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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 03:00

Cette prière - qui est un credo - nous a été transmise par Philippe De Briey, un ami belge du réseau de la Correspondance unitarienne. Elle correspond bien à la relecture du credo qui se fait actuellement dans les milieux catholiques réformateurs qui pratiquent la célébration libre.

 

avent06_12.jpgJe mets ma confiance en Jésus de Nazareth, cet homme admirable qui avait de la compassion pour ceux qui n’en pouvaient plus, il guérissait les malades, il délivrait les personnes de leurs démons intérieurs, il réintégrait les exclus, il rendait à chacun confiance et dignité. Par sa parole et par l’engagement de toute sa vie, il révélait le visage de Dieu, il annonçait son Règne et commençait à lui donner corps.


Il s’est heurté aux intérêts des puissants, à l’orgueil de ceux qui se prétendaient justes, mais il n’a pas voulu abandonner, ni la mission qu’il recevait du Père, ni ceux qui lui faisaient confiance. Les autorités de son peuple l’ont condamné, et il est mort crucifié, en solidarité avec toutes les victimes de l’injustice et de la violence.


Dieu ne l’a pas abandonné. Au-delà de la mort, ses disciples ont fait l’expérience de sa présence invisible, ils ont compris qu’il était de Dieu d’une manière unique, et j’attends, avec eux, le jour de son retour glorieux.

 

Je mets ma confiance en ce Dieu que Jésus a révélé. Il l’appelait « Père », et nous a appris à le prier à notre tour en l’appelant notre « Père ». Dieu généreux, il fait luire le soleil sur les justes et les injustes et offre à tous le bonheur du Royaume. Dieu de l’Alliance, il nous invite à vivre en communion avec Lui et avec tous nos frères humains.


Je mets ma confiance dans l’Esprit Saint, que Jésus nous a promis. C’est le Souffle du Créateur, c’est le Feu d’amour qui animait Jésus, c’est la Force intérieure qui nous apprend à vivre les uns pour les autres avec respect et souci du service mutuel.


Je mets ma confiance dans une Eglise qui rassemble tous les disciples de Jésus en une multitude de communautés de toutes les couleurs.Animée par cet Esprit qu’elle a reçu du Père et du Fils, elle est appelée à porter l’Evangile libérateur comme avenir de l’Humanité, et à vivre déjà, autant qu’elle le peut, l’utopie du Royaume.

 

Cette page a été traduite en italien par Giacomo Tessaro et mise en ligne le 9 mai 2012 sur le site de la Congregazione italiana cristiano unitariana (CICU), lien.

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Published by transmis par Philippe De Briey - dans nos credos personnels
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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 16:18

par Jean-Claude Barbier


Le pacifisme considère que la guerre est toujours la pire des solutions et qu’il est toujours possible de régler les différends entre les puissances par la négociation ; c’est en quelque sorte, la paix à tout prix. Les accords de Munich en 1938 où Britanniques et Français acceptèrent le fait accompli des premières conquêtes d’Hitler illustrent le jusqu’au-boutisme d’une telle doctrine … laquelle finalement n’empêche pas la guerre mais la retarde. Alors que son point de départ : négocier d’abord, est tout à fait réaliste et peut éviter bien des drames, la suite relève d’une naïveté en politique qui a été dénoncée.

 

Pire, en prônant le désarmement unilatérale, elle expose la population sans défense aux hégémonies et impérialismes des voisins. Les Romains ne disaient-il pas : si tu veux la paix, prépare la guerre ! Le pacifisme prend donc le risque de l’occupation du territoire national sans défense par des forces étrangères avec des formes d’exploitation en général drastiques et un Gouvernement dépendant, sinon ouvertement collaborationniste.


Les socialistes du XIXème siècle voyaient dans le pacifisme à tout crin une sortie du capitalisme qui exacerbe les rivalités nationales ; en refusant la guerre, en prenant le pouvoir par la révolution en chaque pays, ils pensaient ainsi déminer les conflits – ceux-ci n'étaient-ils pas voulus par les dirigeants pour défendre leurs intérêts égoïstes et non point par les braves peuples qui, eux, comme on le sait, sont tout à fait paisibles et vaquent à leurs simples besoins.


Cette utopie socialiste, basée sur une critique du capitalisme et sur une prise de conscience de la classe ouvrière en chaque pays, a rejoint le pacifisme chrétien qui, lui, est basé sur le message de paix de l’Evangile. Lors des Réformes protestantes du XVIème siècle, les anabaptistes et les anti-trinitaires (dans une moindre mesure) relancèrent le devoir des chrétiens de ne pas faire la guerre, de s’abstenir des fonctions dans l’Armée, mais aussi dans la Justice car certains procès aboutissent à la mise à mort du condamnés, d’une façon plus générale dans la politique. Les nobles étaient invités à ne plus porter l’épée, sinon une épée en bois toute symbolique de leur rang. En échange du risque d’être tué, eux et leur famille, le paradis est assuré aux croyants ! Et puis, en arrière fond, l’idée que c’est Dieu qui fait l’histoire et non les hommes. Le messianisme juif puis chrétien s’est nourri de cette attente de l’irruption de Dieu dans notre histoire et de la restauration définitive de la Paix.


