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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 17:12

Sur le plan économique, il s’oppose au protectionnisme en considérant que la libre circulation des marchandises et des services favorise un développement généralisé des uns et des autres, de part et d’autre des frontières. Il ne faut pas confondre le libéralisme avec le système économique lui même (capitalisme, capitalisme d’Etat, secteur coopératif / associatif, etc.).

Sur le plan politique
, le libéralisme peut admettre une intervention de l’Etat pour aider temporairement au fonctionnement du marché par exemple en cas de dysfonctionnement, mais il est en ce domaine minimaliste contrairement aux partisans de l’Etat providence qui doit s’occuper de tout. Les ultra-libéraux se situent à l’extrême et ne veulent pas de modération à la mondialisation des échanges.

Les libéraux se situent volontiers à Droite, mais ce n’est pas toujours le cas. Au Canada, par exemple, ils entrent dans des alliances politiques avec des partis qu’on peut considérer comme constitutifs d’une Gauche.

Appliqué aux religions
, le terme libéral s’oppose aux orthodoxies, lesquelles sont soucieuses de rappeler les dogmes (chez les catholiques), les professions de foi (chez les protestants). Le mouvement libéral est apparu au XVIIè siècle lorsque des pasteurs anglicans ou congrégationalistes refusèrent de souscrire à une confession de foi, laquelle était exigée lors de leur recrutement, en arguant que la liberté de conscience devait être respectée lors de la lecture en conscience de la Bible, de sa compréhension et des prêches en découlant.

Aux XIXè siècle, les protestants libéraux s’opposèrent aux " orthodoxes " de leur religion en acceptant le pluralisme théologique et en relativisant les expressions de la foi dont la forme est assurément liée à une culture et à une époque – et qui peuvent donc être reformulées à tout instant et sous d’autres cieux. Cette adaptabilité culturelle de la foi définit la contextualisation (chez les protestants) et l’inculturation (chez les catholiques).

Le protestantisme libéral, en se définissant, a servi de modèle à des courants au sein d’autres religions. On peut ainsi parler de juifs libéraux, de catholiques libéraux (par exemple pour les mouvements réunis au sein de la Fédération des réseaux des parvis). Au sein de l’islam moderne, ce sont les musulmans qui prônent la laïcité qui correspondent à cette dynamique.

Lire " le libéralisme évangélique " par Vincens Hubac (pasteur de l'Eglise réformée de France du Foyer de l’âme, à Paris), dans Evangile et Liberté, n° 214, décembre 2007, pp. 2-3

1 – la raison au service de la foi pour en dégager l’essentiel ; comprendre ce que l’on croit

2 –s’appuyer sur la Bible mais après en avoir fait une lecture critique des textes

3 – la valorisation de l’expérience personnelle de la foi

4 – les dogmes et les doctrines passent après la Parole de Dieu et l’expérience

5 – l’Eglise institutionnelle et les sacrements ont un rôle secondaire

6 – Dieu est souvent défini par l’Amour et l’Esprit

7 – l’universalisme : la grâce est accordée aux hommes quels qu’ils soient

8 – l’accent est mis sur l’enseignement de Jésus plus que sur sa personne ; rejet de l’interprétation expiatoire de sa mort

9 – l’optimisme anthropologique et la confiance en la liberté de l’homme.

10 - un christianisme ouvert à tous les autres courants religieux ou philosophiques ; c’est un humanisme. 


 C’est surtout la liberté de penser et de croire, pouvant aller jusqu’à la reconnaissance d’un christianisme athée * , qui caractérise ce courant chrétien. Etat d’esprit moderne, manière d’être s’inscrivant contre toute forme de pensée unique, de manipulation, le libéralisme s’inscrit aujourd’hui dans l’actualité, peut-être aussi dans l’urgence " (p. 3).
* des agnostiques, voire des athées, qui s’intéressent à Jésus (lequel, dans ce cas, n’est pas Dieu incarné).

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 20:01

les anti-trinitaires du 1er millénaire


Les anti-trinitaires remettent en cause le dogme trinitaire tel qu’il fut élaboré par les conciles de Nicée (325), d’Ephèse (431) et de Chalcédoine (451). Mis en minorité lors de ces conciles, ils ont formés des chrétientés séparées avec les Ariens, les Nestoriens et les orthodoxes monophysites (en Syrie, Inde, Egypte, Ethiopie).

Ce dogme va au-delà de la présentation ternaire qui s’exprime lors du baptême chrétien (qui se fait au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit) et que l’on retrouve dans le Symbole des Apôtres (texte daté du début du IIème siècle), puisqu’il affirme que les trois personnes, le Dieu créateur (le Père), Jésus (le Fils) qui a été élevé d’entre les morts, et le Saint-Esprit que Jésus a promis à ses disciples, ne sont finalement qu’une même personne, un dieu qui serait trin (se manifestant en trois personnes). 

