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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 07:42

Il faut distinguer le dessin humoristique de la caricature satirique. Le premier fait sourire tout le monde, y compris ceux qui adhèrent à l’idée ou au fait représenté. Par contre la seconde fait grincer des dents à ceux-ci car elle dénonce un abus, un excès, un courant idéologique, etc. Elle encourage les uns et bloque les autres ! Son effet dépend de sa réception. C'est donc ambivalent ; comme pour toute arme. La caricature satirique est un acte militant ; elle cible et se veut féroce.


Elle est apparue en Europe avec la critique des monarchies, au temps des pamphlets et des chansons de rue pour ridiculiser les puissants ; elle a l’accent populaire et est volontairement « grossière », provocante. Elle est comprise dans un contexte culturel révolutionnaire, du moins de révolte. Les réactions musulmanes aux caricatures de leur prophète parues dans Charlie-Hebdo montrent bien le malentendu. « Il y a aussi la nécessité d'apprendre à lire les codes de la caricature. Dans La Vie de cette semaine un lecteur écrit : qu'il préfère « la colombe de Picasso au turban de Charlie ». C'est une grave confusion entre modes d'expression. Pour ma part je pense que ce dessinateur danois qui a représenté Mohammed avec une grenade dans son turban ne signifiait pas que telle était la doctrine effective de l'islam (Tuez tous les infidèles) mais dénonçait la pratique trop répandue du terrorisme appuyé sur la façon dont les djihadistes eux mêmes se représentent le Prophète. Malheureusement trop de musulmans n'ont pas su ni pu décoder ce message... » (Jean Riedinger - compte-rendu de la  réunion de l'Observatoire chrétien de la laïcité / OCL tenue à Paris le 16 janvier 2015).

Les réformateurs anti-trinitaires du XVIème siècle protestant l’ont utilisé en représentant la Trinité comme une hydre à trois têtes. Plus près de nous, les caricatures de Charlie-Hebdo parues lors de la prise de position de certains évêques français contre « le mariage pour tous » : l’occasion était bonne en effet pour des rationalistes de représenter ce dogme comme une copulation homosexuelle à trois ! Ames sensibles s’abstenir car la caricature est un genre excessif …Dans la tradition de l’anti-trinitarisme, qu’il convient de ne pas oublier même si les relations entre confessions chrétiennes se sont largement apaisées grâce à l’instauration de la laïcité, nous publions ces caricatures.

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Un exemple de dessin humoristique (d'ailleurs paru dans un journal catholique "Famille chrétienne")

 

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Ici, des caricatures volontairement "hard" !

Published by Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - dans le vocabulaire religieux
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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 15:53