La non-violence prend le relais du pacifisme mais, à partir de l’action de Gandhi qui a conduit à l’indépendance de l’Inde, considère qu’une résistance est possible par la mobilisation du peuple : les prisons ne sont plus suffisantes, les grèves paralysent le pays, les meneurs deviennent des héros lorsqu’ils sont arrêtés, les actions répressives trouvent vite leurs limites. Toutefois, certains régimes n’hésitent pas à massacrer leurs peuples pour se maintenir ; et là c’est la non-violence qui trouvent ses limites. Elle trouve aussi ses limites en misant sur une volonté populaire unanime et sans faille, or - le cas de l’Inde est significatif qui vit la violence s’installer entre hindouistes, musulmans et sikhs - les peuples ne sont pas homogènes et les luttes pour le nouveau pouvoir s’engagent très vite …et avec une violence extrême.


En France, le courant non-violent est représenté par la revue trimestrielle Alternatives Non-Violentes ANV (lien) dont François Vaillant est le rédacteur en chef (lien) et le mouvement animé par Jean-Marie Muller Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN), lequel insiste sur la justice sociale comme base de la paix. Voir notre dossier sur la non-violence dans les Actualités unitariennes (lien) où le lecteur trouvera plusieurs textes de Jean-Marie Muller.


A partir des travaux de l’Américain Gene Sharp* dans sa thèse de doctorat « The Politics of Nonviolent Action: A Study in the Control of Political Power », soutenue en 1968 à l'Université d'Oxford, répercutés en France par Jean Marichez et l’Ecole de la paix à Grenoble *, s’est développée une non-violence rectifiée, non plus absolue, mais à géométrie variable selon les situations, pragmatique, centrée sur les méthodes de résistances civiles de masse et les stratégies permettant aux peuples opprimés ou agressés de s'en sortir, bref sur le « comment faire? ». Gene Sharp préfère utiliser l’adjectif « nonviolent » en un seul mot afin d’éviter toute connotation pacifiste. Aujourd'hui, on peut dire qu'une cinquantaine de mouvements révolutionnaires ont suivi les techniques étudiées par Gene Sharp, aux Philippines, dans les Pays Baltes, au Kosovo, en Ukraine, en Géorgie etc. et dernièrement en Egypte et en Tunisie. Ces techniques sont enseignées par le centre de formation pour l'action nonviolente CANVAS (Center for Applied NonViolent Action and Strategies), créé par les meneurs de la résistance à Milosevic à Belgrade, en Serbie.


* Jean Marichez a rencontré Gene Sharp à Boston en 1994 au Albert Einstein Institution, près de Harvard, lors d’un séjour.


* créée en 1998 à l’initiative de Richard Pétris, sous forme d’association loi 1901, l’Ecole de la Paix se consacre à la promotion d’une culture de la paix et du vivre ensemble ( lien). « L’École de la paix travaille à la promotion d’une culture de la paix et du vivre ensemble, dans nos quartiers jusqu’aux territoires les plus lointains. Elle conçoit des outils pédagogiques, développe des animations et des formations, assure des modules universitaires, organise des rencontres d’experts, des colloques, des expositions, et développe un réseau de partenaires en France et dans le monde. Son ambition est d’associer tous les acteurs de la société, y compris les entreprises, au développement humain, et d’impliquer les jeunes dans cette construction de l’avenir ».


jean_marichez.jpg

 

Jean Marichez a publié :


La guerre par actions civiles, avec Xavier Olagne, édité par l’ex Fondation pour les Études de Défense en 1998, diffusé par La Documentation Française, Paris.
Croyances Meurtrières, à L’Harmattan, Paris, 2011 (lien).


et a traduit en français 5 ouvrages de Gene Sharp :


La guerre civilisée, Presse Universitaires de Grenoble, 1995
La Force sans la violence, L’Harmattan, Paris, 2009
De la dictature à la démocratie, L’Harmattan, Paris, 2009
L’anti-coup d’Etat, L’Harmattan, Paris, 2009
Mener la lutte nonviolente, en cours d’édition


Est-ce un reste de pacifisme ? La non-violence s’abstient pudiquement de soutenir des interventions armées qui sont programmées sous l’égide des Nations-Unies, comme par exemple l’interposition d’une force militaire entre les parties en conflit (avec droit de riposte en cas de défense), l’ingérence pour arrêter les massacres perpétrés par un régime contre sa population, etc. Ce sont pourtant des forces de Paix, un peu comme une police à l’échelle internationale dans le cadre d’un nouvel ordre mondial qui se met peu à peu (et non sans difficulté) en place et qui ont précisément comme objectif la fin des conflits.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le vocabulaire religieux
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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 19:18

note explicative de Christian Collas, membre du groupe d'information et de discussion "Unitariens francophones" sur Facebook.


La théologie négative ou apophatique (du grec apophasis : négation) est une approche qui consiste à insister plus sur ce que Dieu n’est pas que sur ce que Dieu est. Cette théologie peut sembler paradoxale puisque Dieu dit de lui-même  : « Je suis celui qui est ».  Elle a une histoire et une pratique, principalement avec le Pseudo Denys l'Aréopagite (VIème siècke), Maître Eckart (XIIIème siècle), Vladimir Lossky (XX ème siècle) dans son ouvrage « Essai sur la Théologie Mystique de l’Eglise d’Orient », sans compter tous les anonymes dont l’auteur inconnu du Cloud of the Unknowing / Nuage de l’Inconnaissance (XIVème siècle) - lequel est très influencé par le Pseudo Denys.

