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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 13:00

paul_abela_paris_mars_2006_photo_afcu.JPGNé le 29 décembre 1921 au Caire, ingénieur économiste, Paul Abela a été très actif à Droits et Libertés dans les Eglises (DLE) dont il fut l'un des membres fondateurs avec Jacques Chatagner en 1988. C'est tout naturellement, qu'il se retrouva parmi les meneurs de l’aventure des Parvis en 1999 qui fédéra la plupart des mouvements qui avaient éclos un peu partout en France à la suite de l’éviction de Mgr Gaillot de son diocèse d’Evreux en 1995.

 

Malgré sa petite taille et un début de voussure du fait de son âge, il en était le patriarche aux cheveux blancs de la sagesse et aux yeux bleu pervenche accueillant à tout nouveau venu ; il était toujours présent, avec sérénité, porté à l’écoute des autres et aux synthèses ; sa voix était douce.

 

Tout en ayant d’excellentes relations avec sa communauté catholique locale, qui se réunissait en la chapelle Saint-Bernard-de-Montparnasse, il souhaitait ardemment la réforme de son Eglise. Nourri des grandes personnalités catholiques qui, bien avant, Vatican II, avaient préparé le changement, il était entre autres débiteur de la pensée et de la spiritualité d’un Maurice Zundel, prêtre suisse, écrivain et théologien (1897-1975). Il fit d’ailleurs une communication intitulée « Quel Dieu prions nous ? » au colloque de Paris consacré au centenaire de la naissance de Maurice Zundel en mars 1997 (mise en ligne en septembre 1999 sur le site de l’Eglise réformée de Mulhouse).

 

C’est bien d’un bilan qu’il s’agissait, non seulement de son propre itinéraire, mais de toute une génération catholique, lorsqu’il écrivit un livre de 160 p. en 2002 (aux éditions l’Harmattan, dans la collection "Chrétiens autrement") : Je crois, mais parfois autrement) *. "Pour exprimer - disait-il -  l'essentiel de ce que je crois, je dirai, en termes neufs, les convictions acquises à mon âge." Beaucoup de chrétiens réformateurs se retrouvèrent alors d'emblée dans ce livre.
 

 

* un compte rendu du livre fut fait par Jean-Claude Barbier dans la Revue de théologie et de philosophie - Rthph (Lausanne), n° 134, 2002 et reproduite dans le bulletin n° 19 de la Correspondance unitarienne, en mai 2003. 


Avec lui, nous avions organisé la célébration libre du 5 juin 2004 à Paris, à la salle Sainte-Agnès de la rue Oudinot qu’il avait réservée (il avait des relations partout dans les milieux catholiques !). Il présida une table de communion que nous avions disposée en U de façon à ce que chacun soit en relation de face à face. Il s’ensuivit un manifeste signé de lui même au nom de la Fédération, du pasteur Pierre-Jean Ruff au nom de Théolib et de moi-même, au nom des chrétiens unitariens ; ce texte appelait à la multiplication de cette pratique et fut publié en juillet par Golias.

 

L’année suivante, nous refîmes une telle célébration publique, cette fois-ci dans une salle de la rue Montparnasse, toujours à la sortie d’un conseil d’administration de la Fédération des réseaux des Parvis, avec la même participation mais surtout des gens des Parvis. J’étais alors venu avec un ami unitarien d’Orléans. Je me souviens que notre théologienne Alice Gombault fronça les sourcilles lorsque Paul, uniquement par excès de modestie, présenta la cérémonie comme étant "presque une eucharistie", ce qui était manifestement en retrait par rapport à sa propre pensée ! Assurément, Paul n’aimait pas heurter les sensibilités ...


Sous sa houlette, la Fédération avait mis sur pied une commission liturgique nationale. Dans ce cadre, Paul prépara le culte de la fin de notre Rassemblement annuel à Draveil en novembre 2004, mais, à la dernière minute, il ne put venir pour des raisons de santé : Pierre Castaner, Alice Gombaut et moi même avions alors pris en charge l’animation. Deux ans plus tard, à Paris, la commission rendit l’âme faute de combattants. Les ressources humaines sur Paris n’étaient pas suffisantes ou pas insuffisamment disponibles pour atteindre l’objectif qui était de toucher des gens hors du cercle habituel des militant. Réaliste, Paul ne défendit pas une décision qui était convenue d’avance.

 

AFCU-AG-06-presents.JPG

Avec d'autres membres du bureau de la Fédération des réseaux des parvis, dont Alice Gombault (théologienne) et André Letowski (alors président des Parvis) ; Paul Abéla (1er à gauche) était venu au culte de la fin de l'assemblée générale des chrétiens unitariens en mars 2006 à Paris (ici avant le culte). Photo Jean-Pierre Babin.

 

Réformateur, Paul persévéra et signa, convaincu qu’il y avait urgence : « Peut-on encore changer l’Eglise catholique ? S’adapter ou se désagréger », écrivit-il dans un article publié dans Témoignage chrétien le 30 octobre 2008 ; reproduit dans les Actualités unitariennes du 30 novembre 2008 (rubrique "catholiques libres en action" ).

 

Avec lui, nous avons assisté à un basculement dans la majorité des militants de la Fédération, désormais sachant qu’ils devaient voler de leurs propres ailes sans plus rien attendre de la hiérarchie. Paul, avec sa sérénité habituelle, avait aider à faire cette transition particulièrement douloureuse pour certains. Tout était douceur en lui et accompagnement spirituel. Marie-Thérèse, sa femme, avait déjà fait cette évolution à partir de la mouvance des amis de Marcel Légaut ; plus radicale, elle est l’une des animatrices du mouvement Jésus simplement (lien).