note de Jean-Claude Barbier, sociologue, publié sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) à la rubrique « le vocabulaire religieux » le 1er janvier 2015. « La mystique chrétienne : les états de communication physique avec Jésus, Marie ou Dieu » au séminaire de formation organisé par la Congrégation unitarienne du Rwanda du 15 au 21 décembre 2014 à Kigali. « Les apparitions post-mortem de Jésus dans les évangiles », groupe d’échange sur les religions du Réseau d’échanges réciproques de savoirs (RERS) de Gradignan Malartic, séance du 19 janvier 2015.
NbHnPMMsSoJOgdlG237S7VmBwsY.jpgLes apparitions post-mortem de Jésus ont longtemps été considérées comme des preuves de la résurrection de Jésus. Paul de Tarse ne nous dit-il pas qu’il y eut plus de 500 disciples à voir ces apparitions (1 Col 15, 5-8) ? Lui même n’affirme-t-il pas avoir vu Jésus sur le chemin de Damas ? De nos jours, nous établissons mieux la distinction entre ce qui est objectif, pouvant être vu par tout le monde, indépendamment de sa culture et de ses croyances et le vécu subjectif, certes respectable, mais n’allant pas au delà de la personne concernée.
En fait, le constat fait par les disciples n’est pas celui d’une résurrection avec sortie du tombeau, mais plus simplement celui d’une absence du cadavre dans le tombeau qui avait été prêté par Joseph d’Arimathie non loin du Golgotha et où il avait été déposé la veille du sabbat, le samedi soir avant 18h. Après le sabbat, le dimanche matin, les femmes se rendent au tombeau pour y pratiquer les soins funéraires et ne le trouvent pas. C’est donc par déduction purement intellectuelle que les disciples vont être persuadés (comme on dit à tort ou à raison !) que le cadavre n’est plus là car ayant été « enlevé au ciel » par Dieu conformément aux écritures messianiques. C’est cette forte conviction qui va lancer l’épopée chrétienne, donc sur une certitude totalement subjective (lien).
Dans la littérature biblique, les apparitions s’ajoutent aux rêves, aux songes et aux visions, celles-ci relevant d’une production onirique ou encore hallucinatoire qui a besoin d’une interprétation. Dans le cas d’une apparition, on est « comme dans le réel » et en présence ressentie d’une personne perçue comme vivante, qui se meut, parle et répond aux questions. D’ailleurs, les récits évangéliques afin de mieux convaincre les incrédules insistent lourdement : Jésus parle, mange, montre ses plaies à Thomas, fait d’ultimes révélations. L’apparition s’impose d’elle-même ; elle n’a pas besoin d’être expliquée. Par ses effets physiques, elle renforce la conviction ; elle fait désormais partie des certitudes.
Les apparitions sont contagieuses dès lors qu’elles se font au sein d’une communauté et la valident. Chacun ne veut pas être en reste et ressent lui aussi les mêmes symptômes. C’est une transe collective qui saisit les disciples lors de la Pentecôte. Une fois l’assemblée rassurée sur le bien fondé de sa nouvelle foi, les apparitions s’estompent, ne sont plus que des effets isolés et limités aux visionnaires et prophètes agrées (cas par exemple de l’Eglise du christianisme céleste née dans les années 40 au Bénin) ou des cas purement individuels. Jésus remonte définitivement au Ciel lors d’une ascension que seul Luc raconte (Lc 24, 50-53 et Ac 1, 9-12).
La contagion peut se faire au sein d’un groupe d’enfants comme par exemple pour les apparitions mariales à Fatima au Portugal (3 jeunes bergers en 1917, lien) et à Medjugorje en Bosnie-Herzégovine (un groupe de 6 voyants en 1981, lien), étant entendu que cela prête le flanc à une suspicion d’affabulation.
Lorsque l’apparition concerne une seule personne pour lui délivrer un message personnel, la tradition chrétienne parle d’annonciation. C’est Luc qui en parle le premier (annonciation de l’ange Gabriel à Zacharie Lc 1, 5-25, puis à Marie Lc 1, 26-38) et le Matthieu grec embraie avec une annonciation à Joseph, Mt 1, 18-20, sans doute parce que les milieux juifs ne comprenaient pas pourquoi ce dernier n’avait pas répudié sa fiancée enceinte par les soins d’autrui (la version du Saint-Esprit géniteur ne les ayant pas convaincus !).
L’islam embraye avec le Coran révélé à Muhammad par l’ange Djibril (= Gabriel qui reprend du service !), d’où une exégèse qui présente le Livre descendu du Ciel et écrit de tout temps en arabe !
En développant le culte marial, les Eglises catholique et orthodoxes ont suscité des apparitions de Marie qui sont devenues autant de lieux de pèlerinage. A noter, que pour chacune de ces apparitions, l’habillement et la posture sont différents si bien que c’est la Vierge Marie de tel endroit et que cela entraîne l’adhésion d’une collectivité, d’une région, d’un peuple, d’un nationalisme.
A la différence des apparitions de fantômes, les apparitions chrétiennes sont porteuses de messages, de révélations.
A la différence des hallucinations qui peuvent susciter des visions ou des délires (cas de la Pentecôte), les apparitions se font dans le calme, sans qu’il y ait transe ; le voyant a les yeux ouverts et dit voir (ou avoir vu).

Published by Jean-Claude Barbier - dans le vocabulaire religieux
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 15:50

A son initiative personnelle, Ambroise Niyongabo, président de l'Eglise unitarienne du Burundi, a franchi la frontière des deux pays voisins afin d'assister au culte de clôture du séminaire, le dimanche 21 décembre 2014, et d'apporter les salutations fraternelles de sa communauté.

