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Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 17:23
La question a été posée au sein de notre groupe Yahoo "Unitariens francophones" (lien). Voici la réponse de Jean-Claude Barbier, le 21 mai 2009 :

Le déiste désigne à l'origine un croyant par opposition à un athée. Le mot est apparu en 1564 (nous dit le Petit Robert), dans les milieux sociniens (nous dit le dictionnaire de philosophie de Christian Godin). 

Mais le terme va se préciser par la suite. Il s'agit d'un croyant qui n'a pas besoin des religions existantes pour croire en l'existence de Dieu : donc pas besoin de dogmes, de révélations, de "superstitions" pour reprendre l'expression si chère aux philosophes du Siècle des lumières. Diderot disait : "Le déiste seul peut faire tête à l'athée, le superstitieux n'est pas de sa force".

En ce sens, le déisme (terme apparu plus tard en 1669), équivaut à la religion dite naturelle. L'homme contemple la Nature, en observe les lois (et la beauté !) et en conclut à l'existence de Dieu grâce à sa seule raison. Les francs-maçons qui se réfèrent au Grand architecte de l'univers (GADLU) le sont aussi. On peut également dire que les transcendantalistes (avec Ralph Waldo Emerson) le furent. Idem pour ceux qui situent Dieu à l'origine des mondes, dans un pré Big-bang. J'ajoute que le déiste ne se prononce pas sur la nature de Dieu, ni sa présence et action en ce monde, mais seulement sur son existence.

Le théisme (plus tardif que le déisme puisqu'apparu dans la langue française en 1756, mais au XVII° siècle en Angleterre) maintient lui aussi son indépendance totale par rapport aux religions ("positives" dit le Petit Robert - sic ! mais c'est sans doute au sens d'existentialiste) , mais il admet que c'est un Dieu personnel (ayant le statut d'une personne douée de volonté, de morale), unique bien entendu, distinct du monde et exerçant sur lui une action. D'où la possibilité, voire la nécessité d'un culte : c'est un Dieu qui reste providentiel et qu'il nous faut donc prier. Il peut punir, accorder ou non la vie éternelle, etc.

C'est un Dieu actif qui ne se contente pas d'être seulement un dieu créateur. Il reste présent en sa Création. Voltaire disait "On ne saurait trop respecter ce grand nom de théiste", mais on peut néanmoins le considèrer comme déiste car on ne le vit guère prier ! Le théisme, pour lui, était surtout pour maintenir le peuple dans la moralité.

Ce sont précisément les penseurs anglais du XVIIème siècle qui sont les théoriciens du théisme. Cudworth (1617-1688), le premier à employer ce mot, désigne par là un système philosophique qui affirme l'existence de Dieu appuyée sur des preuves philosophiques (seules !). Le théisme participe du combat des philosophes contre l'Eglise.

Les tentatives de fonder une Eglise théistes, par exemple sous la révolution française avec Dame Raison) ont toutes échouées. A mon avis parce qu'une religion ne se limite pas à des idées ... A noter que des obédiences maçonniques ont maintenu le théisme anglo-saxon de leur origine, contrairement aux loges dites "laïques" comme le Grand Orient de France (GOF).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le vocabulaire religieux
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