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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 19:07

Oberwesel--ICUU--Fulgence-Ndagijimana.JPGSuite à l'obligation pour toutes les communautés religieuses du Burundi d'être propiétaire d'un terrain et de faire construire en dur un lieu de culte, les chrétiens unitariens du Burundi, courageusement, se sont lancés dans une opération immobilière. Une souscription a été ouverte depuis un an. L'AFCU y a participé très modestement compte tenu de ses faibles moyens.  Ce sont surtout les congrégations unitariennes-universalistes américaines qui se sont montrées généreuses. Finalement, le lieu de culte, à la capitale Bujumbura, sera inauguré le 10 juillet.

 

Message de Fulgence Ndagijimana, président fondateur de l'Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (ACUB), le vendredi 4 mars 2012 :

 

F. Ndagijimana à la rencontre de l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) à Oberwesel (Rhénanie), en novembre 2007 ; photo Jean-Claude Barbier

 

" Je rentre d'un périple aux Etats-Unis qui m'a conduit respectivement au Michigan, Californie, New Jersey, New York , Massachussets et Maine.  C'était presque le tour des USA, 
 
Notre église avance plutôt bien. il nous manquait 6000 $.  Mes prédications aux USA ont apporté plus de 3000 $.  J'espère que nous aurons le reste avant longtemps, sinon, nous prendrons un crédit auprès de la congrégation de la révérende Jill McAllister qui nous soutient très activement dans notre programme.
 
l'ICUU a un bon programme de formation pour l'Afrique.  L'inauguration de notre chapelle va coincider avec une formation des francophones."
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Published by Fulgence Ndagijimana - dans ACUB (Burundi)
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 10:36

Europe--European_Unitarian_Universalists_logo.gifUn hymne composé par le révérend Mark Belletini * pour l’European Unitarian Universalists (EUU) ( lien), à chanter sur l'air de l’0de à la joie de Beethoven, à la gloire de l’unitarisme européen, publié dans « Curriculum : the garden of Unitarian Universalisme » par Melinda Sayavedra et Marilyn Walker ( lien), reproduit dans le bulletin du mois de janvier 2011 de l’Unitarian Universalist Fellowship of Paris (UUFP), et traduit en français par Jean-Claude Barbier (chrétien unitarien, Bordeaux).


* Mark Belletini est pasteur émérite à la Première Eglise unitarienne-universaliste de Columbus dans l’Etat de l’Ohio, aux Etats-Unis. Il a exercé son ministère durant 30 ans, desservant des congrégations en Californie et dans l’Ohio. Il est diplômé de l’université d’Oakland et de la Faculté de théologie Starr King School for the Ministry (à Berkeley, en Californie). Il a dirigé la commission chargée des hymnes unitariens-universalistes (Hymnbook Resources Commission), laquelle a publié en 1993 « Singing the Living Tradition » (Chantons notre tradition vivante). Lui-même a publié en son nom « Worship in UU Congregations », en décembre 1991, édité par l’Unitarian Universalist Association (UUA), puis « A Sonata for Voice and Silence: Meditations » en mai 2008, aux éditions Skinner House


Des rives lumineuses qui vont de Gibraltar à la Baltique, grises ardoise, / Des pentes vertes de Transylvanie aux grandes places publiques de Londres, / Nos ancêtres libres ont parcourus cette terre, en interrogeant, en parlant, en chantant, en écrivant / En vivant dans leurs vies, ce message : «Dieu est Un, vivez jusqu’au bout en restant debout ».


De la flamme qui prit l'Espagnol (1) à la flamme en nos cœurs, / court un fil d'or du courage liant la science, l’histoire, l’art ; / Et nous, maintenant, avec fierté, nous nous souvenons du livre de Rakow (2) consacré à la paix, / Près de la Vistule qui la première s’ouvrit afin que nos âmes s’affranchissent.

(1) Michel Servet, qui fut mit sur le bûcher à Genève le 27 octobre 1553 et que Calvin appelait « l’Espagnol » non seulement pour rappeler son origine mais aussi pour le démasquer aux yeux des Français.

(2) le Catéchisme de Rakow publié en 1605 par la Petite Eglise polonaise (anti-trinitaire) et qui reflète les enseignements du théologien italien Faust Socin.


Des retentissants échos des sermons de David prêchés devant la cour royale de son pays (3), / en passant par les textes insistants du jeune Spinoza, qui scandalisèrent le port de la Hollande, / court une route, une merveille autoroute, qui draine, pour nous, tous les chemins ; / puissions nous humblement, avec sagesse, joyeusement, reprendre maintenant cette ancienne espérance.
(3) Ferencz David, né à Cluj Napoca vers 1510-1520, mort emprisonné dans la forteresse de Deva en novembre 1579.