 
L'apophatisme est une démarche intellectuelle par laquelle toute idée que l'on se fait de la divinité se voit démasquée dans son inadéquation à délimiter ce qui est par principe sans limite. Par exemple, l’affirmation : « Dieu existe », ne peut se concevoir en théologie négative. Pas plus que : « Dieu est miséricordieux ». L’expression de la transcendance s’exprime uniquement par des propositions négatives et par un recours à l’abstraction, et ultimement par le silence car même une proposition d'apparence négative est une affirmation concernant l'indicible sur lequel rien ne peut être affirmé. Dire que « Dieu n'est pas miséricordieux » est, in fine, une affirmation toute aussi positive que d'affirmer que « Dieu est miséricordieux », puisque Dieu n'est ni miséricordieux, ni ne l'est pas (voir la présentation de cette théologie dans l'encyclopédie Wikipedia,  lien). 

theologie_negative.jpgSi l'apophatisme peut se mener à un niveau très abstrait de réflexion, elle vise finalement l'expérience sensible, à force de ne pouvoir délimiter et cerner Dieu ; ce qui arrive après épuisement de toutes les questions. Elle valorise ainsi la méditation et le mysticisme. On retrouve ces mêmes influences dans le soufisme. L'Extrême-orient a développé à sa façon, et ce bien avant l'Occident, une théologie apophatique qui s'exprime dans le bouddhisme, le taôisme, l'hindouisme et bien d'autres traditions.
 

 

Le Protestantisme a manifesté de la méfiance vis-à-vis de ces pratiques mystiques avant que des groupes quakers, luthériens, anglicans, méthodistes et pentecôtistes ne les redécouvrent. 

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Published by Christian Collas - dans le vocabulaire religieux
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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 16:51

Michel-Jas.jpgNous publions ici, avec l'autorisateur de l'auteur et de l'hebdomadaire Réforme, trois articles de Michel Jas, pasteur de l'Eglise réformée de France (ERF), parus en 2007.


Premier article : édition du 01 février 2007


Calvin écrivait : « Chaque fidèle peut bien le nommer son Père en particulier ; mais Jésus-Christ nous enseigne de prier en commun, pour nous avertir, que nous devons aussi exercer notre charité envers nos prochains, en priant, et non pas avoir soin de nous seulement »


Le soir si particulier du 11 septembre 2001, je participais à une réunion inter religieuse. Devant la gravité du contexte, on propose de bouleverser l’ordre du jour. Notre ami bonze vietnamien nous dit : « il nous faut prier le bon dieu » ! Je me souviens du regard surpris des amis occidentaux, protestants ou catholiques, devant cette proposition ! Ils croyaient avoir compris que le bouddhisme était davantage une philosophie qu’une religion ; donc normalement pas de prières !  Et surtout, je me souviens de la mimique interrogative de mes amis musulmans qui avaient plusieurs fois milité pour que les bouddhistes ne participent plus à notre groupe : « commençons par les monothéistes » avaient–ils argumenté : « d’abord, les religions abrahamiques ! » Les juifs de notre groupe ne pouvaient pas prier : ils n’avaient pas pris leur kippa. Alors les musulmans leur ont prêtés des chachiya.


Prier Dieu c’est penser au monde et au-delà. Désespérer du monde et espérer pour et malgré le monde. Surtout désapprendre tous nos savoirs, dépasser nos croyances. C'est-à-dire prier : Dieu !


Dans le protestantisme réformé la prière ne s’adresse qu’à Dieu. Le psautier huguenot du XVIe ne propose d’invocation qu’au « Seigneur, Dieu », au «  Dieu Tout puissant », au « Père Céleste », à « Dieu, notre Père notre Sauveur, Dieu de toute consolation ». L’habitude de s’adresser au « Christ » provient  d’une évolution tardive de la liturgie (avec Bersier, 1874) . Prier « Jésus » est arrivée avec le romantisme du Réveil (le pendant protestant du renouveau marial dans le catholicisme – au lieu de prier Dieu avec solennité, j’invoque la proximité de ses intermédiaires !), ou plus récemment avec certains textes-prières très théologiques (une demande pour chacune des personnes de la Trinité !), ou sécularisés : je parle au prophète de Nazareth dans certaines théologies sans transcendance de la « Mort de Dieu ».


Le théologien me dira que Celui que je cherche m’a donné comme image le Christ. J’accepte aussi que pour comprendre le Christ je reçois d’autres images : un ami, quelqu’un de ma famille qui m’a été proche, un témoin, ou François d’Assise, ou Gandhi ou l’Abbé Pierre. Et pourtant Dieu reste au-delà des images que nous pouvons avoir de lui par ses serviteurs…


Prions !


Dans toutes les langues du monde et sous toutes les latitudes, dire Dieu renvoie à une vision qui dépasse le regard (c’est pour cela que le protestant a contesté la prière devant les croix ou les icônes). Dire Dieu c’est toujours annoncer un demain « Je serai », un ailleurs « Dieu = un ailleurs ». C’est pour cela que l’exercice de la prière vise toujours ce qui habite, traverse et dépasse toute compréhension dogmatique. Prier Dieu c’est prier devant le vide ou l’apparence du vide ! « Prier en Esprit » celui qui est Esprit  ne dit pas autre chose : « Nada » comme chez les mystiques espagnols. Si la prière a tendance à devenir une prière orientée (vers le Nord, vers l’Orient, vers Jérusalem, vers la Mecque ou « au nom de Jésus-Christ »), elle garde toujours le goût de l’insécurité en s’adressant à quelqu’un de non-anthropomorphique (ou quelque chose), qui nous est proche (comme le mystère de la vie) mais différent, que l’on ne peut ni représenter ni circonscrire ! C’est cette insécurité qui est porteuse pour nous de ressourcement intérieur. C’est pour cela qu’il ne me gêne pas de prier à côté d’un moine bouddhiste. Dieu, au-delà des dogmatismes et des images qu’on s’en fait,  se rapproche de la « vacuité qui n’est pas le néant » !