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Jean-Claude Barbier (secrétaire général de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens), Clément Uwayisaba (fondateur et président de la Congrégation unitarienne du Rwanda) et Ambroise Niyongabo (président de l'Eglise unitarienne du Burundi).

Published by Jean-Claude Barbier - dans congrégation unitarienne du Rwanda
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 13:16

 

kigali_10551018_10205683248588308_6216641303752467850_n.jpgLa pédagogie est importante lors d'un séminaire. Le contenu de ce séminaire s'y prêtant, nous avons passé du temps à bien expliquer l'usage des bibles : les introductions aux divers livres, le repérage des chapitres et des versets, les références en marge du texte qui renvoient à d'autres textes, les notes de bas de page qui apportent des explications ou encore proposent des bilans, les chronologies historiques, les cartes de géographie, les autres annexes, etc.

 

kigali_10934017_10205683247388278_6471675635418814604_n.jpgLe Rwanda reste incrit aux organisations de la Francophonie, mais l'enseignement se fait désormais en anglais (contrairement au Burundi qui a maintenu le français) ; le contexte économique, marqué par la 10477073_10205683267788788_2161803725489330200_n.jpgproximité de pays anglophones (Ouganda au nord, Tanzanie à l'est, et Kenya en proximité par transports aériens) s'y prête d'ailleurs. Dès lors, les interventions en français doivent être lentes et répétitives, et doublées en kirinyanga, la langue locale. En cela, la contribution d'une traductrice est importance, Mlle Marie-Claire Shumbani (ici à ma gauche) assuma ce rôle indispensable.

L'après-midi, des séminaristes se faisaient prédicateurs pour prêcher en kinyarwanda à partir d'un texte étudié le matin avec la consigne stricte d'expliquer le texte sans s'égarer dans des discours personnels, moralisants ou autres états d'âme : le texte, rien que le texte !

Enfin, le classique tableau pour inscrire l'ordre du jour et l'orthographe des mots nouveaux : à défaut d'un tableau, une ficelle passée à la grille d'une fenêtre et supportant une liasse de feuilles.

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 10:58

Nous avions étudié la multiplication des pains par Jésus lors d'un grand rassemblement messianique des foules à l'écart du village de Bethsaïde, en point d'orgue à la campagne de Galilée (Mt 14, 13-21 ; Mc 6, 30-44 ; Lc 9, 10-17 ; Jn 6, 1-15), et puis la transformation de l'eau en vin lors des noces de Cana en référence au dieu grec Dionysos (dans Jean seul, Jn 2, 1-11) ... C'est donc tout naturellement que l'appétit était vif lors de ce séminaire !

 

kigali_1979557_10205683242948167_4463674753565226575_n.jpgkigali 10906135 10205683310669860 2467738564018449352 nkigali_1546071_10205683318630059_1775606961510626584_n.jpgkigali_10906151_10205683244988218_1177447850788600522_n.jpgkigali_1505196_10205683314869965_6877158019837954927_n.jpg

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 10:20

La réussite d'un séminaire de formation, c'est bien sûr la qualité de l'intervenant, sa pédagogie, son attention aux uns et aux autres, et la participation des séminaristes ; mais c'est aussi la bonne humeur, l'entrain joyeux, le plaisir de se retrouver, l'ardeur au travail, de bons repas et l'humour lors des séances de pose. Tout cela a été au rendez-vous. Merci à toutes et à tous ! L'ensemble des photos prises (par divers participants) avec l'appareil de Mr Barbier a été publié sous la forme d'album (lien) sur la page Facebook du groupe "Unitariens francophones" (lien). Nous en extrayons ici quelques photos :


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et le dernier jour, toujours autant de monde !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans congrégation unitarienne du Rwanda
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 08:40

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vu sur la page Facebook de Virgil Brison, unitarien-universaliste français

 

