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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 12:10

Compte-rendu de Léon Pierre Mubirigi reçu le 14 novembre 2012


La Congrégation unitarienne du Rwanda, à partir entre autres de la dramatique faillite des Eglises lors du génocide de 1994, mais plus largement à partir d’exemples régionaux et internationaux, s’interroge sur le rôle des religions qui, d’une part, nous invitent à la paix, mais qui, dans certaines situations, peuvent tout aussi bien jeter de l’huile sur le feu. Alors que les croyants sont fortement majoritaires au Rwanda et dans toute la région de l’Afrique de l’Est, ils se trouvent souvent impliqués dans les luttes fratricides à caractère ethnique, restant en quelque sorte enfermés dans leurs appartenances sociétales. La religion n’aurait-elle donc pas suffisamment touchée les cœurs ? Dieu était-il absent ou bien encore inaudible ? « Seigneur, où étais-tu pendant le génocide ? ». La Congrégation mène cette réflexion sur plusieurs axes : Religions et culture, Religion et éducation (notamment comment promouvoir le dialogue inter religieux), Religion et société, Religion et politique.


Clément Uwayisaba a introduit la question en montrant comment les religions sont facteurs de construction des sociétés et comment elles sont à leur tour des constructions sociales.


La religion a fonctionné comme une institution de médiation pour la paix au cœur de plusieurs conflits : dans la fin de l’apartheid en Afrique, lors des conférences nationales d’autres pays africains, pour la fin des guerres civiles en Amérique centrale, etc. Mais aussi, la religion fonctionne comme facteur de guerre dans plusieurs parties du monde : entre catholiques, orthodoxes et musulmans dans les Balkans, entre catholiques et protestants en Irlande, entre juifs et musulmans en Israël, entre hindouistes et musulmans en Inde et au Pakistan, entre musulmans et chrétiens au Nigeria et en Egypte, etc. La religion véhiculerait-elle donc à la fois les passions les plus guerrières et les actions les plus pacificatrices ? La Congrégation a commencé à réunir un dossier en rédigeant des fiches sur des cas et de courts textes de mise en perspective, afin de montrer comment chaque religion recèle à la fois un potentiel de violence et de paix ; ce faisant elles apparaissent comme source d’ambiguïté.


Ce dossier rappelle pertinemment la complexité des situations dans lesquelles les acteurs religieux sont engagés, ce qui explique la diversité des facettes de tout acteur religieux : c’est donc par l’insertion des acteurs religieux dans leur société locale, régionale et internationale que ce dossier déchiffre le sens donné à la paix proposée, ainsi qu’à la légitimation du recours à la violence. Les religions peuvent constituer des réservoirs de sens et de symboles au sein desquelles chacun vient puiser en fonction de ses intérêts propres.


Commentaires :


Grace Niyitegeka : la construction de paix est toujours une option profonde et authentique de la part de toutes les religions. Les croyants et les responsables religieux s’engagent pour la paix. En même temps, ils condamnent clairement ceux qui se réclament d’une religion tout en faisant usage de la violence.
Roselyne Karangwa : malgré les revendications de toutes les grandes religions sur leur « identité fondamentalement pacifique », ce dossier montre que la religion peut servir aujourd’hui d’élément fédérateur à des groupes radicaux ainsi que de facteur de mobilisation vers la guerre. Oui, la notion de « guerre sainte » peut être utilisée pour donner à l’utilisation de la violence une justification religieuse ; plus encore, la violence peut être sacralisée lorsqu’elle est présentée comme venant de la volonté divine. Si c’est un fait historique, cela représente également un danger guettant le monde actuel : il existe des groupes radicaux construisant du sacré violent.
Léon Pierre Mubirigi : les nouvelles technologies sont sur le point de brouiller totalement les anciennes modalités de communication et d’organisation des groupes extrémistes. Ces derniers utilisent Internet et les messages électroniques pour diffuser leurs discours de haine, pour mobiliser des groupes, pour recruter des adeptes ou pour organiser des actions violentes… Le tout au nom de Dieu.

 

article traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis en ligne sur le site de la Communione unitaria italiana (CUI), lien.