Les musulmans ont dit 33 fois, puis 33 fois, puis 33 fois : « gloire à Dieu », « Louange à Dieu » et « Dieu est grand » ! Les juifs : « Oura, khévodi, oura hannévél » à partir du psaume 57.  Notre ami hindou un fameux et grave : « Om », puis une prière musulmane en arabe pour témoigner de l’échange spirituel. Un catholique a improvisé une prière spontanée : « comme font les protestants ! ». Le protestant de service : un Psaume 23 ! Et notre vieil ami vietnamien plusieurs mouvements de la tête les yeux fermés et la bouche silencieuse ! Puis une Baha’ie a lu : « Pardonne, ô mon Seigneur, à tes serviteurs et à tes servantes. Tu es en vérité celui qui, toujours, pardonne, le Très-Compatissant ».

 

Ndlr - Ce premier article avait déjà été reproduit en article à la Une du bulletin n° 66 de la Correspondance unitarienne, en avril 2007 peu de temps après sa publication dans le journal Réforme, et mis en ligne sur le site de Profils de libertés (lien)

à suivre ...

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Published by Michel Jas
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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 16:30

dans Réforme, édition du 22 février 2007, dans la rubrique "Religion - une question".


Suite de l'article précédent


Le sage indien Ramakrishna écrit : « L'homme vulgaire proclame : “Ma religion est la meilleure.” Mais quand son cœur s'ouvre à la véritable intuition, il sait qu'au-dessus des sectes et des sectaires règne l'unique Béatitude, indivisible, éternelle, omnisciente. De même qu'une mère qui fait manger ses enfants malades, donne à l'un du riz au curry, à l'autre de la fécule de sagou, au troisième du pain et du beurre, de même le Seigneur a tracé des voies différentes pour des hommes différents ».


Quand nous disons Dieu, nous exprimons une présence, une vérité, une grandeur dont le christianisme et avant lui le judaïsme ne sont évidemment pas les seuls garants. Ni même d’ailleurs l’Islam. Jésus n’a pas inventé Dieu !  Pas même Moïse, ni Abraham. Même s’il est vrai que Jésus restaure, purifie, « évangélise » notre vision de Dieu, l’Absolu, ou le mystère, ou l’Esprit, ou la vacuité bouddhique -sorte d’universalité en creux-, Dieu reste premier.

 

« Dieu a tellement aimé le Monde qu’il a donné son Fils Unique ». Dieu a un Fils. L’affirmation est totalement insupportable pour un juif ou pour un musulman ! Les hindouistes peuvent la recevoir au nom des incarnations multiples du divin (les avatâra de Vishnu en Natsya, Kurmâ, Râma, Krishna, etc.). Les juifs et les musulmans disent que par cette croyance de l’Eglise chrétienne abandonne le strict monothéisme. L’expression : « Dieu a un Fils » comprise de façon spéculative (ontologique) ou naïve (Dieu a eu des relations avec une femme) est blasphématoire !


Comment alors expliquer que quand nous disons « Dieu a un Fils », nous disons à la fois que Jésus a entretenu avec Dieu les rapports d’un fils avec son Père sans théorie sur la nature ou l’essence de quelque supranaturel (simplement : Fils = serviteur), et qu’il nous a révélé la proximité et l’autorité de Dieu comme agissant et se révélant.  « Dieu a un Fils » c’est que Dieu a « un avenir » comme le dit son nom « YHWH-Je serai » : Dieu est un futur !


Comment dire l’incarnation de Dieu sans exclusivisme, sans intolérance et manque de prudence ou manque d’universalité ? Personnellement je crois que les « Je suis » de Jésus dans l’Evangile de Jean, avant d’être reçus en grec et réinterprétés de façon christocentrique, renvoyaient à une prononciation inhabituelle (réservée au Grand Prêtre) du nom de YHWH.


Un seul chemin ?


Et même si nul ne vient à  Dieu-compris-comme-un-Père que par celui qui se prévalait d’une autorité de Grand prêtre (il prononçait le nom de Dieu), tout autant que de Prophète, il y a toujours et encore plusieurs chemins (par la nature, la musique, la poésie) pour accéder au divin. « Nul ne vient au Père que par moi » : là tous sont d’accord juifs, musulmans, baha’is, bouddhistes ou autres s’ils sont lecteurs des Evangiles. C’est une des particularités de l’inspirateur des Evangiles que de proposer cette familiarité !