Jean-Claude Barbier (chrétien unitarien, Bordeaux)


Paul Abela est décédé le mercredi 7 avril 2010 à l’âge de 89 ans. La cérémonie religieuse aura lieu ce mardi 13 avril à 10h30, à la chapelle Saint-Bernard-de-Montparnasse (Paris) qu’il a tant aimée. Les chrétiens unitariens présentent à sa femme Marie-Thérèse, à son fils et à toute sa famille leurs condoléances.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 06:44

communication de Jean-Claude Barbier lors de la Deuxième semaine unitarienne de Nantes, le mercredi 5 août 2009

 

1 - Historique


Le catholicisme progressiste est assurément l’héritier du catholicisme social du début du XIXème siècle, sensible aux plus pauvres, aux plus démunis, au plus discriminés ; il se veut immergé dans les masses populaires et participant à leurs luttes. D’une façon plus proche, il est en filiation avec les mouvements d’Action catholique qui, à partir des années 1925, incitèrent des générations de jeunes adolescents et de jeunes adultes à s’engager dans le monde hors des structures paroissiales et confessionnelles, tenant compte ainsi de la sécularisation du religieux. Egalement en sympathie avec les prêtres ouvriers qui, dans les années 1940-50, sortirent de leurs sacristies et presbytères pour exercer une vie professionnelle au milieu des travailleurs et que Pie XII dénonça en 1954.

 

* La Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) est une association de jeunes chrétiens du monde ouvrier, fondée en 1925 par l'abbé belge Joseph Cardijn, Jusqu'en 1987, la JOC était scindé en deux structures distinctes : la JOC (masculine) et la JOCF (féminine), créée en 1928 sous l'impulsion de Jeanne Aubert. A partir de ses cohortes devenues adultes, la JOC engendra ensuite, en 1930, la Ligue ouvrière chrétienne (LOC), qui deviendra l’Action catholique ouvrière (ACO) en mars 1950. En 1929, une Association catholique de la jeunesse française (ACJF), ancêtre de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) a rapidement emboîté le pas aux jeunes ouvriers de l’abbé J. Cardijn.


Les catholiques progressistes ont été enthousiasmés par le concile Vatican II (1962-1965) ; ils ont participé à l’idéologie libertaire et autogestionnaire de 1968 ; ils ont été révoltés par l’éviction de Mgr Jacques Gaillot du diocèse d’Evreux en 1995 ; puis choqués par l’incessante chasse aux théologiens catholiques qui commettent des écarts par rapport à la ligne officielle, et par les déclarations conservatrices, sinon réactionnaires, des papes Jean-Paul II et Benoît XVI et de certains évêques.


Ce courant s’est institutionnalisé en une myriade d’associations locales et nationales et de communautés de base, à l’initiative de prêtres mais aussi de laïcs. Puis celles-ci se sont pour la plupart fédérées : en France au sein de la Fédération des réseaux des parvis, fondée en 1999 et réunissant à ce jour près 50 mouvements dont plusieurs sont déjà eux-mêmes des réseaux *, et en Belgique au sein de Pour un autre visage d’Eglise et de société (PAVES), une dizaine de mouvements nés de l’émoi suscité par l’affaire Jacques Gaillot en 1995.

* la liste des associations membres de cette fédération est tenue à jour sur le site  de l’AFCU


2 - Comment définir cette mouvance catholique progressiste ?


Cette mouvance défend les acquis de Vatican II et, réformatrice de son Eglise, aurait voulu aller plus loin, continuer la dynamique d’ouverture au monde. Elle est progressiste, « de Gauche », laïque radicale (vigilante pour dénoncer toute collusion entre les pouvoirs religieux et temporels *). Contestataire de nombre de décisions ou de propos de la hiérarchie, elle souhaite davantage de démocratie et que les évêques soient élus ; elle revendique une promotion du laïcat, des femmes, l’accès aux responsabilités indépendamment du statut matrimonial, voire même de l’orientation sexuelle qui, pour elle, relève strictement de la vie privée. En cela elle est réactive, finalement plus productive de communiqués par opposition à ce que dit la hiérarchie que d’une vision indépendante d’Eglise.

* Il existe un Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) au sein de la Fédération des réseaux des parvis qui regroupe plusieurs mouvements de la Fédération, volontaires pour ce travail en commun sur ce sujet.


Les chrétiens progressistes votent à Gauche, sont lecteurs des journaux catholiques "de Gauche" comme Témoignage chrétien et Golias.


La mouvance est volontiers d'emblée œcuménique, à savoir que la fraternité chrétienne inter confessionnelle est immédiate et qu’elle ne résulte pas de longues négociations et de compromis. Fait significatif, hormis la Jeunesse étudiante catholique JEC, aucun des autres mouvements de la Fédération des réseaux des parvis ne s’intitule « catholique », mais « chrétiens », « sans frontière », « croyants libres », etc. Elle accepte en conséquence d’autres chrétiens (protestants libéraux et chrétiens unitariens ont été admis au sein des Parvis). Elle est non dogmatique, ou du moins ne met pas les dogmes en avant ; pratique des célébrations libres et procède au partage du pain et du vin au nom de Jésus sans que les espèces soient nécessairement consacrées par un prêtre. Elle souhaite une théologie plus ouverte et une re-formulation du corpus religieux ; elle est très attachée au message spirituel et aux valeurs des évangiles.


http://img.over-blog.com/396x341/0/50/96/12/theologie-de-la-liberation_jean-pierre-moreau.jpgElle est plus intéressée par un vécu évangélique et une théologie pratique que par une théologie plus spéculative qui remettrait les dogmes et les concepts fondamentaux du christianisme en cause. De même, la lecture des Ecritures se veut personnelle et spirituelle et ne considère pas l’approche historico-critique comme nécessaire.


