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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 06:44

communication de Jean-Claude Barbier lors de la Deuxième semaine unitarienne de Nantes, le mercredi 5 août 2009

 

1 - Historique


Le catholicisme progressiste est assurément l’héritier du catholicisme social du début du XIXème siècle, sensible aux plus pauvres, aux plus démunis, au plus discriminés ; il se veut immergé dans les masses populaires et participant à leurs luttes. D’une façon plus proche, il est en filiation avec les mouvements d’Action catholique qui, à partir des années 1925, incitèrent des générations de jeunes adolescents et de jeunes adultes à s’engager dans le monde hors des structures paroissiales et confessionnelles, tenant compte ainsi de la sécularisation du religieux. Egalement en sympathie avec les prêtres ouvriers qui, dans les années 1940-50, sortirent de leurs sacristies et presbytères pour exercer une vie professionnelle au milieu des travailleurs et que Pie XII dénonça en 1954.

 

* La Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) est une association de jeunes chrétiens du monde ouvrier, fondée en 1925 par l'abbé belge Joseph Cardijn, Jusqu'en 1987, la JOC était scindé en deux structures distinctes : la JOC (masculine) et la JOCF (féminine), créée en 1928 sous l'impulsion de Jeanne Aubert. A partir de ses cohortes devenues adultes, la JOC engendra ensuite, en 1930, la Ligue ouvrière chrétienne (LOC), qui deviendra l’Action catholique ouvrière (ACO) en mars 1950. En 1929, une Association catholique de la jeunesse française (ACJF), ancêtre de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) a rapidement emboîté le pas aux jeunes ouvriers de l’abbé J. Cardijn.


Les catholiques progressistes ont été enthousiasmés par le concile Vatican II (1962-1965) ; ils ont participé à l’idéologie libertaire et autogestionnaire de 1968 ; ils ont été révoltés par l’éviction de Mgr Jacques Gaillot du diocèse d’Evreux en 1995 ; puis choqués par l’incessante chasse aux théologiens catholiques qui commettent des écarts par rapport à la ligne officielle, et par les déclarations conservatrices, sinon réactionnaires, des papes Jean-Paul II et Benoît XVI et de certains évêques.


Ce courant s’est institutionnalisé en une myriade d’associations locales et nationales et de communautés de base, à l’initiative de prêtres mais aussi de laïcs. Puis celles-ci se sont pour la plupart fédérées : en France au sein de la Fédération des réseaux des parvis, fondée en 1999 et réunissant à ce jour près 50 mouvements dont plusieurs sont déjà eux-mêmes des réseaux *, et en Belgique au sein de Pour un autre visage d’Eglise et de société (PAVES), une dizaine de mouvements nés de l’émoi suscité par l’affaire Jacques Gaillot en 1995.

* la liste des associations membres de cette fédération est tenue à jour sur le site  de l’AFCU


2 - Comment définir cette mouvance catholique progressiste ?


Cette mouvance défend les acquis de Vatican II et, réformatrice de son Eglise, aurait voulu aller plus loin, continuer la dynamique d’ouverture au monde. Elle est progressiste, « de Gauche », laïque radicale (vigilante pour dénoncer toute collusion entre les pouvoirs religieux et temporels *). Contestataire de nombre de décisions ou de propos de la hiérarchie, elle souhaite davantage de démocratie et que les évêques soient élus ; elle revendique une promotion du laïcat, des femmes, l’accès aux responsabilités indépendamment du statut matrimonial, voire même de l’orientation sexuelle qui, pour elle, relève strictement de la vie privée. En cela elle est réactive, finalement plus productive de communiqués par opposition à ce que dit la hiérarchie que d’une vision indépendante d’Eglise.

* Il existe un Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) au sein de la Fédération des réseaux des parvis qui regroupe plusieurs mouvements de la Fédération, volontaires pour ce travail en commun sur ce sujet.