Au lendemain de l'attentat du 6 janvier 2015 contre l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, le slogan "Nous sommes tous Charlie" est entrain de faire le tour du monde. Avec Michel Servet et les anti-trinitaires du XVIème siècle, c'est non seulement la liberté de penser qui est inscrite dans notre tradition, mais aussi le droit au blasphème car nos devanciers n'hésitèrent pas à caricaturer la "Sainte Trinité" et à tourner en dérison cette construction purement imaginaire et sans aucune source scripturaire. La critique des religions, à commencer par la nôtre - le christianisme-, est nécessaire si l'on veut éviter les dérives théologiques, les excès piétistes, le culte de personnes (Jésus, Marie, les saints) et les pratiques sectaires. Que chaque religion fasse de même et balaie devant sa porte, accepte les critiques qui lui sont faites sans brailler au blasphème et menacer les "incrédules" au moindre propos. Dans la tradition juive, Dieu a de l'humour et se moque de son prophète Jonas ! Oui, nous sommes tous Charlie !

Published by Jean-Claude Barbier - dans AFCU (activités)
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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 10:19

Le séminaire, organisé par la Congrégation unitarienne du Rwanda les 15-21 décembre 2014 à Kigali sur un programme de formation de l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) ( lien) a concerné 24 stagiaires rwandais ; il est le troisième du genre (après celui, burundais-rwandais en décembre 2012 à Bujumbura, et rwandais-burundais en décembre 2013 à Kigali). Il a permis une avancée majeure dans la lecture et la compréhension des textes des évangiles.

 

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de gauche à droite, Ambroise Niyongabo, président de l'Eglise unitarienne du Burundi, venu en visite le dimanche 22 décembre et qui a assisté au culte de clôture, Jean-Claude Barbier, l'intervenant, secrétaire générale de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) et Clément Uwayisaba, fondateur et président de la Congrégation unitarienne du Rwanda.

 

La plupart des communications ont été mises en lignes :

- Une présentation du livre de l'évêque épiscopalien John Shelby Spong sur Jésus, qui nous a servi durant ce séminaire ( lien).

- La "résurrection" de la fille de Jaïre comparée à celle du fils de la Shunamite par Elisée, ou comment lire les textes évangéliques ( lien)

- Les figures bibliques du Fils de l'Homme ( lien), du Serviteur souffrant (lien) et du Roi-berger (lien) qui ont tant inspiré les 4 évangélistes.

- La comparaison avec le culte de Dionysos pour comprendre le "miracle" de Jésus qui change l'eau en vin : dossier complet (lien), texte de Béatrice Spranghers, professeur de religions en Belgique (lien).

- La Passion de Jésus selon Marc a été évoquée lors de notre culte de clôture (lien).

- Le "gouvernement" de Jésus (à venir).

- A l'origine du culte marial (à venir).

- Le mysticisme chrétien et ses manifestations sensibles (à venir).

- Le budget du séminaire (à venir).

Published by Jean-Claude Barbier - dans congrégation unitarienne du Rwanda
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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 07:28

Marc accordant une grande place à la Passion de Jésus, son livre est volontiers appelé « l’évangile de la croix ». John Shelby Spong en parle dans son livre sur Jésus *, page 113 et suivantes. Cet auteur remarque que son récit est découpé en 8 temps de 3 heures chacun ; nous en avons fait 8 actes d'une liturgie dramatique. Par ailleurs, le même auteur nous précisant que les évangélistes ont constamment écrit leurs propres textes en s'inspirant de ceux, messianiques, du Premier testament, nous avons commencé par ceux-ci, par ordre chronologique.
John-Shelby-Spong.jpgJohn Shelby Spong, 2014 – Jésus pour le XXIème siècle, Paris, Karthala, 328 p., traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Raymond Rakower, préface de Jacques Giri ; l’auteur est évêque émérite de l’Eglise épiscopale de Newark, New Jersey. Version originale : Jesus for the Non-Religious, 1ère édition en 2007 chez HarperCollins.

 

Cette liturgie met en valeur le talent des jeunes Africains pour le théâtre ; il y eut au total pas moins de 15 voix pour animer ce culte. Clément Uwayisaba, fondateur et président de la Congrégation unitarienne du Rwanda, en a confié l'animation à l'intervenant du séminaire, Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) après que la bougie du calice des unitariens ait été allumée. Conformément au séminaire de formation (du 15 au 21 décembre) dont c'est le culte de clôture, nous fondons notre culte sur une présentation des textes en prenant soin de les citer.

