" Réflexion " par Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l’Assemblée
fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), au culte francophone du dimanche 25 mai 2008 de l’Eglise unitarienne de Montréal (EUM) (1ère partie) ; allocution publiée
dans le bulletin n° 80, juin 2008, de la Correspondance unitarienne
l'église unitarienne de Montréal, façade et entrée ; photo. Jean-Claude Barbier, mai 2008
Très Chèr(e)s Ami(e)s,
Ce n’est pas par hasard, vous vous en doutez bien, si j’ai traversé l’Atlantique pour avoir le grand plaisir de vous rencontrer. Notre histoire commune – je dis bien "commune" car il s’agit d’une
convergence entre l’unitarisme * de nos deux pays respectifs – notre histoire donc, je crois pouvoir le dire, est le résultat de volontés de la part de plusieurs personnes.
* " unitarianisme " au Québec (terme qui a été utilisé lors de la version orale de ce discours puisque je me
trouvais à Montréal), " unitarisme " en Europe francophone.
Je me propose d’en rappeler les prémices, du moins vus du côté de la France
Michel Lalonde commença à fréquenter votre Eglise au début de 2000. En mars 2001, un ami unitarien de votre communauté lui communiqua les coordonnées du site de Pierre
Bailleux qui s’intitulait alors Protestantisme libéral unitarien, et qui fut l’ancêtre du site Profils de libertés. M. Lalonde écrivit alors à cet éditeur en date du 21
avril 2001 " Depuis ce temps, dit-il, je vous visite régulièrement attendant avec enthousiasme et impatience toute nouveauté qui apparaît sur le
site ". Il s’ensuivit un échange de correspondance tout à fait prometteur.
Presque trois ans plus tard, au début de 2004, P. Bailleux m’envoie ce message et je décide de le publier à la Une de notre bulletin, la Correspondance unitarienne *. Je contacte alors
le webmestre du site du MUUQ au mois de février, afin d’avoir les coordonnées de l’intéressé. Ce webmestre, alors anonyme pour moi, était Simon Latarte. Il me donna les
coordonnées de Mme Krystina Matula, laquelle s’entremit auprès de M. Lalonde. Je pus ainsi publier le texte de ce dernier.
* lancé en octobre 2002 par moi même et mis sur son site de par P. Bailleux.
Ce sera l’article à la Une de notre n° 29, de mars 2004, que j’intitule "Unitariens d’Amérique et unitariens
d’Europe ". L’auteur s’y fait prophète dans son dernier paragraphe :
" Je caresse un idéal, un rêve qui me revient sans cesse et c'est celui de voir un jour des Eglises
unitariennes francophones des deux côtés de l'Atlantique qui établiraient des contacts et qui travailleraient ensemble pour répandre ce vent de fraîcheur et de libéralisme religieux que tant de
gens recherchent mais ne retrouvent pas faute d'alternatives radicales. "
M. Lalonde tint à ajouter un épilogue où il confirmait tout à fait les idées qu’il avait déjà exprimées. J’y ai mis un sous-titre de mon cru : " notre oncle d’Amérique persévère
dans ses intentions … ".
" Je constate, dit l’intéressé, que mes convictions ont peu changé depuis cette époque. Selon moi l'unitarisme demeure une
excellente alternative spirituelle (personnellement, la meilleure) qui sort du giron du conservatisme et de l'orthodoxie chrétienne.
J'avais terminé ce message en exposant mon désir de voir l'unitarisme prendre de l'expansion des deux côtés de l'Atlantique ; mieux même, fraterniser afin d'échanger et de se connaître. Pour
reprendre une idée du site Profils de Libertés : aménager des passerelles entre unitariens de toute la francophonie, sans oublier nos frères et soeurs de toutes les nations.
Je partage également votre espoir d'établir une relation qui pourrait être fort agréable et profitable. Peut-être pourrions-nous correspondre régulièrement afin de connaître ce qui se fait en
Europe et en Amérique, échanger des documents, des idées ... Amicalement. "
Sur ce, j’avais alors lancé un appel aux membres de notre réseau de la Correspondance unitarienne : "Allo Rézo : un membre de notre réseau serait-il intéressé pour développer les relations avec nos amis Québécois et
Canadiens, si possible sachant se débrouiller en anglais pour le Canada anglophone. En prime, annonçais-je : un séjour en sport d’hiver ... ".
A cette date là, trois membres francophones de cette communauté recevaient déjà notre bulletin : Krystina Matula, Michel Lalonde et Nancy Labonté dont je venais tout juste de faire la
connaissance, en février 2004, dans un forum de végétariens. Elle avait répondu à un interlocuteur de ce forum en évoquant les unitariens en France* ; par moteur de recherche, j’étais tombé
tout à fait par hasard sur la conversation.
* la Fraternité unitarienne localisée à Nancy et la communauté des anglophones à Paris
" En France, disait Nancy à son interlocuteur, il y a l'Eglise unitarienne de Nancy... ils sont très traditionalistes,
attachés aux premiers mouvements chrétiens unitariens (il y a 450 ans)*. Il semble qu'à Paris, il y aurait une petite communauté américaine universaliste unitarienne, c'est l'association de ces
deux termes qu'il faut chercher ! C'est cette dénomination qui regroupe des gens très libéraux et soucieux d'agir pour le bien du monde (toujours selon leur niveau de conscience... et leur
vocation...) Bonne recherche ! ".