Les chrétiens progressistes votent à Gauche, sont lecteurs des journaux catholiques "de Gauche" comme Témoignage chrétien et Golias.


La mouvance est volontiers d'emblée œcuménique, à savoir que la fraternité chrétienne inter confessionnelle est immédiate et qu’elle ne résulte pas de longues négociations et de compromis. Fait significatif, hormis la Jeunesse étudiante catholique JEC, aucun des autres mouvements de la Fédération des réseaux des parvis ne s’intitule « catholique », mais « chrétiens », « sans frontière », « croyants libres », etc. Elle accepte en conséquence d’autres chrétiens (protestants libéraux et chrétiens unitariens ont été admis au sein des Parvis). Elle est non dogmatique, ou du moins ne met pas les dogmes en avant ; pratique des célébrations libres et procède au partage du pain et du vin au nom de Jésus sans que les espèces soient nécessairement consacrées par un prêtre. Elle souhaite une théologie plus ouverte et une re-formulation du corpus religieux ; elle est très attachée au message spirituel et aux valeurs des évangiles.


http://img.over-blog.com/396x341/0/50/96/12/theologie-de-la-liberation_jean-pierre-moreau.jpgElle est plus intéressée par un vécu évangélique et une théologie pratique que par une théologie plus spéculative qui remettrait les dogmes et les concepts fondamentaux du christianisme en cause. De même, la lecture des Ecritures se veut personnelle et spirituelle et ne considère pas l’approche historico-critique comme nécessaire.


Elle est assurément « libérale » dans la mesure où elle se montre tolérante et ouverte, non dogmatique, mais sans pour autant susciter, pour l’instant, une théologie que l’on pourrait qualifier de telle.


Du fait leurs engagements sociaux (en général plus sociaux que caritatifs car fondés sur une réflexion politique), ces chrétiens adhèrent à ce qu’on appelle la théologie de la libération. Les termes de résistance aux asservissements, de lutte pour la libération des défavorisés et des discriminés, de promotion des peuples opprimés sont au coeur de leur action et de leur spiritualité.


3 - Comment les catholiques progressistes se positionnent-ils par rapport à leur Eglise ?


Alors que quelques catholiques contestataires rallient l’Eglise réformée de France (ERF), d’autres maintiennent envers et contre tout, et en dépit de leur analyse pessimiste du système, un espoir de réforme. Ils croient à l’action du Saint-Esprit, à l’animation militante, au réveil des consciences. Pour eux, toute possibilité de réforme n’est pas à exclure : leur donnent raison ici et là des évêques très ouverts qui ne cachent pas leur désir de continuer Vatican II et l’éventualité d’un pape réformateur à la tête de leur Eglise à la suite d’un Jean XXIII qui décida de Vatican II (même si le conclave est fortement noyauté de cardinaux conservateurs).


Pour d’autres, au contraire, les carottes sont cuites et il n’y a plus rien à attendre du système catholique. Ils n’en restent pas moins catholiques, mais désormais à la périphérie sinon à la marge de leur Eglise, ne vont plus à la messe et préfèrent exclusivement les célébrations libres au sein de communautés chrétiennes de base ou de mouvements. Ils ne veulent toutefois pas faire dissidence, créer une autre Eglise, mais tout simplement « faire Eglise autrement ». Ils recherchent des pratiques alternatives * préparant ainsi un christianisme du demain.

* Voir notre article dans les Actualités unitariennes sur cette notion de position alternative différente de la dissidence ou du changement d’appartenance « Pourquoi pas un catholicisme alternatif ? » (mardi 19 janvier 2010)


C’est cette mouvance qui, à l’appel de la Fédération des réseaux des parvis est invitée à se mobiliser les 11-14 novembre 2010, à Lyon, pour un Grand rassemblement suivi de l’AG de la Fédération. La préparation de cette manifestation est couverte par les Actualités unitariennes à la rubrique  «Le Grand rassemblement»

 

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans PARVIS (France)
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