 

Cher(e)s sœurs et frères en Jésus.
En ce jour de culte, suivons la passion de Jésus, notre maître spirituel bien aimé,
celui dont nous suivons filialement les enseignements qu’il donna en Galilée et en Judée,
celui dont nous aimons les gestes et le comportement tels qu’ils nous sont relatés dans les évangiles,
celui qui aima ses contemporains, à commencer par les petits,
celui qui nous recommanda l’humilité et le service aux autres.

Nous suivrons Jésus avec Marc l’évangéliste qui nous propose de lire cette Passion en 8 étapes de 3 heures chacune ; soit un drame en 8 actes ; et puis aussi avec les auteurs du Premier testament, entre autres les psalmistes des psaumes 22 et 34,  le prophète de l’Exil que fut celui qu’on appelle Le « Serviteur Souffrant » et donc les prophéties d’espérance sont consignées dans le Livre d’Isaïe, aux chap. 40-55.

Vous connaissez l’évènement vécu comme fondateur par les premières communautés chrétiennes :
PAUL : « Je vous ai transmis en premier lieu ce que j’avais reçu moi-même : Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures. Il a été enseveli, il est ressuscité le 3ème jour, selon les Ecritures. Il est apparu à Céphas [Simon-Pierre], puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de 500 frères à la fois ; la plupart sont encore vivants et quelques uns sont morts. Ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. En tout dernier lieu, il m’est aussi apparu, à moi l’avorton … » (je suis Paul de Tarse, j’ai écrit ce témoignage vers 56, dans ma première épître aux Corinthiens, chapitre 15, versets 3-8).

Nous sommes à Jérusalem, probablement le jeudi soir de la Pâque juive de l’an 30.  Nous sommes dans une chambre haute, celle de la maison habitée par le Disciple que Jésus aime (lequel est probablement, le futur 4ème évangéliste nommé Jean et qui demeurait à Ephèse après la chute du temple de Jérusalem en 70 où il exerçait en qualité de prêtre). Cette chambre haute servira de premier lieu de réunion aux disciples après la mort de Jésus et c’est là qu’aura lieu la Pentecôte. Ce lieu est connu dans la tradition chrétienne comme le « Cénacle ».

ACTE I – repas pascal de Jésus et de ses disciples dans la chambre haute du Cénacle
(à partir de 18 h)

MARC - « Le soir venu » (je suis Marc, je l’ai écrit au chapitre 14, verset 17, de mon évangile).
JOHN SHELBY SPONG - « Dans ce monde ancien, dans lequel on vivait sans électricité, cela signifiait au coucher du soleil, soit approximativement vers 18h. En tant que Juif, Marc savait que la durée normale du repas de la Pâque était de trois heures et qu’il se terminait par le chant d’un hymne » (je suis John Shelby Song, évêque américain épiscopalien ; je l’ai écrit à la page 116 de mon livre sur Jésus publié en 2007).
MARC - « Après avoir chanté les psaumes, ils sortirent pour aller au mont des Oliviers » (versets 26).


ACTE II – dans l’oliveraie de Gethsémani (à partir de 21 h).

Le Second ZACHARIE - « Epée, réveille-toi contre mon berger, contre mon compagnon valeureux – oracle du Seigneur de l’univers. Frappe le berger, les brebis seront dispersées et ma main reviendra frapper même les petits » (Je suis celui qu’on appelle le « Second Zacharie » car mes prophéties ont été ajoutées à celles de Zacharie ; il s’agit là de l’une de mes prophéties, consignée au chap. 13, versets 7)
JESUS - « Tous vous allez tomber, car  il est écrit « Je frapperai le berger été les brebis seront dispersées » (selon Marc, chap. 14, verset 27). A Pierre, Jacques et Jean « Continuez à dormir et reposez-vous ! C’en est fait. L’heure est venue » (toujours selon Marc, versets 37 à 41).
MARC : « Et tous l’abandonnèrent et prirent la fuite » (verset 50).