Liberté, Raison, Tolérance et oui, l'amour aussi, que la peur ne peut vaincre, / Sont les pancartes de signalisation sur cette route, qui nous guident jusqu’à son terme, / Là où nous trouverons ce que tous les prophètes disaient en poésie ou ont vécu en faits/ Moyens et fins sont également Un, comme les fleurs chantent déjà dans leurs semences.


texte original en anglais :


From the bright strand of Gibraltar to the Baltic, gray as slate. / From green slopes in Transylvania to great London's squares of state,/ Our free forbears, questing, speaking, singing, writing, roamed this land. / Living in their lives the message, "One is God, live out your stand." / From the flame that took the Spaniard to the flame within our hearts / Runs a golden thread of courage binding science, story, art. / And we now with pride remember Rakow's book of studied peace, / Near the Vistula first opened, then within our souls released. / From loud echoes of the sermons David preached before his court, / Through tough text of young Spinoza, scandalizing Holland's port ,/ Runs a road, a marvel highway, leading all the way to us; / May we humbly, wisely, gladly take up now this ancient trust. / Freedom, Reason, Tolerance and yes, the love that fear can't rend ,/ Are the way-signs on that roadway, bearings leading to its end, / Where we'll find what all the prophets spoke in verse or lived in deed/ Means and ends are also ONE, as flowers sing within their seed.

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Published by Mark Belletini - dans nos chants et prières
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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 10:09

"Une marche de 100 000 exclus pour la vie", tribune parue dans le quotidien La Croix du jeudi 23 décembre 2010, par Étienne Godinot, membre du Mouvement pour une alternative non-violente

La question de l’alimentation est une des plus graves qui se posent aujourd’hui à l’humanité. Olivier de Schutter et Pierre Rabhi   tirent la sonnette d’alarme : sols détruits par l’érosion, pratiques agronomiques préjudiciables à la vitalité biologique, eau polluée et insalubre, 60 % du patrimoine semencier constitué par l’humanité depuis 10 000 ans déjà perdus au profit des hybrides et des OGM, affectation des sols après déforestation à la production d’agrocarburants, disparition des insectes pollinisateurs, etc. En 60 ans, l’efficacité énergétique de l’agriculture industrielle a été divisée par deux. L’agriculture moderne (carburant des engins agricoles, engrais, transports) repose totalement sur le pétrole, ressource en voie d’épuisement. Sauf réaction rapide, la crise financière actuelle sera bientôt perçue comme une plaisanterie, comparée à la crise alimentaire qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

L’agriculture biologique, intensive en main d’œuvre, l’est aussi en connaissances : elle repose sur les échanges entre paysans, elle les érige en experts. Elle a sa source dans ces lieux d’expérimentation que sont les champs, les serres, potagers, les vergers. Elle peut renforcer la capacité des paysans les plus marginaux à se nourrir. Elle garantit mieux la sécurité alimentaire à long terme. Elle renforce la place de paysans dans le système de la production agricole dont ils sont si souvent devenus des agents d’exécution.

La moitié des habitants de la planète sont agriculteurs dont les trois quarts travaillent encore uniquement à la main. Leur permettre de vivre dignement de leur travail est un enjeu majeur, pour que la violence ne soit pas la seule alternative de millions de pauvres, affamés, spoliés, corvéables et exilés vers les bidonvilles des grandes métropoles.

Beaucoup d’organisations travaillent à améliorer les pratiques culturales respectueuses de l’environnement, à préserver et développer la biodiversité, à mettre en place des moyens d’irrigation sobres en eau, de stockage et des circuits de distribution. Mais l’alimentation n’est pas qu’un problème technique, elle est aussi un problème politique.

Jusqu’à 30 millions d’hectares de surfaces cultivées, l’équivalent de l’Italie, sont perdus chaque année, 10 millions du fait de la dégradation de l’environnement, 20 millions du fait de l’urbanisation. Les conséquences sont dramatiques pour des centaines de millions d’agriculteurs, de pêcheurs et de membres des populations indigènes. La terre, l’eau, les semences, les forêts, les minerais - biens communs de l’humanité - sont accaparés par les investisseurs avec l’assentiment des États ou dans leur impuissance. Chaque année, des investisseurs acquièrent plus de 40 millions d’hectares de terres arables. Partout sur la planète, exploitations minières ou forestières, grands barrages, zones touristiques, monocultures hyper-intensives d’exportation à base d’OGM ou production d’agrocarburants remplacent les cultures vivrières.

Parallèlement, l’afflux sur les marchés du Sud de denrées alimentaires produites dans les pays riches avec d’énormes moyens mécaniques et massivement subventionnées génère une concurrence déloyale qui ruine les paysanneries locales.

Organisée en Inde en 2012 par le mouvement gandhien Ekta Parishad, la marche Jan Satyagraha   sera une action forte et emblématique. Dans sa dernière étape en octobre 2012, elle rassemblera 100 000 pauvres, sans terre, tribaux et Intouchables qui vont marcher pendant trente jours pour faire valoir leurs droits aux ressources vitales et à une vie dans la dignité.

Cette marche sera une opportunité historique de mettre en lumière les questions fondamentales de justice sur notre planète : partage des richesses, accès aux ressources naturelles, souveraineté alimentaire, place des plus démunis dans nos sociétés, rôle des femmes, mais aussi démocratie participative, responsabilités des sociétés multinationales et du système financier, choix d’un modèle de vie et de développement.

En 2012, des actions non-violentes (marches, sit-in, chaînes humaines, moments de silence, etc.) seront organisées sur plusieurs continents en lien avec la marche indienne, particulièrement entre le 2 octobre, journée internationale de la non-violence, et le 17 octobre, journée internationale de refus de la misère.

