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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 12:04

c--r--monie-des-fleurs----Brno-en-2007.jpg

cérémonie des fleurs à Brno (République tchèque), juin 2007


Une Congrégation religieuse libérale fut fondée à Prague en 1922 à l’instigation du révérend Norbert Capek (ancien ministre baptiste) et elle se dénomma " unitarienne " à partir du 30 juin 1930 : Religious Society of Czech Unitarians. Cette congrégation libérale adopta l’inclusivité prônée par les congrégations unitariennes américaines à la fin du XIXème siècle, à savoir l’ouverture des Eglises aux agnostiques et aux athées en recherche spirituel (les humanistes religieux) : seules les vertus morales étaient désormais requises. 

Si bien que la congrégation tchèque se retrouva composite et se posa alors la question de la communion chrétienne, laquelle n’avait plus de sens pour une assemblée devenue non unanime quant à sa foi.

Le 4 juin 1923, mettant à profit la fin du printemps où les fleurs sont abondantes dans nos jardins, Norbert Capek proposa un " festival " des fleurs. Chacun fut invité à cueillir une fleur de son jardin et à l’amener au culte. Là, les fleurs apportées par les uns et les autres, symbolisant en quelque sorte les individualités, furent mises en un vase à l’entrée de l’église, formant ainsi un bouquet qui, par la variété de ses coloris, désignait la richesse d’une assemblée réunie et fraternelle

Ce bouquet fut déposé sur une table au chœur du lieu de culte ; puis, à la fin de la cérémonie, chacun repartit avec une fleur différente de celle qu’il avait amenée, témoignant ainsi de l’échange réalisé avec les autres.

Sa femme, Maja V. Oktavec, introduisit la cérémonie aux Etats-Unis au printemps 1940, à l’Eglise de Cambridge dans le Massachusetts. Elle le fit en sa qualité de ministre du culte car elle avait été ordonnée en 1926.

En France, cette cérémonie des fleurs se fit pour la première fois le jeudi 21 septembre 2006, lors du mariage d’un couple canadien de spiritualité unitarienne-universaliste à la chapelle de Pise, dans le Gard (voir le discours d’accueil aux mariés prononcé à cette occasion par Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l’AFCU, dans la Correspondance unitarienne n° 63, janvier 2007). 

Puis elle se fit à deux autres reprises à Paris, lors de célébrations organisées par la Fraternelle unitarienne les samedis 20 janvier et 17 mars 2007.

En Suisse, les obsèques de Roger Sauter, au crématorium du cimetière Saint-Georges du Petit-Lancy, en banlieue genevoise, le lundi 23 octobre 2007, se firent autour de son cercueil et d’un bouquet ainsi composé.

Chaque fois, les participants sont fort émus par une gestuelle à la fois simple, universelle et si profondément fraternelle. Ils y participent d’ailleurs très volontiers et très spontanément. 

Les unitariens peuvent être fiers de cette cérémonie qui réunit les gens au-delà des convictions les plus diverses. Nous ne pouvons que conseiller ce rituel, plein de beauté et de sens, chaque fois que les chrétiens se retrouvent avec d’autres et que le partage du pain et du vin ne peut pas se faire à l’ensemble de l’assemblée présente.


Vue l'importance de ce rite et le bon accueil qui lui est fait chaque fois qu'il est organisé, le site de l'AFCU ouvre une rubrique le concernant. Vous y trouverez plusieurs articles. Si vous souhaitez organisez une telle célébration, que vous soyez chrétien, autre croyant ou non croyant, vous pouvez contacter l'AFCU. Notre aide est bien entendu gratuite.

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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 02:35
A propos du nom de Jésus

Le nom hébraïque de Jésus est Yeshou / Yeshoua, ce qui a donné Jésus en latin par évolution linguistique évidente, (exemple: phonétiquement parlant: Yeshou... Iézou...Yésousse...Jésus). Son nom signifie: le salut que dieu nous donne (l’Eternel nous sauve), ou encore: Est avec nous (l’Emmanuel). Les unitariens italiens ont mis ce nom sur leur logo.