Selon ce dogme Jésus n’est pas seulement le Messie qui a été élevé au ciel après sa Passion, le Ressuscité, mais il serait Dieu lui-même, incarné dans la nature humaine (le dogme de l’Incarnation), descendu dans un enfant au moment même de sa conception (le dogme de la Virginité de Marie). 

Dieu le Père est en même temps Dieu le Fils (Jésus) et en même temps Dieu le Saint-Esprit. Le trio devient une triade indissociable, une divinité qui tout en restant une même personne a trois visages / manifestations / avatars. Les mots manquent puisqu’on nous dit que c’est un mystère !

Alors que les chrétiens trinitaires s’affirment toujours monothéistes, les juifs et les musulmans les considèrent comme des polythéistes. D’autant plus que la chrétienté a ajouté une quatrième personne : Marie qui est " mère de Dieu " puisque mère de Jésus, lequel est Dieu à part entière (et non seulement élevé auprès de Dieu).

Les unitariens ne sont donc pas les premiers à contester la Trinité. Avant eux, il y eut principalement les Ariens. Ceux-ci suivent l’enseignement du prêtre Arius d’Alexandrie et, en s’appuyant sur le prologue de l’évangile de Jean, considère que Jésus, ayant été créé par Dieu (qui lui est " incréé ") ne peut qu’être un dieu subordonné, en seconde position, mais non de rang égal. Voir notre dossier dans La Besace des unitariens.

Théodore Monod, protestant libéral et président d'honneur des associations unitariennes française (l'AUF de 1986 à 1996, l'AFCU de 1997 à sa mort en 2000), aimait se considérer comme chrétien pré-nicéen.


les autres anti-trinitaires

Après eux, le XIXème siècle américain voit l’émergence de plusieurs Eglises biblicistes (la Bible seule fonde nos croyances car elle est Révélation de Dieu) et fondamentalistes qui s’aperçoivent elles aussi que le dogme trinitaire n’est nullement mentionné dans le Nouveau Testament. De cette mouvance récente, les Témoins de Jéhovah nous sont les plus connus.

Depuis près d'un siècle, dans les pays européens occidentaux, des protestants libéraux se sont rapprochés de notre théologie tout en restant au sein de leurs propres Eglises dans la mesure où celles-ci acceptent le pluralisme théologique et n’imposent plus une confession de foi.

Aujourd’hui, deux mouvements catholiques remettent eux aussi en cause le dogme trinitaire : " Jésus simplement " (de la mouvance Marcel Légaut) et la " Libre pensée chrétiennes " (basée à Bruxelles). Ils ne se disent pas unitariens car ils ne relient pas leur mouvement à notre tradition, en partie par méconnaissance des Réformes protestantes du XVI° siècle et plus particulièrement de notre histoire.

Les unitariens sont donc des anti-trinitaires, mais ils ne sont pas les seuls à l’être !


les non-trinitaires


L’anti-trinitarisme est un terme de combat, du moins théologique. Aujourd’hui que les guerres de religion entre chrétien ne sont plus qu’un (tragique) souvenir historique, le qualificatif de non-trinitaires lui semble préférable. On peut dire que les unitariens d’aujourd’hui sont des non-trinitaires ; qu’ils n’adhèrent pas au dogme de la Trinité et que leur mouvement est né de la Réforme anti-trinitaire du XVIème siècle. 

Le caractère radical de cette position reste toujours la même, mais elle n’empêche plus les bonnes relations avec les chrétiens restés attachés, pour une raison ou une autre à ce dogme. Les chrétiens unitariens sont donc en relation avec tous les autres chrétiens libéraux qui acceptent, comme eux, le pluralisme théologique.

Les unitariens ont opté dès le début pour la non-violence, le rejet des condamnations pour hérésie, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'exégèse biblique menée en tenant compte des progrès des connaissances scientifiques, etc.  Ils ne sont pas prosélytes et sont parfaitement à l'aise dans les rencontres oecuméniques, inter confessionnelles, inter religieuses ou inter convictionnelles. Ils représentent une version non sectaire de l'anti-trinitarisme.
  


les anti-trinitaires biblicistes


S’ils prônent le Dieu Un, Jésus reste le Sauveur et conserve un rôle métaphysique dans l’histoire du salut (première créature de Dieu " avant tous les siècles ", né d’une vierge sous l’action de l’Esprit-Saint, a racheté nos péchés sur la croix, a vaincu la mort par sa résurrection, dirigera un royaume céleste sur terre, jugera les vivants et les morts, etc.). La Bible est lue au sens littéral premier. 

Ils sont fondamentalistes dans la mesure où ils dénoncent le caviardage et les fausses interprétations de la Bible par les Eglises chrétiennes " historiques ", d’où la volonté toute protestante de revenir à la Bible et à elle seule.

