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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 00:00

Le christianisme unitarien français se réfèrent volontiers à de grandes figures du protestantisme libéral, en premier par ordre chronologique à Charles Wagner (voir notre message précédent "les références du christianisme unitarien" ).

photo de la Société de l'histoire du protestantisme français (SHPF, Paris)

Charles Wagner est né à Wiberswiller, dans les Vosges, en 1852. Fils du pasteur du village, il grandit en fils de la campagne. Dès l'âge de 16 ans, il est envoyé à l'Ecole préparatoire de théologie à Paris. Etudes qu'il poursuit à la Faculté de théologie de Strasbourg. Il fréquente aussi les universités allemandes de Goettingen et de Heidelberg. Il débute dans la carrière pastorale en 1875. Nommé par le Directoire luthérien vicaire du pasteur de Barr, il acceptera en 1877 la charge de l'Église réformée de Rémirémont (entre Nancy et Belfort), dont il démissionne en 1882 pour venir à Paris poursuivre des études d'histoire et de psychologie.

A Paris, il adhère en 1883 au Comité libéral. Il aura à ses début pour seul temple une pièce de son appartement. La petite communauté religieuse qu’il anime est considérée comme de sensibilité progressiste et fonctionne d’une façon très indépendante.

Ses nombreux ouvrages de spiritualité sont ceux d'un mystique indépendant, typique du protestantisme libéral. Il débute sa carrière littéraire en 1890 avec Justice. La maladie et la mort de son fils lui inspirent L'Âme des choses, puis L'Ami. Il publie La Vie simple en 1895. Ce livre lui vaudra un succès d'estime considérable et sera connu à l'étranger par de nombreuses traductions. C'est ce livre qui lui valut l'invitation officielle en 1904 du président des États-Unis, Théodore Roosevelt : "S'il est un livre que je souhaite voir lire par notre peuple entier, c'est La Vie simple de Wagner". Il est reçu à la Maison Blanche et parcourt les Etats-Unis.

C'est avec les bénéfices de sa collecte de fonds lors de cette tournée américaine que C. Wagner pourra financer la construction du Foyer de l'Âme, au quartier de la Bastille à Paris, la paroisse libérale indépendante dont il caressait le projet depuis longtemps. La nouvelle paroisse est inaugurée en mars 1907. Le temple comprend 1200 places assises, ce qui témoigne de la réputation de prédicateur de son promoteur. En 1924, la rue sur laquelle donne l’entrée du temple change de nom pour adopter le sien " rue du pasteur Wagner ".

L’anniversaire de la fondation du Foyer de l’âme, qui est son oeuvre, sera fêté le 24 mars par une Journée organisée par l’association Evangile et Liberté (voir " Actualités unitariennes " http://actua.unitariennes.over-blog.com " Charles Wagner et le Foyer de l’âme ").

C'est sans doute sa vision de l'enseignement qui le rapproche le plus de Ferdinand Buisson, ainsi que la passion fervente pour une pensée libre. Wagner collabore à partir de 1902, avec Buisson d'ailleurs, au Manuel général de l'enseignement primaire. Il donnera plusieurs cours aux instituteurs pour leur présenter sa vision très laïque de l'enseignement de la morale.

En 1906, avec Wilfred Monod, il est l'instigateur de l'assemblée de Jarnac, où il plaide en faveur de l'unité et qui sera à l'origine de l'Union nationale des Églises réformées, dont il devient président d'honneur.

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