésus, son rôle dans le plan divin, sa nature (humaine, divine ou les deux ?).

Différentes écoles virent le jour. Celle de Paul, en particulier, un ancien oppresseur de chrétiens devenu disciple lui-même après une vision au soleil, commençait à réunir les "assemblées" (en grec : ecclesia) autour d'une doctrine commune.
D'un autre côté, une école de chrétiens se rattachait à un courant plus ancien, diffus dans le monde judéo-hellénique (en particulier à Alexandrie, capitale intellectuelle du monde), celui de la Gnose :


Très grossièrement, ce courant de pensée affirme qu'il est possible à certains humains, en pratiquant une certaine discipline corporelle, intellectuelle et morale, d'accéder à la Connaissance (grec : gnôsis) de Dieu, de l'Absolu, de l'Origine de toutes choses.
Les gnostiques chrétiens affirmaient que Jésus était lui-même la Vérité divine, venue enseigner à un petit nombre le chemin de la Gnose. Bien sûr, il y eut aussi différents courants chez les gnostiques, qui n'ont jamais formé une organisation centralisée.


Or, une organisation centralisée, c'est justement ce qu'ont cherché à créer les tenants du courant "paulinien". Se calquant sur les divisions administratives de l'Empire romain, ces chrétiens-là tenaient plutôt (toujours très grossièrement) pour la doctrine suivante : Jésus est le fils de Dieu, le Messie attendu par Israël, il est venu sur la terre pour y mourir et racheter par sa souffrance les péchés de tous les hommes, à condition qu'ils croient en lui. Point-barre ...

On voit les énormes différences entre les deux courants, et on voit bien que les responsables de l'Ecclesia
ont rapidement compris que les gnostiques menaçaient leur autorité car prônant la possibilité individuelle et directe de parvenir à la Vérité, sans nécessaire intermédiation sacerdotale. L'Eglise (on peut l'appeler comme ça) a donc, dès le IIIème et surtout le début du IVème siècle, condamné la Gnose et défini un ensemble de textes "canoniques" comprenant quatre "Bonnes Nouvelles" (trois très "pauliniens" : Matthieu, Marc et Luc et, à titre de concession, un quatrième plus gnostique, celui de Jean), les Actes des Apôtres écrits par les mêmes groupes que l'Evangile de Luc, et surtout toutes les Lettres de Paul (et de certains autres) aux différentes Ecclesiae. On y rajoute une Apocalypse attribuée elle aussi à Jean.

Tous les autres textes ont été condamnés comme non canoniques
, et ont cessé assez rapidement d'être la source de pratique des communautés chrétiennes, même en Egypte où les gnostiques étaient les plus nombreux. Ces textes ont donc disparu. Tous ? Non ! Car quelques uns d'entre eux ont été redécouverts à notre époque, sauvés par le sable et la piété des anciens gnostiques qui les avaient dissimulés dans différents endroits inaccessibles. Ce sont les fameux "apocryphes"...

Je ne parlerai pas des apocryphes de l’Ancien Testament, qui ne nous concernent pas beaucoup ici. Ce sont eux aussi des textes religieux – mais du judaïsme – non retenus en général dans les recueils " officiels " des autorités juives. Certains nous sont parvenus par l’intermédiaire du christianisme. D’autres ont été découverts à Qumrân (les fameux " Manuscrits de la Mer Morte " de la secte des Esséniens).


Les textes apocryphes chrétiens constituent un ensemble de textes très disparates.


On y trouve des " Actes " : Actes d’André, d'André et Matthieu, d'André et Paul, d'André et Pierre, de Barnabé, de Jacques, de Jean, de Jean selon le Pseudo-Prochore, de Jean à Rome, de Marc, de Paul, de Philippe, de Pierre, de Pierre et des douze apôtres, de Pilate ou Evangile de Nicodème, Actes de Thaddée, de Thomas, de Timothée, de Tite.

Des " Apocalypses " (en grec : apocalypsis = révélation) : Apocalypse d'Esdras, d'Étienne, 1re Apocalypse de Jacques, 2e Apocalypse de Jacques, 1re Apocalypse de Jean, 2e Apocalypse de Jean, 3e Apocalypse de Jean, Apocalypse de Paul, de Pierre, de Sedrach .

Des " Evangiles " : Évangile arabe de Jean, Évangile arménien de l'Enfance, Évangile de Barnabas, Évangile de Gamaliel, de Judas, de Marie-Madeleine, de Philippe, de Pierre, du Pseudo-Matthieu, Évangile secret de Marc, Protévangile de Jacques, Histoire de l’enfance de Jésus ou Evangile de l’enfance selon Thomas…

Et différentes Epîtres, Histoires, Homélies, Odes, Livres, etc.