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Published by compte-rendu de Léon Pierre Mibirigu de Frabu - dans congrégation unitarienne du Rwanda
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 15:57

Dimanche 11 novembre 2012, textes proposés par Clément Uwayisaba


Parole - Ps 145 (146), 5-6a, 6c-7ab, 8bc-9a, 9b-10
Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob, / qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,/ lui qui a fait le ciel et la terre. / Il garde à jamais sa fidélité, / il fait justice aux opprimés ; / aux affamés, il donne le pain. / Le Seigneur redresse les accablés, / le Seigneur aime les justes, / le Seigneur protège l'étranger. / Il soutient la veuve et l'orphelin, / D'âge en âge, le Seigneur régnera : / ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

Partage - Au cours des premiers siècles de l’Eglise, le partage des biens avec les plus démunis était un devoir prioritaire pour les baptisés qui témoignaient par là de leur foi vivante par la charité. Les textes de ce dimanche sont sans doute l’occasion de réveiller en nous la conscience que le partage est une dimension essentielle de notre vie chrétienne parce qu’il atteste de la crédibilité de ce que nous confessons. Ce dernier point est très important. Notre générosité ne sera une vraie générosité que si elle émane de la générosité même de notre Dieu ; générosité de Jésus dont personne n’est exclu.

Prière - « Seigneur, nous nous sentons bien peu capables de générosité. Mais nous voulons prendre appui sur ta propre générosité qui a triomphé une fois pour toutes du péché. C’est elle que nous voulons avec l’assistance de ton Esprit de charité laisser transparaître en chacune de nos paroles, en chacun de nos actes. Alors tous pourront découvrir combien tu les aimes et combien ton amour les comble au-delà de tout ce qu’ils pourraient espérer ou même imaginer. »

 

partage traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis en ligne sur le site de la Communione Unitaria Italiana (CUI), lien.

 

Dimanche 18 novembre 2012, textes proposés par Clément Uwayisaba

 

Parole  - 2 Jn 1, 4-9 -

Moi, l'Ancien, je m'adresse à toi, l'Eglise, reine choisie par Dieu. J'ai eu beaucoup de joie à trouver parmi tes enfants des hommes qui vivent dans la vérité selon le commandement que nous avons reçu du Père.
Et maintenant, reine, je t'adresse une demande. - Ce que je t'écris n'est pas un nouveau commandement, c'est celui que nous avions dès le début. - Je te le demande : aimons-nous les uns les autres. Et l'amour, c'est que nous vivions selon ses commandements ; et ce commandement, comme vous l'avez appris dès le début, c'est que vous viviez dans l'amour.
Beaucoup d'imposteurs se sont répandus dans le monde, eux qui ne professent pas la foi en Jésus Christ venu dans la chair : celui qui agit ainsi, c'est l'imposteur et l'Anti-Christ. Prenez garde à vous-mêmes, pour ne pas perdre le fruit de votre travail, mais recevoir intégralement votre salaire. Celui qui va de l'avant sans rester attaché à l'enseignement du Christ, celui-là se sépare de Dieu. Mais celui qui reste attaché à l'enseignement, celui-là trouve le Père et le Fils.
Partage - Les hommes mangent, boivent, procréent ; cultivent, font du commerce, construisent des maisons : rien de répréhensible dans ces activités indispensables pour la survie des individus et de l’espèce. Sauf qu’elles se déploient dans l’oubli de la finalité de cette existence, finalité qui va se manifester à l’improviste alors que plus personne n’y prêtait attention. Dieu avait averti de ce qui allait advenir « dans les jours de Noé ou de Loth », mais personne n’en avait tenu compte – sauf les deux personnages mentionnés. De même le Seigneur nous prévient des événements dramatiques qui auront lieu « le jour où Fils de l’homme se révèlera » ; mais nous vivons comme s’il n’avait rien dit, afin de ne pas avoir à nous convertir.
Psaume - Heureux les hommes intègres dans leurs voies, qui marchent suivant ta loi, Seigneur ! Heureux ceux qui gardent tes exigences, et te cherchent de tout cœur : poursuivant leur route dans la fidélité à ton enseignement.

 

traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis en ligne sur le site de la Communione unitaria Italiana (CUI), lien.