Concernant l'écrit YHVH

C'est l'un des neuf noms (ineffables) de Dieu à partir du tétragramme YHWH ; il s'écrit IEVE, soit Iod, Hé, Vaw, Hé.  

Alors que El (et son pluriel Elohim) indique le Dieu créateur, adoré par les populations sémites du Moyen Orient, YHWH est le même dieu créateur lors de sa révélation à Moïse (Mt 1.21) : " Je suis, Je serai ". Il est le dieu agissant en faveur du peuple élu. Son Nom n’était pas prononcé. On lui substituait celui d’ " Adonaï " = Seigneur, ou bien " Hashem " = Le Nom. Pour plus d’information voir sur le site de l’Eglise réformée de Nancy animé par le pasteur de cette Eglise, Marc Pernot, à la rubrique " Petit Dictionnaire de Théologie ou Petite Théologie en forme de Dictionnaire " : http://www.ernancy.org/elements/dico.html
 
Marc Pernot propose de prononcer le tétragramme YHWH par l’Eternel.


En collaboration avec Alain Lauzet.

sur le Nom de Dieu, voir les livres de Gérard Gertoux (décembre 2003) et de Didier Fontaine (juin 2007), tout deux publiés aux éditions L'Harmattan. Voir le message du 21 juin 07 dans nos Actualités unitariennes "mon Seigneur dit à mon Seigneur ...". 
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 11:55

Le révérend Dr. Charles E. Joy fut le commissaire à Lisbonne de l’Unitarian Service Committee (USC) que l’American Unitarian Association (AUA, fondée en 1825 à Boston) venait de mettre en place afin de participer à l’accueil des migrants, pour la plupart Juifs, en provenance de l’Europe submergée par le nazisme. 

Le révérend était connu dans les milieux médicaux pour ses écrits à propos de l’œuvre d’Albert Schweitzer, dans les milieux chrétiens comme auteur d’un ouvrage (la Harper’s Topical Concordance), enfin dans les milieux unitariens comme ancien président de l’AUA. Il fut choisi en 1940 pour diriger l’antenne de Lisbonne. Cette ville était alors le seul port d’embarquement possible pour les réfugiés. 

L’USC recevait des demandes d’aide de la part de scientifiques, d’artistes, d’écrivains et d’intellectuels qui étaient victimes du nazisme. Ceux-ci étaient souvent sans papier et Ch. E. Joy eut l’idée d’établir pour eux un document de voyage avec entête de son association afin de faciliter l’obtention des papiers officiels dont ils avaient besoin pour embarquer. D’autant plus que les Britanniques exerçaient alors une surveillance afin d’être sûrs qu’il n’y ait pas, parmi les embarqués, des personnes politiquement indésirables. Pour cela, un cachet était nécessaire. C’est donc précisément un cachet (en anglais : a seal) et non un logo pour en tête qu’il demanda à l’artiste Hans Deutsch. Dans un rapport adressé au siège central de Boston, en date du 31 janvier 1941, le révérend décrit le dessin qui deviendra plus tard célèbre parmi tous les unitariens.

Flaming-Chalice-1--re-version.pngDans l’immédiat, seule l’USC l’utilisa pour ses besoins. Ce n’est que 35 ans plus tard, que le " flaming chalice " fit son apparition sur un document officiel (1976-77 UUA Directory) de l’Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregations, donc bien après la fondation de cette dernière en 1961 (par fusion entre les unitariens américains et les fidèles de l’Eglise universaliste, laquelle était une Eglise chrétienne). Finalement, ce n’est qu’au cours des 20 dernières années que les cultes unitariens ont commencé à pratiquer l’allumage de la flamme du calice.

L’UUA, résultant d’une fusion entre deux entités dont les dénominations confessionnelles se retrouvent à égalité dans l’intitulé de la nouvelle association, un double cercle symbolisent celles-ci.