 
Jésus-Christ par sa personnalité et sa force rayonnante suscitait et suscite encore autour de lui la foi. Et cette attitude transformatrice de la foi me fait penser aux expériences médicales qui décrivent l’influence du mental sur le corporel. Par ex. l’effet placebo. Deux volontaires à qui on  administre une drogue hallucinogène sont placés dans une salle d’observation. Le médicament leur provoque des sensations très fortes. Après la séance on leur dit qu’ils ont été abusés : que l’un avait reçu réellement le produit, mais l’autre pas ! Or, l’effet semblait le même. L’équipe médicale leur annonce alors que la prochaine fois ils inverseront les rôles en donnant le vrai produit à celui qui ne l’avait pas et en donnant le produit placebo à celui qui avait la drogue hallucinogène. Mais sans leur dire qui absorberait quoi. La deuxième  expérience est faite quelques semaines plus tard. Absorption du produit par l’un ; absorption du placebo par l’autre. Et là, étonnement : aucun des deux ne ressent l’effet de la drogue !


La foi et le mental


Je crois à l’incarnation non pour parler de la réalité du monde mais du mental qui le transforme. Je crois à l’incarnation non pour parler de « la chair » mais de l’Esprit !


C'est dans la mesure où le monde, avec ses idéologies, ses espoirs et ses désespoirs, est profané, dédramatisé ("la chair") par une réalité venant d'ailleurs (un espace, un repos, une certitude intime, "le goût" de l'Esprit ) que le monde dans lequel j'existe (ce que je suis, mon environnement) et l'histoire à laquelle je participe peuvent se trouver transfigurés. « Nous connaissons des hommes qui se sont convertis à Dieu sans se réclamer de J.C., en suivant simplement leur lumière intérieure, disait Wilfred Monod. Mais se convertir au Christ c’est se convertir deux fois à la lumière ».

à suivre ...

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Published by Michel Jas
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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 15:25

dans Réforme, édition du 01 mars 2007


suite et fin des articles précédents


La compréhension monothéiste s’est normalement défendue de représenter Dieu.


Et pourtant ? Chez nombre de nos contemporains, consciemment ou inconsciemment, une certaine compréhension de Jésus « Fils de Dieu » laisserait entendre, en retour, que Dieu aurait une génération de plus que son Fils (sans croire évidemment qu’il ait une barbe, plus grise ou plus blanche que celle de son Fils, il reste qu’en tant que Père, il lui aurait dit : « assieds-toi à ma droite » ! De quelle cosmologie dépend cette théologie ?). Pardon d’être irrévérencieux !


Heureusement une certaine compréhension de la Trinité (3=1) délocalise notre compréhension de la transcendance et nous sauve du Dieu-père-Noël ! « Le regardant, on ne le voit pas, on le nomme l’invisible. L’écoutant, on ne l’entend pas, on le nomme l’inaudible. Le touchant, on ne le sent pas, on le nomme l’impalpable. Il est la forme sans forme et l’image sans image » (Tao Tö king, IIIe siècle avant notre ère, un des 3 livres du canon taoïste).


Raison, imagination et foi


J’aime cette phrase de Ralph Emerson citée par André Gounelle (dans "Dieu, c’est quoi finalement ?" - sous la dir. d’A. Houziaux - Paris 2005, p. 37-38) : " Il me semble qu’il y a une sorte de profanation à dire que Dieu est personnel. Il n’est plus alors qu’un grand homme, pareil à ceux qu’adore la foule. Je refuse la personnalité à Dieu, parce que c’est trop peu ".


Jean Marie Guyau poète et rationaliste du XIX e siècle disait que si nous croyons que la Nature a un but, qu’elle va quelque part c’est que nous ne la comprenons pas : « à mesure que je réfléchis, il me semble voir l’océan monter autour de moi, envahir tout, emporter tout ; il me semble que je ne suis plus moi même  qu’un de ses flots ; que la terre a disparu, que l’homme a disparu, et qu’il ne reste plus que la nature avec ses ondulations sans fin, ses flux, ses reflux, les changements perpétuels de sa surface qui cachent sa profonde et monotone uniformité ».


Guyau reprochait aux croyants d’imaginer le réel comme un fleuve qui coulerait depuis sa source, l’origine, vers son embouchure, le but, comme si l’Histoire était prédestinée, comme si l’Univers avait un but. Or le monde ressemble plus, selon lui, à un océan dont les tempêtes, les vagues et le roulis n’ont pas de sens, ni but, ni origine ! Il serait intéressant de faire dialoguer aujourd’hui les idées de l’astrophysicien Paul Davies auteur de l’Esprit de Dieu (qui discute l’importance de Dieu comme explication nécessaire à l’Univers), l’intelligent design (branche intellectuelle du créationnisme américain ?) avec le génial et touchant Guyau (que certains protestants libéraux avaient tendance à rallier à leur cause frôlant l’agnosticisme ou la vision panthéiste du réel).


Que disons nous quand nous disons croire ou ne pas croire en Dieu ?


Même sans forme précise, nous avons des images.


Se faire tout de suite agnostique (au nom de quelque exclusivisme apophatique : « la Révélation théiste refuse le déisme » ! ) ressemble à un repli stratégique : une façon de ne pas accepter le débat avec nos amis incroyants ou en recherche. Le dogme au second degré (l’Altérité présentée toujours dans le cache-cache du paradoxe) revient à se réfugier, par pirouette, dans un discours paradoxalement encore naïf ou « chosificateur »….


Nos images mentales sont sans doute  nécessaires : fleuve ou océan, ciel ou  lumière, ou formule mathématique mystérieuse renvoyant à un espace à plus de trois dimensions. Il s’agit ensuite de les dépasser.  J’aime beaucoup dans le bouddhisme tibétain l’ascèse des mandalas : on efface les représentations symboliques qu’on avait mis du temps à confectionner !