Les deux revendications présentées aux instances internationales (OMC, Union européenne, ONU, G 20, Banque mondiale, OCDE) seront :
- le droit d’accès des populations locales aux ressources naturelles (terre, eau, semences, forêts), ce qui implique le respect des législations existantes et leur renforcement par des mécanismes de régulation et de contrôle,
- la reconnaissance du droit à la souveraineté alimentaire comme supérieur aux droits du commerce.

Comme disait Winston Churchill, « mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge ».

 

L'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) soutient ce programme.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 19:06

L'Eglise unitarienne de la République démocratique du Congo (RDC), "Lisanga ya bandimi na Nzambe ", se réjouit de la réussite des deux journées qu'elle vient d'organiser à Kinshasa, les 25-26 décembre 2010.


Les unitariens de la RDC ont montré que Dieu est amour : des fidèles sont venus de tous les coins du pays et ont participé par leurs cotisations tant financières que matérielles à l'organisation de ces journées.

 

Les prédications ont été tirées des bulletins de la Correspondance unitarienne  : " Le testament de Jésus selon l'évangéliste Jean " (n° 92, juin 2009, lien), et  " Les théologies chrétiennes libérales " (n° 85, novembre 2008, lien).

 

pygmees eglise unitarienne republique democratique congo

 

Deux chorales pygmées se sont produites, l'une composée d'enfants et l'autre d'adultes. Elles ont loué Dieu avec des chansons en langue twa  signifiant que Dieu est amour (en twa "Mbombiyanda Bolingo"). Des danseurs en tenue de raphia ont dansé.


Les unitariens du Congo RDC ont ainsi loué Dieu et prié pour que que l'année 2011 soit une année d'amour entre les unitariens ; ils ont demandé à Dieu de bénir tous les unitariens du monde et toute personne de bonne volonté.

 

Grégoire Bokungu, président fondateur de l'Eglise.

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 10:26

La Fédération des réseaux du Parvis, de par ses statuts, organise chaque année une assemblée générale, souvent le dernier week-end du mois de novembre. Entre deux AG, les délégués des associations-membres sont invités à participer à des conseils d'administration (2 ou 3 par an) et le bureau élu en AG tient lui-aussi des réunions. Afin de faciliter les échanges et la convivialité, les AG sont souvent précédés par des rassemblements ; ce qui prend tout un week-end à partir du vendredi soir ou encore met à profit un week-end prolongé à l'occasion d'un jour férié. Des Journées d'été misent sur la disponibilité des familles durant la période estivale. A la dernière AG de Lyon, il a été envisagé que les Rassemblements et les Journées d'été se fassent tous les 3 ans. L'organisation de ces rencontres s'appuie sur le réseau d'associations locales qui existe au sein de la Fédération.


AG et Rassemblements annuels

 

1999 – Paris, 6 février, assemblée générale constitutive au siège de Temps présent, 68 rue de Babylone ; puis le 27 novembre, une première assemblée générale tenue au quartier de la Bastille.

2000 - Paris, *** novembre, AG au quartier de la Bastille.

2001 – île Berder dans le golfe du Morbihan, 1er et 2 décembre, Rassemblement et AG organisés avec l'aide de Chrétiens et libres en Morbihan (CELEM).
2002 – Draveil (région parisienne), 27-28 novembre, Rassemblement et AG
2003 – Aix-en-Provence, 22-23 novembre, Rassemblement et AG organisés avec l'aide du Café Courant d’Air (Marseille)
2004 – Draveil (région parisienne), 27-28 novembre, Rassemblement et AG ;
2005 – Bordeaux, 26 et 27 novembre, Rassemblement et AG organisés à Artigues avec l'aide de Chrétiens sans frontière Gironde (CSFG)
2006 – Paris, 25-26 novembre, Rassemblement et AG organisés à la Mission évangélique populaire de Grenelle avec l'aide deThéolib, association d'inspiration protestante libérale.
2007 – Saint-Dié, 24 et 25 novembre, Rassemblement et AG organisés avec l'aide de Jonas-Vosges
2008 – Rouen, Journées d’été organisées les 11-14 juillet, sur le thème de l’Eau vive, organisées avec l'aide de l'association Point 1. Saint Jacut, près de Saint-Malo, 25 et 26 novembre, AG organisée avec l'aide de l'Association culturelle de Boquen ;
2009 – Strasbourg, 28-29 novembre, AG organisée avec l'aide de Jonas-Alsace au centre Saint-Thomas
2010 – Lyon, Rassemblement les 11-12 novembre et AG le 13, organisés avec l'aide du groupe Rhône-Alpes au Domaine Lyon Saint-Joseph à Sainte-Foy-lès-Lyon
2011 – Poulancre (à proximité de Loudéac, en Côtes d'Amor), Journées d’été, 14-17 juillet, organisées avec la collaboration de l’Association culturelle de Boquen sur le thème de la terre ; Angers, AG les 19-20 novembre

2012 - Saint-Chamond près de Saint-Etienne, AG les 30 novembre - 2 décembre (à la Maison Notre-Dame l'Hermitage)

2013 - dans la région de Lille, AG et rencontre du vendredi 29 novembre au dimanche 1er décembre

 

Jean-Claude-Barbier--Parvis--AG-de-Bordeaux--nov.-2005.jpegJean-Claude Barbier, délégué des chrétiens unitariens (AFCU) au Rassemblement du Parvis à Bordeaux en novembre 2005, donnant des informations sur le réseau européen des protestants libéraux (European liberal protestant network ELPN, lien) dans le cadre d'un atelier.