L'Evangile
de Thomas se trouve dans différentes traductions. On peut aussi la trouver sur le site Omalpha.com. Je préfère cependant celle de Jean-Yves Leloup, qui est abondamment commentée, parue aux éditions Albin Michel : Evangile de Thomas (disponible sur Amazone.fr). L'Evangile de Judas est un texte gnostique, fragmentaire et d'un abord assez difficile, mais l'édition qui en a été faite par le National Geographic, avec introduction, notes et explications de plusieurs spécialistes, rend tout ça abordable. Evangile de Judas. L'Evangile de Marie est aussi un texte gnostique, contenu dans un codex copte (égyptien) du III° siècle. Il a également été traduit par Leloup : Evangile de Marie, Evangile de Thomas (document word), Evangile de Judas : traduction française du document copte (document df), Evangile selon Marie (document html).

Je crois qu'on ne peut pas parler des gnostiques comme d'un "courant" mais plutôt comme un ensemble de sectes dont certaines vont concurrencer un temps le christianisme naissant. Je mettrai à part le manichéisme
qui, plus qu'une secte, a été une religion à part entière et que beaucoup de chercheurs considèrent comme faisant partie des Religions du Livre : Mani a été le seul finalement à opérer une jonction entre Jésus et Bouddha.

La publication très attendue des textes de Nag Hammadi (dans la Pléiade), publication dans une bonne traduction française et bien documentée (alors que les Anglo-saxons ont déjà accès à ces textes depuis plus de vingt ans !) va permettre de mieux connaître ces courants de pensée, aux cosmogonies étranges et complexes. Dans ce domaine comme dans d'autres il faut se méfier comme de la peste des traductions bricolées, ambiance "Da vinci code" ! En attendant il existe une très beau petit livre d'introduction sur les gnostiques, celui de Jacques Lacarrière.

Nouveau document en ligne avec : l'Evangile de Marie, l'Epître apocryphe de Jacques, l'Evangile de Philippe, l'Évangile de Pierre, le Protévangile de Jacques (Évangiles de la nativité et de l'enfance) suivi de l'évangile Alexandrin des Egyptiens, la Bible de Barnabé, l'évangile apocryphe de Barnabé (XIV° - XVI° siècles), l'Apocryphon de Jean.

Je voudrais aussi préciser que lors du procès de Jésus, il y avait un autre condamné, Barabbas, (Jésus de son prénom) le patronyme Barabbas signifiant " le fils du Père "... L'un était il le chef "spirituel", issu des esséniens, et l'autre le chef "terrestre" menant la guerre contre Rome et issu des pharisiens ? L'un aurait été libéré, l'autre crucifié, lequel ?

Sites intéressants mais "orientés" :
http://www.interbible.org/interBible/decou.../clb_030926.htm
http://sophie.md.chez-alice.fr/NouvOMond/biblioapo.htm


Le "Pléiade" des écrits gnostiques de Nag Hammadi est désormais disponible. Voilà le contenu de l'ouvrage : ÉCRITS GNOSTIQUES [2007]. Édition publiée sous la direction de Jean-Pierre Mahé et Paul-Hubert Poirier, trad. du copte par un collectif de traducteurs. Index établis par Éric Crégheur, 1920 pages, rel. peau, 105 x 170 mm. Collection Bibliothèque de la Pléiade (No 538), Gallimard -lvs. ISBN 9782070113330. Parution : 22-11-2007.

La bibliothèque de Nag Hammadi : Prière de l'apôtre Paul - Épître apocryphe de Jacques - Évangile de la vérité - Traité de la résurrection - Traité tripartite - Livre des secrets de Jean - Évangile selon Thomas - Évangile selon Philippe - L'Hypostase des archontes - Écrit sans titre - Exégèse de l'âme - Livre de Thomas - Livre sacré du Grand Esprit invisible - Eugnoste - Sagesse de Jésus Christ - Dialogue du Sauveur - Apocalypse de Paul - Deux apocalypses de Jacques - Apocalypse d'Adam - Actes de Pierre et des douze apôtres - Le Tonnerre, Intellect parfait - Enseignement d'autorité - L'entendement de notre Grande Puissance - Extrait de " La République " de Platon - L'Ogdoade et l'Ennéade - Prière d'action de grâces - Extrait du " Discours parfait " d'Hermès Trismégiste à Asclépius - Paraphrase de Sem - Deuxième traité du Grand Seth - Apocalypse de Pierre - Enseignements de Silvanos - Les Trois Stèles de Seth - Zostrien - Lettre de Pierre à Philippe - Melchisédek - Noréa - Témoignage véritable - Marsanès - Interprétation de la gnose - Exposé du mythe valentinien - Allogène - Hypsiphroné - Sentences de Sextus - Fragments de traités - Pensée Première à la triple forme. Manuscrit de Berlin 8502 : Évangile selon Marie - Acte de Pierre