 

Dimanche 25 novembre 2012, textes proposés par Clément Uwayisaba

 

Apocalypse 10, 8-11
Au cours d'une vision, la voix venant du ciel, que j'avais déjà entendue, me parla de nouveau ; elle me dit : « Va prendre le petit livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. » Je m'avançai vers l'ange pour lui demander de me donner le petit livre. Il me dit : « Prends, et mange-le ; il remplira tes entrailles d'amertume, mais dans ta bouche il sera doux comme le miel. ». Je reçus le petit livre de la main de l'ange, et je le mangeai. Dans ma bouche il était doux comme le miel, mais, quand je l'eus avalé, il remplit mes entrailles d'amertume. Alors on me dit : « Il faut que tu reprennes ta mission de prophète ; tu parleras sur un grand nombre de peuples, de nations, de langues et de rois. »
Psaume 118 (119), 14-24, 72-103, 111-131
Je trouve dans la voie de tes exigences plus de joie que dans toutes les richesses. Je trouve mon plaisir en tes exigences : ce sont elles qui me conseillent. Mon bonheur, c'est la loi de ta bouche, plus qu'un monceau d'or ou d'argent. Qu'elle est douce à mon palais ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche ! Tes exigences resteront mon héritage, la joie de mon coeur. La bouche grande ouverte, j'aspire, assoiffé de tes volontés.

Nous serons en communion avec nos frères et soeurs étudiant(e)s qui sont en  période d’examens et nous penserons aussi à l’ensemble des unitariens partout dans le monde.

 

Traduit en italien par Giacomo Tessaro et publié sur le site de la Communione unitaria italiana (CUI), lien.

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Published by Congrégation unitarienne du Rwanda - dans congrégation unitarienne du Rwanda
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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 08:01

La congrégation unitarienne du Rwanda avait confié à l'un des siens, Léon Pierre Mubirigi, le soin de réaliser le logo de leur communauté. Voilà qui est fait ! Il est aux couleurs du drapeau national de leur pays car cette jeune communauté se veut résolument engagée dans la reconstruction pacifique de l'unité nationale après les terribles épreuves des pogroms à caractère politico-ethniques que ce pays a connues depuis son Indépendance et du génocide de 1994.

 

drapeau-du-Rwanda.jpgcongregation_unitarienne_du_rwanda.jpg

 

congregation unitarienne du rwanda

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Published by Léon Pierre Muburigi - dans congrégation unitarienne du Rwanda
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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 10:51

par Clément Uwayisaba


jesus_et_les_scribes.jpgParole : Mc 12, 28b-34 - Un scribe s'avança vers Jésus et lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. ». Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. ». Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.

Ce que j’en pense - A la question « quel est le premier de tous les commandements ? », c’est-à-dire quelle est la pierre angulaire, quel est l’esprit de tous les préceptes de la Torah ? Jésus répond : « Tu aimeras ». On pourrait s’étonner que l’amour puisse faire l’objet d’un précepte, mais ces deux mots – « tu aimeras » - résonnent plutôt comme une invitation et une promesse, plus que comme un ordre.


Prière - Tu aimeras” : nous te rendons grâce, Seigneur, de renouveler ton appel et ta promesse. Nous te le demandons humblement : daigne “verser sur nous une eau pure afin que nous soyons purifiés de toutes nos souillures et de toutes nos idoles”. Fidèle à ta promesse, “donne-nous un cœur nouveau et un esprit nouveau ; enlève notre cœur de pierre et donne-nous un cœur de chair ; mets en nous ton Esprit afin que nous suivions tes voies, que nous observions tes commandements et que nous y soyons fidèles "(Ez 36,25-27).

 

Ce culte a été traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis sur le site de la Comunione Unitariana Italiana (CUI) le 8 novembre 2012, lien

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 15:25

albrecht_durer--mains_en_priere.jpgprière adaptée par Sophie Nyiramana (Congrégation unitarienne du Rwanda).

 

Mains en prière par Albrecht Dürer, peintre et graveur allemand (1471-1528)

 

Avant de demander à Dieu de te couronner de ses bénédictions, ensemble, faisons cette prière...

