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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 17:04

cene_avec_ordinateurs.jpgAvec la déchristianisation, les communautés unitariennes déjà existantes voient le nombre de leurs fidèles diminuer d’une façon drastique et les nouvelles communautés locales, quant à elles, n’arrivent pas à prendre véritablement leur essor (comme en France et en Italie) ou disparaissent (comme en Espagne). La tentation est alors grande de proposer un élargissement à d’autres croyants libéraux proches de nous. Mais comment réaliser cet élargissement ?

a) en s’élargissant à des chrétiens ariens, à des chrétiens évangéliques ou biblicistes qui se disent unitariens car anti-trinitaires, à des chrétiens libéraux, etc. ? Soit une dilution des unitariens dans une nouvelle appellation comme par exemple ‘chrétiens libres’ (proposition d'Albert Blanchard-Gaillard en 1997), ‘chrétiens libéraux’, comme dans le cas à Milan avec la récente fondation d’une Communauté chrétienne libérale interdénominationnelle (« Comunita’ Italiana Cristiano-Liberale Interdenominazionale » / CICLI, lien), qui vient d’être fondée le 26 août 2013 par le révérend unitarien Lawrence Sudbury et qui prend le relais d’un communauté unitarienne (lien).
b) la fusion avec une autre ou d’autres Eglises, comme par exemple aux Etats Unis en 1961 entre d’une part les congrégations unitariennes et d’autre part l’Eglise universaliste, ce qui a donné l’Association unitarienne-universaliste des congrégations (UUA). Ou bien encore entre Eglises chrétiennes libérales faisant un culte local commun dans une même église, ce qui aboutit à des assemblées latitudinaires dont les pasteurs peuvent se référer à plusieurs théologies proches les unes des autres (par exemple des unitariens avec des méthodistes, des chrétiens « unis », etc., lien). Cela rejoint l’ancienne Eglise réformée de France (ERF) ouverte à plusieurs théologies, dont l’unitarienne, lien (avec l’Eglise unie de France EPUdF, par contre, la question n’est pas encore clarifiée car les luthériens insistent sur le dogme trinitaire).
c) l’entrée dans une fédération où chacun garde son identité et ses propres institutions, comme par exemple la participation depuis avril 2006 de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) à la Fédération des réseaux du Parvis, majoritairement catholique mais non dogmatique (lien) ou encore l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises libres dans les îles britanniques : la 'General Assembly of Unitarian and Free Christian Churches' (fondée en 1928 en relais de la British and Foreign Unitarian Association qui datait de 1825).

Quel bilan ? Il est bien entendu riche en informations et en activités partagées, en ouverture à d’autres courants, pour le meilleur en curiosité et connaissance réciproque. Mais force aussi est de constater que les préoccupations ne sont pas forcément les mêmes, que les styles restent différents, et qu'il convient dans tous les cas de garder ses propres instances et activités (ce que le 'Manifeste d’Avignon' en août 2007 conseillait déjà, lien).
Dans le pire des cas, c’est la paralysie au sein d’une entité composite. Les congrégations unitariennes américaines ont par exemple perdu tout anti-trinitarisme en fusionnant avec l’Eglise universaliste qui, bien que libérale et non dogmatique, n’a jamais dénoncé la Trinité et les autres dogmes. Plus de théologie, plus d’exégèse biblique, plus d’exigence … sinon des généralités qui ne dérangent plus personne !
Il reste qu’au sein des communautés libérales, les auteurs peuvent toujours s’engager sur des textes qui n’engagent plus qu’eux-mêmes, étant signés de leur nom. En quelque sorte des communautés d’expression libre et de partage sans l'objectif de rechercher un unanimisme, sans credo et sans foi communautaire.
Dans cette optique, on pourrait peut-être relancer les dialogues inter-religieux ou inter-convictionnels en laissant libre court aux différences et aux débats, mais aussi aux recherches pouvant aller éventuellement jusqu’à des manifestations et l’organisation de prières et de cultes en commun.

 

Cet article a été traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis en ligne sur le site de la Comunione unitaria italiana (CUI), lien.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans relations extérieures
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