Sinon deux "points de détail". La plupart des chercheurs s'accordent à penser que Jésus est mort le 7 avril 30, et non en 33. Cette date est la seule qui semble être en accord avec les calendriers des fêtes juives de l'époque. D'autre part quelques chercheurs américains émettent des doutes sur le fait que les écrits de Qumran aient été la bibliothèque des Esséniens. Leur hypothèse serait plutôt celle d'une cache qui aurait accueilli les livres du temple dans la peur de la profanation romaine.
 

Il faut éviter une erreur courante, c'est de donner aux mots "secte" et "religion" les acceptions qu'ils ont aujourd'hui. Le christianisme naissant a toujours été composé de multiples communautés aux pratiques différentes, aux textes de référence divers et aux croyances variées, mouvantes et évolutives. Ce n'est qu'après au moins deux siècles qu'une certaine norme s'est fait jour. Le "gnosticisme" est plus une composante qu'un ensemble de "sectes" coupées du reste du monde chrétien, et même les plus "orthodoxes" pauliniens pouvaient avoir des tendances gnostiques sur tel ou tel sujet, et refuser, par exemple, la cosmogonie valentinienne. Il s'agit plus, à mon sens, d'une des tendances interprétatives du message de Jésus, qui a fini par être isolée et éradiquée de l'Eglise naissante.

Les textes apocryphes de Nag Hammadi regroupent :


Codex I
(Codex Jung) : 1. Prière de l'apôtre Paul, 2. Le Livre Secret de Jacques, 3. L'Évangile de vérité, 4. Le Traité sur la résurrection, 5. Le Traité tripartite. Codex II : 6. Le Livre secret de Jean, 7. L'Évangile selon Thomas, 8. L'Évangile selon Philippe, 9. L'Hypostase des archontes, 10. Symphonia de l'hérésie 40 du Panarion d'Épiphane (écrit sans titre), 11. L'Exégèse de l'âme, 12. Le Livre de Thomas l'Athlète. Codex III : 13. Le Livre secret de Jean, 14. L'Évangile des Égyptiens, 15. Eugnoste le Bienheureux, 16. La Sophia de Jésus-Christ, 17. Le Dialogue du Sauveur. Codex IV : 18. Le Livre secret de Jean, 19. L'Évangile des Égyptiens. Codex V : 20. Eugnoste le Bienheureux, 21. L'Apocalypse de Paul, 22. L'Apocalypse de Jacques, 23. L'Apocalypse de Jacques, 24. L'Apocalypse d'Adam, 32. Fragment de l'Asclépius. Codex VI : 25. Les Actes de Pierre et des douze apôtres, 26. Le Tonnerre, intellect parfait, 27. Authentikos Logos, 28. Aisthesis dianoia noèma, 29. Passage paraphrasé de La République de Platon, 30. Discours sur l'ogdoade et l'ennéade, 31. La Prière d'action de grâces, 35. L'Apocalypse de Pierre, 36. Les Enseignements de Silouanos, 37. Les Trois Stèles de Seth. Codex VII : 33. La Paraphrase de Sem, 34. Le Second Traité du grand Seth. Codex VIII : 38. Zostrianos, 39. La Lettre de Pierre à Philippe. Codex IX : 40. Melchisedek, 41. La Pensée de Noréa, 42. Le Témoignage de la Vérité. Codex X : 43. Marsanès. Codex XI : 44. L'Interprétation de la connaissance, 45. Exposés valentiniens, 46. Révélations reçues par l'Allogène, 47. Hypsiphronè. Codex XII : 48. Les Sentences de Sextus, 49. Fragment central de l'Évangile de vérité, 50. Fragments non identifiés. Codex XIII : 51. La Protennoia trimorphe, 52. Fragment du 5e traité du Codex II.