Mon Dieu,
- Aide-moi à dire la vérité en face des hommes et à ne pas mentir pour m'attirer les applaudissements.
- Si Tu me donnes de l'argent, ne me prends pas mon bonheur, et
- Si Tu me donnes la force, ne m'enlève pas mon pouvoir de raisonner.
- Si Tu me donnes le succès, ne m'ôte pas l'humilité, et
- Si Tu me donnes l'humilité, ne m'ôte pas ma dignité...
- Aide-moi à connaître l'autre aspect des choses, et
 - Ne permets pas que j'accuse mes adversaires d'être traîtres parce qu'ils ne partagent pas mon point de vue.
- Enseigne-moi à aimer les autres comme je m'aime moi-même, et à me juger comme je juge les autres.
- Ne me laisse pas m'enivrer par le succès si je l’atteint, ni me désespérer si j'échoue !
- Fais-moi plutôt me souvenir que l'échec est l'épreuve qui conduit au succès.
- Enseigne-moi que la tolérance est le degré le plus élevé de la force et que le désir de vengeance est la première manifestation de la faiblesse.
- Si Tu me dépouilles des richesses, Laisse-moi l'espérance, et
- Si Tu me dépouilles du succès, Laisse-moi la force de volonté pour pouvoir vaincre l'échec.
- Ne me dépouilles pas du don de la santé.
- Si je fais du tort à quelqu'un, Donne-moi la force de demander pardon, et si quelqu'un me fait du tort,
- Donne-moi la force du pardon et de la clémence.
Mon Dieu,
- Si je t'oublie, Toi, ne m'oublie pas!
AMEN !

 

Cet article a été traduit en italien par Giacomo Tessaro et reproduit sur le site de la Comunione Unitariana Italiana le 29 octobre 2012 (lien).

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 12:35

à Kigali, choix de la lecture et prédication par Sylvie Nyiramana, compte-rendu par Léon Pierre de Frabu Mubirigi.

Jesus_guerit_la_femme_recourbee.jpgLecture : Lc 13, 10-17 - Jésus était en train d'enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Il y avait là une femme, possédée par un esprit mauvais qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l'interpella : « Femme, te voilà délivrée de ton infirmité. » Puis, il lui imposa les mains ; à l'instant même elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu.

 

illustration de la scène vue sur un site orthodoxe

 

Le chef de la synagogue fut indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat. Il prit la parole pour dire à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. » Le Seigneur [Jésus] lui répliqua : « Esprits faux que vous êtes ! N'est-il pas vrai que le jour du sabbat chacun de vous détache de la mangeoire son boeuf ou son âne pour le mener boire ? Et cette femme, une fille d'Abraham, que Satan avait liée il y a dix-huit ans, n'est-il pas vrai que le jour du sabbat il fallait la délivrer de ce lien ? »
Ces paroles de Jésus couvraient de honte tous ses adversaires, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu'il faisait.


Prédication :

 

Il peut paraître étonnant qu’une femme possédée soit admise dans un lieu de prière. Mais la place réservée aux femmes dans la synagogue est un peu à l’écart. De plus, rien dans le comportement de cette infirme ne laisse présager la cause de son mal, que l’évangéliste révèle d’emblée au lecteur, anticipant l’explicitation que Jésus donnera en fin de récit.
Le récit précise : « et elle rendait gloire à Dieu ». Telle est précisément l’activité réservée au sabbat. L’indignation du chef de la synagogue est donc d’autant plus malvenue, que loin de transgresser le précepte, la guérison accomplie par Jésus permet tout au contraire de l’observer. Mais au lieu de juger l’arbre à ses fruits et d’entrer avec la femme dans l’action de grâce pour le miracle accompli, ce chef de synagogue réduit l’intervention de Jésus à un « travail » de thaumaturge. Voilà pourquoi Jésus rectifie son propos en précisant qu’il s’agit d’une libération, c’est-à-dire d’une action que Dieu seul peut accomplir : aurait-il donc la prétention de reprocher à Dieu d’agir un jour de sabbat ?
L’interpellation « esprits faux » - au pluriel – indique que le chef de la synagogue n’est que l’interprète de la désapprobation générale manifestée par les pharisiens présents à l’événement. Jesus leur reproche leur duplicité : en hommes religieux, versés dans les Écritures, ils savent fort bien que la Loi permet de « détacher le jour du sabbat son bœuf ou son âne de la mangeoire pour le mener à boire ». Jésus poursuit l’argumentation « a fortiori » qu’il affectionne particulièrement : « d’autant plus fallait-il délier cette fille d’Abraham des liens auxquels Satan l’avait assujettie, pour la conduire aux sources vives de l’Esprit, afin qu’elle y étanche sa soif de vie divine ! ».

 

Remarque de Léon Pierre de Frabu Mubirigi : La notion du sabbat pour nous unitariens au Rwanda ne nous divise pas car notre journée de rencontre est le dmanche et pas sous forme de sabbat ; mais c'est par contre pour nous une occasion de nous interpeller, une occasion de nous parler, de partager la Parole et avoir des discussions fraternelles !
Nous apprenons ainsi la sagesse de Dieu à travers sa Parole et nous apprenons à suivre l’exemple et obéissance de Jésus dans tout ce qu’il a fait sur terre.