Au-delà du Nom et de l’Image.


Que signifie la formule à mon goût trop orgueilleusement utilisée : « seule une parole de Dieu » nous serait possible (les protestants aiment se prévaloir de la juste et unique Révélation) et plus jamais une parole « sur Dieu » (l’idolâtrie vise toujours le voisin …). Soyons moins radicaux : les images participent à l’invisible comme les noms désignent l’Unique : «  Où est ta connaissance? et je vis le Feu.  Où est ta gnose ? et je vis le Feu » (Al Halladj, mystique et hérétique musulman du IXe siècle).


« Quand tu viens devant Dieu par la prière, sois dans ta pensée comme la fourmi, comme ce qui rampe sur la terre, comme une enfant qui balbutie. » disait Isaac le Syrien (un des saints de l’orthodoxie orientale chrétienne). « Ils parlent d’Indra, de Mithra, de Varuna et d’Agni quoiqu’il n’y ait qu’un seul Etre. Les chantres le désignent par des noms divers » (Rig-veda, un des plus vieux textes à la base de l’hindouisme).


On m’a dit que les Pygmées ou Bushmens croyaient que Dieu était comme le souffle qui nous entoure, comme l’air que l’on respire. Moi aussi j’ai tendance à croire que Dieu est un souffle universel, comme l’éther des anciens, puisque en physique moderne des particules le vide n’existe pas.

Fin

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Published by Michel Jas
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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 11:16

Alisha Rani habite à Shillong dans l’Etat du Meghalaya. Elle parle l’anglais, le khasi et le pnar. Elle a étudié au prestigieux collège St. Mary's College, fondé en 1821 dans le Kentucky (à l'est de la chaîne montagneuse du Cumberland).

 

De retour en son pays, elle vient de lancer un site dans le style de celui des unitariens-universalistes américains, http://uunei.org ( lien ). A noter que le UU de la dénomination signifie ici « Unitarian Union » (of Nord-East India) et non unitarien-universaliste ; rappelons que cette communauté est d’orientation théiste et s’adresse à Dieu dans ses prières..


Le site présente une liste des 35 églises de la région (la communauté avançais au début du siècle 9225 fidèles, ce qui donne une moyenne de 264 fidèles par congrégation), et de nombreuses photos qui évoquent le partenariat avec les congrégations américaines ( lien) avec la construction d’écoles (voir par exemple les photos de l’inauguration du Mawlatbah Unitarian School ce 8 décembre) et de lieux de culte. Voir aussi les photos émouvantes du 145ème anniversaire de la naissance du fondateur de l’Eglise, Hajom Kissor Singh (1865-1923).


Les chrétiens unitariens français saluent le dynamisme de cette Eglise et son ancrage dans les milieux ruraux, en suivent attentivement les activités et présentent un important dossier sur elle ( lien)

 

kashi_charlottesville.jpgà l'assemblée générale (GA) de l'Unitarian Universalist Association of Congregations (UUA, Etats-Unis), tenue à Charlottesville en Caroline du Nord, un unitarien kashi prend la parole à côté de la bannière du Partner Church Council, instance de l'UUA qui organise les partenariats.


kashi_ecole.jpg

Mawlatbah Unitarian School, école construite dans le cadre d'un partenariat

avec les congrégations unitariennes-universalistes américaines

 

kashi_hk-singh-students-during-146th-birthday-of-hajom-kiss.jpgchorale scolaire pour la célébration du 146ème anniversaire de la naissance du fondateur de l'Eglise

 

kashi_chorale.jpggroupe de femmes priant lors de la cérémonie d'anniversaire du fondateur de l'Eglise


kashi_145_anniversaire_hajom_kissor_singh.jpgkashi_145_anniversaire_hajom_kissor_singh_bis.jpg

 

kashi_lieu_de_culte_1.jpgkashi_lieu_de_culte_2.jpg

lieu de culte "moderne" en pays kashi, construit en amphithéatre circulaire. A noter le pupitre toujours très grand, en bois et avec une recherche de l'originalité, selon la tradition unitarienne américaine qui, à la suite de la tradition protestante, continue à accorder une grande importance au sermon délivré par le pasteur.  Dans la tradition unitarienne de la Transylvanie (Eglise historique de l'unitarisme datant du XVIème siècle), c'est la table de communion qui est à l'honneur.


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Published by Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens - dans Khasi Unitarian (Inde)
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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 13:27

message du pasteur, Mme Caroline Schrumpf. à la cérémonie en mémoire d’Hubert Tournès, le samedi 3 décembre 2011, au Temple protestant de Nantes

 
Hubert aimait les oliviers.


On parle souvent d’oliviers dans la Bible ; dans la Genèse lorsque la colombe revient après la grande inondation, tenant dans son bec une jeune pousse … et puis, il y a aussi ces quelques lignes du Psaume 52. En réfléchissant, j’ai trouvé que c’était une image qui représentait peut-être assez bien Hubert - même si cela fait seulement quelques mois que nous nous connaissions, que nous avions commencé à nous connaître …


Psaume 52, 10-11 – Moi, je me trouve chez Dieu comme un olivier florissant ; je me fie pour toujours à la bonté de Dieu. Je te louerai sans fin pour tout ce que tu as fait. O Dieu, c’est sur toi que je compte en présence de tes fidèles, car tu es bon.


van_gogh_oliviers.gifUn olivier est un arbre singulier, souvent sec et noueux, on pourrait dire tourmenté. Ses branches ont des sinuosités étonnantes, comme si l’arbre avait cherché, maturé pendant longtemps son chemin en explorant des voies diverses, comme si l’arbre n’avait voulu en faire qu’à son idée, sans se préoccuper de la main de l’homme. Un arbre résistant, persévérant, fidèle, un arbre bienveillant aussi par ses récoltes abondantes et son fruit nourrissant.