Elles ne communiquent guère entre elles, chacune ayant l’assurance de la vérité. Dans ces conditions, on ne peut guère parler de mouvance. Elles restent juxtaposées, avec une bonne dose de sectarisme. Leur moralisme religieux font qu’elles sont souvent confondues avec les autres fondamentalistes de la mouvance chrétienne évangélique et pentecôtiste.

Dans une première approche, on peut établir quelques distinctions entre elles, selon leur insistance sur tel ou tel point, mais toutes partagent plus ou moins les thèmes cités : infaillibilité de la Bible (par exemple les Biblical Unitarians), + l’apocalypse (voir les Christiadelphian), + prédestination (voir les Christian Churches of God), + une seule Eglise sera sauvée (voir par exemple les Témoins de Jéhovah).

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 13:30
oecuménisme

L’étymologie du mot  renvoie à une visée universelle, du moins du monde connu, puisque le grec oikoumenê désigne la terre habitée, l’univers) ; le latin médiéval du XVI° a donné oecumenicus. 


Mais cette universalité a été captée par les chrétiens post constantiniens. Les évêques de Constantinople se donnent le titre de Patriarche œcuménique. L’œcuménisme que nous connaissons aujourd’hui et qui est la version chrétienne est, linguistiquement, apparu en 1927 (selon le Petit Robert) et se définit comme un mouvement favorable à la réunion de toutes les Eglises chrétiennes en une seule.


L’œcuménisme suppose des négociations pour une réunification des diverses branches du christianisme : un retour au giron ecclésial pour les catholiques, une marche en arrière du monarchisme papal pour les orthodoxes, l’acceptation d’une unité purement spirituelle et non pas ecclésiale pour les protestants, l’inter-communion entre les chrétiens, la reconnaissance du baptême célébré par les autres, etc. Les négociations sont en cours, mais elles piétinent.


Le Conseil œcuménique des Eglises (COE) essaie de fonctionner comme une fédération mondiale voulant réunir tous les chrétiens ... mais pas n’importe lesquels non plus, si bien qu’elle met en avant une définition du chrétien basée sur le dogme trinitaire (quand même 325 après Jésus-Christ, ce qui fait, avant cette date, de très nombreux chrétiens non reconnus, dont nombre de nos martyrs !).


transconfessionalité

La transconfessionnalité ne s’embarrasse plus de ces négociations à ne plus en finir. Il suffit d’être chrétien et d’accepter les autres. Des Eglises non dénominationnelles ont ainsi vu le jour, surtout dans les pays anglo-saxons, dès le XIXème siècle. La mouvance chrétienne libérale qu’elle soit d’origine protestante et depuis peu catholique (avec la Fédération des réseaux des Parvis) rejoint cette dynamique. 


Les chrétiens qui s’y engagent ne sont plus mandatés par leur communauté, mais agissent en leur nom seul, s’appuyant sur leur famille spirituelle mais ne la représentant pas et n’étant pas chargés d’en défendre les intérêts corporatistes. Une telle démarche suppose bien entendu un libéralisme théologique, non dogmatique et une individuation des convictions.


christianisme d'ouverture

Avec le christianisme d’ouverture, on sort du seul champ chrétien puisque les agnostiques, voire les athées, sont désormais acceptés au sein des communautés chrétiennes. Les congrégations unitariennes aux Etats-Unis, à la fin du XIXème siècle, ont ainsi ouvert leurs lieux de culte à des non-croyants, puis à d’autres croyants. Celles de Grande-Bretagne ont également adopté, pour la majorité d’entre elles à partir des années 1950, la même attitude.


inter-convictionnalité

L’inter-convictionnalité est soit une conséquence à long terme de ce christianisme d’ouverture, comme dans le cas de l’unitarisme-universalisme, soit une démarche démocratique qui d’emblée convie tous les acteurs idéologiques (mouvements philosophiques y compris rationalistes et/ou athées, spirituels, religieux) à une réflexion ou à une action commune, ce que fait par exemple le Réseaux européen Eglises et libertés en liaison avec le Conseil européen (voir notre rubrique " Parvis " ).

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 08:49


Oberwesel--Liebfrauerkirche---tryptique-de-la-cr--che--l-Annonciation--PB031094.JPGl'Annonciation faite à Marie, Liebfrauerkirche à Oberwesel (Allemagne), tryptique, peinture de l'école de Nuremberg ; photo Jean-Claude Barbier


Les mots grecs " angelos " et " euaggelion " ou " aggellô " sont utilisés dans le domaine militaire et royal. Ils renvoient au messager d’une bonne nouvelle et aussi, à la bonne nouvelle apportée à cette occasion, par exemple la naissance d’un héritier ou l’évènement important que peut être une victoire. 


" angelos " est construit sur la même racine que le verbe " aggellô " qui veut dire annoncer. " angelos " est " celui qui annonce " que la TOB traduit " messager " que nous traduisons " ange ". Avouez que les deux premières traductions sont plus prégnantes d’expérience humaine quotidienne que le mot " ange ".