ACTE III – au palais de Caïphe (à  partir de 0 h)

Le Serviteur souffrant - « En fait, ce sont nos souffrances qu’il a portées, ce sont nos douleurs qu’il a supportées, et nous, nous l’estimions touché, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il était déshonoré à cause de nos révoltes, broyé à cause de nos perversités : la sanction, gage de paix pour nous, était sur lui, et dans ses plaies se trouvait notre guérison. Nous tous, comme du petit bétail, nous étions errants, nous nous tournions chacun vers son chemin, et le Seigneur a fait retomber sur lui la perversité de nous tous. Brutalisé, il s’humilie ; il n’ouvre pas la bouche, comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis devant ceux qui la tondent : elle est muette ; lui n’ouvre pas la bouche » (chap. 53 du Livre d’Isaïe, versets de 4 à 7).
MARC - « Le Grand Prêtre, se levant au milieu de l’assemblée, interrogea Jésus : Tu ne réponds rien aux témoignages  que ceux-ci portent contre toi ? Mais lui gardait le silence ; il ne répondit rien » (chap. 14, versets 60 et 61).
Le Grand Prêtre - « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? » (selon Marc, chap. 14, verset 61).
JESUS - « Je le suis, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant avec les nuées du ciel » (chap. 14, verset  62).
PAUL - « Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures» (première épître aux Corinthiens, chap. 15, verset 3).

ACTE IV – au palais de Caïphe (à partir de 3 h)

JOHN SHELBY SPONG - « Dans cette société, la surveillance nocturne de 3 heures du matin  à six heures était appelée le chant du coq. Dans l’intervalle de temps de ce drame, Mars insère à présent la triple dénégation de Pierre qui prétend ne pas connaître Jésus » (page 117 de mon livre sur Jésus)
MARC - « Et Pierre se rappela la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois » (chap. 14, versets 66 à 72).


ACTE V – chez Ponce Pilate à la forteresse Antonia (à partir de 6 h).

MARC - « Dès le matin » (chap. 15, verset 1).  « Puis ils le font sortir pour le crucifier » (chap. 15, verset 20)

ACTE VI – Jésus crucifié (à partir de 9 h)

MARC - « Ils [les Romains] réquisitionnent pour porter sa croix un passant, qui venait de la campagne, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus. Et ils le menèrent au lieu-dit Golgotha, ce qui signifie le lieu du Crâne. Ils voulurent lui donner du vin mêlé de myrrhe, mais il n’en prit pas » (chap. 15, verset 21 à 23).

Le premier psalmiste - « Ils se partagent mes vêtements et tirent au sort mes habits » (Je suis le psalmiste qui a écrit le psaume 22, lequel fut attribué au roi David ; c’est là le verset 19).
JEAN - « Lorsque les eurent achevé de crucifier Jésus, ils prirent ses vêtements et en firent 4 parts, une pour chacun. Restait la tunique : elle était sans couture, tissée d’une seule pièce depuis le haut. Les soldats de dirent entre eux : ne la déchirons pas, tirons plutôt au sort à qui elle ira, en sorte que soit accomplie l’Ecriture : ils se sont partagé mes vêtements et ma tunique, ils l’ont tiré au sort » (Je suis Jean qui a écrit le 4ème évangile, ce sont les versets 23 et 24 du chapitre 19).
 
Le Serviteur souffrant - «Qu’avec les pécheurs il s’est laissé recenser » (chap. 53, verset 12), « On a mis chez les méchants son sépulcre » (chap. 53, verset 9).
MARC - « Avec lui, ils crucifièrent deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche » (chap. 15, verset 27). 
MATTHIEU - « Même les bandits crucifiés avec lui l’injuriaient de la même manière [que les passants] » (chap. 27, verset 44).

Le Serviteur souffrant - « … et que, pour les pécheurs, il vient s’interposer » (chap. 53, verset 12).
LUC - « Jésus disait [parlant des soldats romains] : Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (chap. 23, verset 34). « L’un des malfaiteurs crucifiés l’insultait … Mais l’autre le repris en disant : « Tu n’as même pas la crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ! Pour nous c’est juste : nous recevons ce que nos actes ont mérité ; mais lui, il n’a rien fait de mal ». Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras comme roi ». Jésus lui répondit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans la paradis » (chap. 23, versets 39 à 43).