 

Cet article a été traduit en italien par Giacomo Tessaro et reproduit sur le site de la Comunione Italiana Unitariana (CUI) le 29 octobre 2012 (lien).

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 12:07

Cyprien Rugamba est mort assassiné au tout début du généocide rwandais en avril 1994 ( lien). Poète et chanteur il prôna la paix entre les ethnies de son pays. La prière ci-dessous est mise au compte de son épouse Daphrose (d'où les accords au féminin).


J'aime ma liberté, Seigneur.../ Après l'amour, c'est le don le plus beau que tu m'as fait. / Mais, si, pour être libre, / je devais blesser, frustrer, manipuler, pour m'imposer à l'autre, / je préfère alors ne pas m'en servir.


J'aime mon indépendance, Seigneur... / Avec elle, je puis marcher seule, debout la tête haute.../ Mais, si elle m'empêche d'écouter, de connaître, d'accepter, d'aimer l'autre, / je préfère ne pas être indépendante.


J'aime mes qualités, Seigneur.../ Elles m'aident à me dire à l'autre, à m'accepter / comme je suis avec mes limites... / Mais si cela m'empêche de recevoir de l'autre, / de m'émerveiller devant ses richesses, / je préfère ne pas en avoir.


J'aime ma guitare, la nature, les fleurs, la joie, le soleil, / enfin, tout ce qui me caractérise, Seigneur.../ Mais si je devais être seule à me réjouir, écouter, regarder, / à vibrer à toutes ces beautés qui font mon bonheur, / je préfère ne jamais plus rire, ni être heureuse.


Car encore plus que ma liberté, mon indépendance, mes qualités, / encore plus que la musique ou les fleurs qui m'entourent, / j'aime et je tiens à la présence de l'autre dans ma vie.


Grâce à lui, je suis aujourd'hui ce que je suis. / Il m'a appris à mieux te connaître aussi Seigneur. / Il est ce que j'ai de plus précieux au monde.


Mais, si, pour le garder près de moi, il me fallait me mentir ou lui mentir, / cesser d'être vraie et d'être franche avec eux ou avec moi-même.../ alors, Seigneur, pour l'amour que j'ai pour lui, / et l'amour que j'ai pour toi, / j'aimerais mieux, sans qu'il le sache, / me retirer peu à peu et revivre ma solitude.


Parce que je crois qu'avant tout, / tu m'appelles à me développer dans la franchise et l'amour vrai / et que ce n'est parfois qu'à cette douloureuse condition / que l'on peut aspirer à la vraie liberté...


Traduit du kinyarwanda par la Confrérie unitarienne du Rwanda (devenue depuis Congrégation)

en septembre 2010

 

cyprien_rugamba_par_pascal_nyemazi.jpgNKUNDA UBWIGENGE NYAGASANI, ARIKO…

Urukundo n’impano  ikomeye  wampaye…/ Ariko, niba ukwishyira ukizana gushobora gutuma / Nkomeretsa, naniza,  mvuna cg nikanyiza ku bandi, / Ntacyo kwaba kumariye.
Nkunda ubwigenge, nyagasani… / Butuma ngenda nemye, mpagaze neza…/ Ariko niba butuma ntumva, ntamenya,  ntakira cyangwa ngo nkunde abandi, / Ntacyo bwaba bumariye.
Nkunda imico myiza yanjye nyagasani…/ Ituma abandi bamenya, nkiyakira uko ndi  hamwe n’ubushobozi bucye bwanjye…/ Ariko niba ituma ntakira iby’abandi ngo nishimire icyo bandusha, / Ntacyo yaba imariye.
Nkunda gitari yanjye, ibidukikije, indabyo, ibyishimo n’izuba, / Nibindanga byose, nyagasani… / Ariko niba nshobora kwishimira, kumva, kureba njyenyine ibyo byiza byose, / Nishimira,
Sinifuza na gato guseka no kwishima.
Kuko, hejuru y’ubwigenge, ukwishyira ukizana, imico, / Nanone hejuru edilivre.gify’indirimbo n’indabyo zinkikije / Nkunda kandi nkeneye ukubaho / w’abandi mu buzima bwanjye.
Nibo nkesha kubaho uyu munsi… / Banyigishije kukumenya, / Nibo gaciro mfite kuri iyi si. / Ariko, niba, kugira ngo mbagumane, ngomba kwibeshya cyangwa kubabeshya, / Nkareka kuba umunyakuri wizewe hamwe nabo ndetse nanjye ubwanjye…/ Nuko rero nyagasani kubera urukundo mufitiye kandi nawe ngufitiye… / Ndifuza, atabimenye, kwigirayo no kubaho njyenyine.
Kubera ko umpamagarira kubaho m’ukuri n’iterambere mu rukundo nyarwo, / Nta kundi nabaho atari muri ubwo buzima.