Elle est assurément « libérale » dans la mesure où elle se montre tolérante et ouverte, non dogmatique, mais sans pour autant susciter, pour l’instant, une théologie que l’on pourrait qualifier de telle.


Du fait leurs engagements sociaux (en général plus sociaux que caritatifs car fondés sur une réflexion politique), ces chrétiens adhèrent à ce qu’on appelle la théologie de la libération. Les termes de résistance aux asservissements, de lutte pour la libération des défavorisés et des discriminés, de promotion des peuples opprimés sont au coeur de leur action et de leur spiritualité.


3 - Comment les catholiques progressistes se positionnent-ils par rapport à leur Eglise ?


Alors que quelques catholiques contestataires rallient l’Eglise réformée de France (ERF), d’autres maintiennent envers et contre tout, et en dépit de leur analyse pessimiste du système, un espoir de réforme. Ils croient à l’action du Saint-Esprit, à l’animation militante, au réveil des consciences. Pour eux, toute possibilité de réforme n’est pas à exclure : leur donnent raison ici et là des évêques très ouverts qui ne cachent pas leur désir de continuer Vatican II et l’éventualité d’un pape réformateur à la tête de leur Eglise à la suite d’un Jean XXIII qui décida de Vatican II (même si le conclave est fortement noyauté de cardinaux conservateurs).


Pour d’autres, au contraire, les carottes sont cuites et il n’y a plus rien à attendre du système catholique. Ils n’en restent pas moins catholiques, mais désormais à la périphérie sinon à la marge de leur Eglise, ne vont plus à la messe et préfèrent exclusivement les célébrations libres au sein de communautés chrétiennes de base ou de mouvements. Ils ne veulent toutefois pas faire dissidence, créer une autre Eglise, mais tout simplement « faire Eglise autrement ». Ils recherchent des pratiques alternatives * préparant ainsi un christianisme du demain.

* Voir notre article dans les Actualités unitariennes sur cette notion de position alternative différente de la dissidence ou du changement d’appartenance « Pourquoi pas un catholicisme alternatif ? » (mardi 19 janvier 2010)


C’est cette mouvance qui, à l’appel de la Fédération des réseaux des parvis est invitée à se mobiliser les 11-14 novembre 2010, à Lyon, pour un Grand rassemblement suivi de l’AG de la Fédération. La préparation de cette manifestation est couverte par les Actualités unitariennes à la rubrique  «Le Grand rassemblement»

 

à suivre ...

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 06:11

Les libéraux mettent en avant la liberté de penser et d’agir des individus. Sur le plan économique, ils pensent que les entreprises privées sont régulées par l’équilibre de la demande et de l’offre au niveau des marchés et que l’Etat doit intervenir le moins possible pour laisser jouer la concurrence. Ils valorisent la culture entrepreneuriale. Dans l’ordre politique, le libéralisme est une idéologie moderne née au XVIIème siècle avec l’individualisme et luttant pour obtenir le plus de droits individuels. Non seulement, ils sont pour la séparation des pouvoirs, mais ils souhaitent confiner le rôle de l’Etat principalement à la garantie de la sécurité et d’une trame minimale. Les partis politiques qui se disent libéraux occupent, selon les pays, la droite de l’échiquier politique (c’est le cas de la France), le centre (Royaume-Uni et Allemagne) ou la gauche (Etats-Unis). Au sens moral, les libéraux sont indulgents, tolérants, ouverts à la possibilité d’une diversité des comportements ; ils acceptent le libre choix individuel du mode de vie (sexuel en particulier) contre les systèmes de normes émanées des autorités politiques ou religieuses ou bien encore de la société civile. Voir la définition de « libéral,e », dans Christian Godin, 2004 – Dictionnaire de philosophie, Fayard / Editions du temps, p. 727

Lorsque l’on parle de théologie libérale, le modèle en est le protestantisme libéral qui s’est émancipé du calvinisme au XIXème siècle à partir notamment de l’Ecole des exégètes allemands des années 1830, puis des débats sur la laïcité. En face, un protestantisme « orthodoxe » qui s’est affiché comme « évangélique », défenseur d’une lecture littérale des évangiles et des dogmes. La mouvance francophone s’est mobilisée autour du Protestant, mensuel roman fondé à Genève en 1831 et d’Evangile et Liberté fondé en France en 1886. Voir l’article « Qu’est-ce que le protestantisme libéral ? par Laurent Gagnebin (Evangile et Liberté, novembre 2008, n° 223, Cahier, pp. 10-15)

 

Voici comment le mensuel Evangile et Liberté proclame cette théologie libérale :


Par souci de vérité et de fidélité au message évangélique, refusant tout système autoritaire,

nous affirmons :
- la primauté de la foi sur les doctrines,
- la vocation de l'homme à la liberté
- la constante nécessité d’une critique réformatrice,
- la valeur relative des institutions ecclésiastiques,
- notre désir de réaliser une active fraternité entre les hommes qui sont tous, sans distinction, enfants de Dieu

 

Y a-t-il en comparaison un catholicisme libéral ?