 

dates repères

- Concile Vatican II, 11 octobre 19628 décembre 1965

- "Mai 68", dimanche de Pentecôte, 2 juin 1968 à Paris, célébration eucharistique non autorisée où il y eut 70 participants catholiques et protestants ; voir entre autres l’article de Ouest-France du mercredi 5 juin 1968, reproduit par la Correspondance unitarienne n° 39, janvier 2005 et mis en ligne sur le site de Profils de libertés ( lien).
 - Publication de l’encyclique « Humanae Vitae » sur le mariage et la régulation des naissances, par Paul VI le 25 juillet 1968 ; elle déçoit les milieux catholiques progressistes.
- Destitution de Mgr Gaillot de l’évêché d’Evreux le 13 janvier 1995 (il y était depuis 1982) ; il est nommé évêque in partibus de Partenia. De nombreux groupes locaux se constituent en France et en Belgique.
- Le Mouvement International IMWAC « Nous Sommes Église » (lien) est né a Rome en 1996 de l’union d’initiatives nationales qui promouvaient dans leurs pays respectifs la campagne de signatures pour la réforme structurelle de l’Église, campagne initiée en Autriche sous le nom de Kirchenvolks-Begehren (Requête du peuple ecclésial). Ce texte, la « Requête internationale du peuple chrétien » (1995) pour l’égalité entre tous les croyants (femmes et hommes, laïcs et clercs), une attitude positive sur la sexualité et exigeante sur la justice sociale et économique, a suscité en France, en 1996, la formation de l’association Nous sommes aussi l’Eglise (NSAE) (lien).

 

Pour en savoir plus, voir sur ce site les autres articles de notre dossier "Parvis (France)" ( lien)

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 12:50

par Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien

 

Lancée en février 1999, la Fédération des réseaux du parvis réunit à ce jour une cinquantaine de mouvements (lien) dont la plupart sont apparus pour défendre les acquis de Vatican II et, pour d'autres, suite au traumatisme de 1995 que vécurent les chrétiens dit « de Gauche » lors de l’éviction de Mgr Jacques Gaillot de son siège épiscopal d’Evreux. Elle réunit à la fois des catholiques réformateurs qui espèrent changer leur Eglise sur la lancée de Vatican II, mais aussi des catholiques qui, en quelque sorte, ont pris le large et n’entendent plus obéir à une hiérarchie qu’ils estiment dépassée par les enjeux modernes.
 
Elle se trouve donc à cheval sur une frontière qui passe entre les catholiques encore pratiquants et ceux qui se positionnent désormais en dehors de l’institution, qui ont pris leur indépendance – tout en conservant bien entendu leur foi chrétienne. Même si l’évolution des dernières années, notamment avec le règne pontifical de Benoît XVI, a renforcé le camps de ceux qui n’attendent plus rien de leur hiérarchie, la Fédération n’a pas vocation à créer une dissidence catholique : elle réunit à la fois des catholiques du dedans et des catholiques du dehors ; c’est donc « et » et non pas « ou ».


Soucieux avant tout d’engagement social au nom de l’altruisme évangélique, ces mouvements n’accordent plus d’importance à la dogmatique de leur Eglise. Signe des temps, aucun ne s’intitule « catholique », tous préférant des identités plus larges : « chrétiens », « croyants », « Eglise », « Fraternité », « Evangile », « Parole », « Liberté », etc. Pour tous, c’est chrétiens d’abord et la fidélité à l’Evangile, la « Bonne nouvelle » annoncée à tous les hommes sans exception par Jésus. C’est donc tout naturellement que cette Fédération s’est engagée dans une post confessionnalité * et a accepté en ses rangs des associations d’inspiration protestante : Théolib (depuis 2005) et Expérience et Théologie (en 2010), ainsi que les chrétiens unitariens (l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens, AFCU, depuis 2006)*.


* Sur le christianisme post-confessionnel, voir notre article mis en ligne sur le site Profils de libertés, le 20 janvier 2005, dans la rubrique " Chroniques " ( lien), texte par ailleurs reproduit sur le site du Réseau européen des protestants libéraux ELPN, celui des Croyants len liberté Sarthe et dans le mensuel genevois Le Protestant  (" mensuel roman fondé en 1831 "), n° 3, mars 2005, p. 6.
  

* voir la rubrique "Parvis (France)" sur le site de l’AFCU ( lien).


Ce positionnement post-confessionnel fut fort bien expliqué dès 1999 par Jean Huez, responsable de Croyants en liberté Sarthe, dans un article intitulé « Catholiques réformateurs », dans un paragraphe intitulé précisément : "Foi chrétienne" plutôt que "foi catholique" ou "foi protestante".


« Beaucoup d’entre nous assument mal leur héritage et leur appartenance catholique. C’est parfaitement compréhensible, tant le malaise est profond par rapport au discours et à la pratique dominant dans notre Eglise. Aussi préférons nous mettre en avant notre christianisme. Et nous n’avons pas tort car notre foi ne va pas à une Eglise particulière, mais à Jésus, le Christ.
A l’inverse, nos amis protestants, beaucoup moins complexés que nous vis à vis de leurs propres Eglises, revendiquent souvent d’abord un protestantisme dont ils sont fiers, avant même leur christianisme. Nous pouvons comprendre ce souci de ne pas être confondus avec une Eglise hégémonique à laquelle ils ne veulent pas être assimilés. Mais parfois nous sommes agacés quand cette affirmation protestante est tellement forte qu’elle occulte presque le plus important : cette foi en Jésus, le Christ.
Nous n’avons donc pas tort de dire d’abord notre foi chrétienne, avant notre appartenance à une Eglise particulière ».