Isengesho ryanditswe na Cyprien RUGAMBA, umusizi w’umunyarwanda, wapfuye muri 1994, bihindurwa mu Kinyarwanda na Confrérie Unitarienne y’u Rwanda

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:14

cyprien rugamba contes 2Cyprien Rugamba a été un poète et chanteur rwandais qui a recueilli des poésies royales de la grande tradition «  Ibisigo ». Sur Youtube en tapant son nom (RUGAMBA SIPIRIYANI CYPRIEN), on a accès à de nombreux enregistrements qu’il avait fait. Parmi ses ouvrages on peut citer :
La poésie dynastique rwandaise, source d'histoire, Mémoire de Licence en Sciences Historiques, Université de Louvain, 1966
Le Poète dynastique rwandais. Aspects de sa formation et de son action, dans « Africa-Tervuren », XXII, 2-4, 40/45, 1976,
Caractéristiques littéraires de la poésie dynastique rwandaise, dans le rapport de l'Institut national de la Recherche scientifique, 1977 ;
La Tradition orale rwandaise, dans « Education et Culture », n°. 7-8, pp. 111/120 ;
Préalables à l'interprétation de la Tradition orale, dans " La Civilisation cyprien rugamba contes 1ancienne des peuples des Grands Lacs ", 1981, pp. 331-348.

Il recueille aussi des contes populaires que le Conseil international de la langue française (Paris) publie en 1981 (Contes ruandais, 183 p. ) et en 1983 (Contes du Rwanda, 174 p.).
Citons aussi le nom de Gakondo, autre grand poète qui valorise lui aussi ce fonds culturel traditionnel (voir " Les poésies royales présentées par Rose-Marie Mukarutabana ", lien 


Après sa conversion au catholicisme, il fonde en septembre 1990, avec Daphrose Mugamba son épouse, la première communauté de l’Emmanuel au Rwanda, l’un des principaux mouvements du Renouveau charismatique au sein de l’Eglise catholique. Ils mettent aussi sur pied un centre d’accueil pour les enfants de la rue à Kigali, où ils s’installent en 1989. Ils seront tués avec six de leurs dix enfants dès le début du génocide, les premiers jours d’avril 1994, alors qu'ils étaient en prière à la chapelle devant le Saint Sacrement. Leur martyr est cité sur le site du diocèse catholique de Nanterre, lien.

cyprien_rugamba_et_daphrose.jpg

 

Cyprien fut un pacifiste refusant les violences entre Tutsis et Hutus qui accompagnèrent l’Indépendance de son pays. Ce vers écrit en 1981 est resté célèbre : Je ne suis pas parti me battre / J’ai plutôt évincé l’ignorance / Faisant courir le crayon sur le papier (Ntabwo nagiye kumashana / ahubwo natsimbuye ubujiji / karamu nyikanga urupapuro)


Son fils Dorcy Ingeli Rugamba, rescapé du génocide, est devenu lui aussi poète. En janvier 2005, il publie Marembo (aux éditions Da Ti M'beti, 157 p., lien), où il rend un hommage à ses parents, ses sœurs et frères assassinés. Là il écrit : "Peut-être nous faudrait-il [il s’adresse à ses compatriote après la génocide] renaître, re-débarquer encore une fois sur terre bleus et tout frais. Nous pourrions alors redécouvrir le monde et sa poésie." ; puis, Bloody Niggers !, cette fois-ci un pamphlet violemment anticolonialiste et anti-intégriste où le génocide de 1994 fait suite à une longue oppression des peuples, mis en scène par Jacques Delcuvellerie et produit à Paris en février 2007, lien


Pour en savoir plus : La poésie et la chanson de Cyprien Rugamba, par Pascal Nyemazi, Editeur : APARIS; Édition : Edilivre Edition Universitaire (29 mars 2011), série « Universitaire », 154 pages, en vente sur Amazon (lien).