 

La lecture directe de la Bible que les catholiques des mouvements d'Action catholique ont pratiqué leur a donné le goût d’une réflexion personnelle ; avec la Bible de Jérusalem, publiée aux éditions Du Cerf en 1956, qui propose des introductions historico-critiques pour chaque livre, les catholiques peuvent rattraper leur retard sur les protestants et devancent alors les lecteurs de la Bible de Louis Second dont la version d’époque (depuis rectifiée) en restait encore à un Moïse rédacteur du Lévitique et de l’Exode ! L’œcuménisme a rappelé que les interprétations étaient diverses et fait perdre aux dogmes leur expression figée pour l’éternité. La découverte d’un Jésus historique (Biographie de Jésus, par Jean-Claude Barreau, 1993) a contextualisé les paroles qui étaient jusqu’alors lues comme étant une révélation divine par l’intermédiaire des évangélistes. Jésus, avec toute son humanité, devient le lieu de rencontre entre le divin et l’humain ; l’accent est mis plus sur le mystère de l’Incarnation que sur celui de la divinisation de Jésus. Dieu est Amour et non plus proclamateur de commandements et de dogmes et Commandeur sévère du Jugement dernier.

 

Les croyances religieuses ne sont pas forcément mises de côté, mais elles deviennent assurément secondaires par rapport aux valeurs humanistes ; les catholiques libéraux n’acceptent plus les directives de leur Eglise qui vont à l’encontre de l’épanouissement de la personne humaine, et qui ne tiennent pas compte des cas particuliers vécus douloureusement. Ils demandent leur re-formulation, sinon leur mise en sourdine. Ils sont réformateurs non seulement pour un fonctionnement plus démocratique des institutions ecclésiales, mais aussi au niveau de l’enseignement religieux : plus souple, plus ouvert, plus moderne, plus proche de l’Evangile.


celebration libreLes avancées sont spectaculaires avec les célébrations libres qui sont pratiquées entre autres par les Communautés chrétiennes de base et lors des rencontres nationales organisées par la Fédération des réseaux des Parvis (depuis 2003) : l’eucharistie, devient le partage du pain et du vin au nom (ou en mémoire) de Jésus, il est vécu comme un repas de communion et non plus comme un sacrifice et se fait dans la plupart des cas sans consécration des espèces (c’est désormais l’assemblée présente et réunie qui donne sens au sacré) ; le baptême des enfants n’est plus précipité comme jadis mais on attend que l’enfant en exprime le désir ; l’accent est mis sur l’accompagnement spirituel et non plus sur la garantie obsessionnelle du salut par une doctrine ; etc.

 

célébration libre en Belgique sur la place publique, vue sur le site de la Fédération "Pour un autre visage d'Eglise et de Société" (PAVES).

 

Il est significatif que, même si des prêtres en exercice ou d’anciens prêtres (car "défroqués" ou mariés) y participent activement, cette théologie pratique est devenue l’affaire des laïcs. Elle est vécue et populaire. Elle ne proclame pas une dissidence par un manifeste comme le fit Martin Luther en affichant ses 95 thèses en 1517 sur la porte de l’église de Wittenberg, mais elle se passe de la doctrine officielle de l’Eglise, la référence étant directement l’Evangile.

 

Pour les besoins de l'analyse et de la description, nous avons présenté successivement les catholiques "progressistes" et les "libéraux", mais ils cohabitent positivement et sont en osmose au sein des fédérations que nous avons citées, la Fédération des réseaux des parvis en France et Pour un autre visage de l'Eglise et de la Société (PAVES) en Belgique. 

 

Nous donnons en exemple trois  mouvements significatifs de ces avancées théologiques "libérales", malheureusement encore discrètes, peu connues : la mouvance des Amis de Marcel Légaut, le réseau Jésus simplement (JS) et la Libre pensée chrétienne (LPC).

à suivre ...

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 05:46

Marcel Légaut (1900-1990), ancien normalien, professeur de mathématiques (aux universités de Rennes puis de Lyon), a d'abord animé de nombreux groupes spirituels dans le monde universitaire, dans une période de sa vie marquée par des rencontres décisives: celles du père Portal, de Gabriel Marcel, de Teilhard de Chardin, d'Edouard Le Roy... Puis, il abandonna à quarante ans sa situation d'universitaire, se marie (il aura 6 enfants) et mène une existence modeste de paysan montagnard élevant des moutons dans les reliefs de la Drôme.

 

Il est resté toute sa vie un chercheur, centré sur une spiritualité chrétienne à partir d’une rencontre personnelle et intime avec le Jésus des évangiles ; persuadé que cette rencontre nous révèle à nous-mêmes et nous aide à devenir « soi » (« devenir soi » sera le titre d’un de ses livres) et à assumer notre entière et profonde humanité. Démarche existentialiste loin de la mouvance réformatrice qui vise au changement des institutions ecclésiales et pousse à un engagement social et politique dans le monde et qui triomphera avec le concile Vatican II (1962-1965). Il publie de nombreux livres à partir de 1933 jusqu’à 1988, et des écrits de lui seront encore publiés à titre posthume. Son hameau des Granges, puis au temps de sa retraite, la Magnanerie de Mirmande, où il vit, deviennent de hauts lieux de rencontres pour ses lecteurs et amis.