Quant à l'USC, elle est devenue "unitarienne-universaliste" (UUSC) en 1961, lors de la fusion sus mentionnée. Voir son site : http://www.uusc.org/

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 20:06

AFCU-AG-06-calice-JPE-allume-la-flamme-bis.JPGphoto Jean-Pierre Babin

A l’occasion du culte de clôture de son assemblée générale, le dimanche matin 5 mars 2006, les membres présents de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) et leurs invités ont procédé à un rituel tout à fait émouvant qui a consisté à transmettre la flamme d’une ménorah (le candélabre rituel des Juifs) à celle de notre calice.

Nous avons voulu ainsi rappeler le lien, établi par le dessinateur H. Deutsch en 1941, entre judaïsme et christianisme. 

Guy Lévy
a allumé les bougies de la ménorah – il n’est pas Juif, mais son patronyme l’autorise à un tel geste - puis ce fut Jean-Pierre Edberg, pratiquant juif coiffé de la kippa, qui transmit la flamme.

Ensuite, nous partageâmes le pain et le vin au nom du rabbi galiléen, ‘Iéshoua de Nazareth, notre maître spirituel dont nous suivons l'enseignement et la personne.

Pour comprendre ce rituel spécifiquement unitarien, lire les articles de ce blog dans la rubrique "le calice des unitariens" et ceux de la rubrique "des fêtes et des rites" sur notre site documentaire "La besace des unitariens".

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 16:23

Lorsque le dessinateur Hans Deutsch plaça une flamme au cœur d’une coupe, ce n’est pas n’importe quelle flamme ! Nous sommes en 1941 et les demandeurs d’exil étaient pour la plupart des Juifs qui fuyaient l’enfer nazi. H. Deutsch pensa-t-il alors aux braves Grecs et Romains de notre Antiquité qui utilisaient des vases sacrés ? Ou bien plutôt, d’une part au calice des hussites (nous l’avons dit dans nos messages précédents) et d’autre part aux flammes que les Juifs allument pour célébrer leurs rites et fêtes, à commencer l’allumage de la ménorah à chaque début de sabbat et des huit bougies de ‘Hannoucah.

Le révérend Charles Joy fait partie des unitariens de Boston, héritiers d’une tradition chrétienne libérale qui, à la fin du XIXème siècle, a décidé d’ouvrir ses communautés à des agnostiques et à des non-croyants qui partagent les mêmes valeurs universelles que les chrétiens (voir la Correspondance unitarienne n° 65, de mars 2007 "Christianisme d'ouverture et post-christianisme : faut-il inviter les autres à faire partie de nos communautés chrétiennes ? "). 

L’intention est certes louable, mais elle oblige au grand écart.

Pour plaire aux chrétiens, le révérend appelle " calice " ce qui est manifestement, vu le dessin, une coupe (ce qui n’est toutefois pas un contre-sens puisque le dessin est un écho du calice des hussites ainsi que nous l’avons expliqué antérieurement) et, toujours selon le révérend, la silhouette du dessin nous fait penser à une croix – ce qui est effectivement vrai, mais de loin !

Pour les non chrétiens, le révérend puise dans ses connaissances des premiers siècles du christianisme pour évoquer les religions antiques utilisatrices de vases sacrées (où – stop, non dit ! – on y versait parfois du sang humain).

Nous sommes en 1941 et donc encore loin de l’unitarisme-universalisme qui ne prendra sa forme qu’en 1961 avec la fusion des congrégations unitariennes américaines et de l’Eglise universaliste. Mais déjà notre révérend parle ce langage qui se veut conciliant envers toutes les croyances mais qui relègue à l’arrière plan les particularismes au risque de jeter le bébé avec l'eau du bain.