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 13:55

Le rôle des unitariens au sein de la situation religieuse au Rwanda
par Clément Uwayisaba, Kigali le 26 octobre 2012.

La foi traditionnelle en Imana était partagée par tous les Rwandais. Le pays est devenu par la colonisation majoritairement chrétien. Tous les chrétiens rwandais ont gardé à travers les religions chrétiennes leur foi en Imana qui est devenu ainsi, non seulement le Dieu des Rwandais, mais aussi le même que celui des chrétiens du monde entier. Cette assimilation s'est faite sans grande rupture conceptuelle puisqu'il y avait même un baptême rwandais très proche de celui des chrétiens. Ce qui a changé sur le plan socioculturel c'est l'introduction d'un clergé, diminuant l'influence de la dynastie royale rwandaise qui n'avait pas de prétention ecclésiale, mais un réseau de pouvoirs qui se réclamait d'une harmonie dans laquelle Imana avait sa place référentielle. La pratique religieuse rwandaise était domestique.


Les institutions religieuses chrétiennes ont une influence considérable sur ce pays. Trois ans avant le génocide de 1994 un recensement avait compté au Rwanda environ 90 % de chrétiens, dont 62 % de catholiques, 18 % de protestants et 8 % d'adventistes. On trouve aussi au Rwanda une petite communauté musulmane, essentiellement à Kigali dans le quartier populaire Nyamirambo où deux mosquées ont été construites, dont l'une financée par le colonel Mouammar Kadhafi. Mais on voit aussi parfois dans la campagne de toutes petites mosquées.


Les catholiques rwandais sont liés plus particulièrement aux Eglises belge, suisse et espagnole et naturellement au Vatican. Les protestants rwandais sont plus ouverts aux Eglises anglaise et américaine.


La congrégation des Pères blancs a très largement contribué à la construction du Rwanda colonial puis à l'établissement des républiques hutu, agissant en pleine intelligence avec le colonisateur allemand puis belge. La dynastie royale tutsi a essayé de résister à l'emprise chrétienne des missionnaires, mais elle a été minée par des conversions au sein même de la famille royale qui suivaient l'enseignement dispensé par les catholiques. Un roi, résistant au baptême, a été destitué par les Belges au profit de son fils converti.


Le rôle de l'enseignement catholique sera déterminant pour l'implication chrétienne dans l'évolution coloniale du Rwanda. Les missionnaires s’attacheront en priorité à former l’élite aristocratique constituée par les Tutsi, si bien que le séminaire était, à la veille de l'indépendance, pratiquement la principale voie pour les Hutu, d’accéder à l’enseignement. D'une manière générale, pour les jeunes Rwandais de la colonisation et ensuite des Républiques hutu, la poursuite des études passait obligatoirement par une allégeance au christianisme. Lors de son audition devant les parlementaires français, le Père Guy Theunis, missionnaire-journaliste de la congrégation des Pères blancs, parlant couramment le kinyarwanda, dira de l'Église catholique au Rwanda que « c'était une sorte d'État dans l'État » avec ses paroisses, ses dispensaires et ses écoles.


A la veille de l’Indépendance, l’Eglise catholique opère un changement de ses priorités en matière d’enseignement. Des missionnaires belges flamands commencent à venir au Rwanda et voient dans la suprématie tutsi l'image des Wallons (alors politiquement dominants) dans la société belge ! Une théologie de la libération, mélangée à des considérations sur la Révolution française, baigne cette période. Monseigneur Perraudin, évêque suisse originaire du Valais en poste au Rwanda, conseille aux séminaristes une organisation rwandaise sur le modèle Suisse avec un hutuland et un tutsiland. Sa « Lettre pastorale » du 11 février 1959 est considérée comme le déclencheur du revirement de l'alliance au bénéfice des Hutu. Elle aboutira à la création du Parmehutu et à la révolution sociale hutu, dirigée par le secrétaire particulier de Mgr Perraudin, Grégoire Kayibanda, qui deviendra le premier président du Rwanda. On reprochera ultérieurement à cette lettre d'avoir donné une caution morale à la dérivation du problème des riches et des pauvres vers un problème racial.


stele_commemorative_du_genocide_au_Rwanda_en_1994.jpgJean Paul II vint au Rwanda en septembre 1990 et y prêcha le dialogue entre le pouvoir hutu (avec Juvénal Habyarimana) et les Tutsis exilés en Ouganda à la suite de pogroms de 1959 dont ils furent victimes. Mais le 1er octobre 1990, les exilés Tutsis du FPR déclenchèrent leur retour armé.