ACTE VII – l’agonie (à partir de 12 h)

MARC - « A midi, il y eut des ténèbres sur toute la Terre jusqu’à 3 heures » (chap. 15, verset 33).
Le premier psalmiste : « Mais moi, je suis un ver et non plus un homme, injurié par les gens, rejeté par le peuple. Tous ceux qui me voient me raillent ; ils ricanent et hoche la tête : Tourne-toi vers le Seigneur ! qu’il te libère, qu’il te délivre, puisqu’il t’aime ! » de 7 à 9). « Les passants l’insultait hochant la tête et disant : (ton moqueur) Hé ! Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en 3 jours, sauve-toi toi-même en descendant de la croix. De même, les grands prêtres, avec les scribes, se moquaient entre eux : il en a sauvé d’autres, il ne peut pas se sauver lui-même ! Le Messie, le roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » (versets 29 à 32).
Les passants (d’un ton moqueur) - « Il a mis en Dieu sa confiance, que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime, car il a dit je suis Fils de Dieu ! » (selon Matthieu, chap. 27, verset 43).

Le premier psalmiste - « Comme l’eau je m’écoule ; tous mes membres se disloquent … Ma vigueur est devenue sèche comme un tesson, la langue me colle aux mâchoires » (versets 15 à 16).
JESUS - « J’ai soif » (selon Jean chap. 19, verset 28)
MARC - « Quelqu’un courut, emplit une éponge de vinaigre et, la fixant au bout d’un roseau, il lui présenta à boire » (chap. 15, verset 36).


ACTE VIII – la mort de Jésus (vers 15 h)

MARC - « Et à 3 heures, Jésus cria d’une voix forte : Eli, Eli, lama sabactani ? Ce qui signifie en araméen : mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Certains de ceux qui étaient là disaient, en l’entendant : Voilà qu’il appelle Elie ! » (chap. 15, versets 34 à 35). « Mais poussant un grand cri, Jésus expira » (verset 37).

Le premier psalmiste - « Ils m’ont percé les mains et les pieds. Je peux compter tous mes os » (versets 18 et 19).
Le second psalmiste - « Il  [le Seigneur] veille sur ses os, pas un seul ne s’est brisé » (je suis le psalmiste du psaume 34, qui fut attribué à David ; ici le verset 21).
JEAN - « Les soldats vinrent donc, ils brisèrent les jambes du premier, puis du second de ceux qui avaient été crucifiés avec lui. Arrivés à Jésus, ils constatèrent  qu’il était déjà mort et ne lui brisèrent pas les jambes » (chap. 19, verset 32 à 33).

Le Second ZACHARIE - « Et je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé.  Ils célébreront le deuil pour lui, comme pour le fils unique. Ils le pleureront amèrement comme on pleure un premier-né » (chap. 12, verset 10).
JEAN - « Mais un des soldats, d’un coup de lance, le frappa au côté, et aussitôt il en sorti du sang et de l’eau » (chap. 19, verset 32 et 33).


Et sa mise au tombeau (jusqu’à 18 h)

Le Serviteur souffrant - « On a mis chez les méchants son sépulcre, chez les riches son tombeau » (chap. 53, verset 9).
MATTHIEU - « Le soir venu, arriva un homme riche d’Arimathée, nommé Joseph » (chap. 27, verset 57).

JOHN SHELBY SPONG - « La dernière tranche de surveillance des vigiles de 3 à 6 h de l’après-midi était arrivée, afin de compléter la période des 24h de surveillance. C’est dans cet intervalle que Marc inséra la mort de Jésus. Le personnage de Joseph d’Arimathée (un membre éminent du conseil) qui demanda à Pilate de pouvoir prendre le corps de Jésus, fut introduit ici pour la première fois dans l’histoire du christianisme. Le tombeau fut alors préparé. Le corps fut enveloppé d’un linceul en lin et placé dans le tombeau. Joseph d’Arimathée roula alors une pierre à l’entrée du tombeau. Tout ce travail fut accompli avant le coucher du soleil. Cela nous amène à 18 heures, un vendredi soir. Le sabbat était arrivé » (p. 119 de mon livre).