Dans le cas présent, le dessin du calice unitarien par Hans Deutsch renvoie manifestement à des histoires très précises de résistance au moment même où les peuples se trouvent tragiquement confrontés au nouvel totalitarisme qu’est le nazisme. Ce n’est donc pas n’importe quelle coupe ni n’importe quelle flamme. Qu’on se le dise !

projet-Didier-2.GIFMaintenant, à partir de ces symboles concrets et précis, chacun peut s’y brancher à sa façon, vivre la transmission et la filiation comme il l’entend.

Didier Le Roux, membre de l’AFCU, a choisi d’affirmer cette filiation juive avec le dessin d’une ménorah toute entière et non seulement une flamme, placée au creux du calice. C’est un dessin dont l’expression est forte et qu’il propose comme logo pour notre association.

Le christianisme unitarien accueille très volontiers en son sein des chrétiens judaïsant. L’Eglise unitarienne de Norvège, par exemple, allie, dans son logo, le blason de notre Eglise historique (l’Eglise unitarienne de Transylvanie) et la ménorah juive.

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 15:53

Prier en allumant une bougie afin de mieux se concentrer, élever son âme dans le sens de la flamme qui vibre doucement, sensible au moindre souffle, sans nul crépitement, sans la violence des braises ardentes. Méditer ensemble, réunis fraternellement, dans une pénombre où la flamme d’une bougie nous réunit par son intimité. Ce sont là des moments forts, existentiels, bien au-delà de nos rationalités.

Ces moments sont d’autant plus denses lorsqu’ils se rattachent à l’histoire d’un patrimoine comme c’est le cas de la fête de ‘Hannouccah (Hanouka). 

 

hanuk-maroc1.jpgAu Maroc, pour porter les 8 bougies d'hannouccah, à l'extérieur de la maison, près de la porte d'entrée et afin de ne pas abîmer les murs avec la suie ; à la base les huit petits creusets alignées.

Voir l’historique et le sens de cette fête sur notre site documentaire,
La Besace des unitariens (nos deux messages du 12 mai 07, rubrique : des fêtes et des rites).


Cette petite fiole légendaire retrouvée à l’intérieur du temple de Jérusalem et dont l’huile s’avéra suffisante pour accomplir dans les règles les rituels de toute une semaine, devient le symbole d’une nation résistante à tous les impérialismes militaires et culturels, fidèle à sa foi et à sa tradition, affirmant sa propre histoire, fière de son identité. Ce n’est donc pas n’importante quelle lumière, ni une lumière " en général ".

Et puis, c’est la fête des enfants en souvenir des petits Israéliens qui lisaient la Torah à la lumière des bougies et protégés par un guetteur de leur âge afin de les prévenir en cas de patrouille. Déjà résistants, ils feignaient de jouer à la toupie lorsque les militaires occupants ouvraient la porte.

Lors de ces 8 jours de fête (avec chaque jour une nouvelle bougie allumée), on frit des beignets (en souvenir de la sainte huile) ; on offre aux enfants des toupies portant les quatre lettres hébraïques Noun, Guimel, , Chin, à savoir les initiales de la phrase : " Ness Gadol Haya Cham " = un grand miracle se produisit là-bas ; et on leur donne de l’argent (l’argent de ‘Hannouccah =  Omeï Hannouccah ) pour qu’ils apprennent à donner donner le Maasser (le Dixième de leur gain) à la Tsédaka (faire la charité).

Le mot ‘Hannouccah est lié au mot ‘Hinou’h qui signifie en hébreu " éducation ".

Jours de fête que les hasards du calendrier font tomber en temps de la Noël. Heureux hasard nous disent les Juifs pour Jésus (voir le très bel article de Susan PerlmanUne lumière pour deux croyances " reproduit dans notre Besace des unitariens). Et si nous partagions nos fêtes ? Voir notre article sur le site "Profils de libertés" : "Le culte communautaire et les festivités pour tous".