Les textes
en rouge se trouvent en traduction française sur le site de l'Université Laval (Québec)

Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /2009 01:46
- Par Michel Jamet - Publié dans : le vocabulaire religieux
Communauté : Unitariens - Recommander

A la suite de la rencontre que l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) vient d’organiser à Kolozsvar, en Roumanie, au siège de l’Eglise unitarienne de Transylvanie, du 1er au 5 septembre 2009, le nouveau bureau exécutif de l’ICUU est ainsi composé.


de gauche à droite : Brian Kiely, David Shaw, Pauline Rooney, Celia Midgley, David Gyero et Nihal Attanayake (Femi Matimoju est absent de la photo car il n'a pas pu se rendre en Roumanie pour raison de visa).

Président : Rev. Brian Kiely (Canada)

Vice président : Pauline Rooney (Australie)

Trésorier : Rev. David Shaw (Royaume uni),

Secrétaire : Rev. David Gyero (Transylvanie)

Autres membres : Rev. Nihal Attanayake (Philippines), Femi Matimoju (Nigeria), et Celia Midgley (Royaume Uni).



John Clifford, en tenue écossaise traditionnelle, secrétaire exécutif sortant après 4 ans de fonction

Par ailleurs, le révérend Steve Dick (Royaume Uni) succède à John Clifford comme secrétaire exécutif. Ce secrétariat exécutif s’étoffe avec un poste de coordinateur des programmes qui a été confié à la révérende Jill McAllister (Etats-Unis), laquelle fut première présidente de l’ICUU. Cette instance exécutive a été mise en place au 1er août 2009 sur décision du bureau précédent.


un tandem expérimenté au secrétariat exécutif de l'ICUU

Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 11:42
- Par Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - Publié dans : ICUU (international)
Communauté : Unitariens - Recommander

présenté par le Groupe unitarien nantais

Conscience Primordiale, Esprit divin, Réel ultime, origine de toute vie, remplis notre cœur de confiance et de reconnaissance.
Qui que Tu sois, où que Tu sois, nous croyons que Tu existes et nous voulons Te connaître un jour.
Communique-nous une espérance calme, le courage et la lucidité.
Esprit divin, que Ton nom soit sanctifié, que ton Royaume se manifeste,
Que ton Souffle saint nous anime, et que nous marchions sur le chemin d’amour que Tu nous proposes par Jésus le Nazarénien, notre Maître.

Au commencement était la Conscience,
Et la Conscience était avec l’Esprit divin,
Et la Conscience était l’Esprit divin.
Elle ne créa point, se contentant de vouloir.
Mais de ce vouloir jaillit la Matière,
Et de la matière, la Vie,
Et de la vie, la Pensée.

" Car le Seigneur est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté "
(II Cor 3, 14)

" Vous connaîtrez la vérité, et la vérité fera de vous des hommes libres " (Jean 8, 32)

" En vérité, et sous une forme parfaitement orthodoxe, je crois qu’on peut dire que, pour nos yeux, - et c’est peut-être là le plus grand événement moderne – Dieu change de dimensions et de teintes " (Teilhard de Chardin, lettre à Théodore Monod, septembre 1951. Etudes théologiques et religieuses, 57ème année, n° 3, 1982).

" En vérité, je doute qu’il y ait pour l’être pensant de minute plus décisive que celle où, les écailles tombant de ses yeux, il découvre qu’il n’est pas un élément perdu dans les solitudes cosmiques, mais que c’est une volonté de vivre universelle qui converge et s’hominise en lui " (Teilhard de Chardin, Prologue de
Le Phénomène humain).

"Jésus a dit : Que celui qui cherche ne cesse de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve ; Et quand il aura trouvé, il sera bouleversé, Et, étant bouleversé, il sera émerveillé, Et il règnera sur le Tout " (Evangile de Thomas, logion n° 2).

" Voici donc ce qui nous scandalise lorsque nous contemplons le phénomène de la vie. Vous savez que la religion a contourné ces sujets de scandale, en imaginant qu’il existe un monde de l’au-delà, dans lequel tout ce qui s’est produit de mauvais et de méchant dans ce monde-ci sera réparé, racheté. Elle fait espérer que ce monde n’est que transitoire et qu’un monde éternel le remplacera. Et tout ce qu’il y a d’incompréhensible ici-bas, elle le met sur le compte de la volonté insondable de Dieu, au risque de compromettre finalement l’idée de Dieu comme puissance éthique.
[…] Mais de ce chaos émerge une volonté qui tend vers le haut, une volonté globale et comme personnelle de vie, et c’est ce que, en nous servant du langage des religions éthiques, nous pouvons nommer "Saint Esprit" ou, si vous préférez, "Dieu personne".
[…] " Mais c’est justement à notre époque que, sauf rares exceptions, les Églises sont devenues à elles-mêmes leur fin. Elles se renferment dans des dogmes censés soutenir et sauvegarder leur volonté, mais par là elles deviennent inaptes à agir en vue des fins universelles, de sorte qu’une grande partie des forces bénéfiques contenues en elles reste enchaînée et donc sans emploi.
[…] " C’est maintenant dans cette éthique, qui a valeur de religion, que nous apparaît de Dieu un concept supérieur. On pourrait dire, si on ne craignait pas les moqueries, que rien ne va davantage de soi que l’existence de Dieu, pour peu qu’on prenne la liberté de s’abriter derrière Spinoza : ‘il n’y a rien de plus clair, en effet, que l’unité réelle du Tout, auquel nous appartenons’.
[…] " Dieu n’est pas toute puissance, mais volonté continue qui poursuit ses fins dans le monde " (Albert SchweitzerUne pure volonté de vie).