En Is. 52,7 , on lit : " Comme ils sont les bienvenus au sommet des montagnes, les pas du messager qui nous met à l’écoute de la paix, qui porte un message de bonté "


Dans la traduction grecque, ce texte devient : " Comme ils sont les bienvenus au sommet des montagnes les pas de celui qui évangélise… " autrement dit " les pas de celui qui annonce la bonne nouvelle de la paix. parce qu’il l’a écoutée, parce qu’il l’a perçue." Alors, en effet, il peut la désigner, l’indiquer. Nous découvrons là l’évangélisation comme révélation d’un déjà là. 


cf. Marc 16,7 : " Il vous précède en Galilée, c’est là que vous me verrez "…...

[...] Faire oeuvre d’évangélisation c’est annoncer, comme le disait Paul, une bonne nouvelle mais qui soit perçue comme telle non seulement par celui qui la porte, mais aussi par la personne qui la reçoit


C'étaient "Quelques éléments de réflexion autour de évangélisation ", par Agathe Brosset (extraits reproduits dans le bulletin d’Eglise en dialogue 44, ED n° 21, décembre 07).

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 08:17
L'un des dons qui se manifeste obligatoirement dans toute communauté, c'est l'existence de celui qui la conduit. Le fondateur de la communauté occupe évidemment habituellement cette fonction. Mais dans la période qui suit la mort du fondateur, c'est en général à la communauté dans son ensemble d'avoir le dernier mot. En fin de compte, c'est la communauté qui juge ce qui est utile pour bâtir la communauté. (1 Cor. 12, 7.10 ; 14, 3-5.12.32 ; cf. J. Tigcheler, Bouwen op het fundament van apostelen en profeten, in : Speling 57 [2005], nr. 4 p. 18).


Dordrecht--27-octobre-07----glise-Saint-Paul--le-pr--cheur--format-r--duit.JPG
l'enseignant de l'Evangile, vu sur la façade de l'église Saint-Paul (Pauluskerk) à Dordrecht en Hollande.

photo Jean-Claude Barbier (2007)



[pour le christianisme naissant ] Au cours du temps la fonction de direction et de service a éclaté en plusieurs fonctions variées, portant des noms variés. Outre les apôtres et les prophètes, les fonctions d'évangélistes, de pasteurs, d'enseignants sont aussi apparues dans la communauté (Eph. 4, 11). Dans les communautés pauliniennes plus tardives, on trouve les fonctions de diacres, de président (" episkopoi ") et de " conseil des anciens "  ("presbyteroi") (1 Tim. 3.1.8 ; 4, 14).


La transmission de la fonction devint plus institutionnalisée : le responsable choisi recevait la grâce par des " paroles prophétiques " prononcées par le conseil des presbytres durant " l'imposition des mains ". Le rituel de transmission de la fonction de responsable et de la présidence de la liturgie s'appelait dans l'antiquité un " sacrement ".


A l'origine, ce terme était utilisé pour désigner différents emplois dans la communauté ecclésiale. Saint Augustin le fit avec beaucoup de conviction. Il qualifiait même de " sacrement " la confirmation des prières par le mot " amen " prononcé par les croyants. Cela, parce qu'il était convaincu par sa foi que toutes les activités dans la communauté ecclésiale étaient d'une certaine façon sacramentelles, puisqu'elles représentent des réalités saintes par des signes et des actions visibles. 


Ce n'est que des siècles plus tard que le terme de " sacrement " devint réservé aux sept sacrements [chez les catholiques] que nous connaissons aujourd'hui.


L'insertion d'un nouveau chapitre dans la constitution de l'Eglise de Vatican II donne une meilleure vision d'un modèle d'Eglise différent : moins strictement hiérarchique, plus organique et tourné vers l'ensemble de la communauté. Cette conception est dans la ligne de l'image paulinienne de l'Eglise comme un corps. Ce changement donne la possibilité, une fois encore, d'une conception différente de la fonction de responsable de cette communauté. Dans les premiers temps de l'Eglise, la désignation de ce ministre dans de nombreuses communautés n'impliquait pas une ordination, au sens de " consécration " [ce qui dans les langues germaniques est le terme utilisé pour l'ordination d'un prêtre, note du traducteur ], mais lui donnait une place ou un " ordre " dans un corps aux multiples fonctions.


Ce faisant, le responsable de la communauté n'entrait pas dans un nouvel ordre d'existence ; il était désigné et accepté par la communauté pour une fonction spécifique. Un tel ministre pouvait, comme Paul, exercer une fonction à l'extérieur de la communauté (cf. 1 Cor. 4, 12 ; Ac. 18, 3-4 ; 20, 34). Il ne découlait pas d'évidence de cette conception qu'un groupe particulier puisse être exclu a priori de la fonction parce que leur " être " était jugé impur ou trop de ce monde. L'apôtre Pierre reçut une fonction clé, bien qu'il fût marié, et l'Eglise primitive connut aussi nombre de " diaconesses ".