Tout récemment, dans un texte préparatif au Rassemblement de Lyon pour les 11-12 novembre 2010, Cécile Entremont, présidente de la Fédération, dans un article intitulé « Qui sommes-nous ? », mets volontiers en avant, elle aussi, cette diversité confessionnelle :

 

« Catholiques d’ouverture, protestants libéraux, unitariens, nous sommes de 7 à 10 000 chrétiens - au sein de cinquante associations françaises - regroupés depuis dix ans par les Réseaux du Parvis. Si certains de ces chrétiens critiques oeuvrent encore dans les Eglises instituées, beaucoup ont pris leurs distances par rapport à l’appareil « disciplinaire-dogmatique » et pour la majorité ils se rassemblent « hors les murs » pour vivre, dire et célébrer l’Evangile ensemble, de façon nouvelle. ».


Lors de ce Rassemblement de Lyon, le compagnonnage protestant a été notable, tant au niveau du comité de parrainage avec Roger Parmentier, pasteur protestant, fondateur du mouvement Actualisation de la Bible et auteur de nombreux ouvrages ( lien) et James Woody, pasteur de l’Eglise réformée de France (ERF) à l’Oratoire du Louvre et président d’Evangile et Liberté (lien), qu'au niveau des conférenciers : Raphaël Picon, doyen de la Faculté libre de théologie protestante de Paris et rédacteur en chef de la revue Evangile et Liberté (conférence-débat « Pour aujourd’hui, quel Dieu ? », du vendredi 12 novembre) et Lytta Basset, philosophe et théologienne, doyenne de la Faculté de théologie de l’université de Neuchâtel, en Suisse (conférence débat « Dieu dans les quêtes spirituelles de nos contemporains », du jeudi 11 novembre).

 

jean_charles_sikner_lyon_2010_devant_affiche_PB140796.JPGJean-Charles Sikner (photo), président de l’AFCU, et Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d’administration de cette même association, ont participé à l’Assemblée générale et au Conseil d’administration de la Fédération qui se sont tenus le samedi 13 novembre à Sainte-Foy-lès-Lyon, dans la foulée du Rassemblement.


Il s’ensuit que la Fédération est porteuse de propositions de réformes qui valent pour l’Eglise catholique, mais aussi pour toute Eglise : un engagement dans le monde à la lumière de l’évangile et selon la dynamique de Vatican II et de la théologie de la libération qui a toute sa faveur, une promotion du laïcat et une non discrimination des femmes et des homosexuels, un mode de fonctionnement démocratique au sein des communautés, une ouverture aux autres religions, etc.

 

En cela, la Fédération, si elle ne peut en aucun cas être accusée de dissidence, n’en est pas moins vecteur d’un catholicisme alternatif *


* pour cette notion d'alternativité, voir notre article du 19 janvier 2010 dans les Actualités unitariennes « Pourquoi pas un catholicisme alternatif ? » (lien)

 

Il s’ensuit qu’il lui faut poser des jalons pour un christianisme du XXIème siècle (d’où le « message d’espérance » proclamé à la sortie du Rassemblement de Lyon, lien) et mettre au point des outils les plus efficaces possibles : un site (1), des publications (2), des rencontres (3), un soutien à des groupes thématiques (4), etc.


domaine_lyon_saint_joseph_tenture.JPG(1) le site même de la Fédération (en période de rodage,  lien), mais aussi celui – bien documenté – de Nous sommes aussi l’Eglise (NSAE,  lien), celui très engagé socialement et politiquement de « Parthenia 2000 » édité par le prêtre spiritain Gérard Warenghem ( lien), et bien sûr le site des chrétiens unitariens avec sa rubrique concernant le Parvis ( lien) et nos Actualités unitariennes ( lien) avec plusieurs de ses rubriques : « catholiques libres en action », « les chrétiens se rassemblent », « communautés religieuses en débat », « épîtres d’aujourd’hui », « paroles d’évêque », « vies de prêtres », « à contre courant, la page des prophètes », « la Contre Réforme », « vive l’inter-convictionnel », « interfaith « , etc.

 

(2) Une revue trimestrielle « Les réseaux du Parvis », deux « Lettres » par an, des hors séries


(3) Une assemblée générale annuelle (en principe le dernier week-end du mois de novembre) et deux conseils d’administration par an, regroupant les représentants des associations membres pour le fonctionnement statutaire de la Fédération ; mais aussi des « Journées d’été" sur des thèmes inspirant qui invitent à une approche multiple (déjà en juillet 2008 à Rouen sur le thème de l’eau ; en projet pour juillet 2011 et en Bretagne : sur le thème de la terre) et des « Rassemblements » comme celui qui vient d’avoir lieu avec succès à Sainte-Foy-lès-Lyon, environ tous les 3 ans.


(4) déjà en place : un Observatoire chrétien de la laïcité  OCL, et un groupe « international » ; lancées en novembre 2010 : un groupe « Evangile et société » afin de mieux mobiliser les associations qui sont engagées dans le monde, et un groupe « inter fois » ou « inter spiritualités » afin d’ouvrir les catholiques aux autres fois religieuses.