" Dans l’Unité chacun se retrouvera ; par la gnose il se purifiera de la pluralité en vue d’une Unité, engloutissant la matière en lui-même comme une flamme, l’obscurité par la Lumière, la mort par la vie.
[…] Heureux celui qui s’est retourné sur lui-même et s’est réveillé " (Valentin, Évangile de Vérité).

"A présent nous voyons comme dans un miroir et de façon confuse, mais alors ce sera face à face. A présent ma connaissance est limitée, alors je connaîtrai comme je suis connu " (I Cor 13, 12).

" La communion des Saints, c’est l’assemblée virtuelle de ceux qui connaissent après avoir été connus ".

" Coextensible à tout espace manifesté, la conscience originelle est présente en tout "

" La conscience se fait homme pour que l’homme devienne conscience ".

"Principe immanent, impersonnel.
Présent en tout ce qui existe, présent à chaque parcelle de mon être.
En moi, éminemment personnel.
Le moindre de mes souffles, la moindre de mes pensées, par lui sont perçus.
Quand je me parle, il m’écoute.
Quand je me tais, il me parle.
Quel que soit le langage employé, il le comprend.
Quel que soit le signe posé, il le capte.
Ma vie, sans parole, un dialogue permanent avec lui ".

" Homme de foi, et non homme de croyance.
La croyance se crispe, la foi s’abandonne
La moindre croyance, position inexpugnable à défendre au prix de mille guerres de religion et de mille sacrifices.
La foi, ouverture sur l’inconnu, acceptation du mystère impénétrable que constitue l’ultime strate du réel.
Homme de foi, homme de confiance inébranlable dans le réel quel qu’il soit.
La foi bannit la crainte. Elle transporte des montagnes.
Devant l’homme de foi, s’ouvre le vaste champ du possible " (Bernard Besret, Esquisse d’un évangile éternel).


" Les mythes sont des symboles de la foi qui sont reliés à des histoires légendaires dans lesquelles sont rapportées des rencontres entre dieux et entre dieux et hommes. Sont mythiques les récits du paradis, de la chute d’Adam, du déluge, de l’Exode d’Egypte, de la naissance virginale du Messie, du nombre de ses miracles, de sa Résurrection et de son Ascension, de son retour à venir en tant que Juge de l’Univers" (
Paul Tillich, Œuvres complètes VIII, Révélation et foi, pp. 144-145).

" Espérer, c’est risquer d’être déçu. Décidez-vous donc à courir ce risque. Ne soyez pas de ceux que la peur d’un échec empêche d’agir. L’idée de ‘vertu’ ne tente pas les hommes, parce que le bien ne les intéresse plus.
[…] La foi n’est pas une acceptation aveugle et sans réserve, un jugement tout fait. C’est une décision, un jugement accepté délibérément et entièrement, à la lumière d’une vérité qui ne peut être prouvée, et non la simple acceptation d’une décision prise par quelqu’un d’autre " (Thomas Merton, Semences de contemplation) .

" Ainsi celui qui monte ne s’arrête jamais, allant de commencement en commencement, par des commencements qui n’ont jamais de fin " (Grégoire de Nysse, Vie de Moïse).

"Pourquoi Jésus plutôt que Lao Tseu ? Pourquoi Jésus plutôt que Siddhârta Gautama, dit le Bouddah ? L’un et l’autre ont été divinisés lorsque les courants spirituels qu’ils avaient suscités sont devenus des religions.

[...]  J’en reste convaincu : dans notre relation à Dieu, la prière, sous quelque forme que ce soit, silencieuse ou parlée, solitaire ou collective, est totalement superflue. Dieu n’en a aucun besoin. Nous communiquons avec lui par cela même que nous sommes.
[...] L’objectif de la spiritualité, comme j’ai eu l’occasion de le rappeler dans ces pages, est d’amener l’homme à se libérer de l’étreinte des limites de l’espace et du temps, pour accéder à la conscience qui les transcende " (Bernard Besret, Confiteor).