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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 11:11

channing-window.gif Comme pour toute tradition qui se respecte, le christianisme unitarien a ses fondamentaux. Nous les avons rappelés dans notre message du 1er mars 2007 (rubrique : afcu). Parmi eux, l'oeuvre du pasteur congrégationaliste de la "Federal Street" à Boston, William Ellery Channing (1780-1842), depuis que celui-ci prononça, à Baltimore en 1819, son célèbre sermon sur, précisément, "Le christianisme unitarien".

Notre site documentaire "La besace des unitariens" (voir nos liens) vient de faire le point des traductions françaises qui existent (encore trop peu nombreuses !) et de lancer un appel pour des recherches dans les bibliothèques belges afin d'y retrouver trace de documents des années 1856-57.

En 1887, l'architecte unitarien David Flint ajouta une chapelle (la Channing Chapel) à une bibliothèque de la ville d'Harbor, dans l'Etat du Maine aux Etats-Unis (littoral Est), la Winter Harbor Library. Ci-dessus la Channing's Window.

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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 10:59

 Les chrétiens distinguent les repas rituels effectués au nom de Jésus en commémoration de son geste du Jeudi saint : "le partage du pain et du vin au nom de Jésus", pour les chrétiens libéraux de la mouvance du Parvis *, l'eucharistie pour les catholiques, la Cène pour les protestants, le Lords'Supper pour les anglo-saxons, etc., de l'agape.

* voir "L'AFCU est membre des Réseaux du Parvis" (message du 28 février 2007, rubrique "Relations extéieures").

agape.gif L'agape est un repas entre convives unis par un sentiment de fraternité. Il est frugal et sans excès car l'accent est mis sur le sentiment d'union spirituelle. Le modèle en sont les repas que prenaient entre eux les premiers chrétiens (avec au menu du poisson car ils étaient pêcheurs ou bien habitants nourris de la pêche). Le mot dérive du latin ecclésiastique et provient du mot grec "agapê", l'amour. Il apparaît dans la langue française en 1574.

Les orthodoxes distribuent du pain béni, après l'eucharistie, pour rappeler ces repas fraternels.

Attention ! au pluriel, les agapes sont des repas plus abondants où l'on peut faire bombance et, éventuellement, se laisser aller à la grivoiserie et à l'érotisme !

Nous remercions Alain Lauzet de nous avoir signalé cette différence entre singulier et pluriel du mot agape.

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 18:53

Iosseph a été laissé dans le désert au fond d’une citerne par ses frères qui étaient jaloux de lui. Voici les même frères qui se retrouvent quelques années plus tard les hôtes de ce frère qui est devenu entre temps intendant de Pharaon. Alors que ses frères repartent après avoir été invités, Iosseph fait mettre un ciboire dans les bagages du benjamin. Il y aura un happy end et des retrouvailles émouvantes.

Pr--tre---gyptien-tenant-une-coupe.PNG

Note de André Chouraqui (Paris, éditions Lidis, 1982, tome 1, p. 252) : à cette époque , on utilisait des coupes en métal ouvragé lors des libations rituelles comme dans les repas ; elles sont des instruments de communion avec la divinité et entre les hommes qui boivent son vin. Photos de 3 coupes en argent provenant du temple de Tod, trouvées dans les coffres au nom du roi Amenemhat II, 12ème dynastie, Paris, musée du Louvre.

C’est un ciboire d’argent qui est glissée dans les bagages du jeune Benjamin afin que Iosseph l’accuse de vol et prenne ce prétexte pour le retenir en otage.

Gn 44, 5 " N’est-ce pas avec cela que mon Adôn boit et qu’il devine avec ? ".

Note d’A. Chouraqui : la divinisation se faisait dans le vin de la coupe magique. Le procédé consistait à lire la volonté des dieux dans les bulles du liquide ou dans les traces métallisées. Iosseph consultait sa coupe pour les décisions de gouvernement qu’il devait prendre.