 

photo : tenture dans l'espace accueil du Domaine Saint-Joseph à Sainte-Foy-lès-Lyon où s'est déroulé le Rassemblement de novembre 2010

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 11:18

Suite au Rassemblement organisé à Lyon les 11 et 12 novembre (lien), la Fédération des réseaux du parvis, qui réunit une cinquantaine de mouvements, pour la plupart catholiques mais aussi d'autres mouvements chrétiens dont l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - AFCU (lien), vient de publier un "message d'espérance" :

 

logo-GR-Parvis.JPGIl ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc prioritairement  :

• Examiner l’évolution du monde auquel est destiné le message évangélique

• Se lever pour lutter contre l’iniquité et la violence inhérentes à cette évolution technique et marchande qui ruine les valeurs constitutives de l’Humanité et met à mal la planète

• S’engager dans des lieux de solidarité, de désobéissance et de propositions alternatives

• Remettre le monde à l’endroit en donnant la parole aux exclus

• Laisser les prophètes prophétiser et porter à la lumière ce qui est en train de naître.

 

Oui, pour nous le message libérateur de l’Evangile est nécessaire au monde : il ne peut plus être porté par voie d’autorité. C’est le temps pour tous, hommes et femmes, d’en être pleinement responsables dans nos sociétés sécularisées.

 

C’est donc le temps de donner plein essor à nos communautés héritières de Vatican II, pour y vivre le partage authentique de la Parole, des célébrations tissées de nos expériences, et le travail d’actualisation du Message : Une Eglise Autre est possible ! C’est le temps aussi de renforcer publiquement nos réseaux d’humanisme :

Un autre monde est possible ! Le temps vient d’envisager l’avenir avec la force et la jeunesse de l’Esprit, Souffle d’Amour et de Vie, qui recrée le monde.

 

Ces Journées ont réuni pas moins de 500 participants au Domaine Lyon Saint-Joseph (les locaux de l'ancien Grand séminaire) à Sainte-Foy-lès-Lyon. Le succès de ce rassemblement a été d'une telle ampleur que les inscriptions de dernière minute ont dû être refusées en dépit de l'installation d'un vaste chapiteau (voir photos ci dessous). C'est un total de 700 personnes qui ont finalement manifesté leur intérêt pour cette rencontre.


domaine_lyon_saint_joseph_PB140779.JPG

domaine lyon saint joseph chapiteau PB140833

le démontage du chapiteau le dimanche matin 14 novembre après la manifestation

(photo Jean-Claude Barbier)

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 08:02

message du jeudi 7 octobre 2010 de Jean-Claude Barbier au groupe « Croissance spirituelle » ( lien)
 
Les familles spirituelles, que ce soient les gnoses, les voies soufies, les ordres monastiques chrétiens et leurs branches laïques, etc., nous ont transmis des spiritualités optionnelles au sein d'un champ religieux bénéficiant d’aumôniers, de directeurs de conscience, de maîtres, de gourous, etc. Je dirais que ce sont des spiritualités encadrées.

Mais déjà dans les années 1830, avec le transcendantalisme du philosophe et poète américain Ralph Waldo Emerson (ministre unitarien jusqu’en 1833) (lien), l’individu est invité à cheminer librement, en toute souveraineté. Il y a bien sûr du rousseauisme dans cette confiance en l’Homme : celui-ci est bon, ou du moins capable de discerner le Bien du Mal ; la contemplation de la Nature et – aussi – son intuition le mette en contact avec la Vie (ce que les théistes appellent la Création) ; avec sa raison et son intelligence, il est capable de progresser et de s’élever en connaissances mais aussi moralement. C’est en soi et non plus dans une tradition héritée qu’il faut puiser les forces car tout héritage peut s’avérer être un enfermement (Ralph Waldo Emerson fut l’ami de Friedrich Wilhem Nietzsche dont on connaît le combat contre l'idéologie chrétienne).

Et puis, la génération hippie, avec son exotisme et le New-âge, a valorisé une spiritualité à la carte, où chacun puise dans des champs religieux différents des références, des méthodes, des croyances, les gurus qui lui convient. C’est le relativisme tout azimut, liée à une sociabilité de groupes informels et éphémères aux contours flous. Une joyeuse brocante où chacun communique avec ses propres choix et ses différences. Une dynamique tout à fait libre et personnelle, non encadrée et non dirigée par une seule tradition. Les sites "Spiritualités sans frontière" (lien) ou encore "Convergence spirituelle" (lien) me semblent bien illustrer cette dynamique qui puise à l'interreligieux et au meilleur.

 

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Il est d’ailleurs significatif que ces deux sites, sans adhérer explicitement à l’unitarisme-universalisme, en reprennent les symboles dans leur bandeau d'entête. Leur non adhésion étant ici logique au regard d’une liberté individuelle particulièrement sourcilleuse de n’être incluse sous aucune étiquette, fusse-elle celle d’un courant qui a pu, à un moment ou à un autre, les inspirer. Paradoxe où l’unitarisme-universalisme, en définitive, est victime de son propre succès, la liberté religieuse affirmant la relation spirituelle à autrui – et dans ce cas l’altruisme – mais aboutissant toutefois au refus de faire communauté religieuse car celle-ci, quelqu'elle soit, est perçue comme une emprise !