" La foi qui repose sur l’autorité n’est pas de la foi. C’est à cette foi en l’autorité que se mesure le degré de déclin d’une religion, le repli de l’âme " (Ralph Waldo Emerson, Évangile).

"J’acquiers la conviction personnelle qu’il n’y a d’humanité que plurielle […] Dès que nous prétendons [...]dans l’histoire de l’Eglise catholique, nous en avons la triste expérience – posséder la vérité ou parler au nom de l’humanité, nous tombons dans le totalitarisme ou dans l’exclusion.
Nul ne possède la vérité, chacun la recherche et l’autre est peut-être porteur de la vérité qui me manque.
Je suis croyant, je crois qu’il y a un Dieu mais je n’ai pas la prétention de posséder ce Dieu-là, ni par Jésus qui me Le révèle ni par les dogmes de ma foi. On ne possède pas Dieu. On ne possède pas la vérité et j’ai besoin de la vérité des autres " (Pierre Claverie, évêque d’Oran, assassiné le 1er août 1996 - juste après les moines de Tibehirine - par les islamistes du GIA qui eux n’avaient pas "besoin de la vérité des autres").

Oui, le Messie Jésus fils de Myriam est le Prophète de Dieu [...] Croyez donc en Dieu et ses prophètes mais ne dites pas Trois [...] Dieu est Unique, gloire à Lui ! Comment aurait-il un Fils ?" (Le Coran, sourate IV, 171).

"Il n'y a de Dieu qu'un Dieu Unique [...] Le Messie fils de Myriam n'est qu'un prophète, d'autres prophètes sont passés avant lui".

Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /2009 17:30
- Par Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

La conférence se tiendra à la Freireligiösen Gemeinde (Mannheim, L 10, 4 – 6, Straße und Hausnummer). Les frais d’inscription s’élèvent à 75 euros et couvrent les petits déjeuners et dîners ainsi qu’une excursion à la ville d'Heidelberg. S'inscrire avant le 30 septembre auprès de Wytske Dijkstra, contact. Par ailleurs des chambres à un tarif spécial ont été réservées à l’Hotel am Bismarck et au City Hotel ; s'adresser directement à ces hôtels en signalant sa participation à la conférence de l'IARF.


thème :

A quoi servirait une religion libérale si elle n’avait pas d’impact dans notre vie quotidienne ? C’est pourquoi nous avons choisi comme thème : " La liberté religieuse nous appelle à l’action ". Cela ne signifie pas que nous soyons chargés d’une mission. Certainement pas. Notre point de vue concernant les religions est orienté vers la demande des humains pour un soutien mutuel et des échanges constructifs (Gudrun Hahn, IARF Allemagne).

ateliers :

Un atelier sur le thème " Ouverture " sera tenu pas Chris Hudson, pasteur de l’Eglise presbytérienne Non subscribing de Belfast Irlande, ex-activiste pacifiste, actuellement engagé dans des projets de réconciliation.
Wies Houweling, secrétaire général des communautés de religion libre NPB et ancien membre du Conseil des Eglises, conduira un atelier sur la coopération internationale. Une grande variété de groupes inter-religieux, inter-Eglises, inter-dénominationnels existent. Comment y trouver notre place ? Qu’offrons-nous de particulier ?
D’autres ateliers, non encore confirmés, traiteront de l’installation de notre organisation en Europe et au Moyen-Orient et des questions pratiques concernant la création de projets et la recherche de fonds. Y seront traités aussi les problèmes actuels. Comment créer, diriger et intéresser les nouveaux groupes, construire et maintenir les relations avec la presse et les autres médias.

conférence de John Taylor :

John Taylor est notre représentant auprès des Nations Unies à Genève. Son travail est vital pour notre position en tant que Ong. Le rapport concernant ses activités se trouve sur le site web de l'IARF.

Excursion à Heidelberg :

Visite des lieux historiques de la ville et repas du midi. 

Message reçu le
16 août 2009 de Wytske Dijkstra, traduit en français par Noëlle Colle
  

Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /2009 22:10
- Par Wytske Dijkstra - Publié dans : ELPN (Europe)
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Jusqu’à présent, les chrétiens unitariens espagnols ne s’étaient signalés que par un groupe sur Yahoo, fondé en janvier 2006 mais resté bien longtemps quasiment inactif et sans pilote à bord !  A l’initiative de José Eugenio, domicilié en Andalousie, ils ont désormais un site, celui de la Iglesia cristiana unitaria de España (ICU). Contact.