D’après des dominicains néerlandais, voir nos messages des 1 et 2 décembre 07 dans les Actualités unitariennes. Traduction du texte en français par Lucienne Gouguenheim, Nous sommes aussi l’Eglise (NSAE).

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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 05:34
catholiques-traditionnalistes-du-Chardonnet--Paris.jpgla hiérarchie visible : belle ordonnance lors d'une messe des catholiques traditionalistes de la paroisse du Chardonnet à Paris (tenue par des Lefevristes)


" Au cours de l'histoire de l'Eglise, la conception de la fonction de leader a changé. Ces changements résultent des différentes conceptions de l'Eglise. La conception prédominante ("stricte") voit la prêtrise comme partie d'une pyramide. 


Le sommet de cette pyramide, qui est le plus haut niveau de la hiérarchie, s'élève jusqu'au ciel et participe donc pleinement à la vie divine. La vie surnaturelle descend de ce sommet, par l'intermédiaire de la prêtrise, de la médiation sacramentelle, vers les régions inférieures de l'Eglise et atteint enfin la base de la pyramide, c'est-à-dire les laïcs. 


Les sacrements sont essentiellement des " instruments de la grâce " et ne sont effectifs que s'ils sont utilisés par des ministres ordonnés. Au long des siècles, cette conception de l'Eglise a donné lieu à un système juridique élaboré, transcrit finalement dans un code de loi canonique.


Dans ce modèle, un prêtre est " ordonné " lors de sa désignation. Ce qui signifie qu'il est changé par essence, parce que sa personne tout entière et sa nature sont sanctifiées. Par son ordination, il est admis dans le domaine spécial du saint et du surnaturel, ce qui le transporte au-delà du domaine de la nature et du profane. 


En conséquence, il est aussi le seul à pouvoir accomplir des actions sacramentelles qui soient " valides " (c'est-à-dire reconnues par la loi). Se fait ainsi jour une distinction " de nature " indélébile entre laïcs et ministres ordonnés. Evidemment, dans cette conception, on ne peut concevoir une situation telle que celle d'un prêtre à temps partiel. On est prêtre par essence, c'est-à-dire de la tête aux pieds, depuis le matin jusqu'au soir, " pour l'éternité ".


Dans la vision hiérarchique toujours actuelle de l'Eglise [catholique] et du ministère, le prêtre ordonné joue le rôle d'une " charnière " dans la médiation de la grâce, une fonction imprenable et fermée à la compétition interne : le ministre ordonné définit l'Eglise, qui ne peut pas fonctionner en son absence. 


Dans le modèle " organique ", la situation est différente : c'est la communauté de foi qui décide quelle variété de ministères est nécessaire, ici et maintenant. Tant que la menace de compétition détermine la vision de l'église et du ministère, il n'y a aucune place pour une connexion organique permettant aux différents ministres de coopérer.


Concrètement, tant que le modèle hiérarchique restera prédominant, il n'y aura pas de place pour ceux que nous appelons aujourd'hui des " travailleurs pastoraux ". Du point de vue de l'" église pyramide " ils ne peuvent qu'être considérés avec suspicion, parce que l'on a peur de voir apparaître un " clergé parallèle " s'ajoutant à celui des " prêtres validement ordonnés "


Selon une analyse de dominicains néerlandais, traduite en français par Lucienne Gouguenheim et publiée par " Nous sommes aussi l’Eglise ", voir les messages des 1 et 2 décembre 07 dans nos Actualités unitariennes.

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 18:10

communion-avec-le-pain-et-le-vin--Pain-des-moines-du-monast--re-de-Sina--Khobz-Deir-Sina---Sainte-Catherine.jpgle pain des moines du monastère de Sina, Sainte-Catherine (Sinaï). Plus consistant que l'hostie catholique !



"(Au Pays-Bas], beaucoup de paroisses [catholiques] et de communautés utilisent une distinction - aussi précisée dans leur présentation - entre ce qu'on appelle une " célébration eucharistique " et un " service de la Parole et de la communion ". 


Dans une célébration eucharistique, c'est un prêtre ordonné qui préside ; alors qu’un "service" est présidé par quelqu'un qui n'est pas un prêtre. Celui-ci ne prononce pas les paroles de la consécration, mais distribue des hosties consacrées auparavant. On annonce en général à l'avance la différence entre ces deux formes de liturgie, pour informer les participants et leur permettre de décider s'ils assisteront ou non au service".


D’après une enquête faite par des dominicains néerlandais en 2006, dont les messages du 1er décembre 07 dans nos Actualités unitariennes se sont faites l'écho, et traduite en français par " Nous sommes aussi l’Eglise ".

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 11:12
les unitariens-universalistes


Au terme d’une ouverture de leurs assemblées à des non-croyants " humanistes " (agnostiques, athées) et à d’autres croyants libéraux (juifs, soufi, baha’is, bouddhistes, etc.), les congrégations unitariennes des Etats-Unis et l’Eglise universaliste d’Amérique ont fusionné en 1961 pour donner naissance à l’importante Unitarian Universalist Association (UUA).