 

champ d'oliviers vu par Vincent Van Gogh

 

Le chemin de vie d’Hubert témoigne de ce qu’il était « un esprit libre », libre d’inventer sa vie hors des sentiers qui semblaient tout tracés, libre d’explorer des voies nouvelles, libre de porter un fruit riche et inédit, comme il l’a fait en particulier dans sa vie professionnelle à Bruxelles, puis en Algérie, puis de retour à Paris. Dans cette liberté, il empruntait souvent des chemins de traverse.


La richesse de sa vie, c’est aussi vous qui êtes là aujourd’hui, ses enfants, ses petits enfants. Une part de ce que vous êtes vient de lui. Une part de ce qu’il est vit à jamais en vous.


J’ai cherché dans le Nouveau Testament les histoires d’olivier, mais Jésus n’en parle pas. Il s’énerve contre le figuier ; il fait descendre Zachée du sycomore, il évoque le moutardier et sa graine minuscule, la vigne et le travail nécessaire du vigneron …. Mais rien sur l’olivier . Pourtant, au dernier soir de sa vie, dans les derniers moments de lutte, dans la nuit du doute et de la souffrance, Jésus trouve abri dans le jardin des oliviers.


L’olivier, c’est aussi l’image de la bonté de Dieu, comme le dit le psaume. Ou plutôt l’image de celui qui vit enraciné dans la bonté de Dieu.

 

Les chrétiens unitariens, sur leur site, ont rendu hommage à Hubert Tournès, militant catholique, décédé le 24 novembre 2011 ( lien).

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Published by Caroline Schrumpf - dans PARVIS (France)
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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 18:10

J’ai fait la connaissance d'Hubert lors des rencontres de la Fédération des réseaux du parvis (conseils d’administration ou AG annuelles), dont les chrétiens unitariens sont membres, auxquels j’ai participé, car il était le militant de toutes les rencontres. Je l’aimais.

 

Il portait sur lui toute la souffrance de son Eglise qui avait failli à la grande espérance suscitée par Vatican II, un poids lourd qu’il portait en lui-même et qui le voûtait un peu comme rongé de l’intérieur ; mais en même temps, il avait en ses yeux une curiosité juvénile chaque fois qu’on lui parlait d’un projet, comme d’une nouvelle aventure. Au sein de l’atelier « Faire Eglise autrement » de l’association Droits et Libertés en Eglise (DLE, fondé en 1988, devenue en 2011, après la fusion avec Femmes et Hommes en Eglise, Femmes et Hommes, Egalité, Droits et Libertés dans les Eglises et la Société FHEDLES,  lien), il était par exemple l’un des rares à s’intéresser aux cultes innédits pratiqués directement sur la Toile par l’Eglise unitarienne francophone ( lien).

 

hubert tournesmonserrat6

 

Dans cette mouvance militante aux visages tendus, toujours soucieuse, affairée même à sauver les meubles d’une Eglise qui s’écroule à leurs yeux, il gardait un visage de chérubin d’une étonnante jeunesse - car il portait malgré tout son âge avec de beaux cheveux d'or à la fois bouclés et rebelles. Je n’hésitais pas à m’approcher de lui, assuré de recevoir en retour un regard sympathique.


Il est mort d’une hémorragie cérébrale fulgurante et nous l’avons appris ce matin. Il a été incinéré hier, à Nantes, dans la ville où il venait d’aménager. Une cérémonie de souvenir aura lieu au temple protestant le samedi 3 décembre à 18h 45 ; puis ses cendres seront portées au cimetière du Père Lachaise le mercredi 7 où l’attendent ses nombreux amis parisiens (le rendez-vous est à 14h45, porte de Ménilmontant). Rien à l’Eglise catholique qui le fit tant souffrir … Nos condoléances vont à son épouse, Colette, et à ses enfants et nombreux petits enfants.

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Il n’apparaissait pas toujours dans les tous premiers rôles, préférant l’animation discrète et quotidienne mais inlassable ; il n’était toutefois jamais loin des podiums. Il était de toutes les conspirations, toujours en conciliabules. Grâce à ses relations européennes, il fut à l’origine du Réseau européen Eglises et libertés (le RE,  lien) : des rencontres personnelles avec l’Allemand Gerd Wild, membre du mouvement Initiative Christenrechte in der Kirche, et des membres du Mouvement néerlandais du 8 mai, aboutirent à la Conférence européenne pour les droits et les libertés dans l’Eglise (CEDLE) en 1990 à Huissen, aux Pays-Bas, rassemblant les mouvements allemands, belges, français et néerlandais qui militaient pour les droits et les libertés dans l’Eglise catholique (lien) et qui devait par la suite devenir le RE.


du_neuf_chez_les_cathos.pngIl avait apprécié que, en août 2009, je vins chez lui à La Baule, où il habitait encore, accompagné d'une amie hollandaise, Annelies Trenning, secrétaire du Chapitre néerlandais de l’International Association for Religious Freedom (IARF). J’ai appris ensuite qu’il l’avait cooptée pour des rencontres à Bruxelles, auprès du Conseil européen. Infatigable et efficace Hubert !