Elle se réfère à notre Eglise historique, celle de Transylvanie et Hongrie, et Jose Eugenio a traduit en espagnol le catéchisme hongrois de Ferencz Jozsef dont la première édition date de 1864. Son emblème, une palombe blanche sur fond de croix rouge.

Les chrétiens unitariens apportent ainsi leur contribution au développement de l’unitarisme en Espagne, jusqu’à présent représenté, depuis 2000, par l’unitarisme-universalisme à l’actif de la Sociedad unitaria universalista de España (SUUE).

Les sites de l’AFCU et de l’ICU ont établi un lien réciproque.

Les chrétiens unitariens francophones souhaitent la bienvenue à cette nouvelle communauté.

Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /2009 12:38
- Par Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - Publié dans : relations extérieures
- Recommander

Comment pouvons nous situer les Eglises dans une dynamique d’ouverture ? Si, jusqu’à présent, la plupart des Eglises sont confessionnelles, on peut s’attendre, dans un contexte de déchristianisation et de recomposition du paysage religieux, à ce que d’autres types d’Eglises apparaissent.

La typologie suivante repose à la fois sur des formes déjà bien connues et aussi sur de nouvelles architectures en émergence. Elle concerne le degré d’ouverture des Eglises aux autres chrétiens, aux autres croyants et aux non-croyants.


Fresque de l'église Saint-Savin. Qui embarquer dans l'arche de Noë ? That is the question !

Les Eglises confessionnelles se réfèrent à une tradition historique particulière.


Les Eglises libres le sont par opposition aux Eglises concordataires dans les pays protestants, par exemple en Grande-Bretagne et en Allemagne. Leurs pasteurs ne veulent pas souscrire aux confessions de foi, comme dans le cas des Non-subscribing irlandais. Par extension, une Eglise est libre lorsqu’elle n’impose pas de dogme ou de confession de foi.


Les Eglises latitudinaires acceptent en leur sein plusieurs théologies, plusieurs traditions confessionnelles, comme par exemple l’Eglise réformée de France (qui va jusqu'à accepter la théologie unitarienne parmi d'autres).


Les Eglises œcuméniques pratiquent l’intercommunion sur la base d’accords négociés entre plusieurs Eglises.


Les Eglises transconfessionnelles réunissent tous les chrétiens de n’importe quelle origine confessionnelle, chacun gardant toutefois sa propre confession mais mettant en avant sa qualité de chrétien d’abord (par exemple les Eglises du Christ dans leur projet initial), sans qu’il y ait eu de négociation au préalable.


Les Eglises ouvertes acceptent au sein de leur assemblée d’autres croyants, sinon des non croyants en recherche spirituelle (par exemple les Eglises unitariennes aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle et à partir de 1950 en Grande-Bretagne), tout en maintenant le culte chrétien et la référence à la Bible. Les non-chrétiens sont en accueil et n’ont pas accès aux principales responsabilités statutaires. C’est la recommandation du manifeste d’Avignon (août 2007), lien, aux communauté chrétiennes unitariennes.


Les Eglises post-confessionnelles ne retiennent pas l’origine confessionnelle de leurs fidèles, celle-ci n’a plus guère d’importance.


Les Eglises post-chrétiennes héritent du christianisme mais en déplacent la référence centrale qui n’est plus Jésus, mais Mahomet (pour les musulmans), le révérend Moon (pour les moonistes), etc.


Les Eglises post-chrétiennes latitudinaires maintiennent l’héritage chrétien, qui peut rester important, mais acceptent aussi d’autres sagesses avec un même traitement. C’est le cas de l’Eglise unitarienne francophone (lien) où les chrétiens cohabitent avec d’autres croyants et des non-croyants.


Les Eglises théistes regroupent des croyants en Dieu mais sans faire référence à des révélations historiques ni à des traditions confessionnelles.


Les Eglises interconvictionnelles admettent l’expression de toutes les fois, y compris celles de non-croyants en Dieu ; l’accent est mis sur l’expression de chacun, le dialogue, le partage. Elles ne se réfèrent à aucune tradition historique particulière (contrairement aux Eglises post-chrétiennes latitudinaires), mais leurs fidèles si, individuellement !


Les Eglises universelles ne privilégient plus le christianisme (mais ne le renient pas non plus !) ; les fidèles sont désormais invités à parler un langage directement universel comme dans le cas de l’unitarisme-universalisme américain sans faire référence à des traditions particulières. Croyants et non croyants y cohabitent en osmose.

Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /2009 18:05
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
L'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) vous invite, avec tous les autres unitariens francophones, à participer au culte organisé ce dimanche 7 juin par l'Eglise unitarienne francophone (EUfr), et à ceux des mois suivants, lors de chaque premier dimanche.

A partir d'un culte fait à la maison, en famille, avec des voisins et des amis, l'EUfr propose l'espace de son site (à la rubrique "nos cultes mensuels") pour partager nos expériences cultuelles. Eglise sur la Toile, avec une base "linguistique" concernant l'ensemble des pays francophones, l'EUfr met ainsi à la disposition des unitariens et sympathisants qui le souhaitent les méthodes modernes de communication qu'offre l'Internet.

Exprimez-vous, reliez-vous aux autres, partagez votre spiritualité, soyez aux rendez-vous des cultes organisés par notre Eglise.
Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 17:18
- Par Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - Publié dans : nos chants et prières
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
La question a été posée au sein de notre groupe Yahoo "Unitariens francophones" (lien). Voici la réponse de Jean-Claude Barbier, le 21 mai 2009 :

Le déiste désigne à l'origine un croyant par opposition à un athée. Le mot est apparu en 1564 (nous dit le Petit Robert), dans les milieux sociniens (nous dit le dictionnaire de philosophie de Christian Godin). 

Mais le terme va se préciser par la suite. Il s'agit d'un croyant qui n'a pas besoin des religions existantes pour croire en l'existence de Dieu : donc pas besoin de dogmes, de révélations, de "superstitions" pour reprendre l'expression si chère aux philosophes du Siècle des lumières. Diderot disait : "Le déiste seul peut faire tête à l'athée, le superstitieux n'est pas de sa force".

En ce sens, le déisme (terme apparu plus tard en 1669), équivaut à la religion dite naturelle. L'homme contemple la Nature, en observe les lois (et la beauté !) et en conclut à l'existence de Dieu grâce à sa seule raison. Les francs-maçons qui se réfèrent au Grand architecte de l'univers (GADLU) le sont aussi. On peut également dire que les transcendantalistes (avec Ralph Waldo Emerson) le furent. Idem pour ceux qui situent Dieu à l'origine des mondes, dans un pré Big-bang. J'ajoute que le déiste ne se prononce pas sur la nature de Dieu, ni sa présence et action en ce monde, mais seulement sur son existence.

Le théisme (plus tardif que le déisme puisqu'apparu dans la langue française en 1756, mais au XVII° siècle en Angleterre) maintient lui aussi son indépendance totale par rapport aux religions ("positives" dit le Petit Robert - sic ! mais c'est sans doute au sens d'existentialiste) , mais il admet que c'est un Dieu personnel (ayant le statut d'une personne douée de volonté, de morale), unique bien entendu, distinct du monde et exerçant sur lui une action. D'où la possibilité, voire la nécessité d'un culte : c'est un Dieu qui reste providentiel et qu'il nous faut donc prier. Il peut punir, accorder ou non la vie éternelle, etc.

C'est un Dieu actif qui ne se contente pas d'être seulement un dieu créateur. Il reste présent en sa Création. Voltaire disait "On ne saurait trop respecter ce grand nom de théiste", mais on peut néanmoins le considèrer comme déiste car on ne le vit guère prier ! Le théisme, pour lui, était surtout pour maintenir le peuple dans la moralité.

Ce sont précisément les penseurs anglais du XVIIème siècle qui sont les théoriciens du théisme. Cudworth (1617-1688), le premier à employer ce mot, désigne par là un système philosophique qui affirme l'existence de Dieu appuyée sur des preuves philosophiques (seules !). Le théisme participe du combat des philosophes contre l'Eglise.

Les tentatives de fonder une Eglise théistes, par exemple sous la révolution française avec Dame Raison) ont toutes échouées. A mon avis parce qu'une religion ne se limite pas à des idées ... A noter que des obédiences maçonniques ont maintenu le théisme anglo-saxon de leur origine, contrairement aux loges dites "laïques" comme le Grand Orient de France (GOF).

Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /2009 17:23
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : le vocabulaire religieux
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Les chrétiens unitariens ont désigné leur représentant au Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF). Il s’agit de Régis Pluchet, journaliste et membre de l’Eglise réformée du Mans, adhérent à l’AFCU. Vous pouvez trouver sa présentation dans les Actualité unitariennes du lundi 11 mai 2009, lien

Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /2009 18:45
- Par Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - Publié dans : CUUF (France)
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