 

Ce culte a été traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis en ligne sur le site de la Comunione Unitariana Italiana le 2 janvier 2015 (lien).

Published by Jean-Claude Barbier - dans congrégation unitarienne du Rwanda
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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 10:44

"La semaine dernière André Bonnery, membre de l’Eglise Protestante unie de Carcassonne et qui enseigne l’histoire et l’architecture médiévale à Perpignan et est connu à Toulouse-le-Mirail, a participé aux XXIV° Rencontres de patristique dont le sujet était " La louange". Ces travaux lui ont inspiré une réflexion sur le verbe bénir (message de Michel Jas, pasteur à Carcasonne, au sein du groupe "Protestantisme libéral" de Facebook, le 4 juillet 2014).

 

Si l’on part de l’étymologie latine, bénir signifie : dire du bien, bene dicere. L’équivalent grec est eu logein d’où dérive le substantif eulogia que l’on peut traduire par éloge ou louange. Il n’est pas indifférent de constater que bénédiction et louange ont donc la même signification.

 

Le thème de la louange-bénédiction est éminemment paulinien

« Rendez grâce en toute circonstance, car telle est, à votre égard, la volonté de Dieu en Jésus-Christ. » (I Thes. 5, 18). « En tout temps, à tout sujet, rendez grâce à Dieu le Père au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (Eph. 5,20). « Nous rendons grâce à Dieu, Père de Notre-Seigneur, Jésus-Christ dans la prière que nous ne cessons de lui adresser pour vous." (Col. 1, 3). « Avec joie rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints, dans la lumière. » (Col. 1, 12). « Je rends grâce à Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous. » (Phil. 1, 3). Mais pourquoi Dieu a-t-il besoin de notre eulogia, de notre benedictio ? « Telle est sa volonté » répond Paul dans I Thes. 5, 18.

 

Pourtant, à y regarder de près, la louange est plus nécessaire à l’homme qu’à Dieu qui n’a pas besoin de nos hommages pour Etre. Pour bien comprendre cela, il faut se rappeler que la société antique dans laquelle vivait Paul est structurée en fonction des relations de « patron » à « client ». S’il y a de l’honneur à être le puissant patron d’une nombreuse clientèle, il y a également de l’honneur à dépendre d’un haut personnage. Par conséquent, en disant du bien (en bénissant) son patron, cette louange rejaillit sur celui qui la formule. C’est sans doute dans ce sens qu’il faut comprendre I Co. 4. Le christ assure son patronage à Paul qui, au nom du Christ, patronne la communauté. En rendant grâce à Dieu, elle reçoit de ce fait même, la bénédiction divine.

 

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Par conséquent, la louange (bénédiction) donne sens à la vie de l’homme. Dans l’Evangile de Luc, les chants d’action de grâce, le Magnificat de Marie (Lc. 1, 56-55) ou le Benedictus de Zacharie (Lc. 1, 67-79) et le Nunc dimitis de Syméon (Lc. 29-35), rappellent les bienfaits de Dieu. Celui qui prononce ces louanges se réjouit des biens dont il est comblé, parce qu’il a été trouvé digne des bénédictions divines. On a la même idée dans l’hymne de l’Apocalypse, 19, 1-10. Chez Paul, Ro. 8, 15-17, la louange nous fait reconnaître Dieu comme Père parce que l’Esprit nous conforme tellement au Christ que, par lui, nous pouvons crier « Abba », Père. Glorifier Dieu, c’est donc participer à sa gloire en tant que fils, en Jésus-Christ. Il y a toujours un effet miroir dans la louange.

 

Dans cette perspective, la question de savoir si l’on peut bénir au nom de Dieu ne se pose pas car la bénédiction, c’est d’abord reconnaître les bienfaits que Dieu accomplit pour nous. C’est pourquoi on lui rend grâce. Si l’on applique cette vision des choses au mariage, bénir, c’est remercier Dieu pour l’amour qu’il a fait naître entre deux de ses créatures et lui demander de le faire grandir. En rendant grâce à celui qui est à l’origine de ce don, la femme ou l’homme se réjouissent d’avoir été trouvés digne d’en être les bénéficiaires.

Published by André Bonnery - dans le vocabulaire religieux
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