Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Contacts

Jean-Claude Barbier, membre permanent du conseil d'administration de l'AFCU, adresse

Archives

19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 20:01

les anti-trinitaires du 1er millénaire


Les anti-trinitaires remettent en cause le dogme trinitaire tel qu’il fut élaboré par les conciles de Nicée (325), d’Ephèse (431) et de Chalcédoine (451). Mis en minorité lors de ces conciles, ils ont formés des chrétientés séparées avec les Ariens, les Nestoriens et les orthodoxes monophysites (en Syrie, Inde, Egypte, Ethiopie).

Ce dogme va au-delà de la présentation ternaire qui s’exprime lors du baptême chrétien (qui se fait au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit) et que l’on retrouve dans le Symbole des Apôtres (texte daté du début du IIème siècle), puisqu’il affirme que les trois personnes, le Dieu créateur (le Père), Jésus (le Fils) qui a été élevé d’entre les morts, et le Saint-Esprit que Jésus a promis à ses disciples, ne sont finalement qu’une même personne, un dieu qui serait trin (se manifestant en trois personnes). 

Selon ce dogme Jésus n’est pas seulement le Messie qui a été élevé au ciel après sa Passion, le Ressuscité, mais il serait Dieu lui-même, incarné dans la nature humaine (le dogme de l’Incarnation), descendu dans un enfant au moment même de sa conception (le dogme de la Virginité de Marie). 

Dieu le Père est en même temps Dieu le Fils (Jésus) et en même temps Dieu le Saint-Esprit. Le trio devient une triade indissociable, une divinité qui tout en restant une même personne a trois visages / manifestations / avatars. Les mots manquent puisqu’on nous dit que c’est un mystère !

Alors que les chrétiens trinitaires s’affirment toujours monothéistes, les juifs et les musulmans les considèrent comme des polythéistes. D’autant plus que la chrétienté a ajouté une quatrième personne : Marie qui est " mère de Dieu " puisque mère de Jésus, lequel est Dieu à part entière (et non seulement élevé auprès de Dieu).

Les unitariens ne sont donc pas les premiers à contester la Trinité. Avant eux, il y eut principalement les Ariens. Ceux-ci suivent l’enseignement du prêtre Arius d’Alexandrie et, en s’appuyant sur le prologue de l’évangile de Jean, considère que Jésus, ayant été créé par Dieu (qui lui est " incréé ") ne peut qu’être un dieu subordonné, en seconde position, mais non de rang égal. Voir notre dossier dans La Besace des unitariens.

Théodore Monod, protestant libéral et président d'honneur des associations unitariennes française (l'AUF de 1986 à 1996, l'AFCU de 1997 à sa mort en 2000), aimait se considérer comme chrétien pré-nicéen.


les autres anti-trinitaires

Après eux, le XIXème siècle américain voit l’émergence de plusieurs Eglises biblicistes (la Bible seule fonde nos croyances car elle est Révélation de Dieu) et fondamentalistes qui s’aperçoivent elles aussi que le dogme trinitaire n’est nullement mentionné dans le Nouveau Testament. De cette mouvance récente, les Témoins de Jéhovah nous sont les plus connus.

Depuis près d'un siècle, dans les pays européens occidentaux, des protestants libéraux se sont rapprochés de notre théologie tout en restant au sein de leurs propres Eglises dans la mesure où celles-ci acceptent le pluralisme théologique et n’imposent plus une confession de foi.

Aujourd’hui, deux mouvements catholiques remettent eux aussi en cause le dogme trinitaire : " Jésus simplement " (de la mouvance Marcel Légaut) et la " Libre pensée chrétiennes " (basée à Bruxelles). Ils ne se disent pas unitariens car ils ne relient pas leur mouvement à notre tradition, en partie par méconnaissance des Réformes protestantes du XVI° siècle et plus particulièrement de notre histoire.

Les unitariens sont donc des anti-trinitaires, mais ils ne sont pas les seuls à l’être !


les non-trinitaires


L’anti-trinitarisme est un terme de combat, du moins théologique. Aujourd’hui que les guerres de religion entre chrétien ne sont plus qu’un (tragique) souvenir historique, le qualificatif de non-trinitaires lui semble préférable. On peut dire que les unitariens d’aujourd’hui sont des non-trinitaires ; qu’ils n’adhèrent pas au dogme de la Trinité et que leur mouvement est né de la Réforme anti-trinitaire du XVIème siècle. 

Le caractère radical de cette position reste toujours la même, mais elle n’empêche plus les bonnes relations avec les chrétiens restés attachés, pour une raison ou une autre à ce dogme. Les chrétiens unitariens sont donc en relation avec tous les autres chrétiens libéraux qui acceptent, comme eux, le pluralisme théologique.

Les unitariens ont opté dès le début pour la non-violence, le rejet des condamnations pour hérésie, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'exégèse biblique menée en tenant compte des progrès des connaissances scientifiques, etc.  Ils ne sont pas prosélytes et sont parfaitement à l'aise dans les rencontres oecuméniques, inter confessionnelles, inter religieuses ou inter convictionnelles. Ils représentent une version non sectaire de l'anti-trinitarisme.
  


les anti-trinitaires biblicistes


S’ils prônent le Dieu Un, Jésus reste le Sauveur et conserve un rôle métaphysique dans l’histoire du salut (première créature de Dieu " avant tous les siècles ", né d’une vierge sous l’action de l’Esprit-Saint, a racheté nos péchés sur la croix, a vaincu la mort par sa résurrection, dirigera un royaume céleste sur terre, jugera les vivants et les morts, etc.). La Bible est lue au sens littéral premier. 

Ils sont fondamentalistes dans la mesure où ils dénoncent le caviardage et les fausses interprétations de la Bible par les Eglises chrétiennes " historiques ", d’où la volonté toute protestante de revenir à la Bible et à elle seule.

Elles ne communiquent guère entre elles, chacune ayant l’assurance de la vérité. Dans ces conditions, on ne peut guère parler de mouvance. Elles restent juxtaposées, avec une bonne dose de sectarisme. Leur moralisme religieux font qu’elles sont souvent confondues avec les autres fondamentalistes de la mouvance chrétienne évangélique et pentecôtiste.

Dans une première approche, on peut établir quelques distinctions entre elles, selon leur insistance sur tel ou tel point, mais toutes partagent plus ou moins les thèmes cités : infaillibilité de la Bible (par exemple les Biblical Unitarians), + l’apocalypse (voir les Christiadelphian), + prédestination (voir les Christian Churches of God), + une seule Eglise sera sauvée (voir par exemple les Témoins de Jéhovah).

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans le vocabulaire religieux
commenter cet article

commentaires