Une Association culturelle Marcel Légaut (ACML) est fondée en 1967, avec comme siège Mirmande (Drôme). Elle propose des séminaires au printemps et en été et appuie la formation de groupes locaux (régions de Saint Etienne, Savoie, Alasace, Nantes, Paris, Bruxelles, etc.). Depuis 1977, Antoine et Marie-Thérèse Girin rédigent un bulletin mensuel très interactif, « Quelques nouvelles » *, qui est fait de notes inédites prises lors de conférences données par Marcel Légaut, d’informations sur le mouvement, de compte-rendus d’activités faits par des participants, de présentations de libres, de réflexions spirituels et de vie, etc.
* jusqu’à présent 231 numéros (1977 – mars 2010)


 QQNS-format.JPG« Au départ, en 1977, c'était une feuille de compte rendu des rencontres aux étudiants de l'aumônerie qui venaient avec nous à Mirmande. Jean Erhrard et le groupe Alsace ont demandé à recevoir cette feuille en 1987 et c'est la naissance de QN qui, alors était trimestriel et écrit à la main, quelques mois après, il était demandé par Nic et son groupe belge. A la mort de M. Légaut, les camarades nous ont demandé d'étendre la diffusion à ceux qui étaient passés par Mirmande et à ceux qui avaient répondu à l'appel de M. Légaut dans Le Monde du 21 avril 1989. Nous diffusions alors à 450 personnes et QN devenait mensuel. » par Antoine Girin « Quelques nouvelles, Un bulletin mensuel pour les amis de Marcel Légaut », Antoine Girin, communication au colloque sur Marcel Légaut "Eveilleur d'humanité pour le XXIème siècle", Saint-Jacut de la Mer, 12-14 novembre 2005.


Grâce à ce bulletin, on peut estimer les effectifs de cette mouvance. Le bulletin est envoyé par messagerie électronique (à 340 destinataires) et par voie postale (à 575 autres destinataires), soit un total de 915 personnes. Il est envoyé gratuitement, mais il est demandé une participation volontaire aux frais. A noter que la participation aux séminaires et aux groupes locaux se fait, pour certains, en couple, si bien que ce chiffre est à augmenter ; disons une mouvance de plus du millier de personnes. Source : courriel d’Antoine Girin, fin mars 2010.

 

Le site  de l’ACML vient d'être redessiné et donne un accès facile aux informations. L’ACML est membre de la Fédération des réseaux des Parvis.


Régulièrement, les Actualités unitariennes font mention des activités de cette mouvance, voir par exemple notre message du jeudi 28 janvier 2010 : « Marcel Légaut : ses amis font colloque pour le 20ème anniversaire de sa mort » (lien ) et celui du jeudi 11 mars 2010 « L’été 2010 avec Marcel Légaut à Mirmande » (lien ). Par ailleurs, la Correspondance unitarienne a publié un article à la Une de Guy Lecomte en avril 2004 (n° 30 ), qui était alors président de l’ACML : « Jésus, Marcel Légaut et nous », ainsi que des libres propos de membres de cette mouvance reproduits du bulletin Quelques nouvelles.

à suivre ...

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 04:56

Le mouvement « Jésus simplement » s’est distingué de la mouvance des Amis de Marcel Légaut en adoptant une théologie carrément unitarienne (Jésus est simplement un homme comme tout un chacun), sans pour autant se dire unitarien car ne se référant pas, surtout par ignorance catholique, à l’histoire des Réformes protestantes du XVIème siècle.

 

L’envoi fut donné en novembre 1995 par un père capucin défroqué, Georges Savage, et un réseau se constitua à partir de février 1996 (date du premier bulletin). Il fut animé par Agnès Munier jusqu’en décembre 2005. Cette mouvance s’est ouverte à d’autres spiritualités comme la méditation bouddhique.

 

Le mouvement diffuse un bulletin trimestriel « Jésus simplement » * à 90 personnes (là aussi souvent des couples) et son séminaire annuel, en septembre à Mirmande **, réunit de 20 à 30 personnes ; disons une mouvance de plus d'une centaine de personnes. Source : courriel de Bruno Ploix, fin mars 2010.  

* jusqu’à présent 58 numéros (février 1996-févier 2010 inclu) ; voir ci-dessous le logo et la citation en entête des bulletins

** à la Magnanerie, là où se réunissent les Amis de Marcel Légaut

 

Jésus simplement, le bâteau

Abraham partit ne sachant pas où il allait.

Mais parce qu’il ne savait pas où il allait, Il savait qu’il était dans la vérité. Grégoire de Nysse

 

Le mouvement a été productif de nombreux textes que l'on peut consulter sur son site . Les Cahiers Michel Servet (n° 5, mai 2005) ont publié le document d'un des membres de ce réseau : "A la recherche du vrai visage de Ieshoua" par Etienne Godinot (39 p. + couv.).  

 

A noter que ce mouvement ne fait pas partie de la Fédération des réseaux des parvis.


« Il y a des hommes et des femmes qui croient assez en Jésus pour s’inspirer foncièrement de lui dans leur vie, mais sans jamais penser qu’il soit Dieu, Fils Unique, Seconde Personne de la Trinité.

 

Il y a des hommes et des femmes qui, ayant cru longtemps que Jésus était Dieu, soit par discipline, soit par conformisme, soit par conscience profonde et vivante d’un mystère d’Amour, ont cessé de croire en lui de cette façon, par prise de conscience d’un Jésus, prophète exceptionnel de Dieu , et témoin non moins exceptionnel de la grandeur de l’homme, ferment d’humanité par le témoignage de toute sa vie et de sa mort.

 

Ces hommes et ces femmes se trouvent en porte-à-faux constant et en frustration fondamentale dans les expressions de la vie de l’Eglise, même la plus ouverte :
- son type de structure, d’autorité et de partage,
- sa prière liturgique, foncièrement trinitaire,
- sa façon de parler de Jésus ou de s’adresser à lui,
- son interprétation imposée des récits évangéliques,
sans pouvoir faire état de leurs propres manières d’être disciples de Jésus, de s’inspirer de lui dans leur vie, sans pouvoir proposer d’autres types de célébrations qui leur sembleraient plus authentiques ».