Flaming-Chalice-1--re-version.pngLes deux dénominations sont en stricte égalité au sein de ce tandem et cela est symbolisé, dans l’emblème de l’UUA, par deux cercles qui s’entrecroisent. Le terme unitarien vient toutefois en premier puisque les congrégations unitariennes étaient beaucoup plus nombreuses. En français, cette égalité des deux termes est marquée par un trait d’union (SVP obligé !).


Les unitariens universalistes
(sans trait d’union)


L’European Unitarian Universalists (EUU) regroupe, depuis 1982, des communautés anglophones, composés en grande partie d’immigrés nord-américains auxquels se sont ajoutés des nationaux qui parlent l’anglais, à Paris (Unitarian Universalist Fellowship of Paris), à Genève (Geneva Unitarian Universalists), à Amsterdam (Netherlands Unitarian Universalist Fellowship), en Belgique (à Spaa), en Allemagne (principalement à Kaiserlautern) et au Danemark, etc. L’EUU est membre de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) et en même temps membre de l’UUA américaine.

U---Europe--EUU--chalice.jpghttp://www.europeanuu.eu
http://uufp.info
http://www.nuuf.nl
http://www.genevauu.org


En réaction contre le passé chrétien des unitariens, une partie de cette mouvance a mis un " s " à " universalists ", ce qui rompe l’égalité des deux termes et change tout à fait le sens. D’une dénomination purement confessionnelle, l’unitarisme se voit qualifié par son orientation " universaliste ". On pourrait traduire par : les unitariens qui sont universalistes …


Allant dans le même sens, le calice des unitariens – dans le cas de l’EUU – se réduit à la seule bougie sur une carte d’Europe, le calice faisant lui aussi par " trop " chrétien.


Les universalistes et unitariens


Cette fois-ci l’innovation provient des Québécois. Ceux-ci, basés à l’Eglise unitarienne de Montréal, furent aidés financièrement par la Convention universaliste de New-York pour l’ouverture d’un site : le Mouvement universaliste au Québec (MUQ), rectifié peu après en Mouvement universaliste et unitarien au Québec.
http://www.uuqc.ca


L’inversion des termes, en dehors d’un contexte anecdotique qui peut le justifier en remerciement de l’aide reçue, correspond là aussi à une nette volonté de se détacher d’un christianisme honni pour son emprise catholique, dans un pays qui venait de faire sa révolution tranquille marquée entre autres par une très forte et soudaine déchristianisation. Le terme d’universaliste est ici préférée à celui d’unitarien qui, pour certains, fait encore trop chrétien. 


Attention ! au sein de la mouvance unitarienne contemporaine, ces réactions anti-chrétiennes sont plus le fait de personnes que d’organisations. Elles visent le christianisme " en général " et méconnaissent gravement le christianisme unitarien contemporain au nom d’un évolutionnisme bien naïf.


les unitariens et les universalistes


l’International Council of Unitarians and Universalists (ICCU), fut fondée en 1995 avec l’intention de réunir au niveau mondial les unitariens, les universalistes (précisément les missions en Asie de l’ex-Eglise universaliste) et les unitariens-universalistes. Inscrire ces trois composantes dans le titre du Conseil eut été manifestement trop lourd. On s’est donc contenté des deux principaux termes. Le " and " est ici très important puisque l’ICUU ne se réduit pas à sa seule composante unitarienne-universaliste même si celle-ci est importante.


C’est cette même expression que les Français ont adoptée pour leur instance nationale : le Conseil français des unitariens et universalistes (CUUF).


les unitariens / universalistes, les unitariens * universalistes


Ces signes algébriques entre les deux termes veulent suggérer des combinaisons multiples : unitariens, universalistes, unitariens-universalistes, universalistes unitariens.



Au-delà de ces énumérations, qui témoignent de la diversification de l’unitarisme mais qui peuvent paraître un peu ardues aux débutants, nous pourrions plus simplement parler de la mouvance de l’unitarisme contemporain

L’ICUU lui donne ses contours, sa transparence aussi car il ne s’agit en aucune façon d’une nébuleuse opaque (chaque communauté a une dénomination bien précise, des activités publiques, un site Internet, des adresses de contact). 

Le partage d’une théologie libérale, aux antipodes du dogmatisme et du sectarisme, fait que toutes ces communautés, tout en conservant leur entière identité et indépendance, établissent entre elles, sur la base du volontariat, des liens de fraternité et d’échanges (voir notre rubrique " ICUU ").

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 09:32
les universalistes


arc-en-ciel--voir-drapeaux-arc-en-ciel-.jpg L'arc-en-ciel après le déluge est signe biblique de la clémence du Dieu créateur. Dieu est bon, Dieu est Amour, l'enfer n'existe pas, nous rappellent les universalistes.


