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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 10:31

Article à la Une dans la Correspondance unitarienne n° 125, mars 2013 de Pierre-Jean Ruff, pasteur de l’ERF, conseiller de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)


L’auteur a exercé son pastorat successivement, d’abord en Cévennes et dans le sud de la France : à Saint-Privat de Vallongue, Cassagnas et Barre des Cévennes (Lozère), Clairac (Lot-et Garonne) ; puis à Paris et région : Paris-Étoile, Houilles-Sartrouville-Maisons-Laffitte et Paris-Bastille (Le Foyer de l’Âme). Depuis sa retraite, il dessert L’Eglise Réformée française de Copenhague (composée en majorité de couples franco-danois). Attaché au courant théologique libéral, il revendique les courants spiritualistes et dualisants qui ont caractérisé notamment le christianisme gnostique des premiers siècles et la théologie des cathares.


Je suis un pasteur libéral, de conviction unitarienne de l’ex Eglise réformée de France, aujourd’hui Eglise protestante unie de France (EPUdF). Très peu attaché à tout ce qui est institutionnel ou légaliste lorsque je célèbre un mariage dans le cadre de cette Eglise – dans l’un de nos temples avec inscription sur un registre ecclésiastique - , je me sens le devoir de respecter les grandes lignes de la pratique matrimoniale protestante, même si je dis bien qu’il est question ici du signe de la bénédiction de Dieu et non de cette bénédiction elle-même : en effet la bénédiction de Dieu sur un couple ne concerne pas que ceux qui passent par l’Eglise. De surcroît, pour moi, octroyer la bénédiction de Dieu – et non son attestation – serait clérical.


benediction-nuptiale.jpgLe mariage, religieux ou pas, est une noble institution que je respecte totalement. En même temps, je ne sais pas trop ce que c’est. Je n’en connais qu’une seule définition, que je ne fais pas mienne, c’est la définition classique de l’Eglise catholique : pour faire des enfants et les élever. Cette définition n‘inclut pas sérieusement l’amour de deux êtres ; de même la pratique catholique marie des personnes pourtant inapte à la procréation. Ce vide de définition contribue au fait que je ne suis pas hostile au mariage homosexuel, même si je n’en suis pas un défenseur acharné et si je connais beaucoup d’homosexuels qui ne le revendiquent pas.


Au niveau pratique comme à celui des principes, je suis plus à l’aise avec la notion de bénédiction qu’avec celle de mariage. La bénédiction atteste d’abord l’amour universel ou sans discrimination de Dieu. Elle le fait en refusant la distinction factice entre amour religieux et amour profane ; c’est sa signification première. Ensuite, la bénédiction, matrimoniale ou non, manifeste l’intention claire de ceux qui en sont demandeurs de témoigner, manifester et vivre de ce joyau qu’ils ont sollicité, connu et reconnu en paroles et en actes. Autrement dit, solliciter le signe de la bénédiction de Dieu, c’est attester d’une grâce reçue qu’on ne peut pas garder jalousement pour soi seul.

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