 

Georges Sauvage, le 5 novembre 1995, bulletin « Jésus simplement » n° 1, 15 février 1996

à suivre ...

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 04:24

LPC-bis.jpgLa Libre pensée chrétienne est née en 1991 lorsque le Père André Verheyen (1925-2007) a pris sa retraire après avoir été curé d’une paroisse de Bruxelles. Plusieurs de ses anciens paroissiens ont alors été d’accord pour constituer un groupe de prière avec lui et le Père Verheyen a reçu l’appui de son archevêque.

 

Les réunions ont lieu dans des locaux confessionnels* une fois par mois (un samedi après-midi) avec une vingtaine de personnes (21 personnes inscrites en mars 2010) pour une méditation sur un passage de l’évangile. Du temps du fondateur (mort en juin 2007), celui-ci faisait la communion sous les deux espèces (un gâteau sec trempé dans du vin blanc) selon un rituel catholique simplifié mais comportant l’essentiel de la consécration
* Avenue Wanneconter, 115, 1000 Bruxelles


Un premier bulletin est sorti à la Pentecôte 1991 et le rythme mensuel s’est maintenu jusqu’à Pâques 2001, ensuite la parution du bulletin a été irrégulière, sinon occasionnelle, mais alors avec un document plus fourni.

 

article inachevé, en cours d'écriture

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Published by Jean-Claude Barbier - dans PARVIS (France)
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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 12:26

Parvissiterevue2010aLyon2.jpgDans un article intitulé "Qui sommes-nous ?", la présidente de la Fédération des réseaux des Parvis, Cécile Entremont, présente ainsi cette mouvance : "Catholiques d’ouverture, protestants libéraux, unitariens, nous sommes plus de cinq mille chrétiens - au sein de cinquante associations françaises * - regroupés depuis dix ans par les Réseaux du Parvis" (lien).

* pour la plupart des associations catholiques lesquelles préfèrent se dire dénominativement "chrétienne" ou encore "en liberté", ou "sans frontière", etc.


Cette fédération, dont l'Assemblée des chrétiens unitariens (AFCU) est membre depuis mai 2006, s'estime désormais suffisamment représentative pour oser un Grand rassemblement à Lyon lors du week-end prolongé de l'Armistice, en novembre prochain (du 11 au 14 novembre).


Des conférenciers protestants libéraux ont été invités. L'AFCU convie tous ses adhérents et sympathisants à y participer activement. Notre association y tiendra d'ailleurs un stand.


Les Actualités unitariennes, dans leur rubrique "le Grand rassemblement de Lyon 2010" donnent régulièrement des informations sur cette mobilisation des chrétiens libéraux. Le dernier numéro de la revue de la Fédération, "Parvis", n° 45, mars 2010, est un appel à mobilisation.

 

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Published by Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - dans PARVIS (France)
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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 15:21

communion-avec-le-pain-et-le-vin--la-C-ne-entre-femmes.gif


L'AFERT * a été fondée en 1985 à Magliaso, en Suisse, par 80 théologiennes de différents pays d'Europe. Son but est de promouvoir la recherche des femmes en théologie.

* European Society of Women in Theological Research (ESWTR),
Association européenne de femmes pour la recherche théologique (AFERT)

Ses objectifs sont de :

Former un réseau de soutien professionnel et de créativité intellectuelle, spirituelle.

Permettre à des chercheuses de travailler sur des thèmes communs, de confronter leurs travaux et de les diffuser

Soutenir les femmes dans leurs efforts pour obtenir des grades universitaires en théologie

Encourager des théologiennes à enseigner à un niveau universitaire.

Tous les deux ans, un Congrès est organisé. Le dernier à eu lieu à Naples en 2007 et a eu pour thème : " Comment devenir communauté vivante dans la famille, la société, l’Eglise ". Le prochain aura pour thème : " Le combat avec Dieu ". Il aura lieu en Angleterre en août 2009.

En France, un petit groupe se réunit 2 fois par an, pour partager les résultats de ses travaux et préparer le congrès européen.

Contact : Michèle Jeunet,
jeunet.michele@wanadoo.fr

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 10:05
suite du message précédent (c.r. des ateliers de la RAP des réseaux des parvis, nov. 07)


La recherche spirituelle


Quelques uns ont trouvé que cette recherche spirituelle, si elle existe, ne se manifeste pas suffisamment dans l’organisation de l’AG/RAP elle-même : " Le Parvis est trop militant et pas assez spirituel. Pas de prière en début d’AG - peu de temps pour le silence - une belle chapelle inutilisée - on ne parle pas de Jésus ".


Mais, sans négliger ni mépriser la demande de silence, de prise de distance et de contemplation qui s’expriment dans ces observations, et dont nous pouvons tenir compte notamment pour la célébration, on peut considérer que l’on est du côté d’une possible expression de cette vie spirituelle (parmi d’autres différentes) mais que les fondements mêmes de la vie spirituelle telle qu’elle est effectivement vécue sur le Parvis s’expriment fortement.


Le lien est fait par la plupart des participants entre l’Evangile, les chemins d’humanisation et la vie spirituelle. La vie spirituelle peut alors s’exprimer dans des approches humanistes : " Dieu se manifeste en nous par qui nous sommes Il se manifeste dans l’intelligence que nous pouvons avoir de l’autre. Il se manifeste dans la rencontre de l’autre ? Il est dans l’entre-nous ".