Entre les deux, il y a ce qu'on pourrait appeler des spiritualités concertées où les personnes échangent entre elles, se concertent, dialoguent ; ce qui permet à chacun de se rectifier si besoin est, de revoir ses aspérités, d'avancer en s'enrichissant des apports et du regard d'autrui.

 

Les loges maçonniques, bien que dotées d'une hiérarchie, pratiquent depuis longtemps une telle concertation ; la hiérarchie y est en effet garante d'une moralité et d'une méthode et non pas pour imposer des croyances ou une idéologie précise ; elle propose un cadre pour un cheminement libre en compagnie de frères et de soeurs. Chacun y progresse avec les autres et par les autres, en toute fraternité. Les unitariens, pour leur part, pratiquent l'accompagnement spirituel et non pas la direction des consciences (par exemple pour l'accompagnement des couples,  lien). Ils encouragent à l'expression libre lors de leurs cultes (lien). 

 

Cela rejoint un peu la nécessité de la communauté chrétienne aux yeux des protestants qui partent de la lecture personnelle de la Bible, de la liberté de compréhension et d’interprétation en son âme et conscience, mais recommandent toutefois de faire cela en communauté ecclésiale - ce qui a abouti d’ailleurs, vite fait bien fait, à une confiscation de cette liberté pourtant proclamée ; ceci jusqu’à l’apparition du protestantisme libéral au XIXème siècle *
* les protestants libéraux rejoignent ainsi les unitariens (depuis 1568) et les Non-subscribings irlandais (à partir de 1725) (lien) qui furent les seuls à maintenir jusqu’au bout cette logique de la liberté de penser.


Les groupes de "Croissance spirituelle" - initiative des unitariens-universalistes américains - se situeraient plutôt dans le troisième type, celui des spiritualités concertées, bien que, en leur sein, la critique n’y soit pas de mise ( lien).
 
Bonne spiritualité de votre choix. Jean-Claude Barbier

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 19:18

Alors que Jean-Baptiste et Jésus-Christ n’ont jamais demandé à leurs compatriotes de changer de religion puisqu’ils s’adressaient à leurs coréligionnaires Juifs, mais tout simplement de changer de mœurs et de pratique, de ne plus pécher, de se converrtir de coeur et d'esprit, le terme de conversion devint, avec la fin du judéo-christianisme, synonyme d’adhésion à la nouvelle religion qu’était le christianisme de la part de « païens », puis plus tard, pour d’autres peuples également monothéistes, par exemple juifs ou musulmans.

Dès l’origine le baptême est la marque d’un changement intérieur, d’un reniement au passé ; il deviendra de plus en plus le signe d’un changement d’identité avec l’adoption d’un prénom chrétien.

Au sein de sa nouvelle communauté, la promotion du baptisé, après un temps de formation - le catéchuménat - peut être très rapide puisque tous y sont frères et sœurs et que les origines nationales sont abolies. Il y a d’emblée assimilation résultant de l’abolition des identités antérieures. Il n'y a plus ni Juifs, ni Grecs, ni païens dira Paul. L’islam et bien d’autres religions fonctionnent ainsi sur ce même modèle universel après un rituel d’entrée.

Dans la pratique, bien entendu, le nouveau converti, en quelque sorte l' "étranger", est suivi avec attention par les autochtones (censés être les descendants des premiers occupants des lieux habités, du moins ceux dont on connaît l’histoire), par les vieilles familles (les souches lignagères qui peuvent compter leurs aïeuls sur place), par les dignitaires et la hiérarchie, si ce n’est les autorités politiques.

NDLR - Dans la société civile, on notera les progrès suivants : l’insertion (qui consiste en une adaptation aux règles de vie et aux mœurs de la société d’accueil), l’intégration (qui implique l’adoption des valeurs et une solidarité active) et enfin l’assimilation (où toute trace d’identité antérieure concurrente est gommée).

Lors des conversions forcées, la surveillance est accrue et les individus identifiés selon des statuts bien précis.

 

En Espagne par exemple les chrétiens (« Cristianos ») furent « Mozarabes » lorsqu’ils vivaient en territoire arabe, « Elches » lorsqu’ils se convertissaient à l’islam (d’un mot arabe signifiant « renégat »).

Les musulmans ("Moros" , c’est à dire les Maures) furent des « Moriscos » (Morisques, littéralement « petits Maures ») lorsqu’ils durent se convertir après les édits de 1502 *, « Mudéjares » lorsqu’ils vivaient en territoire chrétien et autorisés à vivre leur propre religion, moyennant tribut, « Marranos » = Marranes, si, convertis au christianisme, ils étaient soupçonnés de continuer à pratiquer leur propre religion.

Les juifs (« Judios ») sont « Conversos » lorsqu’ils sont convertis au christianisme (ils y sont obligés depuis la fin du XIIème siècle), et eux aussi soupçonnés d’être « Marranos » lorsqu’ils continuent à pratiquer clandestinement leur religion.
* après la proclamation en 1525, par Charles Quint, de l’unité religieuse de son royaume d’Espagne, la pression sur les musulmans de Grenade sera de plus en plus forte jusqu’à la révolte dite des Morisques en 1570-1571.