Pour cette coupe magique, c’est le terme de ciboire qui a été choisi par le traducteur. Gn 44, 2 " Et mon ciboire, le ciboire d’argent, tu le mettras sur la bouche de la sacoche du petit ... ". Les frères sont accusés de profanation et pas seulement de vol  puisque l’objet est sacré (Gn 44, 7).

note de Jean-Claude Barbier, le 29 janvier 2006

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 18:24

Chalice en anglais est traduit par le mot français calice. Dans un sens poétique il désigne également une coupe. Mais inversement une coupe ne sera pas traduite par " chalice ", mais par " cup " ou par " beaker " si elle est grande (mot qui désigne aussi un hanap, c’est à dire un grand vase à boire en métal, par exemple en étain, monté sur un pied et muni d’un couvercle) ou encore par " bowl " pour désigner un bol, une jatte, qui sont des ustensiles de cuisine. Une coupe sportive est traduite par " cup ". (PETIT Ch., SAVAGE W., 1950 - Dictionnaire classique anglais-français et français-anglais, Paris : Hachette)

Le mot bol provient étymologiquement de l’anglais " bowl ". C’est une pièce de vaisselle, récipient à usage individuel, de forme hémisphérique (sans nécessairement de pied) et qui sert à contenir une substance liquide. Une " bolée " en est le contenu (café au lait, cidre, etc.).

La jatte, quant à elle, est d’origine belge (XIIème) ; elle est plus volumineuse et elle aussi de forme arrondie ; c’est un vase sans rebord ni anse ni manche. La jattée en est le contenu. La jatte est un récipient de cuisine qui contient des produits liquides comme de la crème, du miel, etc., alors que le bol est fait pour boire individuellement. La jale est une grande jatte ou encore un baquet, lequel est un cuvier en bois à bord bas et qui sert à divers usages domestiques.

Le calice n’appartient manifestement pas à ces ustensiles quotidiens. C’est un vase sacré (ce n’est pas moi qui le dit mais le dictionnaire !) utilisé par les chrétiens pour y mettre le vin de la communion. Le Petit Robert parle à cette occasion de " la consécration du vin lors du sacrifice de la messe ", ce qui n’est pas bien entendu la compréhension des unitariens.

Etymologiquement, le mot vient du grec " kalux " et du latin "calix, icis" ; il devient calice dans le français de la fin du XIIème. Contrairement à la coupe, qui est plus large que profonde, le calice a le profil d’un verre à boire. Seule le Champagne et autres mousseux se boivent dans une coupe afin de mieux libérer les bulles qu’ils contiennent, où au contraire dans une flûte à boire si l’on veut les conserver.

Ce profil se retrouve en botanique où le calice désigne l’enveloppe extérieure de la fleur recouvrant très souvent la base de la corolle ; de même qu’en anatomie où l’on parle des " calices du rein " qui sont des cavités excrétrices.

Sur l’autel catholique, avant l’offertoire, le calice est recouvert de la patène (du latin patena = bassin, plat) qui est une petite assiette de métal servant à l’oblation de l’hostie. En attendant d’être versé dans le calice, le vin est contenu dans une burette (un récipient se terminant par un goulot et servant à contenir des liquides). Les hosties, quant à elles, sont mises dans un ciboire (en anglais " ciborium ") qui est en forme de coupe, en attendant d’être distribuées aux fidèles (le mot provient du grec kibôrion, le fruit du nénuphar d’Egypte).

Les vases antiques : la patère (du latin " patera ") était un vase sacré utilisé pour offrir des libations. Il est profond et étroite à sa base, puis évasé dans sa partie supérieure. Ce terme a été repris en architecture pour désigner une rosace qui serait comme une patère antique vue de dessus. Et, cette fois-ci vue de profil, il désigne une pièce de bois ou de métal fixé au mur par une base en forme de pied de coupe et qui sert à suspendre des vêtements lourds, comme par exemple des pardessus.

Message de Jean-Claude Barbier, le 29 janvier 2006, au groupe de discussion "Unitariens francophones"

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