 

Kigali : stèle commémoriale du génocide de 1994

 

Quelles que soient les Eglises, elles ont toutes été traversées de la même manière par le génocide de 1994, avec des génocidaires en leur sein, des dénonciateurs et des complices, des massacrés et des exilés. Des lieux de culte furent le théâtre d'importants massacres. Certaines de ces églises ont repris leur fonction, d'autres n'ont pas été reconstruites et abritent actuellement des mémoriaux dont les plus connus sont probablement ceux de Nyamata et Ntarama (au Sud - Sud-Est de Kigali), où périrent en tout 10 000 personnes.


Il semble que les Rwandais musulmans aient été plus résistants à la propagande génocidaire que les rwandais chrétiens. Mais leur faible nombre a pu aussi permettre d'éviter que l'on remarque particulièrement leurs comportements. Toutefois Hassan Ngeze, condamné par le TPIR, responsable de Kangura, magazine notoire de la propagande pré-génocidaire, était musulman.


Depuis un certain temps et très probablement à cause du rôle réel ou supposé que les Eglises ont joué dans les crises que nous traversons, nombre d'intellectuels ont développé une certaine méfiance envers elles. Le manque de dialogue sur des questions essentielles, la manie d'imposer ce qu'elles perçoivent comme la vérité, le peu d’empressement à avouer leurs propres doutes sont autant de facteurs qui poussent certaines personnes à se retrouver dans des communautés restreintes où le doute chercheur (ou méthodique pour reprendre l'expression de Descartes), la solidarité, la croissance spirituelle, l'amour de Dieu et du prochain trouvent une oreille attentive et un coeur aimant. La congrégation unitarienne du Rwanda est précisément dans cette offre.


Notre congrégation se propose de croire en un seul Dieu (quelle que soit l'expérience et l'image que les membres en ont) et d'être ouverte au message de Jésus qui pour nous est un modèle à imiter et non un Dieu à adorer. En son sein, protestants libéraux et anciens catholiques se retrouvent chaque dimanche pour des célébrations où c'est plus l'amour, la vie et la fraternité qui sont célébrées.


Le groupe fondé il y a bientôt deux ans et demi s'efforce de construire une communauté au sein de laquelle les différences sont plutôt une richesse et où la recherche spirituelle n'a de limites que la finitude humaine qui nous maintient à notre place et permet à Dieu de garder sa grandeur. Puissent nos esprits qui cherchent la Paix, l’amour du prochain, la stabilité et la spiritualité (Dieu) obtenir satisfaction.

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 16:14

kigali_logo.jpgCes statuts ont été rédigés à Kigali le 5 juillet 2012 en vue d’une demande de reconnaissance légale selon la loi n°06/2012 du 17 février 2012 relative aux associations sans but lucratif et aux organisations basées sur les religions. Le siège de la Congrégation est établi à Gikondo, dans le district de Kicukiro, Ville de Kigali.

 

le logo de la ville de Kigali

 

Dans son article 4, la Congrégation donne son credo (déjà publié sur ce site, lien) précédé par une profession d’universalité : « La Congrégation valorise ce qui est universel et unit le meilleur de toutes les civilisations. Il est synonyme d’humanisme et respecte toute culture. Il unifie la science, l’éthique, la psychologie et la spiritualité. Il est contre le sectarisme, le racisme, le sexisme, l’homophobie, le totalitarisme, l’intégrisme et l’idéologie génocidaire. ». L’article 5 précise que les membres sont chrétiens.
 

L’assemblée générale est annuelle et élit en son sein un conseil d’administration pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois et qui doit se réunir au moins une fois par trimestre.

 

Par ces statuts, le groupe qui s'était dénommé "confrérie", devient une congrégation religieuse. Il pratique un office dominical qui suit l'ordre suivant :

- Allumage de notre calice, le symbole de notre foi
- Musique, à la fois instrumentale et vocale, avec une variété de styles
- Partage de nos joies et de nos préoccupations
- Méditation ou prière
- Lectures
- Un sermon

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Published by d'après la Congrégation unitarienne du Rwanda - dans congrégation unitarienne du Rwanda
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