Prenant le contre pied de la prédestination calviniste, les universalistes, à partir de la fin du XVIII° siècle en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, affirment que Jésus-Christ a sauvé tout le monde et que Dieu, qui est Amour, acceptera tout un chacun dans son paradis – hormis quelques années de purgatoire pour les plus criminels. L’Eglise universaliste d’Amérique, dont la première Eglise locale est fondée en 1779, est donc chrétienne. Elle est libérale sans pour autant remettre en cause le dogme trinitaire comme le font les unitariens.


Elle développe des missions en Asie, aux Philippines et au Japon.


Au cours du XX° siècle les deux mouvances se rapprochent, marquées toutes deux par une ouverture aux non-chrétiens. Elles fusionnent en 1961 en donnant naissance à l’Unitarian Universalist Association (UUA) of Churches and Fellowship in North America (plus tard abrégé en of Congregations).


Sur l’unitarisme historique, voir sur le site de la Starr King (la faculté de théologie unitarienne-universaliste à Berkeley), la page qui lui est consacrée
http://www.online.sksm.edu/univ


Il n’existe donc plus, en principe, d’Eglises universalistes, celles-ci étant toutes devenues unitariennes-universalistes. Toutefois des " Conventions " sont maintenus (par exemple celles de l’Etat de New-York, du Massachusetts, etc.), des associations universalistes sont membres de l’UUA (L’Universalist Christian Association), voire même des Eglises qui maintiennent la dénomination - faisant en quelque sorte de la résistance ! - par exemple l’Universalist National Memorial Church, laquelle publie le bulletin " The Universalist Anchor "
http://www.universalist.org


les néo-universalistes ?


Méconnaissant cette histoire, certains se déclarent aujourd’hui " universalistes " dans le sens où ils vivent une spiritualité d’emblée universelle, sans plus passer par la voie chrétienne. Ils pourraient se dire unitariens-universalistes puisque c’est précisément l’orientation de cette mouvance. L’adoption de cet adjectif seul manifesterait-il donc une certaine réserve par rapport à l’unitarisme-universalisme ?


les universistes


Le mouvement " universiste " reprend un certain nombre de thèmes de l’unitarisme-universalisme. Il a été lancé par Ford Vox, en 2003, à Birmingham dans l’Etat d’Alabama aux Etats-Unis. Mais il est marqué par une vision d'emblée cosmique (interstellaire), alors que l’UUisme s’en tient surtout à l’unité de notre monde et à la protection de notre environnement, et surtout par un rationalisme anti-religieux, alors que l’UUisme, s’il va au-delà des corpus religieux particuliers, ne les critique en aucune façon et permet même leur expression.


L’agressivité de cette nouvelle mouvance la confine dans le sectarisme et les divisions internes et elle ne connaît pas l’essor qu’elle attendait à l’heure de la découverte de l’univers.
http://universist.org

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le vocabulaire religieux
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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 10:56

chrétiens unitariens, unitariens chrétiens, unitariens-universalistes chrétiens


Jusqu’à la fin du XIX° siècle, avant que les congrégations unitariennes américaines ne décident l’ouverture de leurs assemblées à des non croyants, agnostiques voire athées, tous les unitariens étaient chrétiens et c’eusse été un parfait pléonasme que de préciser qu’ils l’étaient. Dire " chrétiens unitariens " aurait été une insistance inutile comme si l’on avait dit " chrétiens catholiques " alors que chacun sait que tous les catholiques sont chrétiens !
 


En Europe, dans le courant du XX°, déjà dans les années 20 à Prague, puis plus tard en Allemagne, des communautés protestantes libérales glissent vers l’unitarisme puis, finalement, adoptent la même ouverture à des non chrétiens que les unitariens américains. A Prague, en 1923, le révérend Norbert Capek met en place le festival des fleurs qui, sans être un substitut de la communion chrétienne, permet à tout un chacun de se sentir relier par un rituel commun (voir notre rubrique sur la cérémonie des fleurs). Dans les années 50, pour la Grande-Bretagne, la General Assembly of Unitarian and Free Christian Churches décide elle aussi d’adopter le modèle américain non seulement de l’ouverture aux non-croyants mais aussi des autres croyants.


Est-ce là une façon de lutter contre la déchristianisation qui touche les Eglises en ouvrant celle-ci à d’autres ? Mais ne courre-t-on pas par là le risque que les chrétiens attachés à leurs propres cérémonies et rituels, et ne voulant pas diluer leur christianisme par une approche d’emblée universelle gommant les particularités, partent vers d’autres Eglises ? Quoi qu’il en soit, les effectifs diminuent présentement d’une façon très sensible en Grande-Bretagne et en Allemagne.


chrétiens unitariens


Valea--Jobbagyfalva--r--ception-chez-Sandor-Szilard-jeune-homme----la-cravate.JPGle révérend Sandor Szilard, de l'Eglise unitarienne de transylvanie, ministre du culte à Jobbagyfalva-Nyaradszereda, avec un jeune de sa paroisse arborant fièrement le blason de son Eglise brodé sur sa cravate. 