Quand j’agis au service des autres, je deviens autre. Qu’est-ce que je deviens alors ? Quel changement dans mon être profond ? Que Dieu devient de ce que nous faisons ensemble. Comment nous accomplissons Dieu. Car Dieu aussi est à naître : je suis celui qui est, qui était et qui vient
".


La plupart seraient d’accord avec ces formules rapportées par d’autres encore : La recherche spirituelle ne prend sens qu’à partir d’une recherche réfléchie et dans le cadre de la solidarité et de la priorité à l’humain. Engagement et intériorisation de la Foi sont inséparables.

Ou encore :

Ne plus faire de l’Evangile un dogme mais s’en nourrir pour vivre une attitude intérieure qui aide à développer une plus grande humanité. D’autres notent : " L’homme passe infiniment l’homme ". Certains se réfèrent aussi à une spiritualité d’inspiration bouddhiste : " Nous sommes un avec l’omniprésence de Dieu. L’omniprésence de Dieu c’est notre omniprésence. " La vie spirituelle c’est avancer dans l’approfondissement de cette connaissance.


On trouve enfin des dimensions de la vie spirituelle dans d’autres considérations : " Tout homme est une histoire sacrée " ou " Contemplation de la beauté : O Beauté ! tard je t’ai connue ! " (saint Augustin). Importance de la beauté dans la célébration, l’art, la nature. Et encore La prise de distance sur l’engagement immédiat : la volonté de penser, de réfléchir…


Mais alors ne peut on pas se demander, notent certains, " si nous avons vraiment le même Dieu que les musulmans ou les juifs " ?*

*Je me demande alors si on ne pourrait pas se demander si nous avons le même Dieu que beaucoup de chrétiens. Cette question nous ferait sans doute découvrir qu’il y a aussi des musulmans et des juifs qui ont un sens de Dieu très proche de celui que nous invoquons - quand nous tentons de le faire - : un Dieu qui se manifeste dans l’amour que nous avons les uns pour les autres. La question est alors : quel est le Dieu de Jésus ? En quoi nous concerne t il ? Peut on le " découvrir " autrement que dans l’agapè ? (note de Jean R.)
 

Applications à notre rapport aux Eglises


la-hi-rarchie-catholique.jpgIl s’agit essentiellement de " l’Institution catholique romaine " dont il est dit à l’unanimité dans un atelier qu’elle est unanimement rejetée " Il n’y a plus d’espoir de la faire évoluer. On a cessé de rêver. ". A l’inverse une voix s’élève pour dire qu’il ne faut pas brader trop vite notre passé. " Il y a eu aussi un christianisme souriant, qui a développé une culture paysanne et une spiritualité humaine. Mes racines sont là. Ne perdons pas notre temps à démolir l’Eglise. "


Mais la pensée commune est moins irénique et l’Eglise institutionnelle ressentie comme très éloignée de nos chemins de vie qui se veulent inséparablement évangéliques et humains et donc en lien avec les hommes de notre temps, dans une société sécularisée et démocratique.


Cette situation sur le Parvis suscite des initiatives offensives à l’égard l’Eglise institutionnelle :     " réagir auprès des évêques peu évangéliques ", " intervenir auprès des institutions ecclésiales ",   " inciter les chrétiens des paroisses à participer aux actions inspirée par la priorité à l’humain ". Et d’une façon générale "Défendre la liberté de conscience en opposition aux oukases du Magistère " notamment dans le domaine de la recherche spirituelle et théologique.


Il y a aussi des propositions appelant à l’imagination créatrice. Plusieurs fois vient l’idée " d’organiser des funérailles, sans prêtres, dans des lieux non religieux ". Mais aussi " Faire Eglise avec les jeunes qui sont sur le Parvis mais vivant dans l’esprit de l’Evangile " et " encourager les jeunes chrétiens à des engagements sur le terrain humanitaire ", s’interroger sur " le sens des ministères et des sacrements d’un point de vue évangélique ". Enfin le désir de " faire une Eglise démocratique ". 


Les valeurs sur le Parvis


Employer le terme d’unité des réseaux du parvis par rapport à la diversité dont il a été question l’année dernière à Paris fait problème. Car l’unité – on le voit souvent dans le langage ecclésiastique – tend à nier les diversités au profit d’une unanimité voir une uniformité (décidée en l’occurrence d’en haut). Certains préfèrent parler de " cohésion ". On a les mêmes références pour l’essentiel, mais les pratiques, les histoires, la diversité des chemins suivis, la façon de situer des priorités maintiennent.


Cette diversité qui est apparue l’an dernier. Et il est important qu’il en soit ainsi. La cohésion est certes utile mais il est nécessaire qu’elle soit fondée sur " une certaine cohérence dans la diversité ". N’est ce pas ce que certains veulent dire avec cette image " la trame tissée des valeurs contient la diversité des parvis ".  
Certains voient même " des valeurs en contradiction sur les Parvis : dans le domaine de l’humain opposition entre le compassionnel et l’action ".


Souhait en tout cas que " les Parvis deviennent un lieu de création pour ceux qui se réfèrent à l'élan de Vatican II " Car les Parvis sont ressentis comme " une possibilité de penser et de s’exprimer librement ". D’où " l’importance du travail interactif et inter associatif ". Allusion est faite en ce sens à " la réalisation des Hors séries de la revue ".


S’il est souhaité que " Parvis deviennent plus visible " (importance pour cela d’un " site Web plus 
actif "), il est souligné que les parvis doivent " se rendre visibles par leur force de proposition ".