En souvenance de l’origine espagnole de son nom, je dirais volontiers qu’il fut un Républicain espagnol qui lutta jusqu’au bout. Il gagnera, j’en suis sûr, mais à titre posthume. Demain matin, avec émotion, j’allumerai pour lui le calice des unitariens (lien).


Hubert Tournès est coauteur avec Alice Gombault, Claude Bernard, François Becker, Gabriel Marc, Jean Combe, Marcel Metzger, Patrick Jacquemond, du livre collectif « Du neuf chez les cathos » édité par Golias en décembre 2010.

 

 

Je connais peu Hubert, aussi je suis sensible à cet hommage qui permet de connaitre ce que fut sa vie et son action : c'est à dire une page d'Evangile ... Je souhaite assurer sa famille de ma sympathie et de ma prière. Réjane Harmand, Evangile et Modernité (association membre des Parvis), Angers, message du 2 décembre 2011.

 

Voir l'article sur le site de la FHEDLES (lien) qui retrace tous les engagements d'Hubert Tournès et qui témoigne de ses qualités humaines, avec les premiers témoignages (Marie-Thérèse van Lunen Chenu, François Becker, etc.). Cet article se propose de donner la référence de tous les témoignages qui paraîtront dans les jours à venir.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans PARVIS (France)
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 01:51

La plus ancienne Eglise unitarienne de l’Inde fut fondée à Madras (au nord de Pondichéry, sur la côte orientale) le 19 décembre 1795 par William Robert à son retour d’Angleterre où il avait été emmené comme esclave et où il fréquenta une église unitarienne. Il était né d’un parent hindou et avait grandi dans une famille musulmane. Il était simple laïc, devenu libre après la mort de son maître. Cette Eglise existe toujours aujourd’hui et est restée de confession chrétienne : Unitarian Christian Church in Chennai. Mais elle est restée isolée et n’a pas fait tâche d’huile.

 

kashi_unitarian_church_puriang.JPG

l'église unitarienne de Puriang, en pays kashi (N-E de l'Inde).

Au sommet du fronton, le calice des unitariens doublé d'un éclairage de nuit de même forme.

 

C’est en pays kashi, au sein d’une ethnie de la partie actuelle Nord-Est de l’Inde (séparée du reste du pays par le Bangladesh) que l’unitarisme va se développer à l’initiative d’un indigène autodidacte, Babu Hajom Kissor Singh Lyngdoh Nongbri, à partir de 1887. Il est décédé le 13 novembre 1923 à Puriang, un village à environ 19 km de Jowai et à 40 Km de Shillong. Il laisse derrière lui une Eglise unitarienne croyante en un Dieu universel selon la tradition unitarienne américaine d’ouverture à tous. Chaque année, les Eglises unitariennes de cette région commémorent cette anniversaire ; cette année fut le 88ème anniversaire.

 

kashi_choeur_de_femmes_madan_laban_church.JPGkashi_madan_laban_church.JPG

l'Eglise unitarienne de Madan Laban commémore l'anniversaire de la mort de Hajom Kissor Singh,

dont on voit la photo derrière le célébrant.

 

Cette Eglise est théiste : croyance en Dieu, référence à l’enseignement de Jésus, mais aussi à d’autres corpus religieux, comme par exemple la sagesse des religions locales. Elle regroupe aujourd’hui environ 100.000 fidèles. Voir la présentation de cette Eglise sur le site des chrétiens unitariens de l’AFCU dans le dossier qui lui est consacré (lien).


kashi_Jowai_church.JPGl'église unitarienne de Jowaï dans l'Etat du Meghlaya (N-E de l'Inde) ;

au sommet le calice des unitariens

Le siège de l'ICUC se trouve dans cette ville

 

 Les deux communautés, celle de Chennai et l’Union des Eglises unitariennes du pays kashi, se sont mises d’accord pour un organe national, le Indian Council of Unitarian Churches (ICUC) fondé le 12 décembre 1987 et basé à l’Office of the Unitarian Union, à Jowai, dans l’Etat du Meghalaya (N-E de l’Inde, en pays kashi).
Office of the Unitarian Union, Jowai –793150 Meghalaya, India. Ph. No. (O) 22528.


h_helpmen_mohrmen.jpgLe révérend H. Helpme Mohrmen * (photo jointe), secrétaire général de cet organe national, gère plusieurs sites sur la plate-forme Blogger. Grâce à eux, nous disposons désormais d’une bonne documentation en anglais et en langue kashi, ainsi que des photos (il faut cliquer sur elles pour les agrandir). * E-mail : hh_mohrmen@yahoo.com, H.H.Mohrmen@gmail.com


Unitarian Church North East India,

depuis octobre 2010 et en anglais (lien),
Unitarian Union North East India,

depuis octobre 2009 et en langue kashi (lien),
U Nongwad, depuis octobre 2009, en langue kashi (lien)
H.H. Mohrmen, depuis novembre 2008, en anglais,

blog personnel donnant des informations et un point de vue sur la région (Etat du Meghalaya) (lien)


La prière mondiale des unitariens pour le mois de décembre 2011 a été écrite par le  révérend Derick P. Pariat de l’Unitarian Church de Nongthymmai, près de Shillong en pays kashi, dans l’Etat de Meghalaya (lien).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans Khasi Unitarian (Inde)
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