* en fait, la communauté de Nancy en France est monothéiste et se réfère aux livres révélées des diverses
religions.
Son interlocuteur, un nommé Richard, ironisait quelque peu sur le fait qu’il puisse y avoir des athées dans une Eglise. Et Nancy de répondre, déjà avec assurance : " Non, pas étonnant, l'Eglise est un lieu communautaire de partage et de progrès personnel. Il y a beaucoup
d'athées à l'Eglise unitarienne universaliste (en fait, la majorité). Au début, ça me dérangeait un peu, je ne comprenais pas la motivation de ces gens... car j'ai personnellement la foi en une
force bienfaisante. Mais, par la suite, j'ai réalisé que nous partagions une foi similaire... sauf que leur fierté était de proclamer leur athéisme... et que moi, j'étais toujours un peu
romantique ! ".
Le 15 mars 2004, dans le même forum, elle continue à défendre avec vigueur la présence des athées au sein de l’Eglise unitarienne : " Ces athées ont la foi en l'union de forces positives, en une éthique de vie élevée, en un respect de la dignité
des individus et aussi ils croient que le recueillement est bénéfique pour tous, même si cela n'est pas dirigé vers une hypothèse relevant autant de la symbolique que de la vérité... ils
accueillent leur intuition et s'efforcent de vivre au mieux de leur capacité... dans l'amour et la tolérance. Je trouve cela plutôt cohérent... Pour le catholicisme au Québec... ce n'est pas la
sauvegarde du français qui est la blessure, mais un obscurantisme misérable qui a mutilé des générations de pauvres diables, bien au-delà de la révolution française... cela sans parler des abus
de pouvoir... de toutes sortes... psychologiques et physiques... ".
Quant à moi, j’intervins pour rassurer Nancy de notre bonne volonté et de notre ouverture d’esprit : " Chère Amie. A la lecture de votre intervention sur
un forum, je peux vous assurer que le christianisme unitarien est lui aussi très ouvert à des agnostiques et à des athées (…) ".
Sa réponse fut pleine de fraîcheur comme l’était son pseudonyme d’internaute, car elle avait choisi le nom fort poétique de " Fée
verte " : " Bonjour Jean-Claude! Je suis très heureuse d'entrer en contact
avec toi. Si tu désires discuter avec moi, je serai toujours ouverte à apprendre de ta sagesse et à te communiquer le fruit de mes expériences. Je suis très occupée... cela fait quelques semaines
que je n'ai pu aller à l'église. Je ne connais pas Krystina et Michel... Demande-leur s'il m'ont vu, j'ai une fille de 6 ans qui a les cheveux blonds aux épaules qui fréquente l'école du
dimanche... sauf que depuis Noël, notre présence fait défaut ! Bon, je vais lire les fichiers joints ! à la prochaine ! Et merci pour le beau site web Profils de liberté! Ciao,
Nancy ".
La suite est plus connue :
- participation de N. Labonté à notre groupe de discussion " Unitariens francophones " dès son ouverture en avril 2005 (elle sera suivie plusieurs mois après par celle de
Maurice Cabana-Proulx et de Jo-Anne Elder-Gomes),
- mon inscription en septembre de la même année à CUC-en-français (elle aussi suivit de plusieurs inscriptions de Français – Christian Collas, Jean-Marc Van Hille, Virgil Pérez, etc. – et le Belge Pierre Bailleux) ;
- le lancement du RFUU en novembre 2005 et la participation de plusieurs unitariens français à ce réseau : Fabrice Descamps, Virgil Pérez, Bernard Biro, Alain Lauzet et Grégoire Maury ;
- le partenariat entre chrétiens unitariens et le RFUU établi en juillet 2006 ;
- enfin, tout récemment, le 18 mai 2008, l’Appel francophone d’Ottawa, signé entre les chrétiens unitariens de l’Europe francophone, ceux d’Afrique noire et le RFUU, que nous venons de proclamer dans le cadre du rassemblement annuel du CUC ;
- à votre invitation, j’ai ajouté ma présence aujourd’hui parmi vous.
J’avoue que, comme l’interlocuteur de la Fée verte que nous avons cité, je n’ai pas tout de suite compris l’ouverture d’une Eglise aux non-chrétiens et aux non-croyants. Par son vécu personnel,
par sa sensibilité, par son attachement à votre communauté, Nancy m’a grandement aidé à comprendre de l’intérieur votre mouvement. Je tiens ici à l’en remercier très chaleureusement.
(…) à suivre. La seconde partie de cette allocution sera
publiée dans notre prochain bulletin sous le titre " Oui, le pari de l’unitarisme-universalisme est en train d’être
tenu ".



Chez les unitariens canadiens, les rites de passage sont principalement les mariages, les funérailles, les commémorations et les cérémonies d'accueil des enfants.
Nous pouvons aussi ajouter à cette liste les passages à la retraite, les rites de bénédiction de maison ou ceux de " coming out ". Ce sont des occasions d'honorer publiquement un événement
important en compagnie de ceux qui nous sont chers. Les Églises unitariennes canadiennes manifestent une spiritualité libérale qui est apte à apporter un sens personnel aux rites de passage tout
en respectant la spiritualité spécifique des célébrés.