Photo Jean-Claude Barbier, juillet 2005



A partir des années 90, des unitariens réagissent contre ce qu’ils pensent être une dérive de l’unitarisme. 


Ils affirment leur fidélité à l’histoire et à la tradition unitarienne du XVI° siècle, représentée par l’Eglise unitarienne de Transylvanie et celle de Hongrie (qui en est le doublon par immigration de la première à partir de la fin du XIX° siècle). 


L’Eglise de Norvège, puis maintenant celle de Suède, se rattachent directement à ces Eglises . 


Bien entendu, toutes ces Eglises n'ont nullement besoin de préciser qu'elles sont chrétiennes puisqu'elles se rattachent à une tradition qui l'est par définition. D'ailleurs, le mot Eglise désigne, sauf utilisation abusive par certaines sectes comme la Scientologie, une communauté chrétienne.


Il n'en est plus de même pour les associations qui sont bien obligées de se dirent "chrétiennes" afin d'éviter toute équivoque, le terme unitarien étant devenu pluraliste. Des associations de dénomination " chrétiennes unitariennes " se sont ainsi constituées en Grande-Bretagne, en France, en Italie et en Afrique francophone (Burundi et Congo Brazzaville).
 

Les chrétiens unitariens sont tout simplement des chrétiens (à part entière) qui sont de théologie unitarienne (non trinitaire, non dogmatique et libérale). Ils travaillent tout naturellement avec les autres chrétiens libéraux, des mouvances protestantes et catholiques libres.


En août 2007, le Manifeste d’Avignon prend acte de cette identité (à traduire dans les dénominations et dans les statuts associatifs pour éviter toute dérive) et encourage les chrétiens unitariens à participer sans complexe en tant que tels au niveau européen, au sein de l’European Liberal Protestant Network (ELPN) et international, au sein de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU). Mais il met en garde contre l’ouverture des assemblées qui risqueraient de devenir alors très vite des " auberges espagnoles ". 


Une autre alternative est préférable : celle d’encourager à la formation d’autres associations unitariennes qui puissent accueillir des unitariens non-chrétiens et avec lesquelles des activités communes peuvent être menées conjointement en toute fraternité.


unitariens chrétiens


Les deux termes sont maintenus, mais dès lors d’une façon distincte. Le pléonasme précédent s’est scindé en deux fidélités, d’abord celle de la tradition unitarienne, et ensuite, mise en seconde, celle au christianisme. Cela peut se comprendre ainsi : je suis de foi unitarienne et de provenance et/ou de culture chrétienne. On voit que, dans ce cas, c’est le vécu unitarien contemporain qui prime.


Attention ! La langue anglaise inverse les termes : " unitarian Christians " pour les chrétiens unitariens, " christian Unitarians " dans le second cas.


unitariens-universalistes chrétiens


Aux Etats-Unis, en réaction contre le Manifeste des humanistes de 1933 qui, au sein de la mouvance unitarienne américaine élargie, affirmait la légitimité de ne plus croire en Dieu et le rejet de la prière et du culte, des unitariens ont fondé, mais sans esprit de dissidence, l’Unitarian Christian Fellowship afin de promouvoir le christianisme au sein de l’unitarisme américain. Cette association est devenue dénominationnellement " unitarienne-universaliste " au lendemain de la fusion en 1961 des congrégations américaines et de l’Eglise universaliste d’Amérique. Elle publie une revue de qualité. Par ailleurs, plus récemment, le réseau Magi Network encourage à la fondation de nouvelles communautés chrétiennes dénommées " Epiphany Church ".


Des unitariens américains et quelques congrégations prennent leur distance par rapport à l’importante Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregations et, en 2001, franchissent le pas de la dissidence en fondant l’American unitarian Conference (AUC). Celle-ci entend restée fidèle à l’unitarisme de William Ellery Channing. Elle est restée très minoritaire.


A noter que nombre de congrégations unitariennes américaines, surtout en Nouvelle Angleterre qui fut le berceau de l’unitarisme américain, demeurent de tradition chrétienne libérale et que les apports non chrétiens ne modifient guère les prédications qui se font très souvent à partir de textes bibliques. A Boston même, les congrégations unitariennes ont maintenu leur credo chrétien d’origine et leur liturgie anglicane. La célèbre King'Chapel se présente comme "America's First Unitarian Christian Church (Boston, Massachussetts)".   13% de la mouvance unitarienne-universaliste des Etats-Unis continue à se dire chrétienne.


Pour en savoir plus sur le christianisme unitarien aux Etats-Unis :

http://www.kings-chapel.org/
http://www.uuchristian.org/
http://members.tripod.com/magi_network/
http://americanunitarian.org

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