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 09:24

Synthèse des rapports des travaux en atelier du samedi 24 novembre 2007 lors du Rassemblement annuel des parvis (RAP) à Notre-Dame des Monts de Vic (dans les Vosges), par Jean Riedinger, vice-président de la Fédération des réseaux des parvis.


Avertissement : S’agissant d’une synthèse de six synthèses préalables, de longueur variée (une à trois pages dactylographiées) le travail ci-dessous vise avant tout à dégager les grandes lignes du paysage axiologique* qui se dessine à la lecture des rapports d’atelier. 

Ont participé à ces ateliers environ 80 personnes très représentatives de la réalité de la fédération. 

*Le paysage esquissé a été largement influencé par le cadre de propositions proposées par Cécile Entremont à la suite d’une première enquête auprès des associations du réseau.

Rappelons le cadre proposé aux ateliers :

Les valeurs communes telles qu’elles se dégageaient de l’enquête préalable auprès des associations : 
1) Fidélité au message de l’Evangile
2) La priorité à l’humain et aux chemins d’humanisation
3) L’impératif du dialogue
4) La solidarité-fraternité
5) La recherche spirituelle

Concernant les valeurs, un atelier fait observer que le terme de valeur ne convient pas car il fait trop penser à des " idéaux éternels " et désincarnés. Il préfère parler de " la référence de nos actions et engagements ". De fait on retrouve le plus souvent dans les comptes rendus la nécessité de ce lien entre les repères énoncés et l’engagement concret, individuel et collectif, dans une vie en rapport avec les autres. 


La référence à l’Evangile


J-sus-en-arr-t-de-bus--vu-sur-le-Lapin-bleu.jpgTous les ateliers mettent la référence au message évangélique en très bonne place, le plus souvent la toute première. Une exception : un participant pense que " l’Evangile est dépassé et illisible pour nos jeunes contemporains ". Une nuance : " l’Evangile n’est pas notre seule référence de vie ". Il faut tenir compte de ces " exceptions " car elles représentent – surtout la seconde – une sensibilité présente sur les Parvis.


Les ateliers apportent des précisions que je résume : S’il est nécessaire de travailler les textes évangéliques, cette lecture réfléchie et intelligente suscite des engagements tant à l’égard de l’Eglise institutionnelle en tant qu’elle n’est pas fidèle à l’esprit évangélique que dans le monde pour y incarner l’humanisme enseigné et vécu par Jésus : " je vous ai dit ceci pour que vous fassiez de même " (" Jésus n’est pas un donneur de leçon. Il est attentif aux personnes qu’il rencontre non à des principes moraux ou des rites religieux. Ses gestes symboliques et concrets (lavement des pieds) sont en eux mêmes significatifs "). 

Aussi " la fidélité à l’esprit de Jésus est pour nous, notent certains, plus important que la fidélité au texte du livre ". 

A une époque où " la référence à Dieu est difficile ", incertaine, plombée par des siècles de représentations mythiques et de métaphysique idéaliste, la référence à un Jésus humain peut être une référence commune. 


La priorité à l’humain et aux chemins d’humanisation


Notons le lien le plus souvent établi entre cette priorité et la précédente. De deux façons qui renvoient l’une à l’autre. L’Evangile propose lui même un chemin d’humanisation et ce sont nos engagements sur ces chemins qui éclairent notre lecture de l’Evangile


Lien entre la parabole du bon Samaritain et notre action pour le droit d’asile. " Nos engagements en faveur des êtres humains sont des chemins de Foi " (cités à titre d’exemples, mais c’est nécessairement très incomplet " les activités publiques comme les conférences sur le genre, les activités associatives dans le cadre des prisons, les débats entre gens de convictions différentes, les engagements associatifs individuels suivis de "révision de vie" en groupe ").


On cite Patrick Viveret (Hors Série de la revue sur les théologies de la libération). Et surtout à plusieurs reprises Yves Burdelot (Devenir Humain).


" Les chrétiens doivent apporter une pierre compétente et proposer des réponses concrètes dans le champ social ". " Il n’y a pas d’amour du prochain sans passage à l’acte dans le cadre associatif, syndical, la vie de la cité, les actions solidaires… ". " Il faut commencer à changer notre regard pour aller voir ceux qui entretiennent d’autres rapports à la richesse, au pouvoir, à autrui, à la nature, au temps et même à Dieu ".


Comme pour les valeurs évangéliques les valeurs de priorité à l’humain ne sont "authentifiées" que si elles se manifestent dans des actes concrets (" organiser une marche de Noël pour les sans papiers - accueillir dans un café qui peut devenir un lieu de partage et de spiritualité ", etc.).


Sur les chemins de l’humanisation on rencontre des valeurs corollaires " la valeur de résistance constructive " aux situations inhumaines, " la recherche de la justice " la référence aux valeurs de liberté : "liberté de conscience, liberté de la recherche ". Est soulignée l’importance de l’idéal de " citoyenneté ".


De l’impératif du dialogue, il n’est que peu question, mais beaucoup soulignent que ce point fait partie des chemins d’humanisation et de l’idée de solidarité-fraternité.


On note que " Le dialogue interindividuel suppose d’être vrai dans les rapports avec autrui, sans soumission aux convenances ". On met plusieurs fois l’accent sur " le non jugement " (" Ecouter et comprendre. Respect de l’autre, de ses choix. Nul ne détient la vérité "). Respecter d’abord les exclus de la société (sans papier, personnes en centre de rétention, clandestins ) et " N’oublions pas les gens les plus âgés : ils sont nos racines ". 

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Published by Jean Riedinger - dans PARVIS (France)
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