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Illustration. "La Expulsión de los Moriscos" par Vicente Carducho. Museo del Prado, Madrid. Les Morisques sont expulsés de Valence par décret du 22 septembre 1609 et débarquent au port d’Oran. Pour plus amples informations sur le sort des Morisques, voir entre autres l’article dans Wikipedia ( lien)

 Si le fidèle ne se comporte pas selon les pratiques en vigueur, il sera admonesté, sinon exclu (l’excommunication chez les chrétiens). S’il n’adhère pas à toutes les croyances et, pire, s’il en professe de différentes ou de nouvelles, il courra le risque d’être taxé d’« hérétique ». S’il change de confession ou de religion, il sera un « apostat » (qui abandonne, qui renie sa foi), on dit aussi un « renégat » (mais ce terme déborde le seul domaine religieux).

La démocratie et la laïcité permettent une libre circulation des personnes entre les confessions et religions, chacun pouvant adhérer à la communauté de son choix et en changer sans que cela fasse drame dans sa famille, dans son entourage et parmi ses relations.

 

Il peut donc y avoir des itinéraires religieux et spirituels qui ne sont pas forcément des ruptures par rapport aux étapes précédentes, mais des cheminements, voire même des recherches. Il n'y a plus d'avant et d'après, des "conversions", mais des choix successifs qui peuvent être vécus comme autant de progressions.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 17:56

Pour décrire des diverses emprises religieuses sur la société civile, on constate que notre vocabulaire est à géométrie variable selon les religions.


Pour les Juifs particulièrement ritualistes et rigoristes, on parlera volontiers de Juifs « orthodoxes » par opposition aux Juifs libéraux qui, eux, font preuve de plus de souplesse. On réservera le qualificatif d’ultra-orthodoxes pour des Juifs qui imposent leur communautarisme aux quartiers et aux villes où ils sont nombreux, par exemple en faisant pression sur les commerçants pour qu’ils baissent leur rideau au début du sabbat, et qui rêvent d’un Grand Israël.


Pour les musulmans, on précisera « islamistes » pour ceux qui, en plus d’être dévots, de valoriser leur religion par le prosélytisme (les « islamiques ») veulent en faire plus et dominer la société civile par la force si nécessaire – ce qui correspond sur le plan politique à la différence entre le patriotisme et le nationalisme, le suffixe « isme » indiquant ici un excès. Les djihadistes ne se contentent pas d’une pieuse mobilisation par la prière (le djihad spirituel), mais cautionnent volontiers la guerre sainte et le terrorisme.


Les hindous seront dits « extrémistes » lorsqu’ils provoqueront des heurts avec des milieux musulmans ou chrétiens, refusant tout dialogue inter-religieux.


Les protestants sont dits « austères », « puritains », lorsqu’ils appliquent une morale rigoriste. On les dira « fondamentalistes » lorsqu’ils voudront étendre ces prescriptions à l’ensemble d’une société ; les chrétiens évangéliques américains sont par exemple souvent visés ainsi, à la fois pour leur ultra conservatisme et leur activisme politique. Mais le fondamentalisme est un retour aux textes fondateurs et n’implique pas un intégrisme proprement dit. Les témoins de Jéhovah sont fondamentalistes mais sont apolitiques et ne cherchent pas à imposer leurs règles de vie aux autres. Les Amish sont très traditionalistes puisqu’ils se réfèrent au mode de vie rurale des milieux suisse, alsaciens et allemands du 17ème siècle ! mais ils vivent cet idéal au sein d’isolats communautaires sans gêner autrui.


Chez les catholiques le qualificatif de fondamentaliste est également ambiguë car il désigne bien souvent des traditionalistes qui veulent la messe ancienne et le latin, sans pour autant remonter jusqu’au christianisme des origines.


Pour tous ces croyants entiers et carrés dans leur foi, le passage à la politique est fréquent, mais non automatique. Nous proposons d’appeler par intégrisme ce passage au politique en tant que groupe ou mouvance religieuse.


Définition de l’intégrisme par Christian Godin (Dictionnaire de philosophie, 2004, éd. Fayard / Edition du Temps, p. 670) : « Doctrine réactionnaire, radicalement anti-moderniste, en matière de politique religieuse. Né au sein du catholicisme * l’intégrisme ne se contente pas, comme le fondamentalisme protestant, de vouloir un retour à la pureté des textes d’origine. Il vise l’instauration de l’ordre religieux dans les affaires de l’Etat. Le terme a été appliqué à certaines tendances de l’islam, du judaïsme et de l’hindouisme ».


Le Larousse illustrée 2000 : « Attitude et disposition d’esprit de certains croyants qui, au nom d’un respect intransigeant de la tradition, se refusent à toute évolution ». Intégriste : « qui fait preuve d’intransigeance, d’un purisme excessif ».


L’origine de ce terme est espagnol ainsi que le rappelle Emile Poulat, historien et sociologue des religions : « Le terme est attesté pour la première fois en Espagne, à la fin 19e siècle : on désigne sous cet adjectif une branche minoritaire des carlistes, les partisans de l’infant Charles. Vers 1880, un certain Ramon Nocedal se détache de cette mouvance pour mener une politique qu’il veut déduite du Syllabus, le grand résumé des erreurs libérales promulgué par Pie IX en 1864 » (« Intégrisme : un terme qui vient de loin », sur le site Croire.com, lien).

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Published by Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - dans le